Lundi 04 mars 2024

Économie

Il faut moderniser l’Onatour !

06/06/2014 9

Seul gestionnaire de la tourbe au Burundi, cet office a un besoin urgent de moderniser son produit et d’élargir sa clientèle. Cela lui permettrait de ne pas fermer la porte et d’être plus bénéfique à la population.

La population arrache les herbes nuisibles à la qualité de la tourbe ©Iwacu
La population arrache les herbes nuisibles à la qualité de la tourbe ©Iwacu

Depuis sa création en 1977, l’Onatour réalise un de ces projets dans le marais de Gisozi, en province de Mwaro. Autour de ce marais de quatre hectares, onze hangars y sont érigés pour servir de lieu de stockage de la tourbe extraite en respectant l’environnement. Car, le tracteur qui extrait la tourbe recouvre simultanément cet endroit. Emmanuel Miburo, directeur général de l’Onatour, fait savoir que l’exercice se fait à partir du 1er mai et se termine le 30 avril de l’année suivante. Concernant les productions, il souligne qu’elles ne sont pas constantes, et varient suivant les moyens. Ainsi, cet office a produit 9.764 tonnes  de 2009 à 2010 (c’est-à-dire du 1er mai 2009 au 30 avril 2010), 13.111 tonnes  de 2010 à 2011, 7.942 tonnes  de 2011 à 2012, 20.335 tonnes  de 2012 à 2013, et19.256 tonnes de 2013 à 2014.

L’armée comme unique client …

Le directeur général de l’Onatour indique que, pour le moment, ce sont les camps militaires qui sont les principaux consommateurs de la tourbe. Il souligne que les policiers ont arrêté leur abonnement en 2013 sans aucune justification. Avant, poursuit M. Miburo, les universités, les prisons et les écoles à régime d’internat utilisaient la tourbe mais, en 2009, l’Onatour a été incapable de fournir ces institutions, qui ont résilié leur abonnement. Il informe ces institutions que maintenant l’office est capable de les alimenter car, en plus de ses six vieilles machines, il en a eu quatre nouvelles qui ont permis à l’office d’accroître sa production. En effet, c’est suite à l’acquisition de nouvelles machines d’exploitation de la tourbe et l’installation d’une centrale électrique d’une puissance de 20 MW alimentée par la tourbe que la production s’est beaucoup améliorée. Cependant, la capacité de distribution dont l’Onatour dispose est de quatre camions. Mais, parfois, seuls deux camions sont fonctionnels et l’office doit louer des véhicules privés.

Selon le directeur général de l’Onatour, le grand problème qui mine sa société c’est de vendre à crédit à un client unique qui est le ministère de la Défense nationale et des anciens combattants. Ce dernier lui doit plus de 7 milliards de francs burundais jusqu’à la fin du mois de décembre 2013. Il souligne que le fait de vendre à crédit handicape la bonne marche de l’entreprise, au niveau du fonctionnement, du paiement des impôts et taxes, du paiement de ses clients et surtout pour pouvoir investir et agrandir le champ des activités.

Emmanuel Miburo : « Les productions ne sont pas constantes, et varient suivant les moyens » ©Iwacu
Emmanuel Miburo : « Les productions ne sont pas constantes, et varient suivant les moyens » ©Iwacu

Un combustible inaccessible aux ménages

Les ménages proches des lieux d’extraction de la tourbe tirent profit des projets de l’Onatour. « L’Onatour nous aide à gagner un peu d’argent à travers les petits et temporaires emplois qu’il nous offre », disent les habitants de Gisozi. Silvère Gahungu et Alice Nahayo affirment avoir amélioré leurs conditions de vie grâce à l’Onatour. « Je n’ai pas de problème d’envoyer les enfants à l’école. J’ai même acheté des lopins de terre », dit M Gahungu. Pour Dieudonné Baranka, le problème de se vêtir a été résolu pour lui et sa famille. Pour les personnes trouvées dans ce marais de Gisozi en train d’arracher les herbes sauvages, un impact positif dans les communautés environnantes est net. Pendant la campagne d’extraction, qui va de juin à septembre, plus de cinq cent personnes sont engagées temporairement à Gisozi. Cependant, la production doit couvrir toute la période d’avant la campagne suivante. Mais, ces ménages n’utilisent pas la tourbe pour cuire. « Nous ne pouvons pas supporter le coût », affirment-ils.

Pour ceux qui pensent que la tourbe ne peut pas être utilisée dans les ménages, M. Miburo les tranquillise. Selon lui, il y a des cas où la tourbe peut remplacer le charbon de bois, mais il faut d’abord la carboniser. Selon une étude faite, cette carbonisation de la tourbe reviendrait à environ 4 milliards. L’Onatour est une entreprise commerciale dont le résultat des bénéfices réalisés doit être perçu par l’Etat, qui est actionnaire à 100%. La direction de l’Onatour doit donc accélérer les projets sur la carbonisation de la tourbe pour que celle-ci serve de combustible dans les ménages et la conception d’une centrale électrique alimentée par la tourbe, etc.

Un produit aux potentialités inexploitées

L’utilisation de la tourbe pour la production d’électricité est également envisageable. Il conviendrait cependant que des études de faisabilité puissent être réalisées pour mieux analyser cette technologie, ses impacts économiques, environnementaux et fonciers. Mais aussi le risque éventuel d’épuisement de la ressource accessible et la concurrence avec l’usage de la même ressource en substitution du bois de feu.
Emmanuel Miburo indique que l’ONATOUR manque de fonds sinon il a les potentialités. Il a souligné que, à partir des études faites, on peut fabriquer l’électricité à partir de la tourbe. Le gouvernement dispose d’un projet d’utiliser la tourbe pour produire de l’électricité, vu que les réserves sont abondantes. Il compte démarrer un projet de construction d’une centrale électrique à base de la tourbe au chantier de Buyongwe, à partir de cette année 2014.

Le Burundi dispose de gisements de tourbe estimés à 600 millions de tonnes, le gisement exploitable étant de l’ordre de 47 à 58 millions de tonnes. La gestion de la tourbe est de la responsabilité de l’Onatour (Office National de la Tourbe), créé en 1977. L’Onatour dispose de quatre chantiers en activité. Le chantier de Gisozi, l’un des plus grands, celui de Gitanga , à cheval sur les communes Matana et Ryansoro, avec 57 000 tonnes, le chantier de Matana avec 170 000 tonnes, et le chantier Buyongwe, entre les communes Kiremba, Nyamurenza et Marangara en province de Ngozi, avec 20 000 tonnes. L’Office national de la tourbe dispose de réserves abondantes estimées à plus de 57 millions de tonnes. Ses réserves de tourbe restent encore disponibles malgré les 36 années d’extraction. En effet, environ 300 000 tonnes ont déjà été produits.

Le Directeur Général n’a pas oublié de signaler certains problèmes, liés essentiellement au retard de paiement des factures par ses clients, dont la FDN en tête de liste, ce qui oblige l’entreprise à contracter des découverts auprès des banques qu’elle rembourse avec les intérêts.
Pour M. Miburo, vendre à crédit à un client unique, qui est le ministère de la Défense nationale et des anciens combattants est un grand problème qui mine sa société. Ce dernier lui doit plus de 7 milliards de Fbu, ce qui handicape la bonne marche de l’entreprise.
Le D.G de l’Onatour souligne que, si cette dette était recouvrée, l’office pourrait démarrer le projet de carbonisation de la tourbe. Et ce dernier permettrait d’utiliser la tourbe dans les ménages, évitant ainsi le déboisement qui décime l’environnement pour produire du charbon ou du bois de chauffage.

Un avenir sombre, mais qui peut être amélioré …

Mais l’avenir à court terme ne s’annonce pas très prometteur pour l’Onatour. En effet, son produit est plus cher que la concurrence (bois de chauffe et charbon de bois), et la clientèle n’accepte pas les caractéristiques de son produit (faible pouvoir calorifique, taux de cendre, fumée etc.). Il n’y a de demande pour la tourbe que parce que les autres sources d’énergie ne sont pas disponibles en quantités suffisantes. Son client unique achète le produit parce qu’il ne trouve pas suffisamment de bois de chauffe pour satisfaire à ses besoins.
D’autre part, la société ne réussit pas à générer les liquidités suffisantes pour renouveler son outil de production et peine à trouver les pièces de rechange, notamment pour ses équipements de production.

Cependant, l’Onatour jouit actuellement d’une situation de monopole de fait et elle n’est pas menacée par l’arrivée potentielle d’un autre producteur sur le marché de la tourbe, du moins à court terme. Néanmoins, les forces armées bénéficient d’une main d’œuvre abondante et pas nécessairement occupée à plein temps depuis le retour de la paix. Ce client unique pourrait bien un jour être tenté de reprendre à son compte les activités de production de la tourbe pour satisfaire ses propres besoins, plutôt que de payer un tiers pour ce faire.

Forum des lecteurs d'Iwacu

9 réactions
  1. Stan Siyomana

    « L’installation d’une centrale electrique d’une puissance de 20 MW alimentee par la tourbe »
    1. Pourquoi alors le Gouvernement du Rwanda annoncerait sur son site http://www.go.rw qu’il va construire LA PREMIERE CENTRALE EN AFRIQUE qui utilisera la tourbe?
    (Voir « The first peat fired power plant to be operational by June 2014 in Rusizi District »).
    2. Il semble qu’il n’y a pas beaucoup de ces centrales (utilisant a la tourbe) dans le monde:
    -En Finlande, centrale electrique de Toppila (capacite de 210 megawatts – MW) (au centre-ouest du pays);
    -En Republique d’Irlande: Edenderry (120 MW), Lough Ree (100 MW) et West Offaly (153 MW).
    (Voir http://www.wikipedia.org).
    Merci.

  2. Stan Siyomana

    « L’installation d’une central electrique d’une puissance de 20 MW… »
    1. Je trouve que 20 megawatts (MW), consomme par un « petit projet » d’exploitation de la tourbe, c’est relativement beaucoup dans le context du Burundi ou l’on nous dit que la consommation nationale est d’environ 45-50 MW.
    Si une telle centrale de 20 MW existe pres du marais de Gisozi:
    1. peut-etre que l’ONATUR n’aurait eu qu’a en augmenter la capacite, ET COMMENCER A VENDRE DE COURANT ELECTRIQUE a la Regideso (= creation de la valeur ajoutee/added value);
    2. peut-etre que le Burundi n’allait pas devoir depenser 270 millions de dollars pour la construction des barrages hydroelectriques de Jiji (31,5 MW) et Mulembwe (16,5 MW) (= a peine le double de la capacite de 20 MW de Gisozi???!!!).
    (Voir Michael Harris: « World Bank provides loan for Burundi hydropower plants », http://www.hydroworld.com, 23 April 2014).
    Merci.

    • Stan Siyomana

      Exemples de projets miniers qui consomment aux environs de 20 megawatts (MW):
      1. Kibali Goldmines en Province Orientale, RD Congo:
      Centrale hydroelectrique Nzoro II (capacite de 22MW, quitte a passer a 47 MW en 2016
      (Voir Eric Ombok: « DRC mine code change may reduce investment – Randgold », http://www.mineweb.com, 6 May 2014).
      2. Tibet Hima Company (au site de l’ancienne Kilembe Copper Mines, Kasese District, ouest de l’Uganda):
      Centrale hydroelectrique Mubuku I (capacite de 5 MW depuis les annees 1950, va bientot passer a 12 MW.
      3. Centrale hydroelectrique Bugoye ou Mubuku II appartenant a la compagnie norvegienne TronderEnergi (capacite de 13 MW).
      4. Kasese Cobalt Company:
      Centrale hydroelectrique de 10 MW.
      (Voir  » Mubuku I power station », Bugoye power station », Mubuku III power station », www. wikipedia.org).
      Merci.

  3. Stan Siyomana

    Faut-il REELLEMENT moderniser l’ONATOUR (= Exploitation massive industrielle des tourbieres) ou VENDRE LES CREDITS DE CARBONE (= en protegeant l’environnement)?
    1. La tourbe peut etre une source energetique non-renouvelable ou peut servir d’engrais dans l’agriculture. (Voir http://www.wikipedia.org).
    La compagnie suedoise Sweco Energuide a gagne un contrat d’ 1,5 million d’euros pour mener des etudes techniques pour voir comment produire 90 megawatts d’electricite a partir de la tourbe de la vallee de la Rusizi/peat-fired power plant with a capacity of 90 megawatts.
    (Voir « Sweco contributing to double electricity generation in Rwanda », http://news.cision.com/sweco/r…, 29 May 2013).
    2. Catalina Island Conservancy (de l’Etat de Californie? Etats-Unis) a mis cette publicite sur son site:
    Vous ne pouvez pas faire mieux que la tourbe/You can’t beat peat…
    Avec le commerce de carbone/carbon trading, une idee formalisee dans le Protocole de Kyoto (au Japon), une entreprise peut etre autorisee d’emettre une certaine quantite de gaz de dioxide de carbone (CO2), apres avoir achete des credits de carbone (= maintien de la balance par la preservation de l’environnement par quelqu’un d’autre).
    Et aucune place au monde ne renferme plus de carbone que dans un marecages qui recouvre la tourbe/peat bog.
    Il n’y a pas assez de ces marecages/tourbieres dans le monde, ET POURTANT ILS RENFERMENT DEUX FOIS LE CARBONE DE TOUTES LES FORETS DU MONDE…
    Les tourbieres pourraient avoir plus de valeur, si l’on les laissent jouer leur role d’ecosysteme.
    (Voir Stephen Webb: « You can’t beat peat », http://www.islaearth.org.)
    3. Mais la donne va surement changer puisque après que des images par satellite aient suggere l’existence d’etendues de tourbieres dans la foret tropicale du Congo-Brazzaville, une equipe de chercheurs de University of Leeds (en Grande Bretagne), Wildlife Conservation Society-Congo et Universite Marien Ngouabi (au Congo-Brazzaville) s’est rendue au village d’Itanga en pleine foret tropicale). Les marecages pourraient couvrir jusqu’a 7 metres de tourbe sur une superficie entre 100.000 et 200.000 km carres (=jusqu’a plus de 7 fois la superficie du Burundi?).
    D’apres le docteur Simon Lewis (University of Leeds): « Nous pourrions en savoir plus sur le cycle du carbone au niveau du globe terrestre avant l’intervention de l’etre humain » (= surtout avant l’ere pre-industrielle).
    (Voir Rebecca Morelle: « Colossal peat bog discovered in Congo », http://www.bbc.com, 27 May 2014).
    4. Wetlands International (base a Wageningen, Hollande) estime que l’Indonesie (en Asie du Sudest) relache environ 2 milliards de tonnes de dioxide de carbone (CO2) par an quand elle transforme les marecages en champs agricoles ou brule des forets pour y mettre des plantations (huile de palme par exemple).
    A 14,52 euros par tonne de CO2 (=2007 forward-market price for United Nations emission reductions), les credits de carbone pourraent rapporter 29 MILLIARDS D’EUROS A L’INDONESIE.
    (Voir Mathew Carr: « Asian swamps worth $39 billion in emission credits), http://www.bloomberg.com, 6 July 2007).
    5. « Les investisseurs, depuis les individus riches du secteur prive jusqu’aux banques, « hedge funds » et les compagnies forestieres, ont essaye d’evaluer le potentiel (des credits de carbone), mais hesitent encore avant de conclure des accords, avant que le cadre legal necessaire ne soit mis en place/before a binding framework is in place. Neamoins, l’espoir est que les « carbon offsets » seront bientot un marche bien chaud en Indonesie/carbon offsets will soon be a hot market in Indonesia… »
    (Voir Mongabay.com: « Indonesia to push carbon-credits for peatlands conservation », http://news.mongabay.com, 27 August 2007).
    Merci.

    • Stan Siyomana

      Je m’excuse.
      Au lieu de Vendre, j’aurais du ecrire « Accepter des credits de carbone » (qui valent beaucoup d’euros).
      Merci.

  4. Pierre

    Quelle manque d’imagination!!!!!
    Comment une société peut compter prospérer avec autant d’impayés mais aussi en comptant sur un seul client. Il faut faire bénéficier la tourbe à toute la population.

  5. borntomakelovenotwar

    Bravo Monsieur ! Au lieu de nous chanter toujours politique, vous faites bien aussi de parler développement et renforcement des capacités d’autosuffisance et de production. Travaillez beaucoup et parlez moins, ça ferez du bien aux Burundais

  6. Mahoro

    Nous attendons encore les frais d’indemnisation pour nos lopins de terre que l’État a récupéré pour implanter les sites de Gitanga et Kidimbagu(Matana).
    Le fait que l’Entreprise soit confiée à Miburo prouve que l’ONATOUR va bientôt tomber en faillite comme le FNL.

    • Stan Siyomana

      @Mahoro
      Votre commentaire est semblable a l’analyse que le sud-africain Allister sparks (= a former editor of the Rand Daily Mail) a fait sur le nouveau Gouvernement que le president Jacob Zuma a nomme le dimanche 25 mai 2014 (35 ministres + 36 vice-ministers):
      « IL N’Y A RIEN DE NOUVEAU DANS TOUT CECI. C’est ce que nous avons connu depuis que Zuma est devenu president (2009)- un jeu d’equilibre/a balancing act POUR RECOMPENSER TOUTES LES FACTIONS POLITIQUES (= surtout au sein de l’African National Congress- ANC) , SANS TENIR COMPTE DES VRAIS BESOINS DU PAYS….
      En realite, nous avons un seul besoin au-dessus de tous les autres soucis. LA CROISSANCE/DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE… »
      (Voir Allister Sparks: At home and abroad: This camel of a Cabinet won’t stem our economic decline », http://www.bdlive.co.za, 4 June 2014).
      Merci.

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