Dimanche 07 mars 2021

Économie

Covid-19/ Cibitoke, le tourisme à genoux

05/12/2020 Hervé Mugisha Commentaires fermés sur Covid-19/ Cibitoke, le tourisme à genoux
Covid-19/ Cibitoke, le tourisme à  genoux
Les eaux thermales de Ruhwa ne sont plus fréquentées

En plus du commerce transfrontalier frappé de plein fouet, le secteur touristique n’a pas été épargné par la fermeture des frontières. D’après les employés des eaux thermales de Ruhwa, leur chiffre d’affaires a baissé plus de 80 %.

Depuis la fermeture des frontières, c’est avec un brin de nostalgie que les habitants de Cibitoke évoquent les eaux thermales de Ruhwa. Très prisées par les Congolais et les Rwandais pour leurs vertus thérapeutiques. Leur histoire se conjugue au passé. Pourtant, ce site touristique reste fonctionnel. Pour Egide Ndikuriyo, ancien agent communal, chargé de leur entretien, « des séquelles » qui prouvent à suffisance que, sans pour autant faire de décès, la pandémie est passée par là. « Il suffit de voir de près. Les dommages collatéraux sont très importants ».

Situées juste à une cinquantaine mètres de la frontière de la Ruhwa (elle sépare le Rwanda, la RDC et le Burundi), l’endroit est méconnaissable. Le sentier qu’empruntent les visiteurs tend à disparaître à cause des herbes. « La plupart des fois, les seuls quelques visiteurs sont les habitants des environs. Souvent, ils sans argent », confie avec amertume Egide.

Il y a une année, un scénario difficile à imaginer. « Hormis les voisins Congolais et Rwandais, même les blancs venaient se relaxer». Avec plus de 100 visiteurs par jour à raison de 2000 BIF par personne, il indique que les recettes journalières oscillaient entre 100 et 150 mille BIF. « Depuis la fermeture, plus rien ». Des pertes incommensurables pour la commune. « Il est difficile de récolter 50 mille par mois ».

Parmi les principales victimes de cette fermeture, les petits commerçants transfrontaliers.

Il y a une année, raconte-t-il, un Burundais pouvait faire un saut au Rwanda ou en RDC avec un sac d’oranges ou un régime de banane, et ramener soit des pommes de terre ou de l’argent.

SOS pour les petits commerçants

« Avec la fermeture des frontières, nous avons été contraints au chômage technique ». Selon lui, une décision qui pénalise en grande partie les commerçants avec de maigres capitaux. A l’instar de Freddiane, tenancière d’une boutique long de la frontière. « Après la baignade, ils venaient étancher leur soif et manger des brochettes. Depuis, nous n’avons plus rien ».

Comme alternative : ils cultivent les champs des particuliers. « Imaginer trimer pour 1500BIF la journée alors qu’en temps normal, tu pouvais gagner 10 à 20 mille BIF ».

Toutes les personnes interrogées sont unanimes. « L’ouverture des frontières est une urgence. Si nous respectons les gestes-barrière, nous pouvons nous prémunir contre la covid-19 est possible. Mais se prémunir contre la faim est impossible, si nous ne travaillons pas ».

Autre inquiétude : La récente ordonnance des ministres des Finances, celui de l’Intérieur et de la Santé de hausser le prix du test de la covid-19 pour les personnes entrant sur le sol burundais. 100 USD pour les étrangers et 30 dollars pour les Burundais. Ces personnes doutent que beaucoup de gens aient vu ou touché un billet de 10 dollars.

Ainsi, elles demandent la révision voire l’annulation de cette ordonnance.

Ruben Tubirabe, conseiller socio-économique du gouverneur, soutient qu’avec la fermeture des frontières, les recettes ont sensiblement diminué. « Rien qu’à la frontière de Nyakagunda de la Commune Rugombo, les recettes communales oscillaient autour de 300 et 500 mille BIF par jour. Actuellement, plus rien ».

Un manque à gagner qui s’est répercuté sur les activités de développement de la province. « Certes, elles se poursuivent, mais pas au même rythme qu’il y a une année».

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

A qui profite l’adhésion de la RDC à l’EAC ?

« Un seul peuple, une seule destinée ». C’est la devise de la Communauté d’Afrique de l’Est plus connue sous son acronyme anglais d’EAC (East African Community). Lors du 21ème Sommet par vidéoconférence samedi 27 février, les Chefs d’Etat de (…)

Online Users

Total 1 079 users online