EN

Économie

Spéculation sur le ciment Buceco, une fatalité?

11/02/2020 Clarisse Shaka Commentaires fermés sur Spéculation sur le ciment Buceco, une fatalité?
Spéculation sur le ciment Buceco, une fatalité?
Le ciment Buceco fait objet de spéculation.

Pénurie, spéculation et distribution illégale du ciment Buceco. Ce sont les points au menu de la synergie du 30 janvier. Une représentante de l’entreprise Buceco, un sénateur et le représentant des consommateurs s’expriment.

Il y a plusieurs mois, le ciment Buceco produit localement est vendu à un prix élevé par rapport à celui fixé par l’Etat : de 27 mille à 30 mille BIF au lieu de 24.500 BIF, prix officiel.

Au marché de la province Muyinga, au nord du pays, un sac de ciment Buceco se vend à 27 mille, 28 mille voire 29 mille BIF, selon le correspondant de la radio Isanganiro sur place. « Les vendeurs de ce ciment savent très bien que le prix officiel est de 24.500 BIF. Mais ils ne veulent pas perdre car ils s’approvisionnent à un prix élevé. » Traqués par la police, certains ont préféré abandonner leur métier.

Le conseiller économique du gouverneur de Muyinga affirme qu’il ne cesse de contrôler le commerce du ciment. Mais d’après lui, le contrôle est difficile car la quantité qui sort de Buceco, réservé à la province Muyinga, n’est pas connu.

Dans la province Gitega, au centre du pays, le ciment Buceco se fait rare. Or, certains habitants, interrogés, affirment qu’ils voient souvent les camions qui déchargent le ciment. « Mais le lendemain, les vendeurs nous disent qu’il n’y a plus de ciment».

Jean Nibigira, conseiller principal du gouverneur et président de la commission provinciale chargée du suivi du commerce du ciment, affirme que des mesures ont été pris pour réguler le commerce du ciment: « Celui qui demande plus de 50 sacs de ciment doit avoir l’autorisation de la commission pour s’assurer qu’il a vraiment un chantier. »

En mairie de Bujumbura, le même problème se pose.

« Il faut rayer de la liste les grossistes spéculateurs »

Vera Izere, chargée de la communication dans l’entreprise Buceco, affirme que la quantité produite est suffisante. Elle fait savoir que Buceco travaille avec les différentes autorités partout dans le pays. « Notre rôle n’est pas seulement de produire et distribuer le ciment. Mais aussi de faire le suivi de son commerce. Sensibiliser les grossistes à respecter le prix officiel». « Si l’entreprise produit une quantité suffisante et qu’elle s’assure que le ciment est parvenu dans les stocks de tous les grossistes dans tout le pays, le reste n’incombe pas à Buceco. C’est aux autorités de contrôler la vente du ciment », estime Mme Izere.

Quant au sénateur Martin Ninteretse, il insiste à l’endroit des administratifs provinciaux et communaux : « Il faut arrêter les commerçants qui spéculent et les punir sévèrement. » Il demande à Buceco de rayer de sa liste les grossistes qui ne respectent pas la règle.

Le président de l’Association burundaise des consommateurs (Abuco), Pierre Nduwayo, indique, quant à lui, que la question du ciment Buceco devient un casse-tête. « Ce problème s’aggrave au point qu’il n’est plus une question commerciale, mais sécuritaire. » Il salue, toutefois, que l’Etat ait pris en main cette question. Il demande que l’on retire le permis de commerce aux commerçants qui spéculent.

Le ministère du Commerce a été contacté, sans succès.

Le 26 décembre 2019, à Gitega, le président Nkurunziza a demandé à toutes les autorités du pays de dénoncer et de punir les spéculateurs du ciment Buceco. Il a, en outre, fait remarquer que l’entreprise Buceco a eu des avantages, notamment  l’exonération des matières premières pour l’accès facile à ce ciment. Mais le ciment n’est toujours pas disponible dans tout le pays. « L’entreprise a demandé beaucoup plus d’avantages pour plus de production. Ce qui va bientôt être fait», a rassuré le président Nkurunziza.

Cette synergie, qui réunit les radios Isanganiro, Rema FM, Izere FM, le journal Iwacu, Burundi Eco et Yaga, est organisé par l’ONG Benevolencija.

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

Lire le communiqué

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

Un recensement polémique

Léandre Sikuyavuga Commentaires fermés sur Un recensement polémique

Il est sous les feux de critiques, accusé de tout et de son contraire. Le recensement des fonctionnaires en cours est attaqué sur le fond et la forme. Ces derniers estiment que les questions sont trop nombreuses et manquent d’objectivité. (…)

Notre Web Radio sur What'App

1 Ajoutez le numéro suivant à votre liste de contacts de votre GSM : + 257 76 002 004

2 Ouvrez l'application WhatsApp et envoyez un message à ce numéro avec votre nom + la mention "abonnement".

3 Il n'y a rien d'autre à faire : nous nous occupons de l'activation de votre compte. Vous commencerez à recevoir nos émissions quotidiennes en direct sur votre smartphone.

Online Users

Total 1 292 users online