M. Ntirandekura Martin nous a quittés.
Son nom ne dira sans doute pas grand-chose à de nombreux lecteurs d’Iwacu. Et pourtant, il faisait partie de ces artisans silencieux, de ces travailleurs de l’ombre sans qui aucun journal ne peut véritablement prétendre à la rigueur ni à la qualité. Il était notre correcteur.
Tous les journaux, où qu’ils soient dans le monde, comptent sur ces professionnels exigeants, discrets, souvent méconnus du grand public, mais essentiels à la qualité d’une publication.
Ce métier, exercé loin des feux de la rampe, demande une vigilance constante, une exigence invisible, mais fondamentale.
“Mutama Martin”, comme nous l’appelions affectueusement, incarnait cette rigueur silencieuse. Vigilant, méticuleux, il traquait inlassablement les fautes, veillait à la clarté des papiers, au respect de la langue, à l’élégance du style. Grâce à lui, bien des imperfections ne sont jamais parvenues jusqu’à vous, nos lecteurs.
Un rôle peu visible, mais crucial. Son absence laisse un grand vide parmi nous.
À “Mutama Martin”, nous disons simplement merci. Merci pour sa discrétion, son professionnalisme et sa fidélité.
Nos pensées émues vont à sa famille, à ses proches, à tous ceux qu’il laisse dans la peine. Nous leur adressons nos plus sincères condoléances.
Bonjour !
En réponse à votre appel digne à soutenir votre journal, je vous propose la relecture gratuite de vos articles avant publication. Je suis correcteur professionnel, je ne peux donner que ce que j’ai : la correction.
Cordialement.
J’ai connu Ntirandekura Martin à l’époque où il était encore prêtre, professeur de français et directeur de notre école secondaire (CND). Il m’a laissé de bons souvenirs.
Pourquoi tous ces éloges à son départ. Prodiguez-les du vivant de la personne. C’est mieux non?
Dans tous les cas, ces tendresses vont tout droit au coeur de la famille. Merci
Hommage à un Enseignant Exceptionnel
“Un grand professeur ne laisse pas seulement des connaissances dans son sillage, il grave des inspirations dans l’âme de ses élèves. »
Aujourd’hui, je tiens à rendre un hommage profond et sincère à celui qui a bien plus qu’un enseignant : un guide, un passeur de savoirs, et un éveilleur d’esprits. Mon ancien professeur de Français, dont la rigueur, la passion et l’engagement ont illuminé notre apprentissage bien au-delà des simples mots.
Le Gardien de la Mythologie Grecque, Fondement de Notre Langue
Vous nous avez montré que le français moderne est bien plus qu’une grammaire stricte ou une liste de règles : c’est une forêt enchantée où chaque mot, chaque expression, plonge ses racines dans les récits héroïques d’Homère, les tragédies de Sophocle, ou les métamorphoses d’Ovide. Grâce à vous, Apollon n’était plus seulement un dieu solaire, mais une métaphore de la clarté ; les errances d’Ulysse devenaient le miroir de nos propres quêtes. Vous avez fait de nous des héritiers d’une tradition millénaire, où chaque texte classique s’anime encore aujourd’hui.
L’Ambassadeur de la Littérature Africaine, Source d’Ouverture
Mais votre enseignement n’était pas seulement ancré dans le passé. Vous avez su nous ouvrir les portes d’une littérature trop souvent ignorée : celle du continent africain, avec ses épopées vibrantes, ses contes initiatiques, et ses voix contemporaines qui résonnent de vérité. De Senghor à Aminata Sow Fall, vous nous avez appris que la langue française n’appartient pas qu’à la France – elle est un bien commun, enrichi par les imaginaires et les souffles d’ailleurs.
La Rigueur comme Acte de Respect
Votre exigence n’était pas une sévérité gratuite, mais un acte de confiance. Vous saviez que le meilleur hommage qu’un enseignant puisse rendre à ses élèves, c’est de ne jamais transiger avec l’excellence. Vos corrections minutieuses, vos questions qui nous poussaient au-delà des évidences, votre refus des approximations… Tout cela nous a forgés. Aujourd’hui, nous comprenons que cette rigueur était votre manière de nous dire : « Vous en êtes capables, alors donnez le meilleur de vous-mêmes. »
Un Éducateur dans l’Âme
Enfin, au-delà des textes et des analyses, vous incarniez ce que signifie *éduquer* : allumer une flamme plutôt que remplir un vase. Vous ne nous avez pas seulement appris *quoi* penser, mais *comment* penser – avec curiosité, empathie et intégrité.
Alors merci, Monsieur Martin Ntirandekura pour ces cadeaux inestimables. Vous avez fait de nous non seulement de meilleurs lecteurs, mais aussi des esprits plus libres, des cœurs plus vastes. Si la langue française est aujourd’hui pour nous un outil de liberté, c’est grâce à vous.
Les mots que vous nous avez offerts continueront de vivre en nous, et à travers nous. C’est là la plus belle victoire d’un enseignant.
Avec une gratitude infinie,
Jean Ndenzako
Merci beaucoup pour ces hommages rendus à cet homme, érudit littéraire, travailleur de l’ombre comme vous le dites si bien. Je connais très bien M. Martin Ntirandekura puisqu’il a été successivement mon préfet des études puis directeur du Lycée SOS HG où je travaillais en qualité de professeur d’Histoire. Il était d’une rigueur et d’une profondeur incomparables mais aussi d’un calme déconcertant, doublé d’un leadership extraordinaire.
Au niveau littéraire, il était non seulement correcteur à Iwacu, mais aussi celui des oeuvres du grand écrivain burundais Sébastien Katihabwa dont il était le conseiller littéraire.
Il fut aussi l’un des animateurs de nombreux colloques et ateliers sur le livre au Burundi .
Depuis que j’ai connu M. Martin Ntirandekura au début des années 1990 où il était Directeur adjoint du BEPES jusqu’à son départ à la retraite en décembre 2003, je peux compter sur les doigts de la main les fois où je l’ai vu sans un livre de lecture à la main. Il était passionné de la lecture et le livre faisait partie de son quotidien.
Sa disparition est une grande perte pour des écrivains et auteurs burundais, présents et à venir.
Repose en paix, cher Martin.