Le marché des aliments d’animaux à Gitega est aujourd’hui infiltré par des commerçants sans scrupules. Entre substitution du son de riz par des balles et l’ajout du sable pour gonfler le poids, les éleveurs de porcs et de volailles voient leur cheptel périr.
Pendant des décennies, le nom de Mutoyi, en commune Bugendana était synonyme de qualité dans la fabrication des aliments pour bétail. Ce qui garantissait la croissance et la production des animaux domestiques. Selon beaucoup, l’entreprise italienne y maintenait un standard de fabrication qui faisait la fierté de la province de Gitega. Mais, ce temps semble révolu. Aujourd’hui, la multiplication des fabricants artisanaux et des points de vente de ces aliments à Gitega cache une réalité bien plus sombre : une jungle commerciale où le profit immédiat prime sur la vie des bêtes.
Le mode opératoire des fraudeurs est désormais connu mais, il reste impuni. Pour réduire les coûts, le précieux son de riz est remplacé par de la balle de riz (l’enveloppe extérieure, sans valeur nutritive et irritante pour le système digestif) des animaux. Plus grave encore, la pesée est faussée par l’ajout du sable au moment où la farine des os écrasés est remplacée par le cendre de bois.
« J’ai acheté 50 kg d’aliments pour mes porcs pensant faire une affaire. Ma surprise a été grande quand j’ai constaté que mes animaux ne les mangeaient pas comme d’habitude. Cinq jours plus tard, en vidant le fond d’une auge, j’ai trouvé une couche de sable gris. On ne nous vend plus de la nourriture. On nous vend plutôt des aliments nocifs pour notre cheptel », déplore le prénommé Dieudonné, un éleveur de porcs.
Chute de la production animale
Les effets sur le terrain sont immédiats et visibles. Dans les fermes avicoles, la courbe de ponte chute. Des poules qui produisaient à 80% tombent à 10% en une semaine. Chez les porciculteurs, les cas de maladies gastriques se multiplient. Ce qui entraîne une mortalité des porcs inhabituelle. « Mes poules ont arrêté de pondre du jour au lendemain. Elles sont chétives, leurs plumes tombent. Ces commerçants véreux ne réalisent pas qu’ils détruisent des familles entières qui vivent des crédits bancaires investis dans l’élevage. »
Il en est de même pour le prénommé Lucien qui affirme avoir surpris un vendeur d’aliments pour bétail en train de moudre des balles alors que d’habitude, ces résidus servaient à cuire les briques d’argile. « C’est très grave ce qu’on fait aujourd’hui. Si ces commerçants qui vendent ces déchets sont tolérés et ne sont pas dénoncés, demain, ils n’hésiteront pas à nous vendre du poison pourvu qu’ils gagnent de l’argent »
L’urgence d’un contrôle strict
Face à l’absence de régulation dans la vente des aliments pour bétail, n’importe quel revendeur s’improvise fabricant sans aucun respect des normes d’équilibrage des protéines et des minéraux. « Il est urgent que les services vétérinaires effectuent des descentes de suivi et de contrôle. La survie des filières porcine et avicole à Gitega en dépend », appelle Médiatrice Nduwayo.
Selon un vendeur d’aliments pour animaux, un aliment pauvre peut être considéré comme un poison à petit feu pour l’économie d’un éleveur « Je ne dirais pas que le prix indiqué renseigne nécessairement sur la qualité du produit. Mais, quand vous constatez qu’il y’a une nette différence de prix pour un même produit, ne croyez pas que c’est gratuit », conseille Elie Ndihokubwayo.
Il fait savoir qu’avec le sable et la balle de riz, les animaux souffrent des maladies carentielles. Bien plus, le sable crée des impactions intestinales mortelles au moment où la balle de riz affame l’animal en remplissant son estomac de vide.
Les services vétérinaires à Gitega font savoir qu’une enquête doit être menée sur cette pratique et que les contrefacteurs s’exposent à de lourdes sanctions.







Je suis tombé en bas de ma chaise en lisant cette nouvelle. En tant qu’ancien fabricant d’aliments pour bétail et volaille au Burundi, je peux affirmer que frelater un aliment est un crime économique grave peu importe le type d’animal domestique à qui il est destiné. Çà relève de la cupidité et du sabotage économique de nombreux citoyens honnêtes qui choisissent d’investir dans l’élevage. Les animaux d’élevage ont des besoins nutritionnels de croissance, d’entretien et de production qui respectent les normes alimentaires de chaque animal d’élevage et un processus de fabrication exempt d’impuretés susceptibles de compromettre la santé de ces animaux. J’ai déjà connu et contré cette tricherie de la part de quelques commerçants véreux de poissons séchés (ndagala) qui mettaient du sable dans le fond des sacs pour accroître frauduleusement le poids de leur marchandise.
Quelques conseils pratiques que je donne ici aux éleveurs:
– Transvaser ou déverser les sacs d’aliments sur une surface cimentée. Le mélange doit être homogène. Plongez votre main dans la matière et froissez avec les doigts. La présence de sable sera vite démasquée;
– La farine d’os calcinés est de couleur grise foncée et sous forme de poudre. Elle a une odeur caractéristique. Le charbon de bois moulu est de couleur noire et n’est pas friable;
– Les balles de riz sont généralement présentes dans le son de riz mais sous forme de trace. Surveillez ici que la proportion ne dépasse pas 5% du son de riz. Plus il y a de balles de riz plus le son de riz sera peu digestible chez les animaux et donc inutile à acheter.
Ne vous laissez plus flouer chers éleveurs.
Urakoze kudufasha kumva iki kibazo wewe wigeze gukora muri iki gisata.
Ako kajagari kabandanije gutya, n,abaguzi b,abarundi bonyene ntibazoba bacizeye ibikorerwa muBurundi/Made in Burundi, donc pas de development d,industries locales.