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Quand les Hirondelles volent en rase-mottes

13/07/2019 Abbas Mbazumutima Commentaires fermés sur Quand les Hirondelles volent en rase-mottes
Quand les Hirondelles volent en rase-mottes
Mac Arthur avec son coéquipier Saïdo Berahino.

Après leur déroute à la CAN en Egypte, les Hirondelles du Burundi sont obligées de plier bagage. Ils ne sont pas tous rentrés en même temps. Ils gagneront le bercail par petits groupes, en rang dispersés, tête baissée. Pauvres stars d’une saison.

Ironie du sort, samedi 6 juillet, quand le groupe composé de Saïdo Berahino, Gaël Bigirimana, Mo Amissi et Mac Arthur Arakaza, en escale à Nairobi, entre dans le grand hall du Jomo Kenyatta International Airport, les écrans sont en train de passer en boucle les grands matchs déjà disputés. Un souvenir amer pour ces quatre Hirondelles.

Arborant le vert, le rouge et le blanc, les couleurs nationales, Gaël est pensif. Son regard semble fuyant avec sa casquette qui lui bouffe la moitié du visage. Des écouteurs de son smartphone sont bien enfoncés dans ses oreilles. L’Hirondelle en chef adjoint paraît coupée du monde.

Idem pour le capitaine des Intamba, les oreillettes Bluetooth de son iPhone dernier cri laissent s’échapper quelques sons étouffés mais aigus d’une musique bien rythmée, témoins des décibels balancés dans ses tympans. Il est également loin, perdu dans ses pensées.

Tout ce petit groupe n’échange que quelques mots, il n’y a que le portier Mac Arthur Arakaza,   élancé, aux bras musclés, qui ne passe pas inaperçu. Ce gardien de but des Intamba aux allures de star est reconnaissable par ses trois ou quatre chaînes en argent massif pendant sur son long cou.

Il y a surtout sa tête avec des cheveux colorés en blanc coupés courts mais surmontée par quelques dreadlocks noirs. Il affiche de temps en temps un sourire timide. Mais c’est une sorte de ’’plastic smile’’, un sourire diplomatique aux passants qui saluent ces stars.

Ces quatre Hirondelles ne font pas très attention aux images de la CAN que tous les écrans de ce grand aéroport affichent. Mais quand tous les passagers à destination de Bujumbura sont invités dans le petit hall d’attente avant l’embarquement, ces stars se retrouvent exposées. Tout le monde les connaît mais paradoxalement, pas de tapes dans le dos pour les réconforter.

«La victoire s’oublie vite, la défaite ne s’oublie pas»

Ces footballeurs professionnels semblent être d’une autre époque. Ils sont presque ignorés, oubliés en si peu de temps. Les images en gros plan de la défaite des Intamba les trahissent. Gaël lèvera la tête pendant toutes les longues minutes des ralentis des buts marqués. Tous les passagers du Jambo Jet KQ 464 font de même mais ne s’empêchent de jeter un regard furtif à ces quatre Hirondelles.

Gaël Bigirimana en mode selfie avec un fan.

Comme pour affronter tous ces regards interrogateurs de Burundais en fin de mission, ces Hirondelles se sont rassemblées dans un coin afin de résister ensemble. Le silence est assourdissant, la délivrance vient quand tout ce monde s’engouffre dans l’avion à hélice de la Kenya Airways. Ils sont chanceux, ils entrent dans l’avion les derniers et occupent les premiers sièges, une sorte de première classe.

Quand l’avion atterrit vers 19 heures et demie, il n’y a pas grand monde pour leur accueil. Juste quelques amis. Quelques autorités dont Willy Nyamitwe, Conseiller principal à la Présidence et Philippe Nzobonariba, porte-parole de la Ceni, sont présentes à l’aéroport de Bujumbura.

Mais ces grosses pointures ne sont pas là pour ces Hirondelles. Juste un ’’salut’’ à la sauvette à ces ’’stars d’hier’’.  «L’essentiel est de participer», lancera cet ancien porte-parole du gouvernement rappelant cet adage de chez nous : «Même le termite a fait face au rocher». Prochainement, chuchote-t-il, ils trouveront peut-être une sorte de rafle de maïs ramollie.

Même les agents de la désormais ’’Aéroport Melchior Ndadaye’’ malmènent ces stars, ils veulent fouiller leurs bagages. Quelques passagers plaident pour ces dernières et s’insurgent contre cette maladresse.

Ils ne retrouvent le sourire qu’à la sortie de l’aéroport. Il y aura quelques deux ou trois selfies, pas d’enthousiasme. Ils méditeront peut-être pendant tout leur trajet au sens de l’échec et du succès : «La victoire se conjugue au pluriel, elle rassemble mais s’oublie vite. La défaite quant à elle se conjugue au singulier, divise et ne s’oublie pas. Le perdant marmonne et rumine sa colère intérieure comme un vieux chewing gum». Nos Hirondelles sont rentrées voltigeant bas, … tombées de leur nuage.

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