Mardi 16 juillet 2024

Politique

Discours à la nation/4 ans de pouvoir : Autoglorification ?

Discours à la nation/4 ans de pouvoir : Autoglorification ?
Le président Ndayishimiye lors de son investiture

A l’occasion de son quadriennat à la présidence, Evariste Ndayishimiye s’est adressé à la nation le soir de ce mercredi le 19 juin 2024. Son discours sur l’état de la nation est axé sur les réalisations de son gouvernement au cours de ces quatre ans au pouvoir.  Il retrace également des espoirs existentiels des « lendemains meilleurs ». Un discours qui a fait couler beaucoup d’encre.

« Au vu du niveau actuel de l’agriculture et de l’élevage, chaque bouche a à manger et chaque poche gonfle d’argent », a lancé d’entrée de jeu le président Evariste Ndayishimiye. Il estime que « la production alimentaire est abondante au Burundi ». Selon le président, son gouvernement a fait de l’agriculture un levier du développement.

Selon le magistrat suprême du Burundi, les conditions de vie des Burundais se sont améliorées. « Si nous regardons dans les yeux des Burundais, ils sont bien portants. La plupart d’entre eux construisent de belles maisons et mangent à leur faim. » Le hic pour Ndayishimiye est que les Burundais veulent tout obtenir en même temps. « On dirait de ce fait que les Burundais sont ingrats. » Il a évoqué que « les lamentations actuelles des Burundais portent sur la pénurie des produits d’importation et non sur celle des produits locaux, et encore moins sur leur capacité financière à s’en procurer ».

Des réalisations
Quatre ans au pouvoir, il y a de quoi être fier. Pour le chef de l’Etat, des avancées significatives sont à enregistrer dans le domaine de la lutte contre l’injustice. « Actuellement, aucun crime n’est ignoré. Tout citoyen a maintenant la possibilité de communiquer directement avec le président pour dénoncer ce qui ne marche pas. »

Dans ce message, M. Ndayishimiye a souligné que « la bonne gouvernance a été renforcée ». Pour lui, la preuve en est que la lutte contre l’injustice dans les recrutements des fonctionnaires est largement palpable. « C’est le mérite qui est mis en avant. Celui qui vient en tête au concours de recrutement est bien celui qui est retenu. » Il a insisté que la lutte contre la corruption, les malversations économiques et financières ainsi que le détournement des deniers publics a été le cheval de bataille de son pouvoir.

Le numéro un burundais se réjouit du réchauffement des relations diplomatiques avec la communauté internationale. Cette dernière « se réjouit du respect des droits de l’homme ». Cela étant, explique le président, « les Burundais jouissent actuellement de la liberté d’expression et donnent librement leurs contributions à l’édification du pays ».

Selon Evariste Ndayishimiye, au début du mandat, il y avait des personnes qui voulaient saboter l’économie nationale. Ainsi, a-t-il martelé, des réformes au sein de la Banque centrale ont été opérées pour les contourner. « Même s’il y a des gens qui veulent toujours la faire tomber, nous avons redonné à la Banque de la République du Burundi son image. »

Tout n’est pas rose
Dans son allocution, le chef de l’Etat a réaffirmé qu’il y a des lamentations dans le pays. « C’est vrai qu’il y a des lamentations ici et là. Mais ce qui est intéressant, c’est que nous partageons les douleurs. Le bien que nous cherchons, moi aussi j’en ai besoin. »

Evariste Ndayishimiye a révélé que l’important est que personne ne peut être imputé d’être l’auteur de ce malaise, bien que « des gens cherchent actuellement des raisons pour appeler la population à se révolter ». Toutefois, le président Ndayishimiye a annoncé qu’il y a eu des fonctionnaires égarés qui ont participé à la « perturbation de la sécurité et à la malversation de l’économie nationale ».

Le président rassure
Dans son message sur l’état de la nation au cours de ces quatre dernières années de son pouvoir, Evariste Ndayishimiye a rappelé que les questions économiques sont universelles. Les Burundais n’ont donc pas à s’inquiéter et se lamenter, car, a-t-il souligné, des signes prometteurs de « lendemains meilleurs » sont à relever. « Nous avons un sous-sol riche, des pluies régulières, des terres arables fertiles et un bon climat. Évitons d’envier la richesse des autres alors que nous en avons plus. »

Il a invité les Burundais à ne pas prêter oreille à ceux qui veulent les faire reculer, car, selon lui, ces derniers veulent que la vision du Burundi 2040-2060 tombe à l’eau.

Dans la foulée de ce discours à la nation à l’occasion du 4ème anniversaire de l’accession au pouvoir d’Evariste Ndayishimiye, Iwacu a passé en revue quelques grands moments ou faits qui ont caractérisé son quadriennat à la présidence.

Un retour réussi sur la scène internationale
Durant ses quatre ans au pouvoir, le président Evariste Ndayishimiye a marqué des points au niveau de la diplomatie : le Burundi est revenu sur la scène internationale. Le 8 février 2022, le Conseil européen a décidé d’abroger la décision qu’il avait prise en 2016, imposant la suspension de l’aide financière directe à l’administration ou aux institutions burundaises. « L’abrogation de la décision permettra à l’UE de reprendre ce type de coopération avec l’administration burundaise. »

L’UE s’est basée surtout sur les progrès accomplis par le régime Ndayishimiye depuis 2020 en ce qui concerne les droits de l’homme, la bonne gouvernance et l’État de droit, ce qui a poussé à la levée des sanctions prises contre le Burundi consécutivement à la crise électorale de 2015.

Le 18 novembre 2021, les États-Unis ont annoncé la levée des sanctions individuelles à l’encontre de huit personnalités de l’époque, dont Alain Guillaume Bunyoni, ex-Premier ministre actuellement emprisonné à Gitega ; feu Godefroid Bizimana, chargé des missions à la présidence de la République ; Godefroid Niyombare, ancien chef du SNR ; feu Cyrille Ndayirukiye, ancien ministre de la Défense et un des meneurs du putsch raté de 2015 ; Gervais Ndirakobuca, actuel 1er ministre ; Léonard Ngendakumana, ancien chef de missions à la présidence de la République et accusé d’être impliqué dans la tentative de coup d’État de 2015 ; Joseph Mathias Niyonzima alias Kazungu, agent du SNR ; et Alexis Sinduhije, président du MSD. Ces sanctions consistaient en un gel d’avoirs et une interdiction d’entrée sur le territoire américain.

Contrairement à son prédécesseur feu Pierre Nkurunziza, le président Ndayishimiye a effectué plusieurs voyages à l’étranger : France, Siège des Nations unies à New York, Vatican, Belgique, Chine, Russie, etc. Il a également visité plusieurs pays africains, et vice-versa.

Relations avec le Rwanda : des hauts et des bas 

Le président burundais et son homologue rwandais

Durant les quatre ans d’Evariste Ndayishimiye à la tête du pays, les relations avec le voisin du Nord ont connu une évolution en dents de scie. Après sept ans de relations tendues, des rapprochements ont commencé en 2022. En mars 2022, une délégation rwandaise de haut niveau a été reçue au Palais présidentiel de Gitega par le Chef de l’Etat burundais. Conduite par le Général Major Albert Murasira, ministre rwandais de la Défense, elle était porteuse d’un message du président Paul Kagame. Une rencontre tenue loin des caméras, mais qui, selon une annonce de Gitega, s’inscrivait dans le cadre de la poursuite du dialogue pour le dégel des relations entre les deux pays voisins.

Cette rencontre a eu lieu quelques mois après que le président Paul Kagame ait accordé une audience, le 10 janvier 2022, à une délégation burundaise à Kigali, sous la conduite du ministre burundais des Affaires de la Communauté est-africaine, de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Ezéchiel Nibigira. Ces rencontres ont conduit, en octobre 2022, Gitega à prendre la décision de rouvrir la totalité de ses frontières avec le Rwanda, une décision saluée et accueillie par les Rwandais et les Burundais.

Le 4 février 2023, le président Paul Kagame a effectué une visite à Bujumbura pour participer au 20ème Sommet des Chefs d’Etats membres de la Communauté est-africaine (CEA). L’accolade entre le président Ndayishimiye et le président Kagame à Ntare House a marqué l’évènement et attiré l’attention de toutes les caméras présentes. Une nouvelle page entre Gitega et Kigali semblait alors s’ouvrir.

Malheureusement, cette détente n’a pas duré. Une attaque des rebelles à Gatumba, commune Mutimbuzi, en province de Bujumbura, a de nouveau envenimé les relations. Le 23 décembre 2023, 19 civils ont été tués à Vugizo et l’attaque a été revendiquée par le mouvement rebelle Red-Tabara. Gitega a accusé Kigali de recruter, de former et d’équiper ces rebelles pour attaquer le Burundi, accusations rejetées par le Rwanda.

Le 11 janvier 2024, le Burundi a décidé unilatéralement de refermer toutes ses frontières avec le Rwanda.

4ans en chiffres

 

 

 

 


Réactions

Gabriel Rufyiri : « Nous pensons que les informations fournies au chef de l’Etat sont purement fausses »


« Ce message à la nation s’inscrit dans la perspective de déni. », observe Gabriel Rufyiri, président de l’Olucome. Selon lui, l’inflation galopante, la balance commerciale qui est largement déficitaire conduit l’Olucome à estimer que la situation est plutôt grave.

M.Rufyiri fait savoir qu’on ne peut pas dire qu’on a fait de l’agriculture une source de croissance alors que les méthodes de cultiver n’ont pas changer. « On utilise la houe et cela avant même l’indépendance du Burundi. »

Comme il y a manque des produits importés, par exemple les produits pétroliers, poursuit-il, on ne peut prétendre dire que les choses marchent normalement au moment où les frais de transports ont triplé.

D’après Gabriel Rufyiri, dans le budget général de l’Etat, il y a une rubrique intitulé « recouvrement des fonds détournés et malversations économiques ». Il y a au moins 6 ans que cette rubrique existe. Mais, regrette-t-il, la loi de règlement et compte rendu budgétaire montre qu’il y a zéro BIF dans cette rubrique. « Cela montre qu’il n’y a pas de lutte contre la corruption. Car, parmi les éléments qui montrent qu’il y a une lutte contre la corruption figurent le recouvrement des fonds détournés. »

Contrairement aux propos du chef de l’Etat, le président de l’Olucome souligne que quand tu n’es pas membre du CNDD-FDD, tu ne peux pas être engagé, même comme un simple planton. « Nous pensons que les informations fournies au chef de l’Etat sont purement fausses. », conclut-il.

Kefa Nibizi : « C’est une moquerie envers la population »

« Il est très étonnant que dans son discours de fin de la 4ème année de son mandat, le Chef de l’État se refuse de reconnaître la précarité que vit la population dans le domaine socioéconomique et d’affirmer que maintenant chaque bouche a de quoi manger et que chaque poche a de l’argent », réagit Kefa Nibizi, président du parti CODEBU.

Selon lui, dans cette période de dépréciation incommensurable de la monnaie burundaise, où de nombreux Burundais n’ont qu’un seul repas pour le déjeuner et le dîner, et où le pouvoir d’achat a sensiblement chuté, une telle déclaration pourrait être considérée comme une moquerie envers la population ou, tout au moins, comme un manque d’empathie.

Au niveau de la justice, M. Nibizi indique qu’il n’y a pas de réformes sérieuses qui ont été initiées pour redresser l’institution judiciaire qui, selon lui, est gangrenée par la corruption et ligotée par l’ingérence de l’exécutif. « La seule innovation serait le renforcement du Conseil Supérieur de la Magistrature pour qu’il puisse redresser certains jugements. Malheureusement, des lamentations commencent à se faire entendre : là aussi, la corruption a déjà gagné du terrain. »

Pour ce qui est de l’accès à l’emploi, il ne cache pas sa déception : « Le mandat d’Evariste Ndayishimiye a brillé par une exclusion jamais vue. » Car, explique le président du CODEBU, « tout est savamment mis en place pour que seuls les militants du CNDD-FDD soient sélectionnés. » Et de renchérir : « On dirait qu’ils sont les seuls compétents, mais malheureusement les résultats sur le terrain prouvent le contraire. Dans l’octroi de l’emploi, le clientélisme et le népotisme restent toujours les maîtres du jeu », regrette-t-il.

À propos du bilan des quatre ans de pouvoir d’Evariste Ndayishimiye, Kefa Nibizi indique que les choses ont régressé. « Au niveau politique, c’est notamment le rétrécissement de l’espace politique, la renaissance des messages de haine et d’intimidation ainsi que la conduite unilatérale du processus électoral en cours. »

Sur les aspects des droits de l’homme et de la liberté d’expression, M. Nibizi ne mâche pas ses mots : « Au début, les faits montraient une lueur d’espoir avec la libération des journalistes incarcérés, l’ouverture de certaines radios fermées et la CNIDH qui avait bien recouvré le statut A. Mais par la suite, on a assisté à l’emprisonnement des journalistes, à la recrudescence des détentions arbitraires, de telle sorte que des gens étaient arrêtés sans mandat et conduits dans des endroits inconnus. La CNIDH vient de perdre son statut A. Ce qui résume tout simplement un recul patent du respect des droits humains. »

Le président du CODEBU se réjouit quand même des avancées dans la diplomatie tout en relativisant les choses : « Malgré le réchauffement des relations entre le Burundi et ses partenaires ‘classiques’, les appuis budgétaires et aides financières tardent à se concrétiser. Et la fermeture de la frontière terrestre avec le Rwanda qui vient de se faire récemment a mis de l’huile sur le feu. »

Agathon Rwasa : « Il ne fait que remuer le couteau dans la plaie »

« 

« Si chaque bouche a de quoi manger, pourquoi tous ces jeunes enfants et ces mamans quémandent-ils à longueur de journée dans les centres urbains ? Pourquoi cette flambée des prix de denrées comme l’oignon, la pomme de terre, le riz… pourtant produits dans nos villages ? Et que dire de cette capacité financière qu’il attribue au citoyen lambda, si ce n’est une moquerie pire ? », s’interroge Agathon Rwasa.

Quant à l’aspect sécuritaire et judiciaire, avance M. Rwasa, « on a peur qu’il ne fasse que remuer le couteau dans la plaie de ceux dont les proches croupissent injustement en prison, dont les enfants ont été enlevés et qui sont témoins de cadavres enterrés à la va-vite sans le moindre effort d’identification… » Agathon Rwasa va plus loin : « Quelle transparence dans le recrutement ! Seuls les militants du parti de Son Excellence Monsieur le Président sont recrutés : mérite serait-il synonyme de militantisme ou de partisanerie ? »

Ce député indique qu’il faut être très naïf ou même insensé pour croire que la lutte contre la corruption et autres malversations économiques préoccupe réellement le régime actuel. « S’il fallait parler du bilan des 4 ans de pouvoir d’Evariste Ndayishimiye, en toute sincérité, on pourrait dire que l’on a assisté à un échec cuisant dans tous les domaines », observe Agathon Rwasa.

D’après lui, le bilan est largement négatif. « Au niveau socio-politique, verrouiller davantage l’espace politique et renforcer le monopartisme, le musèlement de l’espace médiatique ont été la marque de fabrique du pouvoir. »

Au niveau économique, c’est aussi une déception totale, regrette Agathon Rwasa. « On ne pourrait même pas prétendre à quelques réalisations. Lorsqu’on voit comment le tissu économique se déchire du jour au lendemain et combien l’inflation galope, pour ne citer que ces exemples. »

Patrick Nkurunziza : « Le président n’a pas le même regard que la population »

D’après le président du parti Frodebu, il est tout à fait normal et compréhensible que le Chef de l’État s’exprime de cette manière sur son bilan. Le contraire aurait été surprenant ! Toutefois, Patrick Nkurunziza trouve que la véritable évaluation de son bilan aurait dû être faite par le Parlement, si ce dernier était fonctionnel. Car, explique-t-il, c’est lui qui contrôle l’action gouvernementale et est censé représenter les intérêts du peuple burundais. Pour le Frodebu, poursuit M. Nkurunziza, une auto-évaluation est susceptible de critiques. « Ce qui est surprenant et même dommage, c’est que le Chef de l’État n’a pas le même regard que la population sur les réalités du pays », se désole le président du Frodebu.

Avant d’éclairer les choses : « Les caractéristiques du budget 2024-2025 en termes d’investissement et de déficit budgétaire, la rareté des produits de première nécessité, la carence des devises, la faillite des entreprises publiques, la flambée des prix, les impôts et taxes exorbitants, pour ne citer que ceux-là, contrastent avec le message du Chef de l’État sur ses quatre ans au pouvoir. »

À moins que ce ne soit un secret de la présidence de la République, lâche M. Nkurunziza, le bilan du quadriennat du président Evariste Ndayishimiye est fortement négatif. Sur le plan politique, le président du Frodebu indique que le peuple burundais vit une situation de ni paix ni guerre. « Des tentatives de coup d’État qui traduisent un malaise au sein du gouvernement ; des cas d’assassinat, d’enlèvement et de disparition de citoyens sont observés ; des arrestations arbitraires, des jugements et emprisonnements abusifs sont également constatés ; le président ne cesse de dénoncer sans mâcher ses mots un gouvernement, un parlement et un appareil judiciaire qui ne soutiennent pas ses initiatives ; des élections qui sont en train d’être préparées dans la plus grande discrétion ; des relations internationales qui restent tendues entre le Gouvernement du Burundi et ses partenaires ; une réconciliation des Burundais qui reste de façade ; l’équité qui demeure un vain mot, pour ne citer que ceux-là. »

Avec un tel bilan, s’interroge M. Nkurunziza, où sont les progrès dont a parlé la présidence ?

 

Gustave Niyonzima : « Son bilan est néfaste et mitigé. »

Pour ce défenseur des droits humains, le manque d’indépendance du système judiciaire burundais est flagrant et l’impunité demeure sempiternelle. « Aucune réforme structurelle n’a été engagée pour améliorer durablement la situation des droits de l’homme et de la liberté d’expression. »

D’après lui, on observe clairement un rétrécissement de l’espace civique et une pression croissante sur les partis politiques d’opposition, dont le CNL (Congrès National pour la Liberté), les organisations de la société civile et les médias à l’approche des législatives et municipales de 2025. « Des arrestations et détentions arbitraires, des disparitions forcées, des assassinats sélectifs et des violations du droit à la vie continuent d’être perpétrés avec une impunité aiguë. »

Il ajoute : « Des journalistes, dont Floriane Irangabiye et Sandra Muhoza, des défenseurs des droits humains et d’autres militants ont été arrêtés au cours de l’année 2024 et poursuivis en justice en violation des droits à un procès équitable et à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. »

Gaspard Kobako : « Ce ne sont pas tous les Burundais qui ont la bouche pleine et les poches garnies »

« Il est évident qu’il y en a qui mangent à leur faim, mais ce n’est qu’un petit nombre. Ce ne sont donc pas tous qui ont la bouche pleine et les poches garnies. Seule une poignée de gens, non des cercles du pouvoir, en bénéficie », réagit le président du parti AND-Intadohoka.

D’ailleurs, poursuit-il, il nous a déjà parlé de certains gouverneurs et administrateurs qui se sont érigés en une bourgeoisie compradore, pour ne citer que ceux-là, ainsi que des Directeurs Généraux qu’il a limogés en les accusant de détournement et de mauvaise gestion. Ce sont ceux-là, selon lui, qui sont ingrats.

M. Kobako réaffirme que le gouverneur de Muyinga avait déclaré que la production de maïs avait triplé et que la culture du café avait été réintroduite, ce qui pourrait générer des devises. Ce qui est une bonne chose. Il reste toutefois inquiet : « La question qui se pose est de savoir si tous les habitants bénéficient au moins de cette production, sachant qu’on n’a pas le droit de vendre le surplus dans d’autres provinces. »

Le président de l’AND doute des propos du Chef de l’État : « Si les poches des Burundais étaient garnies, pourquoi les producteurs de maïs, notamment, se plaignent-ils souvent, à haute et intelligible voix, qu’ils n’ont pas encore été payés ; qu’ils manquent d’argent pour se procurer d’autres denrées en échange ou pour acheter d’autres semences de pomme de terre, qui manquent cruellement pour la saison C ? »

Il trouve également que la lutte contre les injustices dans le recrutement des fonctionnaires n’est pas évidente. Sinon, pourquoi le Président de la chambre basse du Parlement a-t-il parlé des incompétents qu’il faudrait rouer de coups de bâtons pour les redresser ?

Sans doute que les problèmes économiques sont universels, abonde dans le même sens que le président, mais il souligne que seules les solutions pour les résoudre diffèrent, ainsi que les stratégies. « Il faut savoir mettre la main à la pâte et les affronter plutôt que de les vivre au quotidien sans penser aux vraies stratégies. »

Anicet Niyonkuru : « L’auto-évaluation du président montre une satisfaction personnelle »

D’après le président du CDP, en matière de gestion politique, administrative, économique, etc., et a fortiori dans la gestion d’un État, il est important d’écouter les avis des bénéficiaires de vos services au lieu de s’auto-évaluer. « Si vous êtes satisfait en tant que gestionnaire de la chose publique et que les bénéficiaires se lamentent, le fossé est grand. » Au contraire, souligne M. Niyonkuru, si vous n’êtes pas satisfait d’avoir atteint vos objectifs mais que les bénéficiaires le sont, alors vous êtes sur le bon chemin, car vous visez l’idéal ! »

Sur ce, « l’auto-évaluation du Chef de l’État montre une satisfaction personnelle qui s’écarte carrément de la vie quotidienne de la population de son pays, le Burundi. »

Le président du CDP indique qu’il va souvent sur le terrain et ne voit pas ces gens dont parle le Président de la République, dont le ventre est plein de nourriture et les poches pleines de billets de banque. Un adage burundais dit « Amafanga aho ari ntavuga, mugabo araboneka » (l’argent ne fait pas de bruit, mais les signes de son existence ne manquent pas). « Je me demande d’ailleurs par quel sondage le Président de la République peut émettre de telles affirmations, tout en fustigeant les non satisfaits qui sont traités d’ingrats. Au parti CDP, nous observons plutôt une chute lente vers une pauvreté sans précédent. »

En effet, le président du CDP montre que l’interdiction de la circulation des produits vivriers d’une commune à l’autre alors que toutes les régions ne produisent pas les mêmes choses, la fixation des prix des denrées alimentaires tout en ignorant la loi de l’offre et de la demande, l’ignorance des agriculteurs de café qui ne sont plus encadrés, l’absence d’innovation agricole, le manque d’intrants agricoles spécialisés pour chaque région, et l’absence d’industries agroalimentaires… tout cela montre qu’il n’y a pas eu d’amélioration en matière agricole.

« Vous comprendrez que le Chef de l’État a le droit de se glorifier, mais nous, les bénéficiaires de ses services, avons aussi notre mot à dire ! », conclut-il.

Tatien Sibomana : « C’est du déjà attendu »

L’Uproniste Tatien Sibomana indique que le discours du Chef de l’État est du déjà entendu. « On attendait du Chef de l’État, dans un discours à la Nation comme celui-là, des mesures phares pour sortir le pays de la situation dans laquelle il se trouve, mais aucune mesure n’a été annoncée. »

Faisant référence à certains passages de son message, Tatien Sibomana trouve que les Burundais ne sont pas des ingrats, mais qu’ils sont insatisfaits et avec raison. « Ils ne manquent pas seulement les produits importés ! D’autres produits leur manquent également du fait de leur faible pouvoir d’achat, alors que les prix de tous les biens et services ont grimpé. »

Par ailleurs, M. Sibomana s’interroge : « Est-il normal de s’accoutumer au manque de produits importés alors que les Burundais les recevaient avant, y compris pendant la période de l’embargo général contre le Burundi ? »

Pour lui, que tout citoyen soit capable de communiquer directement avec le président pour lui exposer ses problèmes est loin de la réalité. Il a dit qu’aujourd’hui, aucun crime n’est oublié. « Quid des crimes économiques, des enlèvements, des arrestations arbitraires, des disparitions forcées !!! Les auteurs de ces crimes, sont-ils inquiétés ? »

Il trouve également que la bonne gouvernance n’a jamais été améliorée, tant au niveau économique qu’au niveau politique. « Les recrutements et les nominations sont ethniques et politiques, et non basés sur des critères d’excellence et de mérite, et encore moins sur les références faites à l’Accord d’Arusha. »

Encore une fois, poursuit-il, il demande de ne pas s’inquiéter, car les problèmes économiques sont universels !!! Ce fait constitue-t-il un argument pour résoudre les problèmes économiques des Burundais ?

Tatien Sibomana pense que le président de la République devait plutôt s’intéresser aux problèmes socio-politiques inhérents à la crise de 2015, au processus électoral conduit de façon unilatérale et en excluant les autres, malgré les appels sans cesse répétés des intéressés et des partenaires ! M. Sibomana conclut en indiquant que le bilan du président Evariste Ndayishimiye au cours de ces quatre dernières années, depuis les dernières élections, n’est pas reluisant.

Hamza Venant Burikukiye : « Des progrès significatifs sont visibles »

Des progrès significatifs se remarquent durant les quatre années qu’Evariste Ndayishimiye vient de passer à la tête du Burundi. « En faisant référence au renforcement des droits humains, le président de la République s’est exceptionnellement distingué dans la restauration de la justice équitable pour tous, pilier du respect et de la défense des droits humains. La gratuité scolaire en faveur de la scolarité pour tous et la gratuité des soins aux enfants de moins de 5 ans et aux femmes dès l’accouchement ont permis de réduire les taux de mortalité infantile et maternelle. »

Selon M. Burikukiye, nul n’ignore la prolifération des associations de la société civile telles que les associations sans but lucratif et les églises, la naissance de nouveaux syndicats, ainsi que l’ouverture des médias privés, qu’ils soient écrits ou audiovisuels.

Forum des lecteurs d'Iwacu

22 réactions
  1. Jean Pierre Hakizimana

    @Casus Beli,

    Je comprend parfaitement votre point de vue la dessus. Je crois qu’il est important que toutes les âmes pour lesquelles le Burundi est chère aient un groupe de données métriques comme base de départ. Hard data, comme on dit dans mon industrie, pas d’opinions. Strictement des chiffres!

    Sinon les Burundais vont passer bcp de temps dans le flou. Pour certains,
    « tout va bien, circulez, il n’y a rien à voir! » Pour les autres,  » et bien…… « .

    Vous remarquerez que Mr le grand (palais de Gitega) vit dans une autre réalité et parle comme si cela fait que 4 ans qu’il est au pouvoir! car les règles de jeu n’ont jamais été bien définis. On dirait qu’il était venu de nul part! Tous ses ministres parlent comme si c’est eux l’opposition alors que cela fait plusieurs décennies qu’ils sont au pouvoir!

    Et dans tout cela, Mr le grand espère faire semblant d’attirer les investissements directs/étrangers, y compris, une grande majorité de la diaspora Burundaise ! Seule la DIASPORA est émotionnellement investi dans l’histoire Burundaise! D’ou ces discours de patriotisme économique qu’une grande majorité finissent par croire à leur peril. L’étranger, dans tout cela, il/elle n’est pas dupe! Et puis je me dis que l’étranger a accès aux informations nécessaires pour éviter de mettre son capital dans une escroquerie Burundaise!

    Je pense qu’il serait très utile que les journaux créent des bases de statistiques économiques que le peuple pourrait utiliser comme élément arbitraire! Aussi, il faut qu’il ait une loi obligeant les different chefs de gouvernement de faire une conférence de presse devant tous les journalistes pour défendre leurs résultats économiques. Il est important que ces moments soient dans l’histoire Burundaise pour les générations futures!

  2. Marira

    Les gens qui contestent que le Burundi est le pays le plus pauvre.
    Donnez votre classement et justifiez le.
    Si une classe a 55 elèves et que vous êtes le 53 ème ou le 54ème.
    L’erreur faite en disant que vous êtes dernier de classe est négligeable.
    Burundi is for our shame the poorest country in the world

    • Gugusse

      Ça me rappelle les commentaires sportifs sur TF1 en France lors des JO d’Atlanta. … “C’est fabuleux. La France est première, derrière les USA, la Russie, la Chine et l’Allemagne..!!!”

      Neva est indécrottable. Mais je pense qu’il croit sincèrement qu’il dit la vérité. Il n’est pas assez malin pour croire une chose et son contraire. Ça créerait une dissonance cognitive. Seuls les psychologues pourraient nous dire à quel moment la réalité et son monde alternatif ont fusionné.

  3. Ndimubandi

    D’après cet article, Neva a invité les Burundais à ne pas prêter oreille à ceux qui veulent les faire reculer, car, selon lui, ces derniers veulent que la vision du Burundi 2040-2060 tombe à l’eau.

    La vision du président en 2040 est de faire du Burundi un pays émergent. Mais au juste c’est quoi l’émergence d’un pays? Mes recherches m’ont amené à comprendre que l’émergence est un processus par lequel un Etat s’intègre à l’économie globalisée et au capitalisme mondial grâce à une croissance économique forte pendant plusieurs années (augmentation du produit intérieur burt).

    Le terme émergence a donné naissance à diverses terminologies. Ainsi, on parle de pays émergés à l’instar de la Chine ou du Brésil. Des pays faisant partie des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) sont désignés par le vocable de grands émergents. Il existe aussi des pays émergents comme le Viet-Nam, le Mexique, l’Argentine, l’Ethiopie ou la Pologne. Enfin, on trouve des proto-émergents (futurs émergents) comme la Colombie, le Pérou ou le Maroc. Dans quelle catégorie Neva veut que notre pays soit en 2040? Proto-émergent? Emergent? Grand émergent? Emergé?

    Ceux d’entre nous qui seront là en 2040 et qui auront eu l’occasion de suivre l’émergence de notre pays risquent d’étre surpris. En effet, il ne faut pas s’attendre à voir un Eden en 2040. Loin de là. En effet, voici les caractéristiques communes des pays émergents:

    – Une population nombreuse ayant achevé la transition démographique;
    – Un régime politique stable mais souvent autoritaire;
    – L’existence d’une classe moyenne occupant des postes intermédiaires dans les services et l’administration;
    – Une métropolisation rapide; et
    – Un écart de richesse qui se creuse entre une oloigarhie enrichie et une masse populaire dans la pauvreté dans les régions périphériques, rurales ou enclavées.

    Enfin, il convient de préciser que si l’émergence se limite à cet aspect de croissance économique soutenue, le développement lui va plus loin en intégrant les aspects sociaux et environnementaux. C’est ce que les jeunes concitoyens sont supposés voir en 2060.

    • Mpfuyumukeno

      Umupfu ntiyinukira.
      On se moque juste des burundais avec ce rêve impossible de vision 2040/2060

    • Stan Siyomana

      @Ndimubandi
      1. Vous ecrivez: «  Un écart de richesse qui se creuse entre une oloigarhie enrichie et une masse populaire dans la pauvreté dans les régions périphériques, rurales ou enclavées.
      Enfin, il convient de préciser que si l’émergence se limite à cet aspect de croissance économique soutenue, le développement lui va plus loin en intégrant les aspects sociaux et environnementaux… »
      2. Mon commentaire
      a. L’oligarchie est un systeme typiquement sovietique/russe. Au Burundi la privatisation de COTEBU par exemple n’a pas cree des oligarques burundais, mais a permis aux hommes d’affaires (sud-africains? mauriciens?) d’amener leurs capitaux et savoir-faire technologique au Burundi. Je crois que ce serait le meme schema s’il fallait privatiser la REGIDESO, la SOSUMO, l,ONATEL, la COGERCO (Compagnie de gerence du coton).
      « Le terme est généralement employé dans la presse occidentale pour décrire les hommes d’affaires russes. D’après une étude du journaliste Alan Macleod au sujet de son emploi par le New York Times, CNN et Fox News, 98 % des mentions de pays liés aux oligarques se rapportaient à la Russie (très majoritairement) ou à des pays de l’ex-Union soviétique, les hommes d’affaires américains ou européens n’étant que très rarement qualifiés d’oligarques1…
      L’oligarchie russe regroupe des personnalités de premier plan du monde russe des affaires, appelées oligarques (en russe : олигархи , romanisé : oligarkhi), en lien avec le pouvoir politique des anciennes républiques soviétiques qui se sont rapidement enrichies dans les années 1990 via les privatisations qui ont suivi la dissolution de l’Union soviétique… »
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Oligarchie_russe
      b. Il faut quand meme reconnaitre que pour reussir dans la vie, il faut etre competitif. Si il y a une croissance economique soutenue,chaque citoyen qui en a la volonte va surement en tirer profit.

    • Stan Siyomana

      @Ndimubandi
      1. Le leader chinois Deng Xiaoping avait dit en 1979: « La pauvreté, ce n’est pas du socialisme. Être riche est glorieux! »
      https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1137387/chine-exposition-reforme-ouverture
      2. L’americain Andrew Grove (= fondateur de la compagnie de haute technologie Intel) a ecrit le livre
      « Only the paranoid survive ».
      https://www.amazon.fr/Only-Paranoid-Survive-Andrew-Grove/
      3. Si un jeune ou un groupe de jeunes burundais parviennent a s’enrichir a cause d’un pret du PAEEJ (Programme d’autonomisation economique et d’emploi des jeunes) tout en payant les taxes a l’Etat burundais, ce ne serait pas du tout de leur faute s’il y a encore l’inegalite entre les riches et les pauvres.
      4. Meme sous le socialisme/communisme en Union Sovietique ou en Republique populaire de Chine, il y avait des pauvres et des riches.

  4. Gugusse

    Il est comme moi, ce Neva. Chaque matin, devant mon miroir, je vois un beau gars musclé, aux abdos en béton . Si j’y crois et que je me le répète sans cesse, c’est que doit être vrai, même si tout le monde me dit le contraire.

    • Stan Siyomana

      @Gugusse
      Avant-hier, un agent de la compagnie d’assurance de voitures a augmente mon premium de 43 dollars quand je lui ai dit qu’en fait j’avais 10 ans de plus que l’age qu’on avait ecrit dans mon dossier. Apparemment, avec l’age je deviens plus dangereux sur la route. Moi je croyais qu;avec l’age je deviens plus sage et devrais payer moins.
      Vous aussi vous vous etes « dangereux » dans votre maison, sur la route…(si votre vue est si « mauvaise »). Mais au moins vous vous etes conscient que votre vue n’est pas bonne.

      • Gugusse

        Ha Ha. Merci grand frère! J’adore vos anedoctes.

    • @Gugusse, c’est la meilleure. ca m’a fait un bon rire matinal. Le monde des illusions et des mirages nous amene au Nirvana. J’adore!!!

  5. arsène

    Enfin, il n’a pas parlé de la vision 2040/2060. Visiblement, nous y sommes déjà à en juger par ce qui semble être devenue la vie des Burundais.

    Si un jour il m’arrivait de rencontrer M. Hamza Venant Burikukiye, je lui demanderais s’il est mandaté par le pouvoir pour nous faire découvrir que tout va pour le mieux dans le meilleur des monde.

  6. Stan Siyomana

    1. Vous ecrivez:« « Au vu du niveau actuel de l’agriculture et de l’élevage, chaque bouche a à manger et chaque poche gonfle d’argent », a lancé d’entrée de jeu le président Evariste Ndayishimiye.
    2. Mon commentaire
    a. Ce que Monsieur le president a dit ne se limite qu’a la securite alimentaire (qui, certes est importante), mais je ne crois pas que le Burundi peut exporter beaucoup de produits agricoles pour gagner des devises etrangeres.
    b. Le Burundi pourrait voir comment d’autres pays ont pu se developper.
    « L’expérience de la Chine, du Viet Nam et d’autres pays à forte croissance démontre de façon éclatante qu’une meilleure compétitivité contribue au dynamisme et à la résilience des économies nationales qui, à leur tour, améliorent les revenus des moins fortunés en proposant davantage d’emplois mieux rémunérés. En outre, les gains de productivité obtenus réduisent l’écart avec les pays les plus avancés…
    Industrie manufacturière
    Au cours des 65 dernières années, sur les 13 pays ayant affiché une croissance positive pendant au moins 25 ans, 10 d’entre eux la doivent essentiellement à l’industrie manufacturière. La demande mondiale de produits manufacturés devrait s’accroître dans les dix ans qui viennent, tout particulièrement dans les pays en développement. Cette tendance ouvre des perspectives à ces pays dont l’industrie manufacturière pourra se développer, s’ouvrir à des marchés internationaux tout en répondant à la demande domestique… »
    https://www.banquemondiale.org/fr/topic/competitiveness/brief/competitive-sectors

  7. Kagabo

    IL est plus important de considerer differente personalites provenance de tous deux cotes (pro and contre president). si no, IWACU put etre considered comme vous Aves votre cote, le negatif.
    imagine vous 7 personnes contre une personne, c’est le vrai UGUHENGAMA

    • Stan Siyomana

      @Kagabo
      Moi je crois que puisqu’il s’agit du discours du president lui-meme, qui a des conseillers en economie, communications, en tout, l’on a pas besoin de quelqu’un d’autre pour essayer de defendre/ou mieux expliquer ce que le president a voulu dire.

  8. Jean Pierre Hakizimana

    Commencez une histoire avec BIF/USD = 2574 ou 6000? Clairement dépendant du taux que une personne à le privilège d’utiliser dans sa vie réelle, pas fictive, on a pas besoin d’avoir un diplôme en études socio-économiques pour savoir qui va bien relativement à l’autre. La progression du taux d’inflation contredit votre taux d’échange.

    Comment pouvez vous savoir où voulez aller alors que vous n’êtes même d’accord sur le point de départ?

    J’aurai aimé voir les courbes suivante:

    1- PIB/habitant, revenue/habitant en USD.
    2-Production d’électricité /habitant
    3-Production de céréales /habitant (par céréales vous pouvez prendre celles qui sont le plus consommées au Burundi: Mais, sorgho, riz, etc………..

    Remarquez que ces trois points ont tous une chose en commun: L’énergie ! Soit la production ou la consommation d’énergies. L’énergie, c’est la vie. La vie, c’est l’énergie.

    • Casus Beli

      @ Jean-Pierre Hakizimana
      1- PIB/habitant, revenue/habitant en USD.
      2-Production d’électricité /habitant

      Ne posez pas de questions dont vous connaissez la réponse.Vous savez très bien comment se calcule le PIB par tête.Un pays surpeuplé dont le produit intérieur brut doit être divisé par un nombre infini de têtes suite aux naissances incontrolées.Quand on divise par l’infini alors le résultat tendra vers zéro.Donc PIB/habitant ridiculement bas.
      Quant à la question sur l’électricité je peux vous répondre simplement survolez le Burundi la nuit et seule l’obscurité vous informera sur la production de l’életricité.
      Le pays est le dernier à tous les points de vues. Le dernier même sur le continent.

  9. Bellum

    « Akabi gatwengwa nk’akeza » dit l’adage Burundais qui est l’equivalent du proverbe francais  » le ridicule ne tue pas ».
    1. Quelle legitimite ont des dirigeants issus d’un coup d’etat constitutionel et electoral pour pretendre se preoccuper de la destinee de la nation? Sire! Personne ne vous a rien demande, laissez le peuple designer les dirigeants de son choix pour sortir le pays du trou dans lequel vous l’avez plonge par incompetence, criminalite et gabegie.
    2. Seuls des dirigeants elus democratiquement peuvent exorciser le karma qui pursuit le regime DD pour tant de crimes contre des innocents et la destruction de tout espoir pour la jeunesse burundaise. Les DD sont au pouvoir pour 45 ans, certes, mais que restera-il de la nation au bout du compte?

    • Gugusse

      Pas nécessairement! Hitler a été élu très démocratiquement. Mais je vois où vous voulez en venir.

      • Voltaire Kaziri

        I faudrait plutôt parler de Bokassa, Idi Amin ou Papa Doc ou Baby Doc de Haïti.
        Il ya des dirigeants qui ont truqué les élections iu fait un coup d’Etat qui ont eu des résultats économiques extraordinaires.
        Ex: Jerry Raeling, Mao, Stalin, etc…

        • Gugusse

          Mao? Mon œil. Plutôt Deng Xiaoping. Je préfère de loin Neva à vos idoles. Stalin, come on? Jerry Rawlings, j’admets que j’ai un faible pour lui.

          • @Gugusse, nonebstant la propagande surtout occidentale un president comme Mao a ete et reste une idole pour sa nation. Ding Xiao Ping ne serait rien sans la base fixee par le grand Timonier( unite, independence, retour a la fierte du peuple chinois, les debuts de l,industrialisation, le retour de la Chine comme puissance mondiale……etc). Sachons sortir des oreilleres fixees et distinguer ce qui est propagande anti tel ou tel des realites sur le terrain et de la propre perception des peuples concernes.

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