Samedi 20 juillet 2024

Politique

Université du Burundi : 21 ans après, les familles des victimes attendent la vérité

Pour Aloys Batungwanayo, « il n’y aura jamais de paix tant que les loups et les moutons sont mélangés. »
Pour Aloys Batungwanayo, « il n’y aura jamais de paix tant que les loups et les moutons sont mélangés. »

« L’association pour la Mémoire et la protection de l’humanité contre les crimes internationaux (Ampeci Gira Ubuntu) demande de faire la lumière sur les massacres du 11 juin 1995 et autres qui ont eu lieu au sein de cette institution. Et ce afin de punir les auteurs et d’accorder une réparation juste aux familles éprouvées », a déclaré Aloys Batungwanayo, président de cette organisation, lors d’un café de presse, ce vendredi 10 juin, à Bujumbura. Il appelle la CVR à ne pas passer sous silence les tueries dans les écoles et à l’Université du Burundi.

D’après lui, la journée du 11 juin de chaque année doit être dédiée aux étudiants tués en 1995. « Un mémorial en leur honneur est une nécessité», a-t-il suggéré. « Un lieu où on trouvera leurs photos, des recherches faites sur ces massacres, etc.» M. Batungwanayo estime, par ailleurs, que cela lèvera les équivoques sur le nombre d’étudiants tués. En effet, a-t-il fait remarquer, certaines sources parlent d’une cinquantaine de personnes tandis que d’autres évoquent des centaines.

Aux parents des victimes, l’Ampeci demande de garder espoir car une commission chargée de ce travail est déjà opérationnelle. Cette organisation s’engage, par ailleurs, à collaborer avec la CVR dans cette lourde tâche.

L’Ampeci a déjà débuté des enquêtes pour savoir le nombre exact des tués et l’identification des fosses communes où seraient enterrées les victimes des différentes tragédies qu’a connues le pays. Par exemple, lors de ce café de presse, son président a révélé que 3000 fosses communes sont déjà répertoriées au niveau national.

Interrogé sur la nécessité d’instauration une journée nationale de commémoration, Aloys Batungwanayo a répondu que cette question se trouve au niveau des institutions. Il a ainsi réaffirmé que son organisation plaide pour toutes les victimes, toutes ethnies confondues. Par ailleurs, il a signalé que sept associations de victimes (Hutu& Tutsi) ont déjà institué provisoirement la journée du 15 décembre comme une journée de commémoration commune. Elles ont mis en place le Centre d’appui pour les associations des victimes (CARAVI).

Aux responsables des écoles lors de ces tueries, il leur recommande de demander pardon aux parents et de contribuer efficacement à la recherche de la vérité.

Malgré le contexte actuel, Aloys Batungwanayo, président de l’Ampeci, estime que la vérité finira par éclater au grand jour. « Il n’y aura jamais de paix dans le pays tant que les loups et les moutons sont mélangés », explique-t-il.

Dans le cadre de la commémoration du 21ème anniversaire du massacre des étudiants à l’Université du Burundi, différentes activités, dont une messe au campus Mutanga à 12h, sont organisées par l’Ampeci, en collaboration avec les autorités rectorales.

CVR

Forum des lecteurs d'Iwacu

10 réactions
  1. Ndaba Mark

    Je demande seulement le numero de telephone ou le code e mail de Aloys Batungwanayo

  2. Ntahitangiye

    Monsieur Omar DJUMA,
    Vous dites :  » C’est devenu une habitude au Burundi, dès qu’on parle des massacres commis contre une ethnie, l’autre ethnie brandit les massacres contre son ethnie. Ce qui explique à mon avis que vous etes tous coupable, vous etes tous des genocidaires, tous des assassins aussi tous des victimes de votre propre folie. »

    Je trouve votre avis ou votre raisonnement très juste. Si tu dis à quelqu’un que voici la liste des mieux que tu as tués et que lui aussi te sort la liste des siens que tu as tués, il vous reste à vous deux de vous asseoir et voir avec honte comment cette folie a pu entrer en vous.
    IL FAUT ABANDONNER CETTE FOLIE !!!!!!!

  3. BURKA

    M. Batungwanayo ne veut pas la vérité, il roule pour le pouvoir. Ne perdez pas votre temps à lui faire de la publicité, cher Iwacu.

  4. Salmia Irikungoma

    Mbe none, ko umupanga ugihirikiye ku mazosi y’abarundi, gushika n’uyu munsi nyene muriko muravuga ivyo ! Ayo ma reconciliations avugwa, agire akore entre qui et qui. Abicanyi bababwiye yuko bahejeje guhonya abarundi. Ivyo bizovugwa umunsi abicanyi bahejeje kwica, nayo ubu ntiharagera. Igisharara co kwica kiracari cose, ni muvuge make.!!!!!!!!!!!!! Ubu naho baca bambikwa ibidare, muvuga iki ?

  5. Ngendanganya

    il y a des gens qui pensent uniquement à leur ethnie. ouvrons nos yeux et nos coeurs aux autres. Combien d’élèves (sans parler de la population burundaise) ont été tués dans les écoles à cause de leur ethnie depuis 1993 quand les hutu disaient qu’ils étaient en train de venger leur président? Et la situation d’aujourd’hui? combien des jeunes, étudiants, élèves, simples citoyens qui périssent à cause de leur appartenance ethnique? soyons réalistes et humains quand même?

    • Abi

      Tu es en train de faire mieux que les autres sans doute!

    • Murundi

      Mr(Mme) Ngendanganya, malheureusement vous aussi implicitement, pensez profondement et uniquement à votre éthnie. Puis-je vous encourager à éprouver l’orgueil de votre appartenance ethnique à l’interieur de la communauté burundaise(HUTU-TUTSI- BATWA), cette TRINITE et PERFECTION qui suscite la jalousie au fond du coeur de quelqu’un?

    • OMAR DJUMA

      @ Ngendanganya…

      Je pense que tu es hors sujet le titre c’est: Université du Burundi : 21 ans après, les familles des victimes attendent la vérité.
      Ici il n’est pas question des écoles ni meme des autres Université, il s’agit de l’Université du Burundi et de ce qui s’est passé il y a 21 ans. C’est devenu une habitude au Burundi, dès qu’on parle des massacres commis contre une ethnie, l’autre ethnie brandit les massacres contre son ethnie. Ce qui explique à mon avis que vous etes tous coupable, vous etes tous des genocidaires, tous des assassins aussi tous des victimes de votre propre folie.
      Le fait de vous rejouir ou meme de ne pas avoir le minimum d’empathie pour les gens qui ont perdu les leur, vous rend coupable aussi; j’etais au Burundi dans les evenements du 1993, j’ai vu des hutus content car on venais de massacré des Tutsis, J’ai aussi vu des Tutsis content du meme sort pour les hutus.
      Je pense que votre CVR doit vous dire la verité. La verité est que vous etes tous coupables, il faut juste vous reconcilier. Si tu veux avoir la preuve regarde juste les personnes qui sont parties à ARUSHA II, ce sont tous des assassins. Ils ont participé de pres ou de loin dans tous les malheurs qu’a connu le BURUNDI. C’est domage de penser que l’un deux peut vous ramener la paix et la cohesion sociale.

  6. Ntahitangiye

    Juste une question à nous tous:

    Déjà 3000 fosses communes = une fosse commune pour 9 km² .
    Voulons-nous encore continuer à transformer le Burundi en un cimetière ?

    • BURKA

      heeeeheeee, on va aller jusqu’au moindre m2. Il suffit de regarder ce que les DD font maintenant. Des toilettes publiques qui cachent mal les vraies intentions.

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