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Retour aux fondamentaux

La campagne électorale de Pierre Nkurunziza et ses affidés bat son plein. En même temps, les leaders de l’opposition et leurs machines politiques sont immobilisés dans la capitale pour les plus heureux et en exil pour la plupart d’entre eux. Le pays, tel un boxeur mis KO, avant de s’écrouler titube hagard. Les nuits, les grenades et les rafales de mitraillettes ont remplacé les grillons ; le jour, la gaité a fait place à l’oisiveté et surtout à l’angoisse. Quand plus rien ne va, quand tout espoir d’un lendemain meilleur semble s’évanouir, il faut revenir aux fondamentaux qui seuls peuvent aider à construire un avenir radieux.

L’origine de la crise actuelle

Y-a-t-il plusieurs causes à cette crise? La raison essentielle du blocage politique que vit le pays est le refus des dirigeants actuels à respecter la loi et les conventions signées et ratifiées.

Si les autorités du pays acceptaient la primauté des lois, il serait aisé d’aborder les questions les plus épineuses et leur trouver des solutions justes et définitives. Car face à des parties en conflit qui reconnaissent leur subordination à l’état de droit, il suffit de convenir sur l’expertise et la probité d’une instance arbitrale pour que tout litige soit résolu, toute controverse levée.

Des tabous à démystifier

Pour tuer l’expression libre, bien sûr on maintien les radios privées fermées. C’est par elles que la population recevait des informations concernant la brutalité des forces de police à l’endroit de toute parole qui ne va pas dans le sens du discours officiel ambiant. Faisant fi du principe de présomption d’innocence, ces radios sont inaccessibles à leurs propriétaires et à leurs usagers sous le prétexte fallacieux d’enquêtes en cours sur les putschistes du mois mai dernier. Pour museler la pensée, des mots deviennent connotés négativement au point que personne n’ose plus s’y arrêter et réfléchir sereinement sur ce qu’ils peuvent recouvrir de constructif : « 3ème candidature du président sortant », « négociation », « transition ».

La candidature du chef de l’état actuel à un troisième mandat est condamnée par tous sauf ses inconditionnels, bien entendu. Le rejet de cette candidature est motivé par une analyse objective des textes qui régissent la république. Les Accords d’Arusha constituent le premier visa de notre constitution. Cela signifie, en termes légistiques, qu’ils participent à la bonne compréhension du texte de la constitution (Cfr http://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Guide-de-legistique/III.-Redaction-des-textes/).

Parler « négociation » est devenu sacrilège aux yeux des autorités de Bujumbura. Pourtant, il n’est pas possible de gouverner les humains sans se prêter à cet exercice chaque fois que de besoin. Et ce besoin n’est pas nécessairement décidé par le pouvoir ; cela peut aussi bien être dicté par les circonstances ou tout autre partenaire public intéressé. La négociation ne retire rien à la légitimité d’un pouvoir ; au contraire, elle le renforce et lui octroi plus de crédibilité si il réussit à mener les discussions à la satisfaction générale. La négociation permet aux acteurs sociopolitiques d’accorder leurs violons face aux multiples défis de la gouvernance. Elle est créatrices d’opportunités nouvelles et d’un espoir renouvelé en la direction de l’état. Négocier, c’est faire preuve de respect des partenaires avec qui on construit le futur d’une nation ; c’est agir en concertation avec tous, même l’opposition c’est-à-dire les adversaires qui ne sont en aucun cas des ennemis à abattre.

Proposer une « transition » est un crime de nos jours. Pourtant, compte tenu d’un agenda électoral perturbé, il devient urgent de considérer l’hypothèse sans développer d’urticaire, sans dégainer de révolver. Tout dépendra du contenu de cette période jugée aujourd’hui indispensable pour permettre au pays de se ressaisir, de s’organiser dans le calme et la sécurité de tous afin de consulter la population sur le choix de leurs nouvelles autorités.
Les choses seraient simples si les seuls enjeux de nos politiciens étaient la paix et la démocratie au Burundi…

  2   Vos commentaires
  1. Terimbere

    Cher Jean-Marie, merci pour ce travail d’un expert !
    Merci surtout pour avoir prouvé aux Burundais qu’être un vrai Mugabo, c’est être fidèle avec soi-même, garder ses principes !
    Je me souviens presque mot par mot votre lettre de démission du parti de l’aigle!
    Ceux qui y sont restés, ils ont endossés toutes ces décisions prises contre le pays et son peuple plusieurs fois contre leurs consciences!
    Certains d’entre eux aujourd’hui, après la fin de la partie ou des haricots se retrouvent en exil et prétendent vouloir se joindre au Peuple Burundais!
    Pour terminer, je vous inviterais à constater avec moi que, comme la source de nos malheurs étant la violation flagrante des textes qui régissent notre patrie par ceux mêmes qui sont supposés les garantir et que ces violations à grande échelle des lois ont produit des grands criminels, la raison nous oblige donc à comprendre que la solution ne sera que contraignante ou alors ne sera pas!
    Or on ne se laisse pas amener en enfer, on y est forcé !!! v

  2. Terimbere

    Cher Jean-Marie, merci pour ce travail d’un expert !
    Merci surtout pour avoir prouvé aux Burundais qu’être un vrai Mugabo, c’est être fidèle à soi-même, garder ses principes !
    Je me souviens presque mot par mot votre lettre de démission du parti de l’aigle!
    Ceux qui y sont restés, ils ont endossés toutes ces décisions prises contre le pays et son peuple plusieurs fois contre leurs consciences!
    Certains d’entre eux aujourd’hui, après la fin de la partie ou des haricots se retrouvent en exil et prétendent vouloir se joindre au Peuple Burundais!
    Pour terminer, je vous inviterais à constater avec moi que, comme la source de nos malheurs étant la violation flagrante des textes qui régissent notre patrie par ceux mêmes qui sont supposés les garantir et que ces violations à grande échelle des lois ont produit des grands criminels, la raison nous oblige donc à comprendre que la solution ne sera que contraignante ou alors ne sera pas!
    Or on ne se laisse pas amener en enfer, on y est forcé !!! v

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