Samedi 13 août 2022

Économie

Foire des jeunes entrepreneurs : créativité et innovation à l’œuvre

30/11/2021 1
Foire des jeunes entrepreneurs : créativité et innovation à l’œuvre
Arclaine présente à une cliente ses objets de décor fabriqués à base des déchets plastiques

Dix jeunes entrepreneurs ont été sélectionnés pour présenter leurs produits dans une foire organisée du 23 au 26 novembre. Des déchets plastiques transformés en objets de décor, des plantes et des fruits pour donner des médicaments des animaux domestiques. Zoom sur deux projets innovants.

Plusieurs bouteilles en plastique remplies d’un liquide verdâtre et jaunâtre, des sachets remplis de poudre noire… sont bien rangés dans l’un des stands dans une foire des jeunes entrepreneurs au stade Intwari, ce 24 novembre.

Ces engrais agricoles, pesticides, médicaments et vaccins pour les volailles, … sont fabriqués par Benoît Mugumyabanga, 28 ans. 100% naturels, ces produits biologiques sont réalisés à base des plantes sauvages.

C’est en 2014 que ce jeune entrepreneur de la province de Rutana a eu l’idée de ce projet. Il venait d’obtenir son diplôme A2 en Eaux et Forêts à l’Institut technique agricole (ITAB) de Karusi.

« J’étais dans une bibliothèque en train de lire. J’ai découvert que certaines plantes ont des vertus thérapeutiques pour les animaux. Et j’ai su que ces plantes existent au Burundi. » Mais Benoît peine à réaliser son projet.

C’est à partir de cette année qu’il décide de se lancer, déçu par le fait que les produits burundais sont rejetés au niveau international à défaut d’être biologiques. En février 2021, il crée une coopérative des jeunes et commence à fabriquer ces produits grâce, en grande partie, aux documentations sur internet.

Il commence avec un capital de 10 mille BIF seulement. « Car presque toutes les matières premières sont obtenues gratuitement, la grande partie étant les plantes sauvages. » Aujourd’hui, il a un chiffre d’affaires de plus de 6 millions de BIF dans moins d’une année.

Un projet qui a littéralement changé une vie

Simple cultivateur saisonnier, puis employé de maison pour finir par être grand entrepreneur… Benoît, père de deux enfants, affirme que malgré son diplôme en poche, il passait toutes ses journées à cultiver pour les autres, pour ne rentrer qu’avec 2.000 BIF. « La vie était très dure. » Puis s’en va au Kenya pour travailler comme domestique.

Aujourd’hui patron d’entreprise, il a créé plus de 50 emplois. Sa coopérative existe dans 5 provinces. Chaque mois, il a un bénéfice de plus de 500 mille BIF. Pour ce jeune, cette foire lui ouvre de grands horizons. « J’ai déjà 18 contacts qui veulent acheter mes produits ou créer des partenariats », se félicité-t-il.

1 litre d’engrais en poudre coûte 3.000 BIF. Une petite bouteille en plastique de 300 ml d’engrais liquide coûte 5.000 BIF. Les pesticides varient entre 2.500 (300 ml) et 7.000 BIF (1 litre).
Un grand défi pour cet entrepreneur : ses produits ne sont pas encore certifiés. Il fait alors face à des préjugés surtout des congrégations religieuses que cette fabrication est liée à la sorcellerie.

« Certaines mentalités burundaises laissent croire qu’un produit qui n’est pas importé, fabriqué à base des plantes sauvages, est lié à la sorcellerie ». Le rêve de Benoît est de voir un Burundi avec des produits certifiés bio exportés à l’étranger.

Des déchets plastiques aux objets de décor somptueux

Des pots de fleurs, des bijoux, des chaises et autres accessoires de décor à base de déchets en plastique, tantôt couverts de fibres à jute… Ce sont les œuvres d’Arclaine Hashimwiyaturagiye, une jeune étudiante de 21 ans.

Avec son équipe composée de 10 enfants et jeunes âgés de 10 à 22 ans de la zone Buterere, ils fouillent des plastiques au dépotoir de Buterere, où l’on jette toutes sortes d’immondices de la capitale économique, pour en fabriquer des objets de décor et des bijoux.

Ce sont des enfants pris en charge par un centre communautaire de Buterere, certains furent des enfants en situation de rue. Leurs œuvres sont un fruit de leur simple imagination et créativité. Ils ne l’ont appris nulle part. « Nul ne doute que les déchets en plastique ne soient pas biodégradables et constituent un réel danger pour l’environnement. »

D’autant plus que Buterere est l’une des zones les plus pauvres de la mairie, explique cette jeune artiste, plusieurs familles vivent de la mendicité. « Ce projet de recyclage des déchets plastiques vient relever tous ces défis. »

Ces objets de décor coûtent autour de 30 mille BIF. Les bijoux autour de 5.000 et une chaise en fibres de jute s’achète à 80 mille BIF. Arclaine indique que les premiers produits arrivent sur le marché depuis juin de cette année.

Jusqu’ici, elle a déjà vendu des objets d’une valeur de plus de 4 millions de BIF. Pour cette jeune étudiante, le fait d’avoir été sélectionné parmi des centaines d’entrepreneurs a beaucoup encouragé son équipe. « Les gens ne devraient plus ignorer que les enfants de la rue ont d’incroyables talents et peuvent contribuer au développement du pays ».

Ces deux projets sont parmi les 10 meilleurs sélectionnés dans plus de 750 candidats pour être présentés lors de cette ‘foire de l’innovation’’ organisée par le PNUD.

Forum des lecteurs d'Iwacu

1 réaction
  1. Manisha

    Bravo à ces jeunes qui créent de l’emploi tout en innovent. Par contre c’est au pouvoir de tout faire pour que les exportations soient possibles !! Et les devises rentreront ! A chacun son boulot !

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