Société

Kirundo : La famine frappe la commune Busoni

11/02/2019 Pierre Emmanuel Ngendakumana Commentaires fermés sur Kirundo : La famine frappe la commune Busoni
Kirundo : La famine frappe la commune Busoni
Sicaire Rivuzimana : «Toutes les semences que nous avons plantées sont restées dans le sol.» 

Certaines zones de la commune Busoni en province Kirundo sont durement touchées par la sécheresse, causant la famine, depuis ces trois derniers mois. L’administration provinciale mobilise la population pour la collecte des vivres.

Au moins 31 ménages de la commune Busoni dans la province Kirundo ont déjà migré vers d’autres localités, suite à la famine. Les zones Gatare et Gisenyi sont les plus touchées, notamment les collines Rwibikara et Gatete. Le manque de précipitations depuis la saison culturale A – débutant en octobre – en est la cause majeure.

Dans la zone Gatare, à 12 km du chef-lieu de la commune de Busoni, près du lac Rweru, un soleil accablant. Des femmes désespérées, avec leurs enfants, quelques-uns nus, se précipitent vers tout passant, espérant tomber sur une âme charitable venue les assister.

Marie Miburo, 37 ans, mère de sept enfants, habite la colline Nyakizu de la zone Gatare. Les larmes aux yeux, elle confie que sa famille risque de mourir de faim, suite à la sécheresse qui sévit dans cette zone depuis trois mois. « Nous avons semé au mois de novembre, mais faute de pluies, les plantes n’ont pas poussé. Mes enfants ne vont plus à l’école. Comment peuvent-ils étudier alors qu’ils n’ont rien mis sous la dent? »

Sur la sous-colline Rusenyi de la zone Gatare, à quelques mètres du lac Rweru, Sicaire Rivuzimana, un quinquagénaire, cherche désespérément quelques épis de maïs dans son champ pour la survie de sa famille. Ce père de quatre enfants raconte que toutes les semences qu’ils ont plantées sont restées dans le sol. Certains de ses voisins ont préféré fuir dans d’autres communes ou provinces, voire dans les pays voisins, comme le Rwanda.

« Avant de partir, ils vendent d’abord les tôles de leurs maisons pour trouver quelques frais qui faciliteront leur déplacement vers leurs lieux d’exil».

A quatre kilomètres du centre de cette zone, sur la sous colline Gatete, un spectacle désertique : plus aucun signe de vie. Marie Rose Ngendakumana confie que sa famille n’a plus qu’un repas par jour. Un enfant dans ses mains, cette mère de trois enfants, 32 ans, se dit désespérée : « Récemment, un de mes enfant a montré des signes de malnutrition. Je l’ai amené tout de suite à l’hôpital et effectivement on a confirmé qu’il s’agissait de malnutrition. Je dois donc lui assurer une alimentation équilibrée. Ou vais-je trouver des légumes dans ce désert où rien ne pousse plus ? »Si j’avais de la force, insiste-t-elle, je fuirais aussi à la recherche d’une vie meilleure.

Gordien Sirabahenda, directeur de l’enseignement dans la commune Busoni, affirme que la famine sévissant dans cette commune, depuis le début du premier trimestre, a occasionné des abandons scolaires.

«Dans toutes les écoles fondamentales de cette commune, 1607 cas d’abandon scolaire ont été enregistrés et 57 cas dans les écoles post-fondamentales. La famine c’est comme la guerre. Quand les élèves ont faim, ils ne peuvent pas étudier.»

L’administration provinciale mobilise la population…

Alain Tribert Mutabazi : « Les natifs de la province sont en train de collecter des vivres. »

Alain Tribert Mutabazi, gouverneur de la province Kirundo, fait savoir que la commune Busoni est la plus menacée par la sécheresse. « La commune Busoni compte quatorze collines qui regroupent 15 000 ménages qui sont affectés par la sécheresse ».

D’après lui, l’administration locale est en train de mobiliser les natifs de cette province, les fonctionnaires et les communes où la récolte a été bonne pour venir en aide aux familles les plus menacées.

Il confirme également le manque de pluie, depuis le début de la saison culturale A, comme cause majeure de cette famine. « Ce n’est pas la première fois que la sécheresse frappe cette province.

La population devrait pratiquer l’agriculture des plantes qui résistent à la sécheresse. Elle devrait aussi pratiquer l’irrigation collinaire comme la plupart des collines affectées sont proches des lacs. Ainsi, nous pourrions faire face à cette sécheresse récurrente au cours de ces dernières années ».

M.Mutabazi invite la population à bien gérer la récolte en travaillant en association plutôt qu’à la vendre. « C’est une honte pour notre province naguère considérée comme le grenier du pays, mais qui est devenue, ces derniers temps, une province menacée par la famine, suite au changement climatique ». Et d’appeler ceux qui ont migré vers d’autres localités de rentrer au bercail : « Qu’ils regagnent leurs ménages parce que ils seront bientôt assistés. Les natifs de la province sont entrain de collecter des vivres. A l’heure où je vous parle, le ministère de la Solidarité vient de nous annoncer l’envoi des camions contenant des vivres pour venir en aide aux victimes les plus affectées.»

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