Lundi 03 octobre 2022

Société

« Bon Samaritain », la maison de l’espoir

28/05/2017 3

Depuis 2011, cette association a évacué à l’étranger plus de 140 malades pour se faire opérer gratuitement des cardiopathies. Des vies ont été changées.

Cette cicatrice en pleine poitrine de Daniel Manirakiza lui rappelle l’intervention  qui lui a sauvé la vie en 2011.
Cette cicatrice en pleine poitrine de Daniel Manirakiza lui rappelle l’intervention qui lui a sauvé la vie en 2011.

Daniel Nuru Manirakiza, 11 ans, est le premier de cette liste. Il y a six ans, souffrant, mince, affaibli par d’incessantes quintes de toux, des transpirations anormales et une respiration difficile, sa vie n’avait rien de palpitant.

«C’est à partir de deux ans que j’ai remarqué que quelque chose n’allait pas», se rappelle Amina Nshimirimana, sa mère. Après une série d’examens qui ne donnaient rien, une tétralogie de Fallot lui a été diagnostiquée à cinq ans. Mme Nshimirimana se souvient que son fils ne pouvait pas tenir des heures debout. Elle devait alors le porter sur son dos. Selon son médecin, Daniel devait subir une opération à l’étranger.

Se trouvant dans l’incapacité de payer ce voyage, sa famille a fait appel à la Maison Bon Samaritain. « Nous avons procédé à un appel à l’aide via des médias et beaucoup de personnes ont contribué au voyage de Daniel», affirme Alexis Butoyi, le représentant légal de cette association.

Ce dernier fait savoir que des contacts avaient d’ores et déjà été effectués avec l’association Mécénat Chirurgie Cardiaque. Cette dernière est une association basée en France faisant soigner des enfants qui naissent avec des malformations cardiaques et qui ne peuvent pas se faire soigner dans leurs pays faute de moyens financiers ou techniques. « Elle prend les frais d’opération et de séjour en charge», précise M. Butoyi.

Evacuer un malade, un parcours du combattant

Solange Mahoro est aussi bénéficiaire. En 2013, alors qu’elle vient de finir l’école secondaire, une maladie cardiaque lui est diagnostiquée. « Je ne pesais que 30kg.»

Après avoir subi une intervention chirurgicale à Khartoum puis au Caire, Mme Mahoro va mieux. Une cicatrice indélébile allant du diaphragme à la région épigastrique lui rappelle cette intervention. Hormis son passeport, elle n’a pas payé d’autres frais.

M. Butoyi fait savoir que grâce à Mécénat Chirurgie Cardiaque, l’association Maison du Bon Samaritain aide les malades qui ont besoin de soins non disponibles au Burundi. «Nous nous occupons spécifiquement de tous les cas opérables pour les enfants de moins de quinze ans et les cas cardiaques pour des adultes de moins de soixante ans.»

Il fait également savoir que la Maison du Bon Samaritain prend connaissance de ces cas via des médecins spécialistes. «En tant que médecins, nous ne nous occupons pas de ce volet social. C’est pourquoi tous les cas de cardiopathie qui ne peuvent pas se soigner au Burundi sont orientés vers cette association », confirme Constatin Nyamuzangira, cardiologue à Kira Hospital.

Toutefois, poursuit-il, envoyer des patients à l’étranger n’est pas une balade de santé. «Le patient doit financièrement prendre en charge des examens médicaux, les billets d’avion, le passeport.» En cas d’impossibilité de la part du patient, la Maison Bon Samaritain fait une collecte de fonds.

Suite à la lenteur que peut prendre la collecte, regrette M. Butoyi, quelques fois des malades succombent avant le voyage : «Le dossier médical d’un malade à lui seul peut prendre six mois pour être validé.»

Du reste, il fait savoir que des parents hésitent à laisser leurs enfants partir seuls. « Pourtant, arrivés en France, des familles d’accueil s’occupent d’eux.»

Le représentant légal de la Maison du Bon samaritain indique que suite au partenariat de Mécénat avec des compagnies aériennes, des facilités se présentent : lesdites compagnies soustraient 50$ sur chaque vol.
M. Butoyi assure que Mécénat Chirurgie Cardiaque n’est pas la seule organisation avec qui leur association collabore : «Nous avons d’autres associations en Suisse, en Belgique qui reçoivent d’autres cas.»

Forum des lecteurs d'Iwacu

3 réactions
  1. AGRICOM

    Bravo à l’Association BON SAMARITAIN. Plus de 140 vies sauvées ! Bien sûr, vous réponse ne saura suffire ici-bas pour votre ACTION LOUABLE. Je connais personnellement M.BUTOYI. Avec son visage souriant plein d’amour et de tendresse, ceux qui se confient à lui dans les différentes difficultés rentrent réconfortés avant même les soins. COURAGE, QUE DIEU VOUS BENISSE ; le pays a besoin des gens comme vous.

  2. KAKUNZE Boas

    Tout au moins il y a encore des âmes de très bonne volonté au pays des mille malheurs.
    Vive la charité
    Vive la Maison du Bon Samaritain.
    Bon vent pour cette organisation caritative.

  3. KAGABO

    Merci à toutes ces personnes qui se mobilisent pour les soins de leurs compatriotes. Cela prouve que tout n’est pas perdu. D’ailleurs les cheminements intellectuels des uns et des autres démontrent que le progrès nous arrivera.
    Ntihica ubwoko hica intwaro mbi. Merci pour l’auteur de cet article : https://bujumburanewsblog.wordpress.com/2017/05/28/notre-pays-de-mille-et-une-collines-transforme-en-pays-de-mille-et-une-contraintes-par-daniel-kabuto/

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

Université du Burundi, le flambeau risque de s’éteindre

« Il a été blessé grièvement au niveau du visage et du cou autour de la gorge. Il a aussi subi des coups dans le dos ». Un étudiant décrit la torture vécue par son camarade de classe. Emile Nduwimana (…)

Online Users

Total 1 399 users online