Les usagers tirent la sonnette d’alarme sur leur état critique. Ils interpellent les autorités concernées pour protéger ces infrastructures avant que l’irréparable ne se produise.
Situé à peu près à 5 km en amont de la RN9 sur la rivière Murago, un pont relie les collines Muyange et Gahwama, de la zone Rubirizi, en commune Ntahangwa de la province de Bujumbura. ll est incliné et si rien n’est fait dans l’immédiat, il risque de céder.
Selon les témoignages des habitants des environs, le pont a été construit, il y a de cela une vingtaine d’années, par feu père De Cillia Giuseppe connu sous le sobriquet de « Buyengero » qui était curé de la paroisse Saint Guido Maria Conforti de Kamenge.
Long d’une vingtaine de mètres, ce trait d’union entre les collines ci-haut citées est menacé d’écroulement. Selon les passants rencontrés, des malfaiteurs non encore identifiés enlèvent des planches se trouvant sur le pont du jour au lendemain.
« Cette œuvre magnifique réalisée par cet infatigable missionnaire xavérien a sauvé beaucoup de vies humaines pendant les moments difficiles. Et voilà, des ennemis du développement commencent à le détruire », s’insurge un sexagénaire.
Les écoliers et les personnes âgées peinent à traverser le pont craignant de tomber dans la rivière. « Beaucoup d’écoliers et élèves empruntent ce pont quand ils se rendent dans les écoles implantées sur les collines Gahwama, Muyange et Tenga. Or, les planches déjà volées laissent de grands trous. Par mégarde, nos enfants risquent de passer par ces trous et tomber dans la rivière avant de se noyer », craignent les parents.
Du côté de la colline Muyange, le béton qui soutient les barres métalliques est fissuré. Les berges s’élargissent et se fragilisent davantage suite à la forte pression des eaux de pluie. Au fur et à mesure qu’elles s’agrandissent, elles vont entraîner l’effondrement du pont.
A tout prix la protection du pont
Les commerçants qui exercent leurs activités au marché de Muzinda en commune Mpanda sont aussi inquiets. « Le pont facilite les échanges commerciaux entre les deux collines. Il s’agit aussi d’un raccourci pour nous rendre dans les centres de négoce. Si le pont s’effondre, nous serons obligés de faire un contournement de plus de 8 km au trajet habituel avec tout ce que cela entraîne comme conséquences dans le transport de nos marchandises en termes de coût et de perte de temps ».
Pour ces commerçants, deux actions s’avèrent urgentes. Il faut assurer la garde du pont pour que les planches se trouvant sur le pont ne soient plus volées. En plus, ils demandent aux autorités concernées de protéger les berges de la rivière.
Un des administratifs à la base contacté dit être au courant de l’état critique du pont. Il dénonce les malfaiteurs qui continuent à enlever les planches. « Dans un premier temps, nous allons remettre les planches sur le pont pour faciliter le passage des usagers. Dans un second temps, nous allons organiser des rondes nocturnes pour traquer ces malfaiteurs ».
Quant à la protection des berges de la rivière, cette autorité à la base reconnaît le danger qui guette ses administrés. Elle affirme avoir déjà alerté les autorités hiérarchiques.
Cap sur le pont Muzazi
Situé sur la RN9 (l’axe reliant la ville de Bujumbura avec les communes Mpanda et Bubanza), le pont sur la rivière Muzazi est aussi menacé d’écroulement dans sa partie en amont de la rive droite. C’est un trait d’union entre les communes Ntahangwa et Mpanda.
Les glissements de terrain menacent le mur de soutènement. Ils mettent aussi en danger l’école fondamentale de Muyange qui est construite au bord de cette rivière, à moins de trois mètres de la rive. Du jour au lendemain, les berges s’élargissent et l’école est menacée.
« Il est urgent que les autorités concernées interviennent pour protéger les berges de la rivière avant que l’irréparable ne se produise », alerte N.J, un enseignant qui était en train de donner des cours de renforcement à ses élèves.
Par ailleurs, quand il pleut abondamment, les eaux débordent les berges et inondent cet établissement scolaire. « Les murs des bâtiments se fragilisent davantage », s’inquiète cet enseignant.
Certains riverains de ce cours d’eau indexent les extracteurs du sable, du moellon et du gravier comme quoi ils fragilisent les berges de ces rivières. Ils le font d’une façon anarchique sans respecter les normes environnementales.
« En plus des crues répétitives de cette rivière qui fragilisent davantage les berges, les personnes qui y extraient des matériaux de construction ajoutent le drame au drame ».
Ils interpellent l’administration à sensibiliser ces extracteurs au respect des normes. Ils estiment que la protection de ces berges devrait se faire d’abord en amont.
Les usagers de la RN9 craignent pour leur business.

Les commerçants et les transporteurs qui empruntent la RN9 sont eux aussi inquiets de l’état critique du pont. Pour eux, son effondrement signifie l’arrêt des échanges commerciaux entre la ville de Bujumbura et les communes Bubanza et Mpanda.
« Beaucoup de tenanciers de restaurants s’approvisionnent en produits vivriers dans les marchés de Musenyi et Muzinda de la commune Mpanda. S’il advient que le pont s’écroule, les activités vont s’arrêter », se désole un des commerçants croisés au bord du pont.
Il s’agit de la même préoccupation du côté des commerçants en provenance de ces communes qui s’approvisionnent dans les magasins du centre-ville de Bujumbura.
Les transporteurs ne sont pas épargnés. Ces derniers font savoir qu’ils seront obligés de contourner en empruntant la RN5 en passant par la zone Gihanga.
« Nous avons connu de gros ennuis et enregistré de grandes pertes quand le pont sur la rivière Murago s’est effondré », rappellent-ils.
Les usagers de la RN9 plaident pour une solution durable. Ils demandent à l’entreprise qui est en train de réhabiliter cette route de se pencher d’abord sur la protection du pont sur la rivière Muzazi pour éviter son écroulement. Selon eux, les berges de cette rivière s’élargissent et se fragilisent à une allure inquiétante.
Iwacu a essayé de contacter l’Agence routière du Burundi et l’autorité communale de Ntahangwa pour plus de détails, mais sans succès.








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