Samedi 29 janvier 2022

Société

BHB vs CSBU : un bras de fer bloque les activités

27/11/2021 11
BHB vs CSBU : un bras de fer bloque les activités
Les ouvriers en train d’empêcher un cadre de la BHB d’accéder au chantier CSBu village

Les travaux de construction d’un village modèle de 28 maisons en étage dans le site Kiyange en mairie de Bujumbura sont suspendus depuis mercredi le 23 novembre. Une mésentente entre l’initiateur de ce projet, la société « Come and See Burundi » (CSBU) et la Banque de l’habitat du Burundi (BHB) en est la cause.

A 10 heures ce 25 novembre, les travailleurs de la société CSBU étaient bloqués à l’extérieur du chantier. Personne n’avait le droit d’entrer. Les ingénieurs, les maçons et les aide-maçons avaient fait un sit-in devant les portes fermées du site où se trouve le chantier.

Les agents de la BHB ne pouvaient pas aussi entrer. Un cadre de la même banque y est passé, mais les travailleurs de la CSBU lui ont refusé l’accès au chantier.

« On est resté à l’extérieur depuis mercredi. L’ordre émane de la direction de la BHB. C’est vraiment désolant », indique Vincent Kakunze, coordinateur du projet CSBU village.

Selon lui, la cause de cette suspension est la mésentente entre la société Come and See Burundi et la banque : « Nous avons refusé d’utiliser les matériaux de construction livrés par la BHB sans que notre société soit associée dans l’achat ».

En outre, ajoute-t-il, le contrat entre les deux parties stipule que les agents de la banque et ceux de la société doivent collaborer pendant l’achat des matériaux de construction pour éviter toute spéculation sur les prix.
Vincent Kakunze déplore que la BHB a déployé 40 ouvriers pour continuer le chantier : « Les travaux de construction étaient vraiment avancés. Certaines maisons sont déjà vendues. Ce n’est possible qu’on vienne continuer un chantier qu’on n’a pas commencé ». Et de se poser qui assumera les conséquences au cas où la banque s’approprierait le projet et que les maisons ne soient pas bien construites.
Selon le coordinateur de ce projet, la banque a décidé de forcer alors que les deux parties était en train de négocier un nouveau contrat de partenariat. Il appelle la BHB à accepter de collaborer avec la CSBU pour faciliter le bon déroulement des travaux.

Les ouvriers remontés

Depuis jeudi le 25 novembre, les ouvriers de la CSBU empêchent tout agent de la BHB d’accéder au chantier. Ils disent qu’ils ne veulent pas travailler avec l’équipe déployée par la banque. Certains ont peur de perdre l’emploi au cas où la banque s’approprierait le projet.

Jeanne Mpawenimana, une ouvrière, se dit préoccupée par la suspension des activités. Pour elle, le projet exécuté par la CSBU était un gagne-pain : « Qu’ils s’entendent et nous laissent travailler ». D’autres ouvriers de la CSBU s’inquiètent qu’ils perdraient l’emploi suite aux litiges entre la banque et la société.

« Suite au refus à nos chefs d’accéder au chantier, des bus de la banque ont amené d’autres ouvriers. On nous a dit qu’une équipe des ouvriers de la CSBU est renvoyée sans nous expliquer les motifs de ce licenciement », révèle un travailleur.

Selon lui, les ouvriers de la BHB ne continueront pas les travaux sans que le conflit entre les deux parties soit réglé. « Il faut qu’ils nous expliquent les motifs de suspension de nos employeurs. Si non, nous allons rester ici et personne n’aura accès au chantier ».

Le 21 octobre dernier, le président de la République Evariste Ndayishimiye avait visité le chantier CSBB village. Il avait accusé la Banque de l’habitat du Burundi de vouloir saboter le projet : « La banque n’a pas la mission de construire, mais de rendre disponible l’argent pour les constructeurs ».

Iwacu a contacté la direction générale de la BHB en vain.

Forum des lecteurs d'Iwacu

11 réactions
  1. Maningo Jean claude

    Au Burundi, quand quelqu’un lance un projet et qu’il réussit, d’autres cherchent à faire la même chose ou lui mettent les bâtons dans la roue. Si cette banque est séduite par le succès de CSBU qu’elle construise ses propres maisons. Mais avec une telle malhonnêteté, elle risque de perdre même ses anciens clients.

  2. Diaspora

    On avait le même projet pour Gitega et Ngozi et finalement on est découragé mbona twobivamwo. By the way come and see Burundi

  3. Uko ni ugusuzugura umukuru wigihugu kuko wumvise ivyo yavuze aje kubagendera vyarumvikana kuko kwisi yose nta Bank yubaka. Hari abajejwe kwubaka bahuza abakiriya na Bank ikabaha amahera. Kubisigaye nukutubwira ko hari umuntu asumvya ijambo umukuru wigihugu tumumenye. Bituma nabantu batizera ivyo bokora hiyo haba abarundi canke abanyamahanga. Come and see Burundi ngiyo.

    • Mbazumutima

      @Ndayiragije
      cela donne l’impression qu’il n’y a plus d’autorité, d’hiérarchie entendue et respectée, chacun fait sa république dans son coin !! Dangereux.

  4. Fabrice

    Muti : « Come and see Burundi » murabubonye rero natwe ntitwirirwa turaza kuraba turabuzi

  5. Gikona

    Et vous voulez qu’on aille investir au Burundi ? Dommage.

  6. Gacece

    Suivez l’argent!… À mon avis, cette banque doit avoir des difficultés financières pour financer les projets. Elle manque des liquidités! C’est par là qu’il faut regarder.

    Autrement, je ne vois aucune autre raison qui pourrait les pousser à agir ainsi.

    L’appât du gain? Cela sera surprenant (à voir) parce que la banque ferait des profits sur les intérêts des crédits accordés aux acheteurs. De plus, en cas de défauts de paiement, la reprise de possession des maisons resterait possible. Que la banque elle-même construise ou pas, il n’y a aucun gain immédiat pour elle… car elle ne pourra réaliser son profit qu’à long terme.

    S’approprier le projet? À quoi bon? Si toutes les maisons sont déjà achetées et les contrats signés, s’approprier du projet serait futile : aucune possibilité de revendre les maisons à d’autres acheteurs potentiels… sans l’accord des premiers acheteurs, sauf s’il y a des lacunes dans les contrats.

    La BHB veut utiliser des matériaux de construction moins chers, de moindre qualité. Pour les acheteurs, on se retrouve devant un dilemme. Soit ils acceptent de conserver les maisons construites avec des produits de moindre qualité, soit ils se dégagent du contrat signé et la banque aura la liberté et le loisir de revendre ces maisons plus cher. Attendez!… c’est un appât du gain ça!

    Si la banque a assez de liquidités, ce serait un appât du gain et c’est normal : c’est une banque! Si par contre les caisses ne sont pas assez garnies, il revient aux acheteurs de protéger la qualité des maisons qu’ils ont achetées. Et il ne faut pas qu’ils trainent! Ça urge!

    Conclusion?… Suivez l’argent!

    • Akabanga

      A qui appartient l’argent? Pas à CSBU sinon elle aurait elle même financée la construction des logements. L’argent appartient à BHB. Probablement que les 2 parties ont fixé les juridictions qui pourraient traiter l’affaire en cas de mésententes. Qu’elles le fassent et j’estime que le président n’a pas à s’immiscer dans cette affaire car la justice peut écouter les 2 parties. Sinon le président devrait écouter les 2 parties.

    • Gacece

      @Akabanga
      Quand je dis « Suivez l’argent », je m’adresse à ceux qui le peuvent de vérifier où l’argent (qui appartient à la banque) s’en va : comparer le coût réel des matériaux et ce que CSBU et/ou BHB ont déboursé pour l’achat de ces matériaux. Si les matériaux qui étaient prévus sont ceux qui ont été achetés, c’est-à-dire qu’un vendeur de matériaux a voulu en profiter pour se faire des profits… ou qu’il y a un vendeur qui a été désavantagé malgré un prix moins élevé que celui de l’autre… Pourquoi?

      On peut aussi regarder plus en profondeur les finances de la BHB pour vérifier s’il ne veulent pas court-circuiter CSBU pour l’achat des matériaux… pour également faire des profits, alors que les contrats sont déjà signés : si les acheteurs ont payé un prix avec des matériaux de qualité pour une maison ayant coûté 200 000 000 BIF en matériaux et main d’oeuvre, peut-être que la banque veut en profiter pour construire la même maison à un coût de 150 000 000 BIF. Du coup, la banque aura fait 50 000 000 de profit sur la même maison, alors que le contrat de l’acheteur restera le même. Il s’agit donc d’un double profit.

      L’important, c’est aux clients de s’assurer que la qualité des matériaux utilisés pour la construction de leur maison reste la même. C’est dans la nature d’une banque de chercher à faire du profit.
      Et… peu importe l’acheteur des matériaux de constructions (CSBU ou BHB), et peu importe les vendeurs à qui ils achètent ces matériaux… Le problème se trouve entre CSBU et BHB et c’est à eux de le régler. Les clients/acheteurs, de leur côté, doivent s’assurer de ne pas être des victimes collatérales du conflit entre CSBU et BHB.

      Enfin, concernant le président… La magistrature suprême vous dit quelque chose?

      • Wesh John Taylor

        Le problème c’est pas l’argent ni les matériaux ni toute autre chose matériel, le problème c’est la mentalité qui règne au bdi ainsi que dans bcp de pays francophones.

        Il y a trop de souffrances à voir quelqu’un réussir, alors on va lui mettre des bâtons dans les roues, le médire etc…

        En réalité c’est la poule aux œufs d’or que vous tuez, so sad

        De grâce,Laisser ce garçon innover et travailler

      • C’est triste de voir une chose pareil en 2021, aucun cas au monde la banque construise les maison. Le problème est de savoir qui dirige le pays parce que le discours que le Président de la république a prononcé sur le TV web Mashariki TV lors de la visite était claire seulement il y’a les dirigeants de cette bank qui n’ont pas compris. Sait and see.

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