Editorial

L’amphi ou le bistrot

26/01/2018 Abbas Mbazumutima 26

La vidéo de la ministre burundaise de l’Education Nationale Janvière Ndirahisha, risque de faire le «buzz.» On la voit exaspérée, elle est en colère, le ton sévère, au milieu de l’élite intellectuelle burundaise : des professeurs d’université, des recteurs … l’intelligentsia.

Elle fustige, dénonce et s’en prend au programme de cours du soir proposé par certaines universités à une certaine catégorie d’étudiants. Elle ne comprend pas comment un fonctionnaire peut travailler de lundi à vendredi avec les horaires que l’on connaît et se présenter la nuit tombée dans un auditoire.

Pire, il y a parmi ces ’’étudiants d’un autre genre’’, d’honnêtes fonctionnaires qui prestent à l’intérieur du pays : «Il est impensable qu’un étudiant du soir travaille de lundi au vendredi à Cankuzo alors qu’il est inscrit dans une université à Bujumbura».

Pour la ’’ministre aux mille et une décisions’’, c’est clair, un tel «étudiant fonctionnaire » passe plus de temps au travail, à son poste d’attache que dans l’amphithéâtre.

Selon Mme Ndirahisha, cette pratique est à décourager et elle l’a clamé haut et fort avec des échos dans le micro pour que son message ou son plaidoyer pour la qualité de l’enseignement soit porté le plus loin possible: «Pas de diplôme, je le refuse, je le refuse, car de tels étudiants n’auront pas étudié».

Mais quelques intellectuels rétorquent en disant que ces étudiants, soucieux d’élargir leurs horizons afin d’être concurrentiels sur le marché du travail, se rattrapent les week-ends. C’est en plus des trois heures de cours du soir pendant les jours ouvrables. Il ne faut pas perdre de vue la formation à distance.

Après ses réformes assorties de décisions à l’école fondamentale et post-fondamentale, Mme la ministre s’en va-t-en-guerre cette fois contre les travers à l’enseignement supérieur. Elle a du pain sur la planche. C’est à se demander si Mme Ndirahisha réussira à faire l’enseignement supérieur sans défaire nos universités.

A notre humble avis, la ministre pose souvent les bonnes questions. Mais il y a lieu de se demander si les réponses ou plutôt les décisions qu’elle prend sont toujours adéquates.

Par exemple, sur la question des cours du soir dans les universités, il nous semble qu’un fonctionnaire qui passe ses soirées dans un amphithéâtre que le coude sur le comptoir d’un bar serait à encourager plutôt.

Ah, j’allais oublier, n’est-ce pas que plusieurs dignitaires ont obtenu leurs diplômes grâce à ces cours du soir? Bon nombre d’entre eux avait dû interrompre, par la force des choses leurs études.

Au lieu de combattre ce programme de cours du soir, il faudrait l’encourager, l’organiser, le cadrer. L’amphi ou le bistrot ? Que les fonctionnaires aient au moins le choix, s’il vous plaît Mme la ministre !

Forum des lecteurs d'Iwacu

26 réactions
  1. Kwizera

    hehehe très bel argumentation. Moi je trouve que au final tu rejoins les dires de son Excellence le président des Etats Unis. Je crois que Trump a dit haut et fort ce que beaucoup d’Africains pensent d’eux même. C’est impressionnant comment la grille de lecture d’une même situation peut différer avec le lecteur. Pour moi ce pays qui situe au coeur de l’Afrique se porte très bien. Ce n’est pas une période de souffrance datant de 50 ans ou 100 ans qui va remplacer une période de 1000 jusqu’à 100 000 ans où notre régions allait très bien, et était sociétalement, spirituellement et scientifiquement tellement avancé. Bien sûr que l’on avait nos soucis, comme chaque être vivant ou nation de la terre doit en avoir pour son évolution, mais nos sociétés classiques ancestrales ne pouvaient surement pas être considérés comme de M. Comment être sur de ce que j’avance alors que mes ancêtres ne nous ont pas légués des écrits? Et bien ils nous ont tout légués dans nos ADN et leurs informations sont tellement accecibles, il faut juste vouloir les écouter.

    “Ecoute plus souvent, les choses comme les êtres, la voix du feux s’entends. Entends la voix de l’eau.Ecoute dans le vent , le buisson en sanglots, c’est le souffle de nos Ancêtres”Birago Diop .

    Courage mes soeurs et frères. L’histoire a de loin dit son dernier mots. Que” Imana” nous bénissent , et nos Ancêtres nous gardent. Nous revenons vers vous, avec tout ce que la distance de vous nous aura appris. Urukundo Rumwe

  2. Gacece

    Pour certains, c’est plus agréable d’être dans un bistrot plutôt que dans un amphithéâtre.

    Qu’on soit étudiant, travailleur ou sans emploi, jeune ou moins jeune, petit ou grand, homme ou femme, c’est la discipline personnelle qui dictera le choix qu’on fera de ses temps libres.

    Mais il serait inopportun de leur enlever certaines des options, surtout si ces dernières sont génératrices de revenus pour tous les acteurs et intervenants. Ainsi que pour l’État, à court, moyen et long terme.

  3. Stan Siyomana

    @Javier
    Plus De commentaire De ma part.

  4. janvier

    Kuva mu kabare ne veut pas dire qu’elle a bu de l’alcool. Et que meme si elle aurait bu, ca ne doit pas dire qu’elle etait soule ou ivrogne. Haabaja mu ka baret baherekeje des amis, ikiyago. Nabandi bajayo bakanywa rimwe canke 2. Ntibibatuma baba ivronye canke baborerwa.
    Ndatangaye kubona ce commentaire ivuye muri Stan!

  5. Jean Habonimana

    Après le débat sur la maladie mentale des Burundais, entamons un autre. Le Burundi est-il un pays de m. comme le prétend Trump ? La réponse est non ! non ! non ! trois fois non ! Nos enfants sont sales dégoûtants, en haillons, couverts de morve, le ventre ballonné de malnutrition mais nous ne sommes pas un pays de m. Des millions vivent dans des conditions infrahumaines, sans eau potable, habitation décente ni toilettes, dans une misère insupportable mais nous ne sommes pas un pays de m. Au contraire : Nous sommes un pays dirigé par un régime chrétien et d’origine divine, or Dieu aime les pauvres et les masses misérables plaisent à Dieu : Heureux les pauvres disent les Saintes Ecritures notre livre de gouvernement. Nous sommes certes, le pays le plus pauvre du monde et le plus malheureux mais nous ne sommes pas un pays de m. La pauvreté dans un régime chrétien d’origine divine est une œuvre de civilisation chrétienne. Les 8 millions de jeunes de moins de 30 ans n’ont aucun avenir, aucun travail, aucun métier ni aucune perspective d’avenir, mais nous ne sommes pas un pays de m. Nous leur proposons la haine et il n’y a aucune action aussi mobilisatrice que la haine. Nous sommes alliés aux Interahamwe coupables de l’extermination d’un million de Tutsis rwandais mais nous ne sommes pas un pays de m. Nos dirigeants sont responsables de crimes contre l’humanité, mais nous ne sommes pas un pays de m. Les victimes sont allées directement à Dieu dont nous tenons origine. 98% de la population vivent dans le noir alors que nous avons l’énergie solaire en abondance, mais nous ne sommes pas un pays de m. L’obscurité est si romantique. La fumée du bois de chauffe la seule source d’énergie disponible détruit les poumons des femmes et des enfants, mais nous ne sommes pas un pays de m. Il n’y a rien d’aussi pittoresque que les volutes de fumée qui monte au ciel depuis les toits de chaume. Nous infligeons des souffrances les plus atroces à des innocents, femmes et enfants, par les machettes, les baïonnettes, les balles, les mutilations, les castrations, les tortures, les viols (les mamans devant leurs enfants et les filles devant leurs pères), l’embastillement et l’exil mais nous ne sommes un pays de m. La souffrance des innocents est rédemptrice. Nous envoyons les suppliciés auprès du père, nous sommes un régime chrétien d’origine divine bon sang!. Voilà l’illustration par A + B que nous ne sommes pas un pays de m. Trump peut accoler le qualificatif à d’autres pays africains mais pas NOUS JUSTE CIEL. Qui dit mieux ?

  6. PHLOS

    La solution dans tout cela viendra des tests, des examens qui peuvent exister dans le but d’attribuer des diplômes. Si un étudiant en cours du soir parvient à réussir un même examen donné à lauréat qui a suivi tout le programme universitaire, si la réussite est de même qualité où serait la différence? Les individus talentueux se distinguent quand les uns apprennent vite là où les autres trainent les pieds.

  7. Stan Siyomana

    @Janvier: “Je pensais que “Ka” DANS LE SENS DE SYMPATHIE ENVERS ELLE”
    Comment pouvez-vous avoir de la sympathie envers elle quand vous la traitez d’ivrogne? /yabivuze avuye mu kabare).
    Tout simplement, votre commentaire montre que vous n’avez point d’education et que vous ecrivez tout ce qui vous passe par la tete.

  8. Gacece

    @Janvier & @La modération
    On écrit pour être lu par les autres, pas pour se lire soi-même. Et il faut tenir comptede cet aspect quand on le fait!

    Le seul fait que la modération ait interprété initialement votre « ka » de cette façon-là suffit pour conclure que d’autres y auraient vu un manque de respect. C’était à vous d’être précis!

  9. KABADUGARITSE

    Un professeur d’université et pas des moindre qui, après défense de mémoire par un étudiant qui visiblement avait mal convaincu l’auditoire, a été interpellé sur la qualité du travail de mémoire qui venait d’être présenté. Ce premier a rétorqué que, “bon débarras”, il fallait que le désormais ex-étudiant devait avoir la chance et ll’occasion d’aller découvrir les rouages de la vie professionnelle. Où allons-nous?

  10. igent

    c’est beau à voir; un débat bien propre sans mot vulgaire

  11. CLAUDIO

    UMUNTU AHENDA ABANTU NGO ARIKO YIGA NAHO SHWII, YOPFUMA AGOROBEREZA MU KABARE GUTYO AGATEZIMBERE BRARUDI.

  12. janvier

    Je pensais que “ka” dans le sens de sympatie envers elle, n’etait pas de nature a offencer personne ou manquer de respect envers elle.
    Je comprends vous travaillez dans un contexte tres tendu. Si vous n’aviez pas aime le “ka”, il aurait peut-etre fallu le supprimer et dire que c’est censure au lieu d’ajouter a mon commentaire ce que je n’ai pas ecrit.
    Fraternellement votre, janvier

    Note du modérateur
    toutes nos excuses, je n’ai pas “pensé” que “ka” Janvière était “affectif”, désolé, on pensait bien faire. Vraiment

  13. Rwamanyinya Gervais

    Quoi qu il en soit, les diplomes obtenus par la plupart de nos dirigeants actuels dans ce système de cours du soir soir n’ont aucune valeur intrinsèque. Les professeurs ont attribué une note phantaisiste pour s’attirer leur sympathie, c’est tout. Autant donc les leur retirer et les obliger de suivre des cours dans des systèmes conventionnels. Quant à l’Internet, ceux qui le mettenet en avant ne vivent pas dans notre Pays. Cet outil nécessite un minumum d’électricité que le Burundi n’a pas. Il nécessite un minimum de connexion Internet que le Burundi n’a pas. Seule la vérité nous sauvera, et je pense que cette Ministre a raison.

  14. KAAZE

    Bien dit cher Monsieur!

  15. janvier

    Bampinduriye ijambo! A la place de “Mme” nari nanditse “Ka”.
    Note de la rédaction

    Oui, on vous a corrigé “Ka” Janvière, n’est-ce pas un peu insultant à votre avis?Mme Ndirahisha est ministre et mérite votre respect. critiquer oui, mais rester courtois, ça ne coûte rien

    La modération

  16. Mayugi

    Les cours du soir, à distance ou à temps partiel se font dans le monde entier. Évidemment, les étudiants ne reçoivent pas leurs diplômes dans le même laps de temps que ceux qui étudient à temps plein. Alors, au lieu de partir en guerre contre une tendance qui est là pour rester, qu’elle définisse les balises pour ce genre d’enseignement (qualité des programmes, des infrastructures, qualification des professeurs, rigueur des méthodes d’évaluation des étudiants etc.) Autrement, ces coups de gueule ne sont que des coups d’épée dans l’eau.

  17. Job

    Si un étudiant réussi ses examens c’est qu’il a étudié. Se présenter en amphi n’est pas synonyme d’étudier.

  18. John

    Politico-economico-technico sociale je voulais dire

  19. John

    @ Ndikumana notre sœur la ministre n’a apparemment pas encore compris l’enseignement à distance et la contribution des tic au service de l’éducation. Faut pas la critiquer mais plutôt l’aider à comprendre qu’avec l’avénement d’Internet et autres tic la transformation du monde et de la façon de mener les affaires a complètement atteint un autre degré. Quand je faisais mon cours sur l’histoire de l’éducation on nous disait que celle-ci devrait être à l’avant-garde et non à la traîne de la transformation politico-economico-sociale

  20. janvier

    Mme Janviere yabivuze avuye mu kabare ngirango. Ni mumutunge rero mumuburane. Ntawudahusha.

  21. Rurihose

    Comprenez bien cher je rêve.
    Je vais vous répondre en parlant d’une autre république bananière: le Zimbabwe.
    La femme de Mugabe a reçu un Doctorat en quelque chose avec Distinction
    Il n y a pas longtemps elle était une brave secrétaire

    Ca vous èclaire?😀😁

  22. Rurihose

    Madame la ministre, il y a une vidèo qui circule sur les réseaux sociaux
    Votre collègue du commerce (je ne la nommerais pas de peur d’être censuré) donnait une conférence à ses cadres. Ses explications étaient tellement incompréhensibles qu’un ami sénégalais m’a demandé dans quelle langue elle parlait.
    Question: A t elle fait des cours du soir ou du matin?
    Merçi pour votre croisade.
    Je pense que le mal est plus profond chère dame.
    Voici le lien au vidéo🤣😋🤣😋

  23. Jereve

    Je comprends très mal comment quelqu’un peut obtenir un diplôme sans avoir étudié. Cela signifie que notre système éducatif est gangréné par le laisser-aller et la corruption. Ces incultes diplômés sont injectés dans l’appareil de l’état; ce qui explique une bonne partie des comportements irrationnels dans la gestion des affaires publiques. Les anglais le disent si bien : a little knowledge is a dangerous thing.

  24. harimbari

    Elle perd son temps la Ministre. Elle nage contre le courant. il faut plutot qu’elle organise et oriente ce courant pour qu’il deverse ses “alluvions” a l’endoit designe.

  25. SIEMPRE HAGURUKA

    Très satisfait de la plume d’Abbas. J’irai même plus loin. Qu’elle commence à retirer les diplômes de ces dignitaires qui ont eu les diplômes par ce biais. Puisqu’ils n’ont pas aussi étudié.
    Bon courage madame la Ministre.

  26. Jean-Claude NDIKUMANA

    Merci beaucoup, l’IWACU pour cet article important. Les intellectuels burundais doivent faire ses cours pour se rattraper parfois les cours du Soir dans les Universites qui enseignent en langue englaise pourrait relever le defis dans les connaissances scientifiques. Mais l’orientation et le cadrage de ces cours doivent se faire par ces Universites en accord avec le MINEDUC qui doit les approuver et aussi approuver les professeurs car ne nous preoccupons pas seulement de ces cours mais surtout ceux qui le donnent ont aussi une bonne qualite d’enseignant de ce type de Cours. Mme la ministre oublie que les formations a distance, les etudes sur internet sont qualifiantes et sont donnees apres le travail ou sur video conference? Chaque s’organise selon son emploi du temps pourvu qu’il reussisse les sessions d’examen et les conditions requises! Pour moi qui suis en train de faire une formation a distance a l’Universite Senghor d’Alexandrie sur le developpement durable, une maitrise Professionnelle en Project Management et OHS si j’obtiens les certificat ou les diplomes, elle dira que je n’avais pas eu le temps et la qualite? cela est aberrant, elle doit d’abord censure les cours, les professeurs, la charge horaire que l’Etudiant doit faire, les resultats obtenus et le diplome apres.

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