Économie

La Sosumo augmente sa production, pourtant le prix du sucre au kg grimpe

29-12-2013

La Sosumo a produit, en 2013, 25.802 tonnes de sucre à Gihofi, mais le prix au kilo est en hausse. Cette société et son ministère de tutelle renvoient la responsabilité à la police et à l’administration locale qui doivent faire respecter la loi.

Cibogoye Jean-Claude, directeur commercial de la Sosumo ©Iwacu

Cibogoye Jean-Claude, directeur commercial de la Sosumo ©Iwacu

Dans différentes boutiques du quartier 7 (Ngagara), le sucre s’achète à 2200 Fbu le kg. Certains détaillants des quartiers Mutanga-Sud, Kabondo, Gatoke, le vendent à 2500 Fbu/kg. Dans les provinces de Rutana, Karuzi, Muyinga, le prix est à 2000 Fbu. Pourtant, l’Etat l’a fixé à 1850 Fbu. En 2012, la Sosumo a dépassé la capacité de production de son usine (22 000t) pour atteindre 23149t. « La production a sensiblement augmenté, par conséquent il faut revoir à la baisse le prix du kg de sucre afin que les paysans des milieux les plus reculés du pays puissent en profiter », indique Claude Banshimiyubusa, un habitant de la province Kirundo. Il se dit stupéfait d’être obligé d’acheter un kg de sucre de Gihofi à trois mille Fbu et plus au Rwanda.

« Les grossistes majorent le prix pour gagner plus »

Certains grossistes affirment, sous anonymat, que la marge brute de bénéfice n’est pas considérable. La Sosumo livre un sac de 50 kg à 87 025 Fbu et le grossiste devrait le vendre à 89 500 avec un bénéfice de 2 475 Fbu. « Nous le vendons à 92 500 pour gagner 5 475 Fbu », explique l’un d’entre eux. Ils avancent que c’est pour compenser les frais pour le transport, la main-d’œuvre et le loyer de leurs magasins. Les responsables de cette société jugent anormal que le prix fixé par l’Etat ne soit pas respecté par tous les vendeurs. « C’est incompréhensible qu’une telle spéculation se fasse au vu et au su de la police et de l’administration et qu’il n’y a même pas de sanction », s’étonne Jean-Claude Cibogoye, directeur commercial. Comme quota, indique-t-il, notre société fournit entre 1650 et 1700 t de sucre tous les 25 de chaque mois à chaque commune du pays. « C’est pour cette raison que nous tablons sur les 22 mille tonnes que l’usine peut produire même si cette quantité peut être dépassée », confie-t-il.

« La population doit avoir un esprit patriotique »

« Souvent nous faisons nos propres enquêtes et nous attrapons des commerçants qui s’adonnent à la fraude, et, du coup, il y a une carence du sucre. Nous les avons rayés de la liste », raconte le directeur commercial de la Sosumo. Cette société a créé des points de vente (Rutana, Bujumbura, Gitega, Cankuzo et Ngozi) et les vendeurs ont reçu la marchandise en tant que grossistes. Il assure que les gouverneurs, administrateurs et chefs de colline leur ont envoyé les listes des grossistes de leur localité. « Ils doivent travailler ensemble pour contrôler et sanctionner. Quant à la population, elle doit avoir un esprit patriotique », rappelle le directeur commercial. Le porte-parole du ministère de l’Industrie, du Commerce et du Tourisme note que son institution ne fait que fixer le prix du sucre.

Des sacs de sucre dans les entrepôts de la Sosumo à Bujumbura ©Iwacu

Des sacs de sucre dans les entrepôts de la Sosumo à Bujumbura ©Iwacu

Sur la frontière, il indique que ce sont les services de la police, de l’immigration et des frontières et de l’Office Burundais des Recettes qui sont chargés de faire le contrôle. Surtout que le Rwanda ne produit que 4000 t, l’usine de sucre la plus proche en Tanzanie se trouve à 900 km et le Kenya produit chaque année 500 000 t, alors que la demande atteint les 700 mille t. Ce dernier est obligé d’importer un supplément. Les fuites vers d’autres pays limitrophes sont très probables.

Des chefs de quartiers sans pouvoir

Au niveau des quartiers en mairie de Bujumbura, l’administration locale est dépassée. « Nous avons le devoir de juguler cette fraude du sucre, mais nous en sommes incapables », reconnaît Sylvestre Hakizimana, chef de quartier 7 à Ngagara. Des facteurs politiques et le clientélisme, poursuit-il, entrent en jeu et les responsables de la Sosumo n’ont pas voulu s’entretenir avec nous. Parfait Sinarinzi, chef du quartier Mutanga-Sud, raconte que les boutiquiers se cachent quand ils font une descente. Et de souligner : « Ils vendent le kg de sucre à 1850 Fbu pour ceux qui prennent un autre article, sinon tu l’achètes à 2200 Fbu. » Désiré Gahungu, administrateur de la commune urbaine de Ngagara, est surpris d’entendre que le prix du sucre fixé par l’État n’est pas respecté. « Vous venez de me l’apprendre puisque j’achète un kg à un prix normal », dit-il. Il promet que la semaine prochaine le problème sera résolu.

  12   Vos commentaires
  1. QUERIES

    Uyo mu Directeur Commercial ni umurundi???

    • kaminuza

      ha ha ha QUERIES, wewe none uri umurundi ?

  2. felicitation a la sosumo tout entire. dans un pays ou les usines se comptent au bouts des doigts, il ya a se feliciter. comme la balance de paiemment depend largement de ces usines qui sont la SOSUMO… BRARUDI….SAVONOR, MINOLAC, il y a lieu a se faire des soucis sur le fonctionnement. n’oublions pas que la valeur du monaie depend de la production… nul n’ignore ou arrive la valeur de notre monnaie.

  3. kaminuza

    La contrebande est quasi impossible à combattre en comptant sur le civisme et les lois, si elle est organisée par les fonctionnaires de l’État et par des commerçants, dans un état pauvre et corrompu.

    Il y a néanmoins une opportunité à saisir. Cette fuite du sucre vers le Rwanda montre que les prix rwandais sont plus rémunérateurs et que il y a une demande à combler. En effet, la demande est régionale car le Burundi est dans l’EAC.

    La solution durable viendra si dans le court terme l’extension de la capacité de production de la SOSUMO permet de dépasser sensiblement la demande nationale: ici je parle d’un rapport de 1 à 10(J’exagère expressément). Il faudra ensuite permettre officiellement l’exportation du surplus nationale dans l’EAC à des prix compétitifs. En effet, la contrebande se diluera dans la concurrence avec les moyens du marché et par des mesures prohibitifs.

    Nibamuhe feu vert azobikora Bukuru yatanguye neza!

  4. Nimba abadandaji bagurisha uko bashaka Abantu none turi mu biki kubera iki tutokwanka kugura. Mbe Ministere du Commerce yo ikora iki, aho Isukari yogurishwa uko bashaka, ntabakurikirana ingene ibiciro cane cane vy’ibintu bizwi bariho? Mbe ama TVs na za Radios zikora iki zitomenyesha ibiciro vy’ibintu bimwe bimwe. Uwuduza akwiye guhanwa, agaciribwa amande mbere ivyo yadugije akavyakwa.

  5. Banzubaze

    vous dites que la SOSUMO a produit « 125.800 t », alors que l’année dernière elle avait produit « 23 149t ». Est-ce vrai? Je trouve l’augmentation de 5 à 6 plus que l’année dernière invraisemblable. Voudriez-vous bien vérifier cette information. Merci. Sinon, félicitation à l’Equipe de SOSUMO dont l’ADG vient d’être décerné le prix du meilleur manager en Afrique.

  6. Mwaro

    vive l’équipe de sosumo, vous êtes la seule société qui marche dans le pays suite à la bonne gestion.
    Mais 2014, ne sera pas une année de prospérité pour vous car il y a risque de vous demander le budget de la campagne sous menace de vous faire virer si vous refuser.
    Donc, préparez vous de choisir d’entrer dans l’histoire des bons gestionnaires que le Burundi a connu ou s’immerger dans le fleuve des gens qui dilapident les biens publiques.
    les prix sur le marché qui augmente, n’est pas totalement de votre responsabilité mais seule de notre administration qui ne veulent bien faire respecter les prix

  7. Mwaro

    vive l’équipe de sosumo, vous êtes la seule société qui marche dans le pays suite à la bonne gestion.
    Mais 2014, ne sera pas une année de prospérité pour vous car il y a risque de vous demander le budget de la campagne sous menace de vous faire virer si vous refuser.
    Donc, préparez vous de choisir d’entrer dans l’histoire des bons gestionnaires que le Burundi a connu ou s’immerger dans le fleuve des gens qui dilapident les biens publiques

  8. Ne cherche pas le derapage ailleur,je jure en moi nom propre que la police et l’administration sont complices dans la fuite du sucre vers d’autres pays sans la corruption(abadandaza barabapfumbatisha bakirabira hirya mukuduza ibiciro).

  9. Mushikiwabo

    Ils sont ignorants ces Burundais, quand la demande accrue, on augmente la production. Ils freinent l’economie national quand ils obligent la gens a vendre le sucre de cette facon. Pauvres Burundi, mais Cibogoye was my Friend’s best Friens in Lukole camp! I remember how intelligent he was at KSS in Kibondo

    • Mugunza

      Et les autorités de régulation? L’Etat doit réguler les jeux du marché dans une économie déséquilibrée (offre<demande): sinon c'est l'echec de l'administration.

    • Fifi

      Mushikiwabo na Cibogoye, twohura twosangira kimwe kubera mwarahatswe! Mwaracitse kwicumu kabisa! Sosumo nayo ikwiye kuba exemple yibishoboka quand la volonte est la

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