Jeudi 25 avril 2024

Opinions

Les leçons de Singapour pour une Vision de Développement à long terme du Burundi

24/10/2023 15
Les leçons de Singapour pour une Vision de Développement à long terme du Burundi
Aéroport de Singapour Changi

Singapour fascine beaucoup de leaders dans le monde. A son indépendance, en 1965, le pays avait un revenu par habitant de 500$, à peine. Aujourd’hui, un Singapourien a un revenu de 102.000 USD. Comment expliquer ce miracle ? Est-ce un modèle « duplicable » au Burundi ? L’économiste André Nikwigize explique.

Le Burundi, c’est ce petit pays de l’Afrique de l’Est, d’une superficie de 27.000 km² et une population de 12,5 millions d’habitants. Il est le pays le plus pauvre du monde, avec un PIB par habitant de 274 $, une croissance de son PIB très faible (1,8% en 2022), une balance commerciale fortement déficitaire et un niveau d’inflation très élevé.

Récemment, le Chef de l’Etat du Burundi, S.E. Evariste NDAYISHIMIYE, annonçait qu’il souhaitait qu’en 2040, le Burundi soit un pays émergent et qu’en 2060, il serait un pays développé. Beaucoup d’observateurs pensaient, avec raison, que cette annonce était purement politique et électoraliste, à l’approche des élections législatives et présidentielles de 2025 et 2027.

Et depuis cette annonce, de hauts responsables du pouvoir, et certaines organisations de la société civile, en ont fait le leitmotiv de leurs discours.  Certes, le projet n’est pas impossible, mais la situation socio-économique actuelle du Burundi ne permet pas de rêver de long terme, mais, plutôt, de survie quotidienne.

Depuis des décennies, des pays en développement ont souhaité émerger de pays en développement à pays moyennement développés, et même, développés, mais très peu y sont encore parvenus. Par exemple, entre 1981 et 2023, le nombre de Pays les Moins Avancés (PMA) est passé de 25 à 46. En 42 ans, seulement 6 pays, dont 3 en Afrique (Botswana en 1994, Cap Vert en 2007 et Guinée Equatoriale en 2017), ont pu être retirés de la catégorie de PMA. Ceci reflète la difficulté d’atteindre cet objectif de sortir des PMA.

Mais il y a un pays qui fascine beaucoup de leaders dans le monde : c’est Singapour. A son indépendance, le 9 août 1965, Singapour avait un revenu par habitant, à peine, de 500$. Aujourd’hui, un Singapourien a un revenu de 102.000 USD.

L’économie de Singapour est, depuis longtemps, caractérisée par une forte croissance, une inflation modérée, un faible taux de chômage, de vastes réserves budgétaires et monétaires, une stabilité financière et une ouverture au commerce et à l’investissement internationaux.

Beaucoup de leaders du monde sont fascinés par les résultats extraordinaires atteints par ce petit pays. Certains veulent en faire un modèle, mais n’arrivent pas à créer chez eux le miracle singapourien.

Il y a beaucoup de leçons que les pays en développement, comme le Burundi, peuvent apprendre de Singapour dans leur marche vers l’émergence. En voici seulement trois :

 

-Un leadership visionnaire et une bonne gouvernance

En 1965, Singapour était gangrénée par l’insécurité et la corruption, dans une région dangereuse (piraterie, trafics, crime organisé…). Il est, aujourd’hui, le 5e pays le moins corrompu au monde, et l’un des plus sûrs avec des taux de criminalité divers parmi les plus bas.

Singapour n’a pourtant aucune ressource naturelle ni aucun autre avantage particulier, à part sa position stratégique qui était initialement source de dangers. Ces résultats sont le travail d’un homme : Lee Kuan Yew, Premier Ministre, véritable père fondateur de Singapour.

Lee Kuan Yew est resté Premier Ministre de Singapour pendant 31 ans (1959-1990), pilotant l’indépendance de Singapour, puis le formidable essor de la cité, qui était tout sauf acquis.

Alors que Singapour était encore dans une logique de survie dans ses premières années d’indépendance, Lee Kuan Yew cultiva très tôt l’ambition d’en faire un pays modèle à long terme.

Dans une logique associant planification et libéralisme, Singapour misa à la fois sur sa position géographique de carrefour commercial, sur son statut de pays pauvre à la main-d’œuvre accessible, et sur une politique de fermeté et de stabilité permettant de se distinguer dans une région dangereuse.

Lee Kuan Yew croyait en l’avenir de son ile et y mettait toute son énergie, avec d’énormes risques pour sa vie, car sa politique n’était pas toujours acceptée par son entourage.

Il rappelait toujours que : « Le développement économique doit précéder le développement démocratique, et même que la démocratisation est en soi un danger pour le développement économique ».

Il affirmera, plus tard, dans ses Mémoires : « J’ai bâti une Nation à partir de rien. En moins d’un demi-siècle, j’ai aidé à créer ce que les jeunes Singapouriens d’aujourd’hui considèrent comme un acquis : la stabilité, la croissance et la prospérité. »

Selon la Banque mondiale, Singapour occupait la troisième position sur l’échelle mondiale de la parité de pouvoir d’achat par habitant en 2008. Dans le classement de 2009, le Fonds Monétaire International et le CIA World Factbook plaçaient Singapour à la cinquième et à la huitième place respectivement.

En 2008, Singapour figurait à la 29e place sur 140 pays classés par l’Index Mondial de la Paix, soulignant ainsi la paix et la stabilité de la société singapourienne.

Selon Business Week, Singapour occupait la 27e place au classement des meilleurs endroits pour vivre (World’s Best Places to Live) en 2009, et ce, en raison de son contexte politique, économique et social favorable et de la qualité de l’éducation et de l’environnement naturel.

Le Burundi dispose-t-il d’un tel leadership visionnaire et rassembleur, pour assurer aux Burundais la stabilité, la croissance et la prospérité ? Les défis sont immenses : une pauvreté extrême de la population, une forte dépendance sur l’aide étrangère, une faible gouvernance et la fermeture de l’espace politique pour les partis de l’opposition et les organisations de la société civile.

Le Burundi occupe la 171e place sur 180 pays au classement mondial des pays les plus corrompus (Transparency International 2021), l’un des pays les moins démocratiques d’Afrique, avec 2,13 sur cent (Economist Intelligence Unit, 2022), le 128e sur 163 pays sur le classement de la Paix dans le monde (Global Peace Index 2023), le 44e rang sur 47 pays classés sur les libertés économiques en Afrique, et d’autres.

D’autre part, le Burundi devra faire face à un défi démographique immense. En 2040, par exemple, la population burundaise aura atteint 19,9 millions d’habitants, avec 4,4 millions de personnes (22% de la population) qui vivront dans les centres urbains, contre 1,9 million en 2023 (14,6% de la population), c’est-à-dire, plus du double de la population urbaine actuelle.

Par exemple, Bujumbura, qui est peuplé, aujourd’hui, par 1,2 million de personnes, aura, en 2040, une population de 2,8 millions de personnes, soit, plus du double ».

Environ 260.000 personnes se présenteront, chaque année, sur le marché du travail. Comment satisfaire les besoins de ces personnes en emplois rémunérés, en alimentation, électricité, carburant pour véhicules, écoles, hôpitaux, routes, etc. ?

Structure de la Population Burundaise 2023-2040

2023 2025 2030 2035 2040
Population totale

(en millions)

 

13,3

 

13,9

 

15,8

 

17,8

 

19,9

Population urbaine

(en millions en %)

1,9

14,4%

2,1

15,5%

2,8

17,6%

3,6

19,8%

4,5

22,3%

Population active

(entre 20 et 59 ans)

(en millions et en %)

 

5,2

39,3%

 

5,4

38,8%

 

6,9

43,7%

 

8,3

46,6%

 

9,6

48,3%

Source : UNCTADStats

En 2023, avec une population de seulement 13,2 millions de personnes, le Burundi fait face à des difficultés économiques énormes, notamment, une production vivrière insuffisante, pour nourrir la population, des ressources financières intérieures insuffisantes, une faible production intérieure, un chômage qui touche plus de 60% de jeunes, un secteur privé presque inexistant.

Toute vision de développement à long terme du Burundi devra prendre en compte ce facteur démographique, qui est important.

Il faut rappeler que l’un des critères retenus par le Conseil Economique et Social des Nations Unies, dans sa définition de 2003, pour déterminer si un pays peut sortir de la catégorie de PMA pour passer à la catégorie des pays à revenus intermédiaires l’un des critères concerne, notamment : un pays doit démontrer d’un revenu par habitant, pendant trois années successives, compris entre 1.025$ et 4.500$, avec une croissance du PIB compris entre 7 et 10%, de façon continue. Avec d’autres critères à considérer sur le développement humain et la vulnérabilité économique et environnementale. Les défis sont immenses.

-Promotion de l’Excellence et de la Méritocratie

Pendant 20 ans, le régime de Singapour misa sur le développement de la formation en misant sur l’excellence, l’innovation, l’industrie high-tech et les services. La méritocratie (avec un temps de travail moyen de 44h/semaine) était jugée indispensable à la cohésion de cette société multiculturelle.

Le pays mit en place un système éducatif qui est, aujourd’hui, au 2e rang mondial des classements PISA (Programme for International Student Assessment), et notamment au 1er rang pour les mathématiques.

Parmi les originalités du système éducatif singapourien : les enfants sont initiés à un âge extrêmement précoce à des exercices de logique ou de calcul mental. Les devoirs maison ou accompagnés occupent 9h par semaine (3e rang mondial).

Sur une île de 600 km2 (700 pour tout l’archipel) dépourvue de ressources, la seule richesse de Singapour est constituée par ses citoyens, comme le martelait Lee Kuan Yew. D’où le pari de l’excellence éducative, pour disposer d’une population bien formée, et de l’immigration ultra-qualifiée.

Le Premier Ministre Yew, conscient de l’insuffisance des cadres qualifiés sur l’ile, fit appel à des compétences extérieures, en particulier, dans la région asiatique, et ces experts bénéficiaient des mêmes avantages que les Singapouriens. L’efficacité de sa stratégie de l’éducation et un niveau inédit de dépenses publiques dans le secteur de l’éducation ont permis à l’économie de Singapour de rebondir rapidement.

Pays d’immigration, avec près de la moitié de sa population provenant de l’étranger, Singapour est en situation de « plein emploi ». Un de ses défis consiste donc à assurer l’équilibre entre les talents locaux et internationaux. Pour ce faire, les autorités mettent en place des stratégies pour garder les talents étrangers qui arrivent à Singapour et à la partie de ces talents dont le pays a vraiment besoin pour renforcer les compétences nationales.

Au Burundi, l’excellence et la méritocratie ne sont pas mises à l’honneur dans les actions d’éducation et de renforcement des capacités nationales. Et pourtant, ce sont des facteurs essentiels de la transformation socio-économique et la prospérité du Burundi.

L’éducation révolutionnera le monde rural et transformera l’économie nationale basée sur les connaissances. Une approche globale qui mise sur le développement des compétences est indispensable, de la petite enfance à l’université, même après, et revoir les curricula pour les adapter aux besoins de l’économie nationale, et aux objectifs d’une économie émergente.

-Une économie ouverte aux investissements étrangers

Le modèle économique singapourien repose sur une forte ouverture au commerce international et aux investissements étrangers, avec un environnement des affaires et une fiscalité attractive. La stratégie économique proactive du gouvernement de Singapour vise à organiser la montée en gamme de l’industrie et des services, en attirant : i) le commerce (égal à environ trois fois le PIB) ; ii) les investissements étrangers (quatre fois le PIB en stock d’IDE) ; et iii) la main d’œuvre étrangère (un tiers de la population active, travailleurs domestiques compris). Son cadre règlementaire et fiscal en a fait une place de choix pour la localisation des profits et des sièges d’entreprises dans la région.

Pour le Burundi, le chemin est encore long. Il faut noter que le développement et l’émergence du Burundi ne sera possible sans un secteur privé dynamique. Pendant longtemps, le développement du Burundi a été basé sur les dépenses publiques et les aides étrangères. Les deux ont des limites, les premières étant fonction de la capacité du pays à produire et mobiliser les ressources fiscales, les deuxièmes étant fonctions des relations que les donateurs maintiennent avec le pays bénéficiaire.

Source : UNCTDStats

Au Burundi, par rapport aux pays de la sous-région de l’Afrique de l’Est, les investissements directs étrangers sont les plus faibles. Est-il possible de réaliser cette Vision de développement de long terme du Burundi sans accroitre les investissements directs étrangers ? En 2040, la tranche de la population active sera plus grande qu’en 2023, 48,3% en 2040 contre 39,3% en 2023, ce qui veut dire qu’il y aura plus de personnes sur le marché du travail qu’aujourd’hui.

Chaque année, en moyenne, 260.000 personnes supplémentaires entreront sur le marché de l’emploi. Dans un pays où le chômage des jeunes est assez élevé, comment assurer une absorption de cette main-d’œuvre supplémentaire alors que le pays n’est pas attractif pour les investisseurs, comme le montre ce tableau. La question est posée.

La Vision 2040 donne-t-elle de faux espoirs au Peuple ?

Si vous demandez à un athlète de concourir au marathon sachant qu’il traine encore des blessures des courses précédentes qui ne sont pas encore guéries et que l’athlète n’a pas eu le temps nécessaire pour s’entrainer, soyez-en surs, il n’ira pas loin.

Au pire, il va encore se blesser, et cela peut être fatal pour sa carrière d’athlète. C’est la situation dans laquelle les autorités veulent conduire le Burundi. Avec de telles faibles institutions politiques et de gouvernance, annoncer que le Burundi sera un pays émergent en 2040 et développé en 2060, c’est comme demander à un athlète de courir le marathon avec d’énormes blessures et sans entrainement préalable, en lui promettant qu’il va gagner la médaille d’or.

D’autre part, depuis avril 2023, le Burundi s’est engagé dans un programme de réformes économiques avec le FMI pour 38 mois, et pour ceux qui sont familiers avec le système, savent que quand un pays entre dans un tel programme, aucun autre programme de long terme n’est envisageable.

Le Gouvernement devrait, plutôt, poursuivre les réformes, aussi bien politiques qu’économiques, durant les trois prochaines années, ce qui facilitera des débats et des études prospectives en vue d’une Vision de Développement du Burundi à long terme.

L’expérience de Singapour devrait inspirer les leaders burundais. Une Vision est appuyée par des institutions politiques et économiques fortes et un leadership visionnaire et rassembleur. Pour le moment, le chemin est encore long. La Vision 2040 ou 2060 peut attendre.

*André Nikwigize est burundais. Economiste politique, il a une large expérience professionnelle : directeur général de la Planification au Burundi, directeur exécutif au Secrétariat Exécutif de l’OBK au Rwanda, conseiller économique principal auprès des Nations Unies : Rwanda, Sénégal et New York.

Forum des lecteurs d'Iwacu

15 réactions
  1. uwakera Voltaire

    Merci André, pour votre ajout. Pour moi votre article était clair et complet. Personne ne veut se comparer a Singapour et surtout penser atteindre ses resultats en 17 ans . Nous sommes a des annees lumiere de ce pays. Essayons au moins de copier le Rwanda, un pays similaire. Ne me retorquez pas (ou n’Invoquez) les violations des droits de l’homme au Rwanda. Ce n est pas de ca qu’on parle.
    On pointe du doigt quelques situations dont on pourrait s’inspirer pour sortir de l’abime.
    Par exemple, pourquoi ne donne t on des frais de mission pour voir comment le Rwanda lutte contre la corruption et appliquer cela au Burundi?

  2. Andre Nikwigize

    J’apprécie énormément les commentaires de mes compatriotes sur l’article publié dans les Edition du Journal IWACU. Ceci démontre l‘intérêt que les Burundais portent sur de telles analyses, et surtout, leur désir de proposer une voie de sortie à la crise politico-économique dans laquelle le Burundi actuellement plongé. Loin de moi l’idée de me sentir offusqué par des commentaires, positifs ou sceptiques.

    Il y a beaucoup de facteurs qui ont favorisé l’émergence de Singapour, mais j’ai préféré en relever trois principaux : le leadership visionnaire, l’excellence et la méritocratie, ainsi que l’ouverture au commerce international et aux investissements étrangers. Ces trois facteurs, à mon avis, représentent, à eux seuls, plus de 80 pour cent de la réussite de cette ile, que rien ne prédestinait à une telle prospérité. Certes, il y a d’autres facteurs que nous pourrions développer, si nécessaire. Certes, il y a des aspects négatifs qui ont caractérisé le leadership de Lee Kuan Yew, comme les massacres et l’emprisonnement des opposants et de la société civile, qui sont certainement regrettable et à condamner. Mais les résultats atteints sont bluffant, et comme je le dis dans l’article, beaucoup de leaders se demandent comment cet homme a pu y arriver. Et en définitive, ce sont les populations qui en ont récolté les fruits. De pays pauvre a pays développé, en moins de 30 ans, c’est une performance extraordinaire.

    Le leadership est très important dans la vie de toute Nation. Un leader est, généralement, élu sur base d’une Vision ou un Projet de Société. C’est cette vision dont découleront tous les programmes et stratégies de développement. Si le leader n’a pas de Vision, et a été élu sur base d’autres critères, comme cela se passe souvent en Afrique, il devrait, immédiatement, la formuler pour pouvoir conduire son mandat. Et chaque fois, il doit mesurer les résultats atteints par rapport a cette vision. Dernièrement, à Riyad, le President du Rwanda, Paul Kagame disait ceci (en anglais): « Leadership is about doing what makes sense to the leader, but more importantly, to the people we lead. We should be more practical, more pragmatic and focused on performance and results, and how we benefit people than anything else”. Je me garde de traduire en français, de peur d’en déformer le sens.

    L’excellence et la méritocratie consacrent le principe « Des hommes qu’il faut aux places qu’il faut ». Le leader doit préparer les ressources humaines et techniques qui vont l’aider à conduire sa Vision. Cela passera par l’investissement dans l’éducation, la formation et le renforcement des capacités nationales. Au cas où ces capacités manquent ou sont insuffisantes, le leader doit tout faire pour mettre en place des mesures et incitations nécessaires pour attirer les compétences étrangères requises. Et c’est ce qu’a fait le leader Singapourien.

    L’ouverture du pays au commerce international et aux investissements étrangers constitue un facteur important de succès d’une Vision. Pendant longtemps, les pays africains, dont le Burundi, ont misé sur les dépenses publiques (avec un niveau faible de mobilisation de ressources intérieures) et sur l’aide étrangère, constituée essentiellement de prêts. Comme nous le disons souvent, aucun pays au monde ne s’est développé avec de l’aide, si généreuse, soit-elle, car elle entraine des pratiques de mauvaise gestion, de corruption, et surtout, l’aide entraine l’utilisation des consultants internationaux et des sociétés étrangères des pays donateurs de l’aide, qui participent a la mauvaise gestion et au détournement des fonds de l’aide, ce qui, en définitive pose la problématique de l‘efficacité de l’aide. Il faut, par consequent, promouvoir les investissements etrangers, en creant les institutions et les instrumens necessaires pour ces investissements, y compris, la Diaspora, le tourisme.

    En conclusion, le sujet est, certes, passionnant, et les discussions pourraient s’étendre encore et encore. Pour le Burundi, il ne s’agit pas de s’interroger si le système de gouvernance actuelle est, oui ou non, démocratique ou dictatorial, la question fondamentale que chaque Burundais devrait se poser est : la situation politico-économique actuelle est-elle soutenable a long terme ? Quels changements ou quels conseils pour sortir du marasme dans lequel le pays se trouve ?

  3. Ndiho

    Monsieur Kaburahe, j’ai de nouveau partage mon commentaire. Si vous ne le voyez pas encore, vous voudriez bien voir votre adresse électronique, car je l’ai envoyé également par courriel.

    Merci bcp

    Opinion publiée. Grand merci

  4. Jean Pierre Hakizimana

    @Yan,

    Tout d’abord à Mr André Nikwigize pour encore un papier. Apprécions énormément un papier avec chiffre car il est important d’avoir une idée du point de départ. Comme on dit  » Talk is cheap, numbers don’t lie ».

    @Yan, observe la réalité devant nous: Une croissance démographique presque en mode « escape velocity ». Rien que Buja, d’ici 2040, la population va croitre de 133%. un PIB par habitant de 274 $, une croissance de son PIB très faible (1,8% en 2022) alors que l’inflation est dans les 30+%, ceci pour pointer que c’est un pays dans le quel la pauvreté continue de grimper. La question devient la suivante: Est il possible de parler de démocratie quand un peuple n’est pas souverain? Par souveraineté je veux dire, une certaine maturité intellectuelle qui vient d’un certain niveau économique? Un minimum économique (acquise par méritocratie )qui permet un citoyen de se projeter dans un avenir socio-économique mieux que le présent ? Pratiquement parlant, mettons à côté les théories pour l’instant svp. Peut on parler de démocratie quand un president sortant achète des votes par distribution de quelque kilos de riz? Quand le seul souci majeur d’une grande majorité d’électeurs c’est de survivre du jour au jour? Souviens toi de la dernière campagne électorale de l’ex president Burundais, le fameux 3ème mandat!. Bref, je crains que la démocratie, une vraie competition d’idées sur les projets d’un pays est presque impossible dans un pays sans un certain minimum de maturité ou niveau socio-économique et intellectuel.

    Oublions le Singapour. L’histoire jugera les Burundais, relativement aux Rwandais. Plus ou moins les points de départ similaires. Observe l’attraction des investissements direct du Rwanda! J’ai vu que Kagame va se présenter pour un 4eme mandat. Est ce possible qu’il pense que l’élite Rwandais n’a pas encore la maturité pour continuer le chemin dont il a commencé ? Je ne sais pas mais tu remarqueras que économiquement parlant, le Rwanda est dans un bon chemin. Voici, cher Yan un exemple de sacrifice démocratique pour des raisons économiques. Afin j’espère car il serait dommage si il reste pour que le Rwanda se trouve nez à nez avec l’Ouganda de Museveni. Cela sera triste.

    • Yan

      « » Talk is cheap, numbers don’t lie ».  »
      Et d’autres disent ceci: « Les statistiques sont comme le bikini: il donne des idées tout en cachant l’essentiel »

  5. Yan

    André Nikwigize se contredit un peu: d’un côté il est d’accord avec ce que disait Lee Kuan Yew:
    « Le développement économique doit précéder le développement démocratique, et même que la démocratisation est en soi un danger pour le développement économique ».
    De l’autre il reproche au régime burundais ceci: « …une faible gouvernance et la fermeture de l’espace politique pour les partis de l’opposition et les organisations de la société civile. »

    Ceci pourrait être interprété comme un manque d’objectivité dans ses réflexions, malgré qu’on soit d’accord avec la plupart des choses qu’il dit.

    • Ndiho

      J’ai partagé hier un commentaire qui malheureusement n’a pas été publié. Je montrais dans les détails à quel point cette opinion est très superficielle, partielle, etc. Je ne sais pas pourquoi le Journal Iwacu a refusé de le publier. C’est très dommage.
      Si mon commentaire n’est pas publié et que les raisons ne me soient données, ce sera la dernière fois que je réagisse sur un article publié sur ce site.
      Sans rancune.

      Ndihokubwayo.

      Je ne vois pas un commentaire de votre part non publié. Pourriez-vous le renvoyer? Merci

    • Stan Siyomana

      @Yan
      Aujourd’hui si le Burundi voulait suivre le modele de developpement de Singapour, ou de la Republique populaire de Chine, ou du Chili, ou de la dictature de Jean-Baptiste Bagaza, par exemple, il devrait absolument l’adapter a l’environnement democratique qui est a la mode en ce 21 eme siecle.
      « Inspirés par les préceptes de l’économiste Milton Friedman, les « Chicago Boys » sont recrutés dès 1973 par le pouvoir chilien pour réorganiser l’économie après l’expérience socialiste de Salvador Allende. Aidés par une répression sanglante, ces économistes chiliens mettent en place un système néolibéral et procèdent à des privatisations d’entreprises stratégiques, une libéralisation du marché du travail ou encore l’instauration d’un système privé de pensions de retraite. Les résultats attendus arrivent rapidement : dès 1976, la croissance économique annuelle dépasse régulièrement les 5 %. Le Chili acquiert peu à peu sa réputation de « Suisse de l’Amérique Latine »…
      Et « El Mostrador » d’ajouter : « L’essentiel est qu’aucune performance économique ne peut justifier 3.216 assassinats et 1.210 disparitions, parce que la dictature n’est pas et ne sera pas justifiable en toutes circonstances. »… »
      https://www.lesechos.fr/monde/ameriques/chili-50-ans-apres-le-mythe-economique-de-la-dictature-1976925

    • Jean

      @Yan
      De la même manière qu’il ne faut pas exagérer en prétendant que par cette citation Lee kwan Yew était fervent de la tyrannie exacerbée caractérisée par la corruption, et qui ne supporte aucune forme de voix discordante.

  6. Ndiho

    Bonjour Monsieur Kaburahe, pourquoi vous ne publiez pas mon commentaire au sujet de cet article ? Je souhaite en savoir les raisons…
    Vous pouvez m ecrire sur mon adresse : [email protected]

  7. Kabizi

    J ai toujours considéré cette histoire de vuision 2040 ou 2060 comme une vaste blague. A l’image des bikorane que les nouveaux maitres ont amené.
    Le developpement ne se decrete pas.
    C’est un travail soutenu avec une vision qui le sous tend.
    Voyez vous les 2 elements?

  8. Hihi

    Comparer l’incomparable…tout ce qu’a fait Singapour.
    Engagé à son contraire
    le Burundi est un peuple qui marche à reculons et qui s enfonce vers l abime
    Dans tous les domaines de la vie économique sociale et politique l on va vers la catastrophe,
    Et on cache tout au peuple. Celui ci est malheureusement analphabète.
    Le Pouvoir l enfonce dans sa propre médiocrité
    Depuis 25 ans tout a été détricote.
    Le réveil va être dur pour le Pouvoir.
    Les masses populaires à un moment donné ne vont plus accepter toute cette médiocrité, ce gâchis.
    La fronde va finir par triompher
    L élite actuelle va être renversé
    Un monde nouveau va apparaître. Ce sera dur.
    L envie, le travail et la fierté sauveront la pays qui a tant souffert de la médiocrité

  9. Didicov

    Nta kintu gikomeye nko kwizera.

  10. Cimamanda

    Faut pas vivre dans des illusions chers Burundais mwebwe ntimubona ko haguma hababa ?? Nywa Amstel murye bike muryame kare !!

  11. Kibinakanwa

    Monsieur André,
    Vous avez bien dit que nous nous comparons aux pays comme Haiti, Somali ou RCA.
    Lorsque les gens chantent qu ils deviendront comme Singapour dans 17 ans, on se demande sur quel panete ils sont.
    Cessons de rever.

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