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Santé

Covid-19 : Quand le port du masque devient « illégal »

02/06/2020 Commentaires fermés sur Covid-19 : Quand le port du masque devient « illégal »
Covid-19 : Quand le port du masque devient « illégal »
A l’hôpital Bumerec, certains ne portent pas de masque, bien que ce soit obligatoire.

Après le lavage des mains, c’est le port du masque qui est désormais obligatoire dans certains hôpitaux privés de la capitale. Le ministère de la Santé parle d’une mesure illicite.

Mardi 26 mai. A l’entrée de Kira Hospital, deux agents de santé sont présents pour accueillir toute personne qui veut pénétrer à l’intérieur de l’hôpital.

La prise de température d’abord, puis quelques questions : tu tousses ? Des problèmes respiratoires ? Ou tout autre signe du Covid-19… Ces agents tiennent parfois à savoir ce que la personne vient faire. Si elle présente un de ces signes ou une température égale ou supérieure à 38, elle n’entre pas, d’après l’un de ces agents de santé. Elle est référée à une autre entrée qui donne accès aux urgences, « pour des examens approfondis ».

Si la personne ne porte pas de masque, une jeune femme de l’entreprise artistique « Kazozah’art » est sur place pour vendre les masques lavables et réutilisables à 2.000 BIF la pièce.

Certaines personnes qui arrivent portent un masque, d’autres se voient contraintes de l’acheter. Surpris par cette obligation, certains se montrent réticents. « Parfois, il y en a qui rebroussent chemin », confie un de ces agents de santé.

Cette mesure a été prise le 18 mai par la direction générale de cet hôpital, pour « la prévention du Covid-19 ainsi que la sécurité physique des patients et de tous ceux qui fréquentent l’hôpital », peut-on lire dans le communiqué.

A l’hôpital Bumerec, c’est le même constat. Mais le respect de cette mesure n’est pas rigoureux. Elle a été prise il y a plus ou moins longtemps, d’après un témoin qui fréquente souvent l’hôpital.

A l’entrée de cet hôpital privé, un agent de sécurité est muni d’un thermoflash. Près de lui se trouve une boîte contenant des masques chirurgicaux « à usage unique ». Une pièce s’achète à 2.000 BIF. Ce gardien exige à quelques personnes de l’acheter. Mais à l’intérieur de l’hôpital, certains ne portent pas de masque.

Les hôpitaux publics moins soucieux

Dans les hôpitaux publics visités, cette mesure n’existe pas. Toute personne entre à l’aise et se dirige où elle veut à l’Hôpital Prince Régent Charles, l’Hôpital Roi Khaled et la Clinique Prince Louis Rwagasore. Presque tous les gens rencontrés à l’intérieur de ces hôpitaux ne portent pas de masque. Sauf le personnel soignant. Mais pas tous.

Contacté, le porte-parole du ministère de la Santé, Jean Bosco Girukwishaka, affirme que cette mesure prise par certains hôpitaux privés n’est pas légale : « Toutes les structures sanitaires doivent se conformer aux consignes du ministère de la Santé. »

Il rappelle que le masque est obligatoire pour trois catégories de personnes : le personnel de santé en exercice, les patients atteints de Covid-19 ainsi que les personnes suspectes ou celles ayant été en contact, pendant la quarantaine, avec les patients atteints du coronavirus. « Tout ce que le ministère demande, c’est de respecter les mesures d’hygiène recommandées par le gouvernement».

Selon un guide de l’OMS intitulé « Conseils au grand public », si l’on est en bonne santé, le masque ne doit être utilisé que si l’on s’occupe d’une personne présumée infectée par le Covid-19. Et le masque n’est efficace que s’il est associé à un lavage des mains fréquent avec une solution hydro alcoolique ou à l’eau et au savon.

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