Mardi 06 décembre 2022

Économie

Les denrées de première nécessité font les frais de la pénurie du carburant

05/08/2022 1
Les denrées de première nécessité font les frais de la pénurie du carburant
Kennedy, vendeur d’oignons rouges : « Avant la pénurie du carburant, je réussissais à vendre 100 kg d’oignons en quelques minutes. Aujourd’hui, cela me prend des jours pour y arriver »

Pommes de terre, oignons, riz, haricots, … tous les vendeurs de ces produits interrogés font tous le même constat : le prix de ces denrées a relativement augmenté comparativement aux périodes de saison sèche antérieures. En cause : la pénurie actuelle du carburant. Reportage.
16 heures. Nous sommes au marché dit Cotebu. Kennedy est en train de ranger ses oignons rouges. Il a la mine triste. Depuis quelques semaines, son bilan de vente est maigre. « Avant la pénurie du carburant, je réussissais à vendre 100 kg d’oignons en quelques minutes. Aujourd’hui, ça me prend des jours pour y arriver », témoigne le jeune homme.

S’approvisionnant au marché de Ngagara, Kennedy raconte que le transport de ses produits est passé du simple au quadruple. « Avant, pour 200 kg d’oignons, les taximen acceptaient que je leur paie 2500 BIF. Aujourd’hui, ils exigent 10.000 BIF pour le même trajet. Quand j’arrive ici, ça m’est difficile d’expliquer aux détaillants que le prix d’1kg d’oignons qu’ils avaient l’habitude de se procurer à 900 BIF est passé à 1200 BIF ».

Le petit commerçant s’inquiète qu’au rythme où va la pénurie du carburant, son business court à sa perte. « Outre la hausse des prix qui décourage nos clients, c’est aussi leur transport pour venir jusqu’ici qui nous impacte à cause de la pénurie du carburant. J’avais des clients qui venaient de Kanyosha et Gitaza pour ne citer qu’eux, mais qui ne viennent plus à cause de la situation actuelle ».
*Gilbert, vendeur de pommes de terre, nous fait le même constat. « Au cours des périodes de saison sèche passées, 1kg de pommes de terre valait de 750 à 800 BIF. Aujourd’hui, c’est passé de 1000 à 1100 BIF ».

Le coupable de cette situation est déjà désigné : la pénurie du carburant. Le commerçant nous fait le récit d’un prix du transport de ses produits en provenance des régions du nord qui est passé du simple au triple.
« Avant, les taximen nous faisaient payer 25.000 BIF de Kayanza jusqu’ici pour le transport des pommes de terre. Aujourd’hui, il faut débourser 75000 BIF pour le même trajet », déplore-t-il.

Ce vendeur de pommes de terre appelle le Gouvernement à résoudre le plus rapidement possible ce problème lié au manque du carburant. « Il ne faut pas que la population soit sacrifiée », insiste-il.

Au rayon haricots, la dernière qualité de ce produit se vendait à 1100 BIF au cours des périodes de saison sèche antérieures. Aujourd’hui, elle se vend à 2700 BIF.

Les prix du premier régime de bananes eux donnent le tournis. Durant les périodes de saison sèche passées, le premier régiment de bananes valait 15000 BIF. Aujourd’hui, la même quantité de bananes est vaut 25000 BIF !

Forum des lecteurs d'Iwacu

1 réaction
  1. Kibinakanwa

    Pleures o pays mon Beau peuple.
    Un régime de bananes à 25 000 fbu.

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