Mardi 27 septembre 2022

Politique

UE-Afrique: un avenir commun

06/12/2017 1

Par Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, et Moussa Faki, président de la Commission de l’Union africaine.

Le 5e sommet Union Africaine – Union européenne se tiendra à Abidjan, en Côte d’Ivoire, à la fin du mois. Cette occasion historique se présente dix ans après l’adoption de la stratégie commune UE-Afrique, qui nous a permis de coopérer sur des enjeux qui revêtent une importance majeure, sur les deux rives de la Méditerranée comme dans le reste du monde.

Cette coopération tombe tout simplement sous le sens pour les deux parties. En effet, ce qui se passe en Afrique a des répercussions en Europe et vice versa. Ensemble, nous représentons 83 pays où vivent 1,7 milliard de personnes. Nous sommes liés par la géographie, l’histoire et l’humanité. Nous partageons les mêmes valeurs, les mêmes principes et la même croyance en un ordre mondial fondé sur des règles.

Ces dix dernières années, nous avons renforcé notre coopération dans les domaines de la sécurité, de la lutte contre le terrorisme, des partenariats de migration, de la croissance économique, des échanges et du changement climatique, pour ne citer qu’eux. Que ce soit en Somalie, au Mali ou en République centrafricaine, des troupes européennes et leurs homologues africains travaillent côte à côte pour maintenir la paix, faire respecter l’État de droit et lutter contre la piraterie et la traite des êtres humains. Grâce à nos efforts de coopération, nos sociétés sont plus fortes, plus sûres et plus prospères.

Cet aspect est plus important que jamais, car nous vivons dans une période où nos deux Unions subissent des transformations majeures. Ainsi, si l’Europe est en voie de devenir la région la plus «âgée» du monde d’ici à 2030, l’Afrique est de loin la plus «jeune», l’âge médian y étant déjà inférieur à 20 ans. Sa population devrait doubler d’ici à 2050 pour atteindre 2,4 milliards d’habitants, et quadrupler d’ici à 2100 pour s’établir à plus de 4 milliards d’habitants.

L’Afrique étant, de ce fait, le continent de l’avenir, nous avons décidé que le thème du sommet de cette année serait la jeunesse. À Abidjan, l’UE et l’Afrique disposent d’une occasion unique de commencer à façonner, ensemble, un avenir commun.

Quels seront les besoins de cette nouvelle jeune génération? Des emplois durables et de qualité – il en faudra 18 millions par an -, mais aussi un environnement sûr, une énergie financièrement abordable, un accès aux soins de santé et à l’éducation. L’Afrique dispose d’un secteur de l’entrepreneuriat en plein essor qui lui permettra de se développer, mais l’Europe et sa riche expertise peuvent l’accompagner dans cette transition.

Nous devons tirer parti de tout ce qui a déjà été réalisé. D’ici à 2020, la Commission consacrera 31 milliards d’euros à l’aide au développement afin de donner aux jeunes une chance de prospérer dans leur pays. Le Fonds fiduciaire UE-Afrique soutient les jeunes et les femmes dans les régions du Sahel et du lac Tchad, de la Corne de l’Afrique et de l’Afrique du Nord en mettant l’accent sur la formation professionnelle et la création de micro et petites entreprises. Quant à la Banque européenne d’investissement, elle apporte chaque année un financement de 2 milliards d’euros.

Ces soutiens financiers font une véritable différence sur le terrain, en permettant, par exemple, de déployer la couverture de téléphonie mobile dans les zones rurales éloignées de la République démocratique du Congo et du Cameroun et de fournir à 18 millions d’Africains un accès à des énergies propres.

Mais nous pouvons faire beaucoup plus ensemble. Il nous faut redoubler d’efforts pour lutter contre les causes profondes de la migration irrégulière, qui fait encore trop de victimes et continue d’enrichir un trop grand nombre de trafiquants. Nous devons également faire plus pour améliorer le climat des affaires et mettre en place une plateforme permettant aux innovateurs africains de se développer.

Pour y parvenir, nous avons besoin de la participation active du secteur privé. Un tiers des investissements étrangers directs en Afrique provient de l’UE; ce soutien contribue actuellement à la création d’emplois et à la croissance dans nos deux Unions. Grâce au nouveau plan d’investissement extérieur de l’Union européenne, nous allons passer à l’étape suivante. Ce plan, qui utilise des fonds publics comme garantie, devrait permettre de mobiliser 44 milliards d’euros d’investissements en Afrique d’ici à 2020. Il contribuera ainsi à la construction d’infrastructures critiques et aidera les petites entreprises à obtenir le crédit dont elles ont besoin pour se développer et créer davantage d’emplois.

Il s’agit là d’un investissement dans notre avenir commun. Dix ans après l’adoption de la stratégie commune UE-Afrique, notre coopération ne cesse de se renforcer au fil du temps. C’est un partenariat d’égal à égal dans lequel nous nous soutenons mutuellement, nous nous aidons à prospérer et à rendre le monde plus sûr, plus stable et plus durable. Nous nous réjouissons à l’idée de poursuivre sur notre lancée, ensemble et pour les années à venir, et c’est à Abidjan que nous commencerons.

 

Forum des lecteurs d'Iwacu

1 réaction
  1. Mugisha

    Pour votre réflexion!!!
    LU DANS LE QUOTIDIEN FRANÇAIS LIBÉRATION AUJOURD’HUI
    Eric Toussaint : «La répudiation de la « dette odieuse » est légitime», proclame Éric Toussaint, porte-parole du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes et auteur d’un livre intitulé ‘’le Système dette, histoire des dettes souveraines et de leur répudiation ‘’ . Le chapeau de cette entretien accordé par l’auteur au quotidien Libération est ainsi libellé :
     »Quand l’endettement d’un pays va contre l’intérêt de sa population et qu’il a été mis en place au profit des créanciers, il doit être annulé, estime Eric Toussaint, le porte-parole du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes.
    Dans cet entretien, Éric Toussaint précise :
    Sur la base de toute une série de jurisprudences, Alexander Sack, un juriste russe exilé à Paris après la révolution bolchevique, a élaboré en 1927 la doctrine juridique de la «dette odieuse». Selon cette doctrine, si la dette a été contractée contre l’intérêt de la population, et que les créanciers en étaient conscients, ou auraient dû l’être, elle est qualifiée d’«odieuse», et elle peut être annulée. Cette doctrine émane d’un professeur conservateur qui voulait défendre les intérêts des créanciers tout en leur disant de prendre soin de vérifier l’usage que l’emprunteur fait des crédits accordés ».
    Tout commentaire additionnel est superflu!

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

Une décision qui replace le droit à l’honneur

La décision gêne, dérange, embarrasse. La Cour de Justice de la Communauté Est-Africaine (EAC) a, dans sa chambre d’appel, conclu que la décision de la Cour constitutionnelle du 5 mai 2015 autorisant le candidat du parti au pouvoir d’alors à (…)

Online Users

Total 1 413 users online