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Albert Shingiro:“Notre ambition: sortir vite des PMA”

La conférence des Nations Unies sur les 48 pays les moins avancés du monde (PMA) a clôturé ses travaux dimanche à Antalya, en Turquie. L’Objectif de la rencontre était d’évaluer les progrès réalisés par ces Etats au cours des cinq dernières années et de réfléchir à la façon de les mettre sur la voie du développement durable. Quid du Burundi. A Antalya, Antoine Kaburahe s’est entretenu avec M. Albert Shingiro, l’Ambassadeur du Burundi auprès de l’ONU.

Albert Shingiro

Albert Shingiro, Ambassadeur à l’ONU

Quelles étaient les attentes du Burundi pour cet examen à mi-parcours de ce programme ?

Premièrement, tout comme les autres PMA, le Burundi attendait de l’examen à mi-parcours du programme d’actions d’Istanbul une réaffirmation d’engagements concrets en faveur des PMA de la part des partenaires techniques et financiers ainsi que le soutien à la création d’une banque des transferts des technologies en faveur des PMA qui sera opérationnelle en 2017.

Deuxièmement, c’était une excellente occasion pour nous de renforcer les partenariats déjà existants entre les PMA et leurs partenaires techniques et financiers et de lancer un appel vibrant pour le respect des engagements pris par toutes les parties en 2011 à Istanbul en Turquie. Vous savez que souvent des promesses sont faites, mais quand le temps de les concrétiser arrive, certains partenaires tournent en rond en se cachant derrière un certain nombre de conditionnalités quelques fois moins réalistes et politiquement ciblées et motivées.

Qu’est-ce que le Burundi va retirer de cette rencontre ?

La première chose que le Burundi tire de cette rencontre est l’attention particulière que les pays partenaires des PMA en général, et du Burundi en particulier, devraient accorder au relèvement socio-économique de nos pays suite au renouvellement de leurs engagements à Antalya, notamment en ce qui concerne l’assistance à la mise en śuvre des 17 objectifs de développement durable et du Programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement. Même chose pour le financement de la résilience aux changements climatiques en faveur de nos pays qui ne sont pas comme vous le savez responsables de ce phénomène qui met littéralement en danger les générations futures. Bref, il s’agit d’un paquet d’ensemble et non spécifique uniquement au Burundi.

Rappelez-vous également que plusieurs délégations ont, au cours de cette Conférence d’examen à mi-parcours du Programme d’action d’Istanbul en faveur des pays les moins avancés (PMA), lancé un appel aux pays développés pour qu’ils s’acquittent de leurs engagements en matière d’aide publique au développement (APD).

Et qu’est que vous avez demandé concrètement ?

Nous avons demandé aux pays développés d’atteindre l’objectif de consacrer 0,7% de leur revenu national brut à l’APD, dont 0,15% à 0,2% en faveur des PMA. Suite aux multiples appels au respect des engagements lancés à Antalya aux pays donateurs, nous espérons que les pays qui ont pris la décision de suspendre leur assistance au Burundi vont saisir cette bonne occasion pour revoir leur position, car les sanctions ciblées, sélectives et politiquement motivées sont toujours contre-productives non seulement pour le Burundi, mais également pour ceux qui les ont prises.

Vous comprendrez que je ne peux pas ne pas me réjouir de la Déclaration de la Représentante d’Israël qui a publiquement annoncé en séance plénière que l’Agence israélienne pour la coopération se joindra au projet germano-burundais visant à atténuer les conséquences des changements climatiques dans notre pays.

Sortir des PMA pour le Burundi, avec la crise  que nous vivons, est-ce que ce n’est pas un voeux pieux ?

La crise burundaise est une crise circonstancielle et non structurelle. Elle est fondamentalement politique et sa solution sera politique aussi. Le Burundi étant un pays encore vierge en termes d’investissements étrangers et d’exploitation des ressources naturelles, il n’y a aucun doute qu’il sortira de ce club des pays les moins avancés dans les prochaines années. Vous savez très bien que faire partie de ce groupe est loin d’être un honneur. Notre ambition est de sortir le plus rapidement possible de ce groupe pour rejoindre le club des pays à revenu intermédiaire. Mais pour y parvenir, il faudra renforcer davantage la culture de bonne gouvernance et la redistribution équitable des richesses nationales non encore exploitées. Il faudra aussi stabiliser définitivement notre pays et réconcilier durablement le peuple burundais.

Hier, le délégué Burundi, l’honorable Nduwimana, a plaidé pour une reprise de la Coopération internationale, il estime que « les raisons qui avaient motivé cette décision ne sont plus valables. » Votre commentaire

Moi je parlerais plutôt de l’EU et de certains de ses alliés, si non, avec 193 pays, la communauté internationale ne se limite pas à ces quelques pays. Vous êtes sans ignorer que l’accord de Cotonou est clair là-dessus. Cet accord souligne l’importance du dialogue permanent dans la résolution des incompréhensions entre les deux parties liées. A mon avis, la seule séance tenue à Bruxelles entre le Burundi et l’Union européenne n’était pas suffisante pour décider de la suspension. Il fallait attendre au moins trois séances avant de prendre la position extrême. Maintenant que plusieurs mesures en vue de l’apaisement des tensions politiques et sécuritaires ont été prises, notamment la réouverture de deux radios privées, l’annulation de 15 mandats d’arrêt contre certains acteurs politiques, de la société civile et des médias, la réouverture de quelques ONG de la Société civile, et tout près de nous, la reprise de bonne foi du dialogue inter burundais à Arusha en Tanzanie, tous les ingrédients sont bien réunis pour reprendre le dialogue avec l’Union européenne dans un esprit constructif et mutuellement respectueux.

A vous écoutez on dirait que tout est parfait…

Tout n’est pas encore parfait certes, mais la volonté politique de stabiliser et réconcilier définitivement le pays est réelle et authentique. D’autres bonnes mesures en vue de l’apaisement politique interviendront graduellement pour l’intérêt du peuple burundais dans sa diversité ethnique, politique et de genre. Paris ne s’est pas fait en un jour comme on dit ! La fièvre est en train de descendre petit à la température normale. Je répète ce que j’ai l’habitude dire aux gens que rencontre en privé et en public, il faut rester ouvert au dialogue franc, inclusif et sincère et essayer autant que faire se peut de construire des ponts plutôt que des barrières artificielles. Les acteurs de l’opposition devraient agir en se laissant guider par le réalisme politique du moment. Certaines de leurs revendications initiales ne sont plus réalistes et devraient être rayées de l’agenda du dialogue en cours et penser surtout aux prochaines élections en 2020 déjà à nos portes.

A votre  avis  il faudrait encore combien de temps pour que le Burundi sorte des PMA ?

Tout dépendra de la vitesse de la mise en oeuvre de nos engagements en tant que PMA, notamment en matière de la bonne gouvernance et du respect de l’état de droit dans tous les domaines, de la bonne gestion des ressources naturelles, de l’industrialisation de notre production nationale et du renforcement de la culture du civisme fiscal qui nous permettra d’accroitre les ressources domestiques du pays. Il faut aussi noter que les pays qui sortent de cette catégorie des pays les Moins Avancés doivent opérer une transition sans heurt pour pouvoir s’engager dans la voie du développement durable sans interrompre leurs plans, programmes et projets de développement ; et pendant cette période, les partenaires techniques et financiers doivent éviter toute réduction brutale de leur assistance et envisager de prolonger le régime des préférences commerciales au pays reclassé sur une base bilatérale. Bref, sortir de ce groupe est une bonne chose, mais le plus grand défi reste le maintien l’élan, car certains pays que je ne citerai pas ici sont sortis effectivement de ce club, mais pas pour longtemps. Ils sont vite retombés dans la case du départ. Pour le cas singulier du Burundi, nous préférons marcher lentement et sûrement sans reculer.

  24   Vos commentaires
  1. Bugonaburimaso

    Nta justice indépendante, nta bonne gouvernance, nta Etat de droit ishoboka hagitwara « DD ». Ahandi ho babuze iki ngo babishire mu ngiro? Iyo imvugo yabo yajana n’ingiro, Uburundi buba bwaragize « décollage économique ». Shingiro avuze nka wa wundi ntovuga mu kanwa kanje ntagomvye kwicafuza yabesha ngo agiye kugira « tolérance zéro  » ku biturire!

  2. Stan Siyomana

    1. L’ambassadeur Albert Shingiro voudrait bien rassurer le citoyen burundais lambda/MUNYAGIHUGU NYARUCARI (quant au developpement durable et inclusif au Burundi) avec des mots comme:  » Notre ambition: sortir vite des PMA…Pour le cas singulier du Burundi, nous preferons marcher lentement et surement sans reculer ».
    2. Par contre, le rapport de la Banque Mondiale dit ceci:
    « Toutes choses egales par ailleurs, si l’economie continue de croitre a un taux de 5% en moyenne durant la decenni a venir, le PIB par habitant passera de 251 dollars des Etats-Unis en 2012 a 344 dollars en 2025, l’horizon de la Vision 2025, SOIT AU DESSOUS DU NIVEAU ACTUEL DU NIGER. LE BURUNDI RESTERA PARMI LES PAYS LES PLUS PAUVRES DU MONDE.
    Si le pays accelere la croissance a 7% par an sur la prochaine decennie (2015-2025), le PIB par habitant atteindra 434 dollars en 2025, MAIS LE BURUNDI DEMEURERA PARMI LES PLUS PAUVRES DU MONDE…
    POUR DOUBLER LE PIB PAR HABITANT, le Burundi doit croitre au moins a 8,5% en moyenne par an du fait de la forte poussee demographique.
    POUR PASSER A UNE VITESSE DE CROISIERE SUPERIEURE, un changement de priorite dans les politiques economiques doit s’operer sans attendre. CE CHANGEMENT EST D’AILLEURS INELUCTABLE EN VUE DE LA BAISSE PROJETEE DE L’AIDE EXTERIEURE… »
    (Voir Banque Mondiale: « Premier rapport de suivi de la situation economique et financiere du Burundi. De l’aide au commerce. L’integration regionale comme moteur de croissance. », www-wds.worldbank.org, juin 2014).

  3. dester

    Le Burundi peut sortir des PMA. Il suffit d’avoir des bons partenaires. Notre pays est bien situé, je crois que nous devons plus nous tourner vers l’Asie .Si lumitel à réussit à percer au Burundi, il y’a d’autres sociétés asiatiques qui peuvent nous aider . L’expertise ne manque pas en Asie. Des pays comme la Tanzanie, l’ensemble des pays de l’océan indien(Seychelles, îles Maurice,Madagascar) bien que n’ayant pas de matières premières ont réussis à développer leurs économies respectives. Beaucoup d’Africains ignorent que l’Asie représente à elle seule 60 % de la population mondiale, on passe notre temps à quémander en Europe alors que nous pouvons nous tourner vers un commerce plus ou moins équitable, un commerce sud sud à l’image des dragons asiatiques.

    • Stan Siyomana

      @Dester
      1. « Des pays comme la TANZANIE, l’ensemble des pays de l’Ocean indien (Seychelles, Iles Maurice, MADAGASCAR), bien que n’ayant pas de matieres premieres, ont reussi a developper leurs economies respectives… »
      Si l’on se base sur la definition de « resource-rich country/pays riche en ressouces naturelles » comme un pays qui doit avoir au moins 25% de ses exportations en petrole, gaz naturel, minerais et metaux, la Tanzanie et le Madagascar sont des pays avec un potentiel pour la production du petrole et/ou le gaz naturel.
      Donc au bord de cet Ocean indien les seuls « Non-resource- rich countries/pays sans ressources naturelles sont Somalie, Djibouti et Erythree.
      (Voir « Resource-rich countries in Sub-Saharan Africa (SSA) », http://www.ibis.dk, October 2014).
      2. Vous comptez MADASCAR parmi les pays qui « ont reussi a developper leurs economies respectives ».
      Et pourtant, Madagascar est le CINQUIEME PAYS LE PLUS PAUVRE DU MONDE avec un produit interieur brut (PIB) par habitant de seulement 392,6 dollars en 2015.
      Apres 10 longues annees du pouvoir CNDD-FDD, le BURUNDI est LE PAYS LE PLUS PAUVRE DU MONDE avec un PIB par habitant de seulement 315,2 dollars en 2015.
      (Voir Matthieu Deleneuville: « Classement PIB: les pays les plus pauvres du monde », http://www.journaldunet.com, 21 octobre 2015).
      3. « Nous pouvons nous tourner VERS UN COMMERCE PLUS OU MOINS EQUITABLE »
      C’est comme si vous vouliez dire que les partenaires commerciaux du Burundi ou de l’Afrique en general SONT MALHONNETES.
      La bonne solution est que le Burundi et l’Afrique doivent bien choisir quelle tranche de la chaine de valeur d’un produit donne qu’ils vont vendre sur le marche international (ou theoriquement la loi de l’offre et la demande prevaut).
      Dans son discours d’ouverture de Junior Indaba (la conference des compagnies junior d’exploration des ressources minieres ou d’hydrocarbures), Madame Dr Nkosazana Dlamini-Zuma (= presidente de l’Union Africaine), a mis l’accent sur LA VALEUR AJOUTEE/the AU head placed great store on value addition and beneficiation within the continent.
      (Voir Martin Creamer: « Now is time for Africa to take charge of mining destiny-Dlamini-Zuma », http://www.engineeringnews.co.za, 1 June 2016).
      4. « Un commerce sud sud A L’IMAGE DES DRAGONS ASIATIQUES… »
      Je voudrais bien que vous demontriez comme les modeles de developpement des quatre dragons asiatiques (= Coree du Sud, Hong Kong, Singapour, Taiwan) sont bases sur le COMMERCE SUD SUD?

    • Stan Siyomana

      @Dester
      Dans une recente interview sur la chaine Business Africa, le president malgache Henry Rajonarimampianina explique un peu la situation economique et politique de son pays.
      (Voir « Episode 7: entretien exclusif avec le president de Madagascar, l’economie paralysee de la Libye, et la lutte de l’industrie textile somalienne », http://www.fr.africanews.com, 2 juin 2016).

  4. kissinger

    Ni wirire s mutama Shingiro hanyuma utekereze ureke kurota, wewe ntubona ko uBurundi bugeze habi,

  5. Claude NAHAYO

    Chapeau Ambassadeur SHINGIRO,

    Vous dites que, pour se developer, le Burundi doit apprendre le « …respect de l’état de droit dans tous les domaines… » .

    SVP Amb. SHINGIRO, faites de la JUSTICE INDEPENDANTE un theme important pour ARUSHA II aupres du MZEE MKAPA: C’est ce qui manque Burundi et a l’origine de la crise actuelle et les autres crises anterieures depuis 1961: meme les « petites » crises comme a RUZIBA (eleves chasses), MURAMVYA (eleves/etudiants), TROUPES EN CENTRAFRIQUE (insecurite/accusations d’exactions au Burundi), ASSASSINATS/ENLEVEMENTS/ AMISOM, REBELLIONS/PUTSCH/REPRESSION/CONTRE-INSURECTIONS, etc. Meme les PIRATAGES DES PARTIS POLITIQUES /CONGRES (NYAKURISATION), des ENTREPRISES POURCHASSES EN-DEHORS DE LA LOI (Culture de la STEVIA), MARCHE PUBLIQUES ( 500 MILLIONS PAR COMMUNE, SUSPENDUS pour Malversations).

    Ainsi, sans Justice « Independante de l’Executif, » aucun President/Ministre ne peut pas dirriger/executer son programme et aussi en meme temps resoudre les conflits/rendre Justice independamment…..Rarement, un President peut etre severes/decisifs, ou exigeants/visionnaires economiques (Hommes Forts) comme BAGAZA/KAGAME mais comme President OBAMA l’a dit que mieux vaut avoir pour un pays des « INSTITUTIONS FORTES » que des « Presidents Forts Dictatoriaux » qui disparaissent avec leurs oeuvres, alors que les INSTITUTIONS FORTES/JUSTICE INDEPENDATE sont PERENNES….

    Vous avez raison, Ambassadeur SHINGIRO : il faut au Burundi une JUSTICE INDEPENDANTE avec des « Juges Inamovibles » comme au Ghana, Canada, Kenya, Tanzanie, Senegal, France, Bresil, Inde, USA…La « Justice Independante » doit se negotier dans le dialogue chez le MZEE MKAPA.

    Un accord chez le MZEE MKAPA/ARUSHA II peut nous sauver des desastres predits suivants: rebellions/massacres/genocides/CPI qui voudra juger certains de nos Leaders compatriotes/sanctions/retour des soldats/policiers Centrafrique/Somalie, etc. Et pire, les forces « geopolitiques » que certains ont vigoureusement invoque avec « NeoNaziLuc », sans le sauvetage du MZEE MKAPA, ils vont classiquement, et sans hesitation, s’abattre sur notre pays et nous tous.
    Si MZEE MKAPA ne reussissait pas, nous ne nous en prendrons qu’a nous meme,Burundais, pourquoi blamer le reste du monde ? Un bon accord signe par Ambassadeur SHINGIRO, Amb. NYAMITWE, President NTIBANTUNGANYA, Hon. NYANGOMA, MZEE MBONIMPA et MAMA MAGGY: SIX SIGNATURES peuvent sauver notre pays.

    God Bless.

    • Nimubona

      Très belle analyse
      Dommage qu’il n’y ait pas au bout des gens suffisamment intelligents et intègres à mesure de penser aux intérêts du peuple burundais qui est malheureusement manipulé. ..

    • Ntahitangiye

      Un bon ‘accord doit être expliqué au peuple qui l’accepte ou le rejette par référendum . Six signatures pour 10.000.000 habitants ? Il y a une odeur de dictature. Une justice indépendante avec un peuple libre dans ses choix.

  6. Stan Siyomana

    « Notre ambition: sortir vite des PMA… »
    Pour le Burundi, le Fonds monetaire international (FMI) prevoit une croissance du produit interieur brut (PIB) de seulement 3,7% en 2016 et 3,9% en 2017.
    Un rapport de la Banque mondiale de 2015 recommendait une croissance du PIB d’au moins 10% (et pour plusieurs annees de suite) pour sortir le Burundi de son sous-developpement.
    Donc pour le moment, et surtout que le Gouvernement burundais n’a pas de Vision pour ca, CETTE MISSION EST TOUT SIMPLEMENT UN REVE IMPOSSIBLE.

  7. Corneille

    Oui, kabisa, réalisme politique dit-il ? Pourquoi alors ne pas commencer à voir que vous ne dirigerez pas le pays jusqu’en 2020? Les rebelles, les ressources qui séchent, les assassinats, les voisins qui en ont marre, pensez-vous vraiment à 2020 canke musenga mudakurako ngo mubone burakeye ?

  8. Mushingantahe

    Scrutons la solution de l,Ambassadeur Shingiro:
    1. D’apres l’article, il y a 48 PMA et, rappelons-le, nous sommes le dernier P4 ( Pays le Plus Pauvre de la Planete).
    2. Or, Amb. Shingiro compte sur l’extérieur (Aide Publique au Développement) pour sortir “vite” des PMA. (Parenthèse: au nom de quel droit les pays riches doivent-ils au fait nous aider? Et quel autre pays au monde est sorti de cette categorie en mendiant?)
    3. De plus, cela fait plus de 10ans (2005-2015) que le Burundi beneficie d’une générosité budgétaire sans précédent qui va au delà du 0.15-0.2% de l’ADP.
    4. Donc, comme nous sommes le dernier sur la liste et que les 47 autres PMA doivent sortir de la categorie, il nous faudra (1) atteindre leur niveau actuel et (2) sortir, comme eux, de cette catégorie.
    5. Mathématiquement, cela nous prendra 470ans (47×10 ans) pour être un “peuple normal”. En attendant, on vivra de la “démocratie” chèrement acquise!

    • Karikurubu P.

      @Mushingantahe: «En attendant, on vivra de la “démocratie” chèrement acquise»

      Au moins tu reconnais qu’il y a eu dans l’entre temps quelque chose d’acquise chèrement, «la démocratie». C’est ça le levier fondamental d’un peuple debout. Certe que tout n’est pas encore rose rose, mais disons que les burundais sont sur la bonne voie de s’affranchir de leur cecité collective.

      • Mushingantahe

        Cher Karikurubu,
        Je ne crois pas que vous et moi référons à la même “démocratie”. Je parle de cette “démocratie” qui envoie 300.000 citoyens en exile, nos journalistes et activistes des droits humains avec. Ce qui est tragique, c’est que vous semblez vous en accommoder. Et c’est votre droit! Cordialement.

      • RUGAMBA RUTAGANZWA

        @Karikurubu P.«la démocratie». C’est ça le levier fondamental d’un peuple debout

        Ce sont des slogans que vous lancez cher KARIKURUBU, en realite une coquille vide..! Les dirigeants debout font qu’un peuple aille de l’avant. Nous, les nôtres ont fait du Burundi, le pays le plus pauvre du monde….en 10 ans de règne sans partage…! Avec ce bilan déshonorant, ils n’hésitent pas à vouloir rester au pouvoir jusqu’en 2050 ! Mais je demande ceci : pour y faire quoi ? La vision de nos dirigeants ne va pas au-delà de leur parti politique le CNDD-FDD qui leur permet de manger, de faire manger les leurs et de relaxer. Je pense que le développement d’un pays demande des compétences, des projets qu’il faut mettre en œuvre et en évaluer régulièrement les indicateurs de progrès. Quand on jette un coup d’œil sur les compétences de ceux qui font la pluie et le beau temps au sein de la classe dirigeante du Burundi, notamment les Généraux qui à peine lisent et écrivent mais se melent dans toutes les decisions politiques importantes, les Honorables Parlementaires NDIYO BWANA ou OUI OUI, le President du Senat avec sa proposition de parcelles gratuites, je pense qu’on n’est pas encore sorti de l’auberge. La prière et les IBIKORANE trompeurs, le clientélisme politique basé sur l’ethnie ou l’appartenance au parti politique dominant, l’incompétence, la corruption à tous les niveaux de notre administration nous permettront très difficilement d’aller de l’avant. En vérité NDABABWIRE : TURAGOWE… !

  9. RUGAMBA RUTAGANZWA

    Albert Shingiro:“Notre ambition: sortir vite des PMA”

    Ambition très légitime mais je me demande comment les dirigeants du CNDD-FDD vont y parvenir quand on sait que sous leur gouvernance, le Burundi est devenu le pays le plus pauvre du monde..! http://www.journaldunet.com/economie/magazine/1164746-pays-pauvres/

    • Mpozayonzi P.

      @RUGAMBA RUTAGANZWA:«…sous leur gouvernance[CNDD-FDD], le Burundi est devenu le pays le plus pauvre du monde»

      Et avant l’arrivée du CNDD-FDD, vous voulez nous faire croire que le Burundi faisait parti du G7, je veux dire des plus grandes puissances économiques du Monde ? Précisez bien votre point de vue ureke guhenda ababuzi kuva bwikukiye.

      • Corneille

        Il n’était pas dernier, mais là on est vraiment dernier, pauvre Cndd-Fdd!

    • Bakari

      @RUGAMBA RUTAGANZWA
      Jetez un coup d’oeil ci-dessous sur ce qu’était le Burundi lorsque les DD avaient 10 ans. Cela donne des frissons. Ceci étant dit, je ne trouve pas les DD extraordinaires mais je ne regette pas du tout l’époque en question dans la video.
      Regardez: https://www.youtube.com/watch?v=6DxR8j0M-s8

  10. MK

    @ «Antoine Kaburahe s’est entretenu avec M. Albert Shingiro, l’Ambassadeur du Burundi auprès de l’ONU»

    Ennemis au Pays mais amis à l’Étranger, bravo !!!
    Réponse au lecteur

    Je n’ai aucun problème avec M. Shingiro et lui non plus d’ailleurs. Nous avons un regard différent sur certaines questions mais cela ne fait pas de nous « des ennemis. » Moi je suis un journaliste et je dois être capable de m’entretenir avec tout le monde.

    Antoine Kaburahe

    • MK

      @Antoine Kaburahe: «Moi je suis un journaliste et je dois être capable de m’entretenir avec tous le monde»

      Chapeau !!!

    • Vous avez raison Mr. Kaburahe. Je trouve par ailleurs que Mr. Shingiro s’est bien exprimé, bien qu’il ait sorti un passage un peu heurtant mais c’est son boulot, que voulez-vous? Le passage est: « Les acteurs de l’opposition devraient agir en se laissant guider par le réalisme politique du moment. Certaines de leurs revendications initiales ne sont plus réalistes et devraient être rayées de l’agenda du dialogue en cours et penser surtout aux prochaines élections en 2020 déjà à nos portes. »

    • AM Kana

      Petit à petit les Burundais apprendront à se battre avec des idées et non avec de bâtons de baseball, des machettes ou des grenades. On ne doit pas penser de la même manière. On peut avoir des idées différentes de celles de notre mère, frère ou autre parente ; devenons-nous des ennemis pour autant ? NON. C’est pareil pour tout ce monde avec qui nous sommes « OBLIGES » de travailler, de rencontrer dans le couloir, sur la rue….et « négocier » tous les jours, dans le RESPECT.
      Cela est aussi valable en politique. Dans les mêmes conditions, les concurrents devraient avoir les mêmes chances. Sauf que, sous tous les cieux, les conditions ne seront jamais égales. Cela frustre certains acteurs et les pousse à réagir maladroitement. Certains abandonnent ou se révoltent. Malheureusement ni l’une ou l’autre de ces options n’est profitable. Dans toute compétition, il y aura toujours un gagnant et un perdant. Il faut toujours savoir gagner ou perdre, avec classe.
      Bravo, Antoine, tu restes calme et réaliste malgré les circonstances. J’espère que certains burundais devraient s’inspirer de ton exemple pour comprendre que ce ne sont pas les injures ou les colères qui les règlent les conflits mais plutôt la politesse et la considération de l’autre, en tant qu’être humain.

    • Jean Bigirimana.

      Bravo

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