La détérioration de la situation sécuritaire en République démocratique du Congo de ces derniers temps a des répercussions directes sur les communes Cibitoke et Bukinanyana. L’autorité provinciale appelle à une vigilance accrue et des voix s’élèvent pour dénoncer certains abus qui s’observent sur le terrain.
Le vendredi 9 janvier 2026, le gouverneur de la province de Bujumbura, le Général-Major Aloys Ndayikengurukiye a réuni en conseil de sécurité au stade de Buganda les responsables administratifs et militaires. A cette occasion, il a fait savoir que l’insécurité persistante en RDC depuis plus d’un mois a entraîné un afflux de nombreux réfugiés dans les communes Cibitoke et de Bukinanyana. Cette situation, selon lui, a provoqué plusieurs perturbations sécuritaires dans ces localités frontalières.
Le gouverneur a alors exhorté la population à collaborer étroitement avec les forces de l’ordre. Il a insisté sur le fait qu’aucune personne, d’où qu’elle vienne et en particulier celles en provenance de la RDC, ne doit être autorisée à troubler la sécurité nationale.
Il a également appelé les autorités locales à redoubler de vigilance afin d’empêcher toute infiltration ennemie. Il a mis en garde les commerçants impliqués dans des activités transfrontalières illégales, notamment ceux qui traversent la rivière Rusizi, tout en affirmant qu’ils n’ont aucun lien avec les groupes armés ayant récemment pris certaines localités en RDC. Il a averti que toute personne surprise en train de traverser illégalement la frontière ou d’entretenir des relations avec ces groupes sera considérée comme ennemi de la nation et qu’elle sera sévèrement sanctionnée conformément à la loi.
Les forces de défense ont, elles aussi, été appelées à une vigilance renforcée, surtout qu’elles sont les premières responsables de la sécurisation des frontières.
Des inquiétudes exprimées par les participants
Toutefois, certains participants à la réunion ont fait part de leurs préoccupations, pointant du doigt une frange de la jeunesse affiliée aux Imbonerakure qui, selon eux, faciliterait le passage de certains commerçants engagés dans la contrebande. Ces jeunes se sentiraient intouchables, arguant leur appartenance au parti au pouvoir. Présent à cette réunion, le secrétaire provincial du parti au pouvoir dans la province de Bujumbura, Alexandre Ngoragoze, a fermement mis en garde les militants de sa formation politique. Il a déclaré que toute personne surprise dans de tels agissements ne pourra compter sur aucune protection et qu’elle sera lourdement sanctionnée, car elle mettrait en péril la stabilité du pays.
De son côté, le commandant de la Première région militaire a exhorté les responsables de la sécurité aux frontières avec le Congo à respecter strictement les consignes reçues, afin de prévenir toute menace sécuritaire venant de la RDC.
Un drame sur fond de renforcement sécuritaire
Il faut noter que, dans un délai de moins de 24 heures après la réunion, un cultivateur de riz a été abattu criblé de plusieurs balles par des militaires en patrouille nocturne dans la soirée du 10 au 11 janvier au poste de Mparambo (Projet), dans la zone Rugombo, commune Cibitoke. Selon les dires de l’entourage, la victime se rendait, avec un accompagnateur, vérifier l’état de sa rizière située sur les rives de la rivière Rusizi. Pour certains observateurs, ce drame illustre les conséquences directes du durcissement des mesures sécuritaires décidées lors du conseil de sécurité tenu au stade Buganda









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