Jeudi 25 avril 2024

Économie

PNSADR-IM : Des réalisations visibles, palpables et innovantes

27/02/2023 2
PNSADR-IM : Des réalisations visibles, palpables et innovantes
(De g à d) : Damien Mama, Prosper Dodiko, Damase Ntiranyibagira

Le programme national pour la sécurité alimentaire et le développement rural pour la région de l’Imbo et du Moso (PNSADR-IM) a tenu, vendredi 17 février 2023, à Bujumbura, un atelier d’achèvement de ses activités. Selon le rapport final, ledit programme a été couronné de succès. Les bénéficiaires et l’administration locale, quant à eux, assurent prendre le relais dans la pérennisation des acquis.

Différents auteurs se sont succédés sur l’estrade pour présenter les réalisations du programme. Damase Ntiranyibagira, coordonnateur national du PNSADR-IM, a fait savoir que le PNSADR-IM est un projet du gouvernement qui a été financé par le Fonds International de Développement Agricole (FIDA) comme chef de fil des bailleurs de fonds. Démarré en 2015, le PNSADR-IM a clôturé ses activités le 30 septembre 2022.

Selon lui, ce programme avait comme objectif la sécurité alimentaire, la lutte contre la pauvreté, l’amélioration de la nutrition dans cinq provinces du pays dont trois de l’Imbo : Bubanza, Cibitoke et Bujumbura deux du Moso à savoir Ruyigi et Rutana.
« C’est un projet qui a apporté plusieurs innovations dans sa zone d’action », a-t-il indiqué.

La pérennisation au centre des préoccupations

« Lorsqu’on arrive à la fin d’un projet, il y a deux choses fondamentales qui nous préoccupent : d’abord l’ensemble des réalisations que le projet a eu, ensuite la pérennisation de ces acquis et le renforcement de tout ce qui a eu comme progrès lors de la mise en œuvre », a fait observer Damien Mama, coordonnateur résident du système des Nations unies au Burundi.

Damien Mama a invité les partenaires du PNSADR-IM a échangé sur la pérennisation, la durabilité des acquis. Et de préciser que le FIDA continue la conversation avec le gouvernement et ses entités décentralisées afin que tout ce qui a eu comme réalisations puisse être durable dans le temps et d’ailleurs mobiliser d’autres ressources.

« En ce qui concerne le système des NU dont le FIDA fait partie, nous avons signé, avec le Premier ministre du Burundi en décembre dernier, un nouveau cadre de coopération pour le développement durable pour la période 2023-2027 », a-t-il informé.
M. Mama a fait savoir que pour les 5 prochaines années, les agences du système des N.U (dont le FIDA fait partie) vont soutenir les actions du gouvernement du Burundi restructurées autour des priorités qui vont être incluses dans ce plan.

Parmi les priorités de ce plan, a-t-il-souligné, le premier pilier va porter sur la transformation des systèmes alimentaires. Il s’agit, selon lui, de la production, la transformation, la commercialisation mais aussi la consommation. Et de préciser que cela concerne en grande partie le monde rural que le FIDA va appuyer.

Le deuxième pilier, a-t-il ajouté, concerne la gestion de chocs. Les chocs liés aux instabilités qu’a connues le pays dans le passé et qu’il faut ranger définitivement dans le passé.

Il a fait remarquer qu’il y a des chocs présents auxquels font face toutes les communautés tous les jours notamment les chocs générés par les changements climatiques notamment les vents violents, le déficit hydrique, les inondations, les glissements de terrain et l’érosion qui ralentissent la production et la productivité agricoles.

Damien Mama a promis que le FIDA va continuer à investir dans la transformation des systèmes alimentaires et aussi renforcer la résilience des petits producteurs ruraux et ceci en partenariat avec le gouvernement et d’autres partenaires internationaux que nationaux.

Et ceci, a-t-il insisté, dans l’optique de faire en sorte que toutes les ressources soient mobilisées à tous les niveaux afin que le Burundi réussisse à réaliser le rêve du chef de l’Etat qui est que « chaque Burundais ait à manger et ait la monnaie dans sa poche ».

Un focus sur l’impact et la durabilité des activités.

De son côté, Prosper Dodiko, secrétaire permanent au ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage a indiqué que l’atelier est une occasion de prendre connaissance de l’appréciation des experts du FIDA sur les réalisations du PNSADR-IM pendant ses 7 années de vie après avoir consulté, observé et surtout écouté les bénéficiaires et toutes les parties prenantes.

D’après lui, les différents volets du secteur agricole sur lesquels le programme a travaillé sont susceptibles d’impulser la sécurité alimentaire notamment l’aménagement des marais, la réhabilitation des pistes, le désenclavement des zones agricoles, la lutte antiérosive, l’intensification des filières agricoles (riz et maïs) et la filière laitière, l’intensification de l’élevage bovin et porcin, la structuration des agriculteurs en coopératives, la revalorisation de ces deux filières, la lutte contre la malnutrition et l’égalité du genre.

Quid du niveau de satisfaction ?

Revenant sur les objectifs du programme, il s’est posé la question de savoir à quel niveau l’on peut situer la satisfaction des besoins alimentaires et nutritionnels dans les 5 provinces d’intervention.

Et de faire un clin d’œil : « Le PNSADR-IM n’est pas le premier projet, ni le dernier. Mais ce que nous souhaitons est que le projet puisse marquer durablement son passage sur les communes et collines où il a été exécuté ».
M. Dodiko a invité la mission d’achèvement du projet a présenté les résultats du programme avec un focus sur l’impact et la durabilité des activités.

Il a rappelé les trois éléments essentiels susceptibles de pérenniser les réalisations d’un projet. Il s’agit, selon lui, des acquis, de la prise en compte des activités non encore achevées jusqu’aujourd’hui sans oublier bien sûr les litiges éventuels et de la valorisation des expériences réussies.

Un projet performant et innovant

Quelques participants à l’atelier

Le rapport élaboré et présenté par l’équipe de consultants mentionne qu’au terme de la période d’exécution, le PNSADR-IM a enregistré de très bons résultats. Selon ce rapport, au niveau physique, 97% des objectifs ont été accomplis. Au niveau financier, 96% des ressources financières ont été réalisées. « C’est une bonne performance d’un projet ».

Par ailleurs, le programme a apporté plusieurs innovations. D’une part, précise le rapport, le projet a innové dans la sélection des semences bovines. Les semences bovines ont été utilisées dans l’insémination artificielle. Ainsi, souligne l’équipe de consultants, l’appui à la production locale de semences d’insémination artificielle a réduit l’importation des semences et contribué à l’accompagnement de la politique de la stabulation permanente des animaux.

« Auparavant, le Burundi importait les semences bovines à partir des pays européens. Actuellement, grâce au PNSADR-IM, les semences bovines sont produites par le centre national d’insémination artificielle (CNIA) de Randa », a informé Damase Ntiranyibagira.

En outre, lit-on dans le rapport, au niveau du suivi-évaluation, le programme a mis en place un logiciel de suivi-évaluation automatisé et décentralisé où les enregistrements des données statistiques sont faits à la base. Ce système permet de consolider ces données statistiques au niveau du projet et au niveau national.

Enfin, d’autres activités réalisées et qui peuvent être considérées comme des innovations notamment l’utilisation des machines décortiqueuses du riz performantes. Ces dernières peuvent produire un riz blanc de plusieurs grades sans impureté.

Les défis ne manquent pas

Selon le rapport, les études des marais ont pris beaucoup de temps. Ce retard a grignoté sur la durée d’exécution du projet.
Par ailleurs, le contexte de la pandémie de la Covid-19 n’a pas facilité l’importation des équipements notamment quatre décortiqueuses qui ne sont pas arrivées. Elles devraient provenir de la Chine alors que ce pays avait fermé ses frontières.

En outre, il y a eu pendant cette période le renchérissement des coûts et le problème de carburant et souvent le manque de devises. Cela a induit la non réalisation des 3%.

Un rapport salué

Réagissant sur les réalisations du projet, les participants à l’atelier ont salué les réalisations du PNSADR-IM.
D’après eux, le programme laisse un riche héritage et a eu des impacts positifs dans les communautés bénéficiaires. Mais, ils n’ont pas manqué de mentionner certaines observations et préoccupations.

Ils sont revenus sur le suivi, la durabilité des acquis, les activités non encore achevées, les quatre machines décortiqueuses non encore commandées, les salaires non encore payés, bref la gestion des litiges survenus lors de l’exécution du programme.
Ils ont aussi recommandé la consolidation des acquis et le soutien des bénéficiaires des actions du PNSADR-IM.

Répondant aux observations et préoccupations des participants, Damase Ntiranyibagira, coordonnateur national a été rassurant. Il a tranquillisé les participants que les salaires seront payés aux prestataires de services avant la clôture du PNSADR-IM, c’est-à-dire avant le 31 mars 2023.

De son côté, Prosper Dodiko en a profité pour annoncer le projet d’un grand chantier que le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage compte mettre en place. Il s’agit, de l’implantation des agropoles à Cibitoke et Karusi.

Et d’expliquer que « c’est une mise en œuvre de l’approche concentrée où nous devons avoir non seulement l’intensification de la production, bien sûr, en combinant tous les facteurs de production et cela sur des éléments bien étudiés, bien aménagés, mécanisés et après on aura des unités de transformation bien solides et rentables ».

Forum des lecteurs d'Iwacu

2 réactions
  1. Bonjour!
    Nous, association des jeunes solidaires de Nkandu AJSN asbl en sigle, situé en RDC dans la province du kongo central précisément à Kisantu.nous intervenons dans la domaine de la lutte antierosive dans l’agglomération de Nkandu.mais nous sommes vraiment limités concernant les moyens financiers et materiels.pour ceux, nous vous sollicitons de travailler en partenariat pour le changement de la communauté. Pour Tous contact ‘veuillez nous contacter aux adresses suivantes émail : [email protected] ou tél :+243 82 460 60 52 est aussi au whatssapp.cordialement la bienvenue!

  2. Kanda

    Quand on nous parle de sécurité alimentaire alors que les prix ne font que grimper, je suis perdu !
    Très récemment Iwacu nous parlait de Cibitoke où le phénomène des jeunes gens devenus voleurs des cultures dans les champs, phénomène que la population disait à une échelle jamais égalé auparavant. Encore une fois les Papas auraient menti.

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