Jeudi 15 avril 2021

Économie

ODECA : un bilan mi-figue, mi-raisin, après un an d’activités

17/02/2021 5
ODECA : un bilan mi-figue, mi-raisin, après un an d’activités
Jean-Pierre Ntabonemeye : « L’Etat seul ne peut pas réussir à maîtriser le secteur du café.»

Avec le retour de l’Etat dans le secteur du café, certains caféiculteurs saluent les activités de l’Office du développement du café(ODECA). D’autres se plaignent de ne pas avoir reçu les frais du café vendu.

Nous sommes sur les collines de Kibingo, Gahahe, Karinzi, de la commune Kayanza, province de Kayanza, des localités les plus connues dans la culture et la production du café. L’ODECA totalise une année d’activités dans le secteur du café. Mais pas de changement palpable parce que cet office utilise les mêmes techniques que celles des anciens Sogestal. Le seul changement est que les caféiculteurs ont été payés à temps et dans la transparence totale. Une information confirmée par certains caféiculteurs dans cette province.

Des défis ne manquent pas. Il s’observe le vieillissement des plantations de café, le manque d’entretien desdites plantations ainsi que d’autres champs de café mélangés à d’autres cultures. Il se remarque également de la fermeture de tous les bureaux des stations de lavage des cafés cerise au moment où la campagne du café est très proche.

Le veilleur rencontré dans l’une des usines d’épluchage de café sous la supervision de l’ODECA explique cette fermeture des bureaux : « Les employés n’ont pas de contrats de travail à durée indéterminée. Ils sont recrutés pendant la période de campagne de café. Après cette activité, ils sont renvoyés à la maison en attendant la proche campagne.» Au contraire, les usines privées sont ouvertes. Elles continuent leurs activités même après la campagne.

L’un des responsables d’usine privée de lavage de café cerise, sous couvert d’anonymat, indique que même après la compagne leurs activités continuent. Il s’agit de la préparation de nouveaux plants de caféiers et l’encadrement des cultivateurs de café.
Ce responsable fait savoir que le prix du café cerise de 55O BIF/kg est dérisoire compte tenu des efforts fournis par les caféiculteurs. Il demande qu’il soit revu à la hausse.

Un bilan mitigé

Jean Pierre Ntabonemeye, président de CNAC, minimise le bilan de l’ODECA. Il salue seulement le paiement dans les délais des caféiculteurs. Selon lui, beaucoup de défis subsistent. Il évoque la campagne de pulvérisation, de fertilisation et de mise en place des plants de caféiers qui a été retardée. Les feuilles de café ayant jaunies, ce qui entraîne la diminution de la production du café. Une distribution des fertilisants qui a tardé.

Pour M. Ntabonemeye, la relance de la culture de café doit être laissée à toute personne qui a de l’expérience dans la filière du café. « L’Etat seul ne peut pas réussir à maîtriser le secteur du café ». Il exhorte le gouvernement à recruter des agronomes qui se consacrent seulement à la culture du café.

Les caféiculteurs se lamentent

Pour Pontien Nyandwi, l’ODECA est venu diminuer le prix du café au lieu de l’augmenter.

Pontien Nyandwi, un caféiculteur croisé sur la colline de Nkuba, vient de récupérer les nouveaux plants de café. Il veut étendre son champ à plus de 800 plants de café. Il dit que le coût de l’engrais ne cesse d’augmenter alors que le prix d’un kg de café reste presque le même. Il demande aux autorités de l’Etat de revoir à la hausse le prix du kg de café au minimum à 800BIF. Et de confier : « C’est pour cette raison que certains caféiculteurs préfèrent cultiver d’autres plantes qui génèrent beaucoup plus de revenus.» Selon lui, l’ODECA est venu diminuer le prix du café au lieu de l’augmenter. « Le prix du café est passé de 630 à 550 BIF », déplore-t-il.

K.A, un cultivateur de café, dénonce les tricheries des gestionnaires des stations de lavage du café. Selon lui, ils utilisent des balances qui ne sont pas bien réglées dans le but de soustraire quelques quantités de café. Et de renchérir : « Il arrive des cas où les caféiculteurs vendent 50 kg mais les gestionnaires mettent sur les fiches des clients 45 kg. C’est la technique utilisée pour s’enrichir sur le dos des caféiculteurs en détournant l’argent au moment du paiement des agriculteurs.»

Cyprien Nintereka, de la colline Karinzi, évoque la chute de la production du café : « Les années passées, pendant la campagne, je vendais plus de 1200 kg. Mais cette année, la production du café a chuté jusqu’à 400kg.» Et d’expliquer que cette chute est due au fait qu’il a manqué de moyens pour acheter les fertilisants.

Il préfère cultiver des cultures vivrières qui sont plus rentables, comme le haricot et les oignons. Il fait savoir qu’un kg de haricot coûte aujourd’hui 1500 BIF alors que celui du café varie entre 500 et 550 BIF.

Des arriérés

Les caféiculteurs de la colline Nkubu ayant vendu le café à la station de lavage n’ont pas encore perçu leur argent. Cette station se charge du traitement du café naturel parce qu’il n’a pas de matériels pour traiter le café cerise.

A la fin de la campagne, ces caféiculteurs ont réclamé leur dû, en vain. Selon eux, Joselyne Nisabwe, responsable de cette société de lavage, a fait plusieurs promesses qu’elle n’a jamais honorées. Ces arriérés s’échelonnent sur six mois. « Nous risquons de mourir de faim alors que nous avons vendu notre café », s’alarment-ils. Ils demandent à l’ODECA d’intervenir pour qu’ils soient rétablis dans leurs droits.

Félix Niyibitanga : « Il peut arriver des cas où certains gestionnaires de station de lavage n’honorent pas leurs engagements.»

Félix Niyibitanga, responsable chargé de la qualité et de la production du café en province de Kayanza, indique que toute la production du café a été achetée par l’ODECA.

Ce responsable rejette les lamentations des caféiculteurs qui disent que les balances utilisées par l’ODECA ne remplissent pas les conditions. Il évoque l’analphabétisme de certains caféiculteurs. Toutefois, il reconnaît que tout n’est pas toujours rose : « Il peut arriver des cas où certains gestionnaires de station de lavage n’honorent pas leurs engagements.»

M.Niyibitanga tranquillise les caféiculteurs : « Pour la prochaine campagne de café, nous mettrons à votre disposition des balances contrôlées et certifiées par le Bureau burundais de normalisation et de contrôle de la qualité (BBN).»

Forum des lecteurs d'Iwacu

5 réactions
  1. Stan Siyomana

    1. Voici un article ou l’on essaie de deviner si le prix de l’or sur le marche international va monter ou pas (en examinant le rapport Commitments of traders- COT (publie chaque vendredi par Commodity Futures Trading Commission basee a Washington, D.C).
    “CFTC disaggregated Commitments of Traders report for the week ending Feb. 16 showed money managers decreased their speculative gross long positions in Comex gold futures by 8,736 contracts to 125,997. At the same time, short positions rose by 10,948 contracts to 58,041.

    Gold’s net length dropped to 67,956 contracts, down more than 20% from the previous weeks. During the survey period, gold prices fell below $1,800 an ounce….”
    https://www.kitco.com/news/2021-02-22/Hedge-funds-shedding-bullish-gold-bets-as-yields-rise-to-one-year-high.html

    2. Voici ces chiffres dans le rapport hebdomadaire.

    GOLD – COMMODITY EXCHANGE INC. Code-088691
    Disaggregated Commitments of Traders – Futures Only, February 16, 2021
    ————————————————————————————————————————————————————-
    : : Reportable Positions : Nonreportable
    : : Producer/Merchant/ : : : : Positions
    : Open : Processor/User : Swap Dealers : Managed Money : Other Reportables :
    : Interest : Long : Short : Long : Short :Spreading : Long : Short :Spreading : Long : Short :Spreading : Long : Short
    ————————————————————————————————————————————————————-
    : :(CONTRACTS OF 100 TROY OUNCES) :
    : : Positions :
    All : 503,016: 11,567 111,400 64,698 239,943 14,887 125,997 58,041 34,413 177,586 10,573 14,728: 59,140 19,031
    Old : 503,016: 11,567 111,400 64,698 239,943 14,887 125,997 58,041 34,413 177,586 10,573 14,728: 59,140 19,031
    Other: 0: 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0: 0 0
    :
    https://www.cftc.gov/dea/futures/other_lf.htm

  2. Stan Siyomana

    COFFEE C – ICE FUTURES U.S. Code-083731
    Commitments of Traders – Futures Only, February 16, 2021
    ——————————————————————————————————————-
    : Total : Reportable Positions : Nonreportable
    :—————————————————————————————- Positions
    : Open : Non-Commercial : Commercial : Total :
    : Interest : Long : Short : Spreading: Long : Short : Long : Short : Long : Short
    ——————————————————————————————————————-
    : : (CONTRACTS OF 37,500 POUNDS) :
    : : :
    All : 258,118: 67,420 23,718 53,227 125,729 174,573 246,376 251,518: 11,742 6,600
    Old : 199,306: 70,220 32,626 29,999 88,558 130,645 188,777 193,270: 10,529 6,036
    Other: 58,812: 14,889 8,781 5,539 37,171 43,928 57,599 58,248: 1,213 564
    : :
    https://www.cftc.gov/dea/futures/deanybtlf.htm

  3. Stan Siyomana

    1. “Ou vas-tu paysan, loin de ton village ou tu vivais en paix pres de tes cafeiers…”
    https://www.youtube.com/watch?v=bCvbHKeuPls

    2.”Un contrat à terme (future) a lieu entre un acheteur (position longue) et un vendeur (position short) sur le marché à terme qui est un marché organisé c’est à dire officiel comme Eurex ou Matif….”
    https://www.andlil.com/definition-du-contrat-sur-futures-126711.html

    3. Il y a moyen de speculer sur la tendance a la hausse ou la tendance a la baisse des prix du cafe arabica sur le marche international. Il faudrait suivre les ” net positions” des grands speculateurs (= smart money/argent intelligent).
    Pour le moment la difference entre leurs longues positions et leurs positions short est de 43.702 contrats. Cette difference etait de 22.907 contrats le 22 novembre 2020.
    En general, tant que les grands speculateurs continuent a acheter, c’est bon signe que le prix du cafe va continuer a monter (How to use COT report for trading).
    https://cotbase.com/

  4. Stan Siyomana

    A SUPPOSER QUE LE PRIX DE CERISES ARABICA AU BURUNDI TIENNE PLUS OU MOINS COMPTE DU PRIX DU CAFE ARABICA SUR LE MARCHE INTERNATIONAL (INTERCONTINENTAL EXCHANGE INC.)
    1. “Le contrat “C” d’aujourd’hui (symbole boursier NYKC), couvre l’Arabica doux et permet actuellement la livraison de cafés en provenance de 19 pays producteurs. Certains de ces cafés sont échangés au cours de base alors que d’autres le sont à des différentiels au-dessus ou au-dessous du cours de base (voir la section 08.04.02)…”
    https://www.leguideducafe.org/guide-du-cafe/marches-a-terme/new-york-le-contrat-arabica-ou-contrat-C/

    2. Si l’on examine le prix du cafe arabica (sec bien sur!) sur le marche international pour les deux dernieres annees, il y a eu beaucoup de fluctuations.
    Mais le prix le plus bas etait de 0,8706 dollars americains par livre (une livre = pound = 450 grammes) ou 0,8706 $/livre (pendant la semaine du 29 avril 2019).
    Le prix le plus haut etait de 1,4242 $/livre (pendant la semaine du 9 decembre 2019).
    Aujourd’hui 20 fevrier 2021, ce prix est de 1,2915 $/livre.
    https://www.marketwatch.com/investing/future/kc00/charts?mod=mw_quote_advanced

  5. ALOYS JISHO

    Si le prix d un kg de cerises reste á 550 fbu, tôt ou tard les paysans abandoneront la culture du café pou d autres cultures plus rentables

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