Médias

L’Association des Femmes Journalistes du Burundi prime quatre journalistes, dont un d’Iwacu

L’AFJO décernait ce jeudi 12 décembre, à Bujumbura, le Prix Genre et Médias, édition 2013. C’est Mme Elyse Ngabire du Groupe de Presse Iwacu qui a remporté ce prix. D’autres lauréats : Caritas Butoyi de l’Agence Burundaise de presse, Ernest Pablo Baryuwayo de la Radio Isanganiro et Aline Dusabe de Bonesha FM.

La journaliste Elyse Ngabire du Groupe de Presse Iwacu gagnante du   Prix Genre et Médias, édition 2013 ©Iwacu

La journaliste Elyse Ngabire du Groupe de Presse Iwacu gagnante du Prix Genre et Médias, édition 2013 ©Iwacu

C’était une occasion de rappeler le rôle important de la femme rurale dans le développement du pays. Daniella Niteka, secrétaire général de l’AFJO donne les raisons du thème « Femmes rurales, pilier du développement et de la paix » dans cette compétition.
Elle signale que divers rapports et études montrent que la femme rurale est mal présentée ou sous présentée par les médias. Elle se réfère au rapport du Projet de monitoring mondial des médias de 2010. Et selon une étude commanditée par cette organisation sur l’intervention des femmes dans les médias, 46% proviennent de la Mairie de Bujumbura.

La même étude a montré que les voix des femmes rurales ne sont pas suffisamment promues par les médias. « Or, la femme rurale est le pilier du développement. Elle est beaucoup plus active dans le secteur de l’agriculture et intervient dans tous les secteurs de la vie socio-économique du monde rural », précise-t-elle.

Une idée soutenue par la ministre en charge de la communication, Léocadie Nihazi « (…) on sait que la femme rurale se lève tôt et se couche tard. La femme rurale est une force tranquille sur laquelle gravite la vie nationale ».
Cependant, déplore-t-elle, la majorité des médias n’en parlent pas ou en parlent peu et mal. Selon lui, la femme rurale est présente par certains médias comme un être inférieur, vulnérable et victime de toute forme de violence.

Une lueur d’espoir : Mme la ministre indique que la réception de ce prix est un témoignage éloquent que certains médias ont déjà pris en compte la dimension genre dans la collecte, le traitement et la diffusion de l’information. Et de lancer un appel : « Les responsables des médias doivent privilégier l’équité hommes et femmes dans leur vécu professionnel ».

Les femmes, victimes des inégalités sociales

Au nom de l’ONU Femmes, Jérémie Delage, le représentant signale que dans les zones rurales, les femmes sont confrontées à des disparités et obstacles multiformes. Il rappelle qu’une personne sur quatre dans le monde est une femme ou une fille rurale.
Malgré leur travail de longues heures, les salaires restent réduits alors qu’elles produisent une large part des cultures vivrières notamment dans le cas de l’agriculture de subsistance. Elles sont confrontées aux pires inégalités au niveau de l’accès aux services sociaux et vitaux : « Le crédit, les intrants, la vulgarisation du savoir, la formation, l’éducation, la santé, la participation aux décisions, l’accès aux terres ainsi qu’aux autres actifs productifs ».

Il précise que le fait d’assurer aux agricultrices un accès égal aux terres permettrait de réduire à 100 et 150.000.000 le nombre des personnes souffrant de la faim dans le monde.
Signalons que c’est à cette occasion que le Prix Genre et Médias, édition 2014 a été lancé sous le même thème.

  3   Vos commentaires
  1. Jamahaar

    « Et selon une étude commanditée par cette organisation sur l’intervention des femmes dans les médias, 46% proviennent de la Mairie de Bujumbura! »Et alors?Le progres et le developpement dans le monde entier commencent toujours par la capitale et sa banlieue et s’etendent progressivement aux autres centres secondaires du pays en suivant les voies de communication et l’amelioration de l’habitat dans des villages approvisionnes en eau courante et l’electricite pour l’eclairage et pour faciliter les connexions aux technologies modernes:les publications ecrites,la radio, la telesivion et tres recemment l’Internet.La mairie de Bujumbura occupe ainsi une position privilegiee de part son histoire en tant que le centre du pouvoir, siege du gouvernement et d’autres institutions socio-pilitiques nationales et internationales sources et faiseurs d’information que les medias collectent et diffusent a l’intention de leurs auditeurs/telespectateurs et lecteurs.Le slogan maintes fois entendu que « la femme rurale est le pilier du développement. » est une assertion proche du mensonge, du moins trompeuse.Comment alors expliquer les flux migratoires, des masses de populations quittant la campagne pour s’installer en ville et grossir les rangs des chomeurs et sans abris?C’est qu’ils considerent que le milieu rural avec sa reine ouvriere ne sont pas a mesure de satisfaire a leurs besoins d’une vie decente; d’ou l’exode rural provoquant un depleuplement de l’arriere-pays.Sans vouloir nier la contribution de la femme rurale, il serait aberrant et errone de l’idealiser et pratiquement impossible de la placer au centre des activites mediatiques parce que souvent il se passe pratiquement rien autour dans et autour du biotope des rugos et des collines verdoyantes de la femme rurale.De la platitude en somme.Ce qui explique peut-etre le desinteret des medias qui ne s’y rendent qu’a de grandes occasions pour couvrir une visite du chef de l’Etat ou lors des echeances electorales qui ne se reproduient qu’une fois les cinq ans.

  2. Erika

    Bravo à Elyse Ngabire!
    Très bonne continuation Miss!
    J’en profite pour te dire que j’ai adoré ton émission sur les droits des femmes au Burundi (vidéo sur YouTube); continue à intérroger le statu quo, donner la parole aux gens et, surtout, à nous inspirer.
    Cela me plaît énormément de te voir décernée ce prix Elyse.
    Bien à toi,

  3. kibwa

    Toutes mes félicitations Madame et vas de l’avant.
    J’en profite pour demander à Kaburahe Antoine(je suis trèsb sérieux) et à tous les autres journalistes de lire la livraison de Net press du 13/12/2013 et de chercher, pour la prochaine fois, à organiser des formations à l’intention des organes de presse qui désirent publier en français. Je vous jure que j’ai honte, non pas parceque le Mr ou la dame n’a jamais appris le français, mais que Net press, laisse passer un texte pareil alors que l’organe existe depuis plus de 15 ans. None basubira inyuma nk’ibirenge!!!!
    Kibwa

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