Jeudi 01 décembre 2022

Économie

Covid-19/ Cibitoke, le tourisme à genoux

05/08/2022 Commentaires fermés sur Covid-19/ Cibitoke, le tourisme à genoux
Covid-19/ Cibitoke, le tourisme à  genoux
Les eaux thermales de Ruhwa ne sont plus fréquentées

En plus du commerce transfrontalier frappé de plein fouet, le secteur touristique n’a pas été épargné par la fermeture des frontières. D’après les employés des eaux thermales de Ruhwa, leur chiffre d’affaire a baissé plus de 80 %.

Depuis la fermeture des frontières, c’est avec un brin de nostalgie que les habitants de Cibitoke évoquent les eaux thermales de Ruhwa. Très prisées pour leurs vertus thérapeutiques. Les habitants des environs, surtout les voisins Congolais et Rwandais qui y accouraient, évoquent désormais leur souvenir au passé. Pourtant, ce site touristique reste fonctionnel. Pour Egide Ndikuriyo, ancien agent communal, chargé de leur entretien, « des séquelles » qui prouvent à suffisance que sans pour autant faire de décès dans cette localité, la pandémie est passée par là. « Il suffit de voir de près. Les dommages collatéraux sont très importants ».

Situées juste à une cinquantaine mètres de la frontière de la Ruhwa (la rivière qui sépare le Rwanda, la RDC et le Burundi), l’endroit qui mène vers ce site touristique est méconnaissable. Le sentier emprunté par les visiteurs a fini par disparaître à cause des herbes touffues qui la jonchent. « Aujourd’hui, les quelques visiteurs qui viennent sont les habitants des environs. Et souvent, ils sont sans argent », révèle non sans amertume Egide.

Pourtant, il y a une année, un scénario difficile à imaginer. « Hormis les voisins Congolais et Rwandais, ces eaux thermales de la Ruhwa était une destination prisée des Européens en vacance au pays». Avec plus de 100 visiteurs par jour à raison de 2000 BIF par personne, M. Ndikuriyo explique que les recettes journalières oscillaient entre 150 et 200 mille BIF. Depuis la fermeture des frontières, confie-t-il, nous pouvons passer une semaine sans avoir même 50 mille BIF. Pour la commune, des pertes incommensurables. Pour faire face à la situation , cet ancien employé révèle qu’elle a été contrainte de mettre en chômage technique une partie du personnel.

Les petits commerçants transfrontaliers figurent parmi les principales victimes de cette fermeture des frontières liée à la Covid-19. Il y a une année, raconte-t-il, un Burundais pouvait faire un saut au Rwanda ou en RDC avec un sac d’oranges ou un régime de banane. A son retour, il ramenait des pommes de terre pour les revendre au Burundi avec des bénéfices nettes.

Les petits commerçants se meurent

« C’est comme si un ouragan est passé dans nos ménages. D’un coup, tout ce que nous avons mis des années à construire est parti en quelques jours. Du jour au lendemain, des familles entières se sont retrouvées sans avoir quoi mettre sous la dent. Des élevés ont décroché scolairement. Sans parler de la malnutrition qui s’en est suivie », confie non sans peine Freddiane, une commerçante transfrontalière de la commune Rugombo. Avec la fermeture des frontières, elle révèle que plus d’une trentaine de ménages de la 2ème Transversale se sont retrouvés à la rue. Et d’après Sada, tenancière d’une boutique le long de la frontière de la Ruhwa, cette fermeture de frontières a pénalisé en grande partie les commerçants avec de maigres capitaux. « Après la baignade, des clients venaient étancher leur soif et manger des brochettes. Depuis, nous n’avons plus rien ».

Comme alternative : un seul choix s’impose. Pour les plus audacieux, ils traversent la frontière burundo-congolaise pour aller cultiver les champs des particuliers en République Démocratique du Congo. « Imaginer trimer pour 2000 BIF toute la journée alors qu’en temps normal, tu pouvais gagner 20 à 30 mille BIF ».

Toutes les personnes interrogées sont unanimes : « Certes, si nous respectons les gestes-barrières, se prémunir contre la Covid-19 est possible. Comment se prémunir contre la faim, si nous ne travaillons pas ? ». Pour elles, l’ouverture des frontières est une urgence surtout que les relations burundo-rwandaises tendent à se normaliser.

Ruben Tubirabe, conseiller socio-économique du gouverneur, soutient qu’avec la fermeture des frontières, les recettes ont sensiblement diminué. « Rien qu’à la frontière de Nyakagunda de la Commune Rugombo, les recettes communales oscillaient autour de 300 et 500 mille BIF par jour. Actuellement, plus rien n’entrent dans les caisses communales ».

Un manque à gagner énorme qui s’est répercuté sur les activités de développement de la province. « Certes, la commune se serre la ceinture pour qu’elles se poursuivent, mais il est clair que l’encaissera un retard dans leur livraison ».

Hervé Mugisha

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

Je suis Misago. Ou presque

Après sa tribulation, sa réapparition, lundi 21 novembre vers midi après deux jours d’inquiétude, suivi d’une sorte d’arrestation par des agents du Service national de renseignements (SNR) dans les montagnes ’’sacrées’’ de Magara, devenues un lieu de pèlerinage pour quelques (…)

Online Users

Total 1 684 users online