Opinions

Une Propagande et un Agenda… Le pardon au Burundi !

24/11/2014 La Rédaction 21

Par Selim Mawad – Analyste

SelimDeux acteurs influents véhiculent une propagande favorable au pardon dans le cadre du traitement des crimes du passé commis au Burundi. Le gouvernement le justifie comme une mesure sine qua non pour éviter la déstabilisation du pays, et l’Eglise Catholique le considère comme une finalité d’un processus qui doit sauver le cœur des hommes. Les deux acteurs possèdent une machine de propagande gigantesque et s’appuient sur la loi CVR comme agenda pour leurs campagnes.

En latin la « propaganda » est l’adjectif verbal de « propagare » qui signifie « ce qui doit être propagé » et « agenda » ce « qui doit être fait ».

Ce n’est pas la première fois, dans l’histoire de l’Eglise catholique que la propagande est certainement utilisée comme moyen de mobiliser et d’endoctriner la masse. En 1622, le pape Grégoire XV créa la « Congrégation de Propaganda Fide », congrégation pour la propagation de la foi, afin d’évangéliser les pays non-chrétiens.

En 2014, l’Eglise catholique au Burundi tente d’instaurer une sorte de Congregatio de Propaganda Venia, « Venia » étant le pardon en latin, à travers le communiqué de la Conférence des Evêques catholiques du Burundi du 4 septembre 2014, qui demande aux Burundais de pardonner leurs offenseurs. Cinq pages s’appuyant exclusivement sur des citations de l’Evangile indiquant aux fidèles l’obligation de pardonner et mettant en avant toute forme de « justice libératrice », sauf celle qui est de nature punitive.

« Pour nous, Vos pasteurs, nous ne voudrions pas entrer dans ce débat », article 17 du communiqué, qui montre à quel point l’Eglise Catholique choisit de ne pas soutenir la réponse aux besoins de ses quelques fidèles aspirant à la justice punitive. En effet, selon les Consultations nationales de 2009, il existe au Burundi une majorité de survivants qui sont favorables à la justice punitive.

Le message est clair du début à la fin du communiqué : « pardonnez-vous mutuellement… Eph.4, 32 », avec la conditionnalité qui s’impose vers la fin « si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. Mat.5, 20 ». La Bible nous confirme que « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu » (Jean 1 : 1-5). Le survivant burundais, et notamment celui qui s’oppose au pardon absolu, est-il destiné à attendre le retour des pharisiens pour que la justice punitive soit rendue pour les crimes du passé et ceux d’aujourd’hui ? Et doit-il accepter sans critique la parole divine qui lui est transmise par son Eglise, ainsi que l’agenda imposé par son gouvernement – une CVR acquise au pardon?

L’Accord d’Arusha de 2000, pratiquement loué au Burundi et qui promeut les poursuites judiciaires, et les Consultations nationales de 2009, considérées comme infaillibles en termes de promotion de la justice punitive notamment, répondent-ils aux besoins du même citoyen de 2000 et de 2009, à qui le pardon s’impose en 2014 ?

Sinon, il semble que ces deux documents sont déclarés morts avec une remarquable précocité! A quand la levée de deuil définitive ?

CVR

Forum des lecteurs d'Iwacu

21 réactions
  1. Mutima

    Correction :

    Je voulais dire que […] l’Église catholique fait et a toujours fait la promotion d’un “pardon spirituel” […]

  2. Mutima

    M. Mawad,

    Si votre compréhension du pardon est basée sur le “pardon spirtuel” et non sur le “pardon juridique”, pourquoi alors voys en êtes-vous pris à l’Église catholique? Elle fait et s toujours fait la promotion d’un “pardon juridique” il me semble! Vous dites qu’elle est en train de faire de la propagande pour un agenda du gouvernement en place…

    Et pour ce qui est sorti des consultations du comité tripartite, je vais exposer la situation autrement…

    Il y a parmi les victimes, ceux qui souhaitent que Buyoya soit traduit en justice, ou à tout le moins qu’il soit interrogé… Est-ce vraiment une bonne chose à faire?… Faites-le et vous aurez réussi à faire voler en éclat l’unité qu’on observe au sein de l’armée burundaise!…

    Autre exemple, si vous faites des consultations aux sujet des (dés)équilibres ethniques dans le partage des pouvoirs, je peux vous assurer que la majorité de ces gens souhaiteraient qu’on abolisse crla!… Mais est-ce une bonne chose à faire?

    Cette majorié de victimes consultées voudraient que ceux qui ont assassinés et persécutés les leurs (des victimes) soient traduit en justice!… Mais seulement voilà, pour cette majorité de victimes-là, les preuves n’existent plus pour accuser, juger et éventuellement condamner leurs bourreaux! Et si on fait ce qu’ils demandent, on ne fera q’aggraver le désaroi et la colère… de cette majorité!

    Il y a des “bonnes” choses que la majorité souhaite… Certaines sont applicables, d’autres le sont moins, et d’autres pourraient carrément avoir des conséquences catastrophiques. Il ne faut pas tenter le diable, même en pensant bien faire!

    Comprendra qui comprendra!… Ou qui voudra comprendre!

  3. Selim Mawad

    Cher Monsieur Muzungu,
    Et chers lecteurs,

    Si jamais j’ai cité les consultations nationales de 2009, c’est parce que la majorité des acteurs, internationaux et nationaux, reviennent sur ce rapport qui est devenu comme instrument de chantage ou plutôt un symbole pour ceux qui clament la justice punitive.

    Je suis à cent pour cent d’accords avec votre argument sur les problèmes empiriques et académiques au niveau de la méthodologie de recherche qui était adoptée pour les consultations nationales. J’ai souvent demandé à mes collègues Burundais et internationaux, inclue Dr. Stef Ingelaere, de revoir les consultations nationales afin de les démystifiées.

    Malheureusement et peut être légitimement, la société civile Burundaise et quelques acteurs internationaux, surtout les Nations Unies qui ont appuyées ce processus de consultation, considères ce document comme étant, et après les Accords d’Arusha, le seul engagement tripartite qui gage le gouvernent Burundais quant à la mise en place des mécanismes de justice transitionnelle surtout la dimension juridique.

    Apres le vote de la loi CVR, j’ai souvent proposé, et cyniquement, aux Nations Unies de demander au gouvernement Burundais un remboursement d’une somme de plus de deux millions de dollars dépensée pour la conduite des consultations nationales. Surtout que le gouvernement n’a pas respecté plusieurs points mentionnés dans les consultations comme 1- une commission hybride, 2- sélection des commissaires tout en excluant ou réduisant la représentation des factions et partis politiques, 3- la référence à la dimension juridique qui suivra la CVR…. Etc…

    Sur un autre point, et tout en admettant que j’ai pas le droit de parler au nom des Burundais, et après quatre ans de travail sur le traitement du passé au Burundi, je confirme que la population est divisée sur la finalité de ce processus entre « octroi du pardon » et « justice punitive » pour plusieurs raisons que je développerais dans un autre article.

    Cependant, il existe au Burundi des centaines de citoyens, victimes et survivants, que j’ai rencontré sur le territoire Burundais, et qui clament la justice punitive. Je ne prétends pas parler au nom de toute la population et c’est pour cela que j’étais trop spécifique dans mon article en disant : « Le survivant burundais, et notamment celui qui s’oppose au pardon absolu, est-il destiné à attendre le retour des pharisiens pour que la justice punitive soit rendue pour les crimes du passé et ceux d’aujourd’hui ? »

    Je pense qu’il faut pas nier le droit des citoyens, peut importe leurs nombres, à la justice punitive autrement l’Etat de Droit serai destiné à l’échec. Il existe des théories et des pratiques qui démontrent la corrélation entre le traitement du passé et l’établissement d’un Etat de Droit.

    Un dernier point pour ceux qui étaient gênés par mon analyse du rôle de l’église catholique et l’octroi du pardon, et surtout à celui qui a cité le Pape Jean-Paul II, je rappel que le Pape a pardonner celui qui a tenté de l’assassiné mais il n’a jamais demandé aux autorités de lui gracier et l’amnistier. Ma compréhension du pardon est basée sur la distinction entre le « pardon spirituel » et celui qui est « juridique ». Chaque personne a le droit de pardonner et chaque personne a le droit de clamer la justice punitive ou autre. Si touts les criminels devront être pardonnés, donc faut-il pas abolir les institutions étatiques relative à la justice ? Ou, faut-il revenir sur l’inquisition pour que cette justice soit faite ?

    Cordialement,
    Selim Mawad

  4. Cher bien-aimé Selim,
    Merci de m’avoir demandé de faire des recherches sur votre personne.
    J’ai constaté que vous êtes au Burundi pour l’ Impunity Watch en tant que Coordinateur. J’ai vu aussi que vous êtes le directeur fondateur de l’ ASHOKA une ONG pour soutenir la démocratie.
    Ici je ne mentionne pas votre expérience internationale dans la lutte contre l’impunité et les diplômes et qualifications que vous avez. Bref vous avez un profil internationale.

    Mais, excusez-moi, vos origines, vos diplômes et qualifications, vos expériences au Etats-Unis, votre profile international…, tout cela ne m’intéresse pas et je suis sûr que le Burundi et les Burundais n’ont pas besoin de ça. Ça c’est pour toi et garde pour toi s.v.p. Le Burundi et les Burundais ont besoins de tes actes mais pas de ton statut. Ça veut dire que je reste là où j’étais dans mon commentaire précédente.
    Quand vous mettez en garde les Burundais que vous avez découvert que l’Eglise Catholique travaille ensemble avec le gouvernement pour saboter la mise en place de la CVR ou du tribunal pour juger les criminelles, vous devez être à mesure de dire pourquoi et à quel prix cette Eglise le fasse. Si non vous mentez.

    Permettez-moi de le dire comme je l’entend : «C’est une honte pour vous de me renvoyer de consulter votre CV quand je vous demande de me dire les avantages que l’Eglise Catholique aura, si ceux qui ont tué Mgr Ruhuna, MGr Courtiney, les séminaristes de Buta, les sœurs Italiens, autres religieux et des milliers de Burundais ne sont pas connus et punis». Vous publiez un article et quand on vous pose des questions là dessus, au lieu de répondre, vous fuyez derrière votre CV. Pourquoi ?

    Cher frère Salim, de grâce, je vous demande de mettre de côté ves honneurs, votre statut, vos expériences, vos diplômes et qualifications afin d’éclairer les Burundais sur les motivations et les avantages de l’Eglise Catholique dans cette propagande.
    Je ne nie pas ni ne dénigre votre qualification et profil international, mais pour répondre à cette question on a pas besoin d’avoir effectué des hautes études ou d’avoir un profil international. Même un ignorant peu y répondre «N’umwana yo ruca.»

    Rupande

  5. muzungu

    cher mr Mawad
    Citant les consultations nationales de 2009, vous semblez supposer qu’il y au sein de la population Burundaise une majorité en faveur d’une justice transitionnelle avec un volet punitif. Je croix que c’est une hypothèse contentieuse. Ça serait trop arrogant de moi de me présenter comme quelqu’un qui représente la voix des barundi, mais quand même je dois attester ceci: lors de mes centaines d’heures de conversation ces dernières années avec des burundaises et burundais, jeunes et moins jeunes, sur les collines et et en ville, hutu et tutsi, intellectuels et ‘simple paysan’, partisan et non partisan… je n’ai pas eu l’impression qu’il y a une grande volonté ou besoin dans ce sens.
    Au contraire, la plupart des gens qui ont partagé avec moi leur expérience de guerre et leurs aspirations, espoirs, attentes et peurs actuelles, semblent préférer de ne pas traiter le passé d’une telle façon, et surtout pas dans la phase actuelle, où le paysage socio-politique après guerre semble en pleine transformation.
    Cette impression est confirmé dans plusieures recherches anthropologiques et autres. (Pour un bon aperçu: voir Ingelaere & Kohlhagen: Situating Social Imaginaries in Transitional Justice: The Bushingantahe in Burundi, p.53 (note 56)
    (https://lirias.kuleuven.be/bitstream/123456789/461886/1/Situating+Social+Imaginaries+Bushingantahe+Burundi+Ingelaere+Kohlhagen+FINAL+FEB+2012.pdf)

    Concernant la consultation nationale, ces auteurs soulèvent des problèmes fondamentaux: “Les Consultations Nationales sur la Mise en Place des Mecanismes du Justice de Transition au Burundi,
    Rapport (April 2010). There are several methodological problems with this consultation, mainly the fact that no fundamental questions were asked, such as whether people are in favor of a transitional justice process and what kind of process. The population could mainly voice its opinions on technical issues regarding the implementation of the mechanisms already scheduled to be implemented.”

    Alors, dans le cas des déclarations de l’église catholique et le gouvernement que vous évoquez dans votre contribution, est-ce qu’il s’agit du ‘propaganda’? Peut-être, mais pas moins que dans le cas de ces organisations nationales et internationales qui plaident pour l’exécution des mesures qui ne sont pas nécessairement le souhait de la majorité des burundais .

  6. Mutima

    L’Église prêche et ne force pas! Seuls les individus sont maîtres de leurs actes! Mais je peut vous assurer que parmi les prêtres ou autres croyants catholiques qui ont sauvé des vies en mettant parfois la leur en danger, certains l’ont fait grâce à leur foi en Dieu et aux enseignements reçus de l’Église.

    Et pour moi, même s’il n’y avait eu qu’une seule vie sauvé grâce à ces enseignements, cela me suffirait pour dire qu’on a besoin que cette Église continue sa “propagande” de paix et de pardon!

    Ce qui me dérange, c’est que l’auteur veuille s’en prendre à l’Église catholique en la taxant de promouvoir l’impunité parce qu’elle diffuse des messages de pardon!… Comme s’il voulait que cette même Église continue de se taire alors que justement la majoroté d’entre nous l’accusons de n’avoir rien fait auparavant!

    Il n’est jamais trop tard pour bien faire!… Euh!… Je crois!…

  7. Selim Mawad

    Cher Monsieur Rupande,

    Je vous conseille cher Monsieur, et quand vous êtes devant votre ordinateur, d’ouvrir une autre fenêtre sur Internet et taper mon nom : « Selim Mawad ».

    On ne sait jamais comment cette nouvelle fenêtre, et avec le résultat de recherche que vous aurez, pourrait vous ouvrir d’autres fenêtres sur de nouveaux horizons.

    Attention cher Monsieur, je vous garantis la déception après cette recherche rudimentaire vu votre conviction fébrile d’une certaine complicité fictive entre moi le soit disant Burundais et le journal IWACU.

    Au plaisir de lire votre réaction par la suite !

    Par la même occasion, je tiens à renouveler l’expression de mon respect envers IWACU et son équipe bienveillante quant à la liberté d’expression et surtout la représentation de la multiplicité des opinions à travers ses pages.

    Pour le reste sur la complicité avec le journal, je suis sûr que Monsieur Antoine Kaburahe est mieux placé pour éclairer les lecteurs.

    Bien à vous,

    Selim Mawad

  8. Rupande

    J’ai l’impression que cet individu que IWACU et Kabura nous présente Selim Mawad est un loup dans la peau de l’agneau. Il y a deux semaines, IWACU a publié une article honteux dans laquelle ce même Salim Mawad tentait de nous faire croire que les exploiteurs occidentaux de notre pays et les exploités sont tous égaux.
    Après une agitation, Kaburahe et Selim Mawad sont venu pour s’excuser que cette analyse n’était pas d’IWACU que IWACU a fait une erreur.
    Voilà encore une fois que le même Selim Mawad en complicité avec Kaburahe publie encore une analyse dans laquelle il accuse l’Eglise Catholique comme quoi elle est entrain d’empêcher que les criminelles Burundais soient jugées.

    Selim Mawad dans l’aile de Kaburahe dénonce une propagande Catholique pour forcer les Burundais à se pardonner. Nous connaissons qu’en matière de propagande, celui qui propage en tire profit. Alors si l’Eglise catholique fait une propagande contre la CVR et la Justice comme Selim Mawad le démontre, j’aimerai savoir de sa part ce que l’ Eglise Catholique gagnera si le CVR et la justice ne sont pas mis en place ou perdra si les criminelles sont puni.
    L’analyse de Selim Mawad montre clairement que ce monsieur a un problème avec l’Eglise Catholique et il chercher à tout prix à régler ses comptes ou se venger comme le loup avec l’agneau.
    Monsieur Selim Mawad doit savoir que l’Eglise Catholique a intérêt que les criminelles soient puni et la CVR et la justice soient mises en place, parce qu’ elle saura au moins qui a tué Mgr Ruhana, Mgr Michael Courtiney, les sœurs Italiens, etc.
    Mais, la justice, CVR, punir les criminelles et ainsi de suite, ne peuvent pas se substituer au pardon.
    Que vous le veilliez ou pas, le pardon est le seul moyen de vaincre le mal et de donner la paix au victimes, peut importe qu’il vienne avant ou après la justice.

    Certains Burundais comme Selim Mawad ont une mauvaise conception que pardonner les criminelles est synonyme de les blanchir. Mais ils doivent savoir une chose : «La justice ou la CVR n’ont rien à voir avec le pardon. Le pardon est indépendant de la justice et ne peut pas influencer la justice. Ça veut dire que pardonner celui qui a tuer ton frère n’empêche pas que demain la justice le mette en prison.»

    Que Selim Mawad règle ses comptes avec l’Eglise catholique autrement mes ne l’accuse qu’elle le force de pardonner. Pardonner n’est pas premièrement dans l’avantage de l’ Eglise catholique, mais dans l’avantage de Selim Mawad.

  9. L’Église catholique à laquelle j’appartiens a toujours prêché le pardon, mais le pardon qu’elle prêche n’est pas inconditionnelle.
    Pour pardonner il faut connaître d’abord celui que vous pardonnez et celui-ci doit montrer un signe de repentance. C’est ainsi que le prêtre pardonne au nom du Christ le chrétien qui demande la pénitence. Le premier geste est posé par le chrétien pécheur en se présentant chez le prêtre pour citer les pêchés commises et demander pardon, le prêtre lui accorde ensuite le pardon. Pourquoi alors l’Église ne demande pas à ceux qui ont commis des crimes au cours des massacres qui ont eu lieu au Burundi cette repentance qui à mon avis constitue un premier pas vers le pardon et la réconciliation?

  10. hat

    Mr Mutima, s ils avaient enseigné la paix et le pardon il n’y aurait pas eu deux génocides. En réalité ils ont prêché autre chose. Sont ils satisfaits de leurs comportements en 1972? Sont ils fiers de leurs actions en 1993? Vont ils agir de la sorte à jamais? Ntirumveko?

  11. Mutima

    Le débat ne concerne pas ce que les hommes ou les femmes d’Églises, qu’elles soient catholique, protestantes, … ont fait. Il concerne la paix et le pardon! Est-ce que c’est bien de pardonner? Est-ce que c’est bien de vivre en paix? Est-ce que c’est bien d’enseigner le pardon et la paix, peu importe qui les enseigne?

    Partout ou il y a eu des guerres, il y avait des croyants… Certaines guerres ont même étaient déclenchées pour soit l’expansion de la religion, soit pour contrer l’expansion d’une autre. Il n’y a qu’à penser aux croisades ou au Jihad! Mais je peux vous assurer que ces guerres ne se sont pas fait au nom de la paix ou du pardon! Ou peut-être que si!

    Une autre remarque anecdotique à retenir : partout où vous rencontrerez un agent ou un gardien de la paix, vous verrez ou devinerez une arme à côté de lui!

    La plupart des gens qui ont tué l’ont sûrement fait avec la conviction qu’ils étaient en train d’éliminer une menace à leur paix!… Si vous le voyez dans ce sens, autant alors dire qu’il n’ont aucune raison de demander pardon puisque leurs actions étaient légitimes et justifiées!

    Quand on fait un mal, il faut le reconnaître avant même de penser à demander son pardon… Et même si les victimes choisissent de pardonner, la justice, elle doit s’appliquer. Mais cela ne veut pas dire que le pardon n’est pas souhaitable. Parce que si la victime ne pardonne pas, et cela même si son bourreau croupit en prison, elle (la victime) voudra toujours se venger en s’en prenant peut-être à la famille du bourreau. Et le cycle va recommencer!…

    Pardonner ne veut pas nécessairement dire faire la paix avec son ennemi, mais c’est surtout choisir de vivre en paix avec soi-même.

    Si comme vous le dites il y a des personnes d’Églises qui ont pris part aux massacres (j’en connais aussi), il y a en a eu aussi qui ont sauvé des vies (j’en connais aussi). Mais il ne faudrait pas oublier qu’il y a eu également des victimes(j’en connais aussi).

    Il y a eu des prêtres, des pasteurs ou d’autres religieuses et religieux qui ont été tués, et d’autres qui ont perdu des membres de leurs familles! Ces gens-là sont des personnes qui ont des sentments et des émotions qui peuvent parfois prendre le dessus sur leur foi, comme pour chaque être humain!…

    La paix et le pardon valent la peine!… Mais la justice doit faire son travail! Commençons d’abord par savoir ce qui s’est passé (et non ce qui ne s’est pas passé qui aurait dû se passer ;)), la Vérité! Ensuite Réconcilions-nous et pardonnons si possibles, et enfin laissons la justice faire son travail le moment venu!

  12. phil

    je ne serais peut être pas apte de le démontrer avec des faits aussi fort que mes convictions, mais je suis de ceux qui croient que ces dite eglises de Dieu sont très malefique pour mon pays et même l’afrique en general.Que l’un des pasteur m’explique comment le genocide et possible parmi et entre ceux qui vont le dimenche à la même eglise? je vais et d’ailleur jusqu’à croire que s’ il n y avait pas ce reseaux autour de je ne sais quoi (evengile)les africains seraient occupé à faire mieux que d’atendre cette manne qu ‘on les promet tout les dimanches par ceux qui n’y croient pas eux même! merci c mon opinion et Gloire à Dieu!

  13. Jean-Pierre

    Ici nos points de vue se rapprochent, sauf qu’une CVR imposée n’aura d’aucun effet. Il me semble opportun que si on ne prend pas les Burundais pour de grands enfants, on aurait simplement suivi ce qui est sorti des différentes consultations populaires et tout le monde ou presque est d’accord qu’il faut une réconciliation à condition qu’il y ait justice. A la question de savoir ce qu’il faut commencer, cela est clair. Ce n’est qu’après la justice qu’on peut identifier les criminels et s’ils demandent pardon, le leur accorder. Sinon ce serait tout simplement une amnistie pour des crimes de génocide qui ne sont ni pardonnables, ni prescriptibles. Concernant l’Eglise catholique, elle est l’image de notre société. Je ne crois pas au pardon qu’ils enseignent parce que c’est hypocrite. On a vu les prélats s’impliquer dans les tueries au Burundi mais cette église là n’a rien fait en tant qu’institution pour les mettre dehors. Et ça ne date pas d’hier parce qu’après la deuxième guerre mondiale, des milliers de nazis ont fui le tribunal de Nuremberg vers l’Amérique Latine en soutane.

  14. Mutima

    @Hat
    Seriez-vous en train d’insinuer que le fait que l’Église catholique ait enseigné la paix et le pardon fut la cause direct des deux génocides?

    Il faut savoir dissocier le message et son messager! La paix et le pardon valent la peine d’être enseignés, peu importe par qui!

    S’il y a des membres de cette Église qui ont pris part dans des crimes, qu’ils soient jugés et punis comme tout criminel! Mais ce n’est certainement pas l’Église catholique entière qui est responsable des crimes commis par certains de ses membres!

  15. Ndikumana Roger

    @NIZIGAMA,
    Je suis d’accord avec ta façon de voir les choses.

  16. I Nizigama

    Chers internautes,
    Il y a une chose qu’il convient de rappeler: l’enseignement de l’Église catholique s’est, au moins sur ce point précis, sensiblement éloigné de la Bible…Ainsi, l’on prêche à tout le monde de vivre l’Évangile avant même d’être converti à cet Évangile. Comme si tous les habitants d’un territoire desservi par une paroisse étaient tous des chrétiens, croyaient tous à l’Évangile, avaient tous la volonté de s’y soumettre. C’est là l’erreur monstrueuse qui a toujours eu des conséquences catastrophiques en temps de crises et de conflits. Un pays avec des statistiques astronomiques sur le taux de christianisation (presque 90% étant comptés parmi les chrétiens) a pu vivre un génocide: les citoyens s’entre-tuant sans aucun état d’âme. Si au moins 50% de ces 90% s’étaient levés comme un seul homme pour dire non à cette barbarie, le génocide n’aurait-il pas été arrêté? Où étaient donc partis tous ces chrétiens? En fait, il n’y en avait que très peu, peut-être moins de 10% sur les 90% enregistrés. On appelait ces 80% qui restent des chrétiens alors qu’ils ne s’étaient jamais réellement convertis à l’Évangile! La voix des seuls 10% n’a pas pu être entendue. Plusieurs d’entre eux furent par ailleurs martyrisés pour s’être opposés aux tueries.
    La parole citée : «Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonnés en Christ» (Éph. 4: 32) s’adresse d’abord aux Chrétiens convertis, pardonnés par Dieu en Christ. Elle s’adressait, historiquement, aux Chrétiens d’Éphèse, pas à tous les habitants d’Éphèse (appelés des païens). Il faut d’abord se convertir à l’Évangile, devenir bon envers les autres, compatissant envers les plus faibles, etc. pour pouvoir vivre pleinement la Parole du pardon.
    L’Église catholique ne doit pas donc continuer à jouer le rôle fustigé par Karl Marx: celui d’endormir le peuple, de l’hypnotiser (comme par l’opium) pour l’empêcher de réclamer une justice juste, sous prétexte qu’il doit vivre un pardon auquel la majorité des criminels qui le dépouillent de ses droits, de ses fils et de ses filles, de ses biens, ne croient absolument pas. La justice punitive doit s’appliquer là où la bonté, la bonne volonté, le sens du bien, ont disparu. Ceux qui n’ont commis aucun délit, qui se sont battus pour sauver des vies doivent être honorés, mis sur le piédestal, et non noyés dans la mêlée.
    Pour qu’ils soient pardonnés, les criminels doivent d’abord se convertir à la logique du bien, reconnaître l’erreur qu’ils sont commise en se convertissant au mal, en se faisant des instruments du Diable, reconnaître leurs torts et leurs crimes, et demander publiquement pardon. Les victimes peuvent pardonner, elles ne doivent pas pardonner!, tant qu’elles ne sont pas des croyants, des convertis à l’Évangile à qui s’applique la parole du Pardon (citée plus haut) et qui y croient, elles ont le droit de réclamer justice. La justice punitive et réparatrice ne peut pas être évacuée pour une société où le mal continue de sévir à des proportions inquiétantes. Ce serait, à mon sens, consacrer l’impunité et mettre en péril l’avenir de la société burundaise en tant que telle: celle-ci deviendrait une jungle où la loi du plus fort serait toujours la meilleure. Qui souhaiterait vivre dans une société pareille au 21ème siècle?

  17. hat

    Mr Mutima, vous dites que l eglise catholique a prêché la paix et le pardon. La résultante fut deux génocides 1972, 1993. Cette église pourrait nous expliquer ses manquements en 1972 et son action en 1993.

  18. Mutima

    @Jesn-Pierre

    Je n’ai nulle part dit qu’il ne fallait pas punir ceux qui ont commis des crimes. Et peut importe les proportions de chaque groupe ethnique dans la population, une victime, hutue ou tutsie, reste une victime.

    J’ai seulement parlé du problème de réconciliation. Vous admettrez avec moi qu’il sera difficile, quasiment même impossible, de réunir des preuves pour juger et condamner les exécutants et les commanditaires du génocide (oui c’est un génocide!) de 1972. C’est de même pour 1965 et 1969.

    Vous admettrez également que pour tout ce qui s’est passé depuis 1994, l’État de l’époque n’a documenté que ce que les hutus faisaient contre les tutsis. Pourtant les tutsis aussi faisaient la même chose contre les hutus et l’État, et surtout l’armée, les laissaient faire, si ce n’était pas eux qui le faisaient. Mais il reste quand même des témoins qui pourraient servir à identifier certains des duspects!

    Je comprends que chaque survivant veuille qu’on lui fasse justice dans les meilleurs délais et c’est de bonne augure! Mais il faut admettre que rendre justice ne veut pas nécessairement dire qu’on est en train de réconcilier des gens; réconcilier des gens non plus ne veut pas dire leur rendre justice!

    Alors on commence par quoi? Réconcilier et rendre justice par la suite, ou rendre justice et réconcilier par après? Idéalement et logiquement, la deuxième option serait la plus recommandable… Et j’en convient! Sauf qu’on se retrouverait en train d’appliquer une justice à sens unique, qui produirait des effets beaucoup plus dévastateurs que si on commençait par la première option.

    Mettre en colère la majorité de la population est justement l’une des principales causes de ce quiont déclenché le génocide (oui c’est un génocide!) de 1993 et la guerre civile qui a suivi les années d’après. Je ne crois pas qu’un responsable politique raisonnable voudrait s’avanturer sur ce chemain!

    C’est pourquoi la CVR est l’outil dont nous avons besoin, mais il nous faudra aussi une justice “punitive” par après. Cela pourra s’envisager seulement quand chaque Burundais aura compris que si on arrête son frère (ou sa soeur), ce n’est pas parce qu’il est hutu ou parce qu’il est tutsi, mais parce qu’il commis un crime! Pour l’instant, il y a des personnes qui ne comprendrons cela que quand ils auront su ce qui s’est passé au cours de ces sinistres événements. Mais quelqu’un peut avoir une vision différente! 😉

    Quant à l’implication des prélats dans ces événements, ils doivent être jugés comme les autres criminels. S’il y’en a que vous dénoncez, je pourrais aussi vous citer des noms de victimes qui appartenaient à l’Église, des hutus ou des tutsis, des soeurs, des frères, des prêtres, etc.

    Mais cela n’a rien à voir avec l’enseignement du pardon l’Église catholique ou les autres Églises dispensent! Elle enseignait le pardon avant, elle continue de le faire, et elle continuera. Cela ne fait pas de cet enseignement une propagande pour autant.

    Et vous savez quoi, après la visite du pape Jean-Paul II au Burundi, le Palipehutu a attaqué Bujumbura. Je crois, si ma mémoire ne me fait pas défaut, que l’Église catholique a aussi donné des message de paix et de pardon pendant les messes! Était-ce aussi de la propagande? Peut-être que oui, peut-être que non!

    Pourquoi serait-ce plus condamnable aujourd’hui qu’aux autres époques? Là se trouve LA question que je pose à l’auteur de cet article! Vous allez me dire qu’il n’était pas là à l’époque! Mais les personnes qui lui ont raconté l’histoire du Burundi, et qui certainement influencent ses écrits, étaient là! Cela transparaît!

    Je crois que peu importe la direction que prendra cette CVR et le Tribunal qui la suivra après, l’important est que ça ne nous ramène pas à re-commettre les mêmes erreurs! Et accepter qu’on nous impose une méthode qui risque de nous détruire plutôt que de nous grandir, serait consentir à prendre le chemin du suicide collectif… encore!

    Ni ukumenya gutandukanya icatsi n’ururo!

  19. Jean-Pierre

    @ Mutima.

    «Si on ne parvient pas à juger les bourreaux de la première catégorie (qui ont nettement fauché plus de vies), mais qu’on arrive à condamner ceux de la deuxième (qui ont fait relativement moins de victimes), de quelle sorte de réconciliation sera-t-elle?»

    Et si quelqu’un vous répondait que c’était proportionnel à la population, pensez-vous que se serait juste pour les Hutu qui ont perdu les leurs? En lisant votre analyse, je vois que vous êtes cultivé. Si vous ne faites pas partie de la deuxième catégorie, quelle pitié pouvez-vous avoir pour les gens qui ont éventré des femmes enceintes ou piler des bébé dans les mortiers juste parce que c’étaient des Tutsi? Il ne s’agit pas de nombre et humainement parlant, il faut que ceux qui ont commis des crimes en répondent personnellement. Qu’ils soient Hutu ou Tutsi. Ce n’étaient pas des enfants, et ils savaient très bien que verser le sang des innocents est inadmissible pour la société. Quant à affirmer sans rire que dans tous les cas ce sont les Hutu qui sont nombreux, laissez-moi vous faire cette exemple: Sur 100 Hutu, s’il meurent 15, il reste 85. Les Tutsi étant considérés comme 15% de la population, s’il meurent 15, il reste 0. Donc dans l’absolu, ce sera la fin du groupe social Tutsi. Je m’excuse pour ce comptage macabre, mais c’est pour vous traduire le sentiment que ressent la minorité quand elle perd ses membres. Le danger d’une CVR sans justice et qu’elle consacre l’impunité qui ne sert à personne. Vous pouvez me croire ou pas, je vous direz qu’à un moment donné tous les Tutsi avaient peur des sans échec parce qu’après les Hutu, ils ont commencé à tuer ceux qui ressemblaient aux Hutu en disant que hakwihenda wokwihekura. C’est cela l’esprit criminel. Côté Hutu, je vous laisse le soins de voir ce qu’il y a à l’intérieur. Enfin, il y a les instigateurs et les exécutants. Pour moi, il faut au moins un jugement symbolique contre les politiciens qui lavent le cerveau de la population en incitant les jeunes et les paysans à se massacrer entre pauvres qui partagent les mêmes misères. Autrement dit cette CVR n’a aucun sens d’autant plus que le pouvoir veut obliger les victimes à accorder le pardon à ceux qui ne le leur demandent pas. Il n’y a donc pas des choses à tenir compte, c’est la primauté du droit à la vie tout courts.

  20. J-PK

    M. Mawad

    Je suis d’accord avec votre analyse. J’ajouterais mon opinion que les deux acteurs ont de quoi se reprocher. Si le rôle du CNDD-FDD dans les massacres relativement récents (l’organisation date de 1994) est connu et amplement documenté, celui de l’église catholique du Burundi l’est beaucoup moins. Pourtant, l’implication DIRECTE des prélats et religieux(ses) aux massacres dans plusieurs paroisses du Burundi est un fait indéniable connu par de nombreux rescapés.
    Donc, cette église qui par ailleurs profite (comme ses consœurs protestantes) de la dépression générale qui frappe et qui pousse à la dévotion la majorité des gens, cette église n’a rien à gagner d’un véritable débat et encore moins d’une justice punitive.
    Alors, du “gratte-moi ton dos je te gratte le tien”, voilà ce que l’on risque de voir avec une CVR édulcoré et bonne pour les naïfs.

    Cordialement
    J-PK

  21. Mutima

    Des fois je lis des écrits de personnes à qui on a juste raconté l’histoire de notre pays et la conviction avec laquelle ils veulent nous impose leur vision de ce qu’est la justice me laisse perplexe.

    Est-ce que vous voulez nous donner un cours sur la thêologie, la religion, ou l’histoire?

    Pour les deux premiers, je vous suggère de rester uniquement sur le pardon! Parce que c’est ce que l’Église catholique a toujours enseigné et enseigner autre chose qui ne va pas dans ce sens m’aurait étonné et deçu, et serait surtout contraire à ce qu’elle nous a habitué! Dire qu’il s’agit d’une propagande, cela reste votre propre point de vue puisque cette même Église enseignait ce pardon avsnt même qu’on pense créer cette CVR! Si vous n’simez pas l’Église catholique et ses enseignement, gardez-le pour vous! Et même s’il arrivait que cette justice punitive soit incluse dans cette CVR, je douterait fort que l’Êglise arrête de prêcher le pardon entre ses fidèles! Même si ses pasteurs n’ont pas toujours été exemplaires!

    Donc de grâce, dissociez l’Église catholique (et toute autre Église) de votre agenda!

    Cela étant ditDes fois je lis des écrits de personnes à qui on a juste raconté l’histoire de notre pays et la conviction avec laquelle ils veulent nous imposer leur vision de ce qu’est la justice me laisse perplexe.

    Est-ce que vous voulez nous donner un cours sur la théologie, la religion, ou l’histoire?… ou sur le pardon!

    Pardonnez-moi, mais je vous suggère de rester uniquement sur le pardon! Parce que c’est ce que l’Église catholique a toujours enseigné et, enseigner autre chose qui ne va pas dans ce sens m’aurait étonné et deçu, et serait surtout contraire à ce qu’elle nous a habitué! Dire qu’il s’agit d’une propagande, cela reste votre propre point de vue puisque cette même Église enseignait ce pardon avsnt même qu’on pense créer cette CVR! Si vous n’aimez pas l’Église catholique et ses enseignements, gardez-le pour vous! Et même s’il arrivait que cette justice punitive soit incluse dans cette CVR, je douterait fort que l’Église arrête du jour au lendemain de prêcher le pardon entre ses fidèles! Cela même si ses pasteurs n’ont pas toujours été exemplaires!

    Donc de grâce, dissociez l’Église catholique (et toute autre Église) de votre agenda!

    Cela étant dit, jusqu’à preuve du contaire, CVR veut dire “Commission Vérité et Réconciliation” et limitez-vous à cela! Et le gouvernement n’a nulle part écarté la mise en place d’un volet justice!… Seulement ce n’est pas obligatoire que ce soit tout en même temps! Reconcilions-nous d’abord et punissons les graves crimes après! Chaque chose en son temps!

    Et pour vous qui avez été mis au courant de la réalité burundaise, j’aimerais vous parler d’un autre aspect cette réalité. Des massacres ethniques, il y a en eu deux catégories : ceux de 1965, de 1969, de 1972; et ceux d’après : 1988, 1993 et après.

    Pour la première catégories, la majeure partie des bourreaux sont morts ou s’ils sont encore vivants, ils ont eu plus de 40 pour effacer toute preuve qui servirait à les condamner. Pourquoi? Parce que tout simplement ils pouvsient! Ils contrôlaient toutes les sphères : armée, polices, gouvrrnement, banques, etc. Quant aux victimes, ils sont morts… victimes! Leurs survivants (famille) et descendants, s’ils ne sont pas aussi morts en exil ou par la force de l’âge, ils ne pourront non plus porter plainte sans les preuves!

    Voyons maintenant pour la deuxième catégorie… La plupart des bourreaux sont encore vivants! Une partie des victimes ont eu des gens dans l’armée, la police, l’administratios, etc… Qui ont eu le temps de constituer des dossiers contre leurs bourreaux (discours enregistrés ou écrits consignés, interception de communictions, dépositions de témoins… et même des rumeurs!). L’autre partie, qui était toujours dans la même situation que celle des victimes de la première catégorie, ne disposera que de quelques témoignages individuels, sans d’autres preuves tangibles!

    Autant dans la première que dans la deuxième catégorie, vous découvrirez que la majorité des victimes étaient des hutus!

    Au delà de tout cela, il y a des familles entières qui ont été dessimées, pour qui personne ne viendra demander justice!

    Alors je vous laisse vous imprégner de cette réalité :

    – Si on ne parvient pas à juger les bourreaux de la première catégorie (qui ont nettement fauché plus de vies), mais qu’on arrive à condamner ceux de la deuxième (qui ont fait relativement moins de victimes), de quelle sorte de réconciliation sera-t-elle?

    Comme j’ai dit, la plupart des bourreaux de la première catégorie sont soit morts, soit trop vieux ou ont carrément détruits les preuves les condamnant! Serions-nous prêts, nous Burundais, à laisser s’écouler la même période de temps, pour qu’on parte avec un semblant d’équiter dans tout ça?… J’avouerais que c’est insensé en justice, mais je suis sûr qu’il y en a qui appuieraient cette idée!

    Il y a beaucoup de choses dont il faut tenir compte dans une situation telle que celle du Burundi! En Afrique du Sud ils se sont réconciliés sans passer par la justice, et pourtant pour eux il se pourrait qu’ils aient pu trouver et réunir des preuves pour condamner leurs bourreaux!

    Laissez le Burundais y aller à leur rythme, même si cela doit aller jusqu’en l’an 20 000!

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