Société

« Pourtant, cette route nourrit nos familles »

08/10/2019 Alphonse Yikeze Commentaires fermés sur « Pourtant, cette route nourrit nos familles »
« Pourtant, cette route nourrit nos familles »
A Gasenyi(Gare du nord), des vendeurs de crédit de recharge en attente de clients.

Les commerçants qui travaillent sur la route N°1 doivent dégager pour des raisons de sécurité. L’annonce du maire de la ville de Bujumbura a été durement accueillie par des commerçants désespérés.

« Cette route nourrit nos familles », c’est le cri de détresse exprimé par une vendeuse de rue lors d’une réunion tenue a Bujumbura ce lundi 07 octobre 2019 entre le Maire de la ville de Bujumbura et les commerçants exerçant sur la RN1 à Kamenge.

Il est presque 10 heures. Une masse humaine compacte est rassemblée dans et autour de la salle de Réception Ku Kazuba à Kamenge. Assis au centre de la pièce, l’initiateur de la rencontre, Freddy Mbonimpa, le maire de la ville de Bujumbura, a fait savoir aux commerçants présents que la grouillante foule habituellement observée sur la RN1 doit s’estomper pour permettre le passage sans encombre du convoi présidentiel en direction du palais érigé à quelques centaines de mètres de là.

«Réduire la fréquentation sur cette artère, c’est tuer notre activité»

Suzanne est vendeuse de rue. Petite de taille et en pagne brun, elle a pris la parole pour exprimer ses craintes face à cette mesure: «Je vends des arachides que je dispose sur de petites tables aux abords de la route. Si demain, je me vois obligée de suspendre mon activité sur cette voie, comment vais-je nourrir mes enfants?»

Au sortir de la rencontre, Marc, un taxi-vélo, singlet blanc, short noir et le visage dégoulinant de sueur, dit en toute simplicité que lui et ses collègues n’ont jamais eu aucun problème à cesser leur activité au moment du passage du convoi présidentiel et dit ne pas comprendre la volonté des autorités de suspendre leur activité sur cette aire même en l’absence du passage du convoi présidentiel.

De l’autre côté de cette artère très fréquentée, Aymeric est fabricant de chaises dans une cabane en roseau: «Si je n’ai pas la liberté d’étaler ma marchandise devant ma porte, qui saura qu’il y a un point de vente ici?». A la question de savoir ce que deviendra son commerce si la décision est appliquée, il a répondu que les décisions administratives sont indiscutables et qu’il n’aura d’autre choix que de quitter les lieux.

A la fin de la conférence, le maire de la ville n’a pas souhaité répondre aux questions des journalistes et leur a promis un communiqué de presse sur ce sujet «dans les jours qui viennent».

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

Lire le communiqué

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