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Le littoral du Tanganyika menacé par des constructions dans les zones tampon

Des maisons sont construites au bord de la rivière Ntahangwa et du lac Tanganyika sans respecter la zone tampon. Les protecteurs de la nature parlent d’une violation du code de l’environnement. Le directeur général de l’Urbanisme promet des sanctions après investigations.

« La zone tampon n’est plus respectée lors de l’attribution des parcelles», constate Albert Mbonerane, président de l’Association Ceinture Verte pour l’Environnement (ACVE). Des constructions au bord du lac Tanganyika et de la rivière Ntahangwa sont en cours. Elles s’approchent de plus en plus du lac et de la rivière Ntahangwa. La zone tampon de 200 mètres entre ces constructions et le bord du lac Tanganyika n’est pas respectée.
Le reste des matériaux de construction, des bouteilles en verre et en plastique sont jetés dans le lac Tanganyika.

Déjà, au bord de la rivière Ntahangwa, des maisons risquent de s’écrouler. Les spécialistes en environnement indiquent que le lit de cette rivière devrait être protégé par une zone tampon pour éviter qu’elle ne s’enfonce progressivement en grignotant les rives. Ils constatent que cette situation rend difficile, par exemple, le filtrage des déchets industriels et ménagers, en entraînant la pollution progressive du lac. Certaines personnes indiquent que l’exiguïté de la terre fait que les gens construisent partout où ils peuvent trouver un petit espace. Pourtant, Albert Mbonerane, précise que ces constructions devraient respecter les normes environnementales : « Il faut d’abord faire une étude d’impact environnemental avant d’attribuer des parcelles. » Pour le lac, explique le président de l’ACVE, la zone tampon correspond à la zone du littoral : « Elle a une fonction de purification des eaux. »

« C’est un espace de transition inexploitable »

<doc1160|right>Evariste Rufuguta, président du syndicat du personnel du ministère de l’Environnement indique qu’une zone tampon est un intervalle situé entre un espace protégé et une zone exploitable : « C’est un espace de transition, inexploitable et déterminé par le ministère de l’Environnement et de l’Urbanisme, pour éviter que la zone protégée soit entamée ou détruite ». Il précise que c’est un petit espace où les gens peuvent retirer néanmoins quelques ressources, mais sans l’exploiter à fond ». Selon lui, la zone tampon est différente d’un espace vert qui est un endroit aménagé et protégé pour sauvegarder et embellir l’environnement urbain. Selon lui, à côté de la Kibira par exemple, il y a une zone neutre pour départager les espaces cultivables et la forêt naturelle afin de protéger sa faune et sa flore. Le parc de la Ruvubu est également entouré d’une zone tampon pour le préserver de l’exploitation agro-pastorale.

Jean Bosco Nsabumuremyi, directeur général de l’urbanisme estime que certaines zones comme la plage ne sont pas considérées comme tampon. Pour le directeur général de l’urbanisme, si quelqu’un introduit une demande de parcelle, il y a un service de l’environnement qui fait d’abord une étude d’impact environnemental : « Nous attribuons la parcelle après avoir reçu l’avis favorable de ce service. » Jean Bosco Nsabumuremyi rappelle à tous ceux qui sont en train de construire sans l’accord de service de l’urbanisme que leurs maisons seront démolies après avoir mené des investigations: « Nous avons déjà fait passer des communiqués et nous espérons qu’ils ne vont pas continuer les travaux dans les zones tampon.

Convention de Ramsar

Négociée tout au long de 1960 par des pays et des organisations non gouvernementales, la convention a été adoptée dans la ville iranienne de Ramsar en 1971. Elle est entrée en vigueur en 1975. C’est le seul traité mondial du domaine de l’environnement qui porte sur un écosystème particulier et les pays membres de la convention couvrent toutes les régions géographiques de la planète. Sa mission est la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides par des actions locales, régionales et nationales et par la coopération internationale, en tant que contribution à la réalisation du développement durable dans le monde entier.

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L’article 52 du Code de l’Environnement stipule que les travaux, ouvrages et aménagements susceptibles de modifier les équilibres des réseaux hydrauliques, les cours d’eau ou la configuration des berges des cours d’eau ou des lacs, de nuire à la préservation des espèces aquatiques sont soumis à la procédure de l’étude d’impact et ne pourront être réalisés qu’après l’avis favorable du ministre de l’Environnement.

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