Politique

Mutaho : De la méfiance à la confiance

26/12/2018 La Rédaction Commentaires fermés sur Mutaho : De la méfiance à la confiance
Mutaho : De la méfiance à la confiance
Au chef-lieu de la commune Mutaho.

Il y’a peu, la commune Mutaho en province de Gitega était caractérisée, avant et après les élections, par l’intolérance politique. La page semble avoir été tournée. Les imbonerakure et les jeunes des partis d’opposition parlent d’une cohabitation pacifique.

Les jeunes de différents partis dans la commune Mutaho sont désormais tolérants les uns envers les autres. Plusieurs sources issues de différentes formations politiques s’accordent sur ce point.

Par le passé, à l’approche comme au lendemain des élections, elles affirment que les conflits entre les militants des partis de l’opposition et ceux du Cndd-fdd étaient toujours ouverts. Les imbonerakure se dressaient contre les jeunes de l’opposition et vice versa.

«Nous étions vraiment fatigués. Nous nous regardions tellement en chiens de faïence que personne ne pouvait prédire que nous pourrons un jour partager un verre», souligne Denis Ndacayisaba, membre de la coalition Amizero y’Abarundi. Les jeunes du parti au pouvoir faisaient des rondes nocturnes entraînant un climat de suspicion.

«Nous sommes venus de loin. Il y’a de cela peu d’années, être membre d’un parti politique autre que le Cndd-fdd n’était pas toléré à Mutaho par les jeunes du parti au pouvoir. Je ne pointe pas du doigt tous les imbonerakure mais il y avait vraiment ceux qui n’hésitaient pas de promettre la mort», fait savoir Husna Masabarakiza du parti Uprona.

Même dans les sites des déplacés, réputés être «la base de l’opposition», les habitants ne sont plus en alerte. Ils parlent d’une bonne cohabitation entre eux et leurs voisins.

«Ils menaçaient de nous chasser des sites pour nous renvoyer sur nos collines d’origine. Nous passions des nuits blanches, nous avions toujours la peur au ventre», confie Beatrice Nshimirimana, déplacée établie dans le site de Mutaho.

«Nous étions habitués à faire face à des jeunes nourris aux mamelles de la violence mais ce n’est pas le cas maintenant. Ils ont complètement changé», assure Claver, la cinquantaine qui vit dans le site de déplacés depuis 1993.

L’aboutissement de plusieurs sensibilisations

A la suite des manifestations et du coup d’Etat manqué de 2015, les leaders politiques de différents partis, la société civile et l’administration communale ont organisé beaucoup de rencontres pour la paix et la cohésion à l’intention de ces jeunes.

Kassim Ndihoreye, responsable des jeunes du parti Cndd-fdd en commune Mutaho, estime que le statu quo dans cette commune augure la consolidation de la paix de façon durable. «Nous avions des brebis galeuses parmi nous qui se croyaient supérieurs aux autres. Cette frange de jeunes s’autorisait à faire des choses qui nous déshonoraient. Nous les avons poussés à changer, le linge sale se lave en famille et nous avons donné l’exemple».

D’après lui, il a fallu prendre des sanctions à l’encontre des récalcitrants pour leur faire remarquer que la voie qu’ils ont empruntée n’est pas la bonne.

Selon Désiré Nduwayezu, le dialogue est à l’origine de cette amélioration. «Petit à petit, nous sommes devenus de bons amis. Nous avons pris l’initiative de tourner le dos aux maux du passé, qui nous divisent, pour nous ouvrir à l’avenir qui nous unit !».

Les politiques, grands agitateurs

Pendant que la commune Mutaho était sujette à des violences et intolérance politiques, des personnes qui avaient une parcelle de pouvoir étaient citées comme les planificateurs.

«Nous avions un administrateur qui, au lieu de nous rassembler, nous divisait. Il le faisait au grand jour. Celui qui n’était pas membre de Cndd-fdd était considéré comme un ennemi à abattre», explique Godefroid Nihore, un imbonerakure qui habite dans un site de déplacés.

«Nous avions toujours des querelles avec les militants des autres partis politiques parce qu’il disait que ce sont des ennemis qu’il faut chasser de la commune». Les habitants de la commune Mutaho déplore la manière dont les autorités étaient des fauteurs de trouble.

«Certains jeunes se prenaient pour des policiers, des juges, etc. Ils battaient et terrorisaient les autres militants des partis politiques sous la bénédiction de l’administrateur communal». Ils font allusion ici à un certain Pascal alias commissaire Gikashi aujourd’hui en prison.

Denis Niyomuhanyi : «Laisser quelqu’un piétiner les droits des autres parce qu’il est de tel ou tel parti politique engendre des conflits. Cette période est révolue à Mutaho !»

Quant à l’administrateur communal en exercice, l’urgence est d’initier ces jeunes à l’entrepreneuriat pour les sortir de la pauvreté à laquelle ils font face. C’est à dire les aider à monter des microprojets pour les transformer en acteurs de développement et les empêcher de retourner à la case départ.

« Notre commune a connu le martyre suite aux mauvais comportements des uns et des autres. Nous avons beaucoup perdu dans les conflits basés sur des ethniques, de la politique, etc. Nous ne pourrons jamais tolérer que quelqu’un se prenne pour un donneur de leçon», a déclaré Denis Niyomuhanyi.

Le temps n’est plus à dresser les uns contre les autres. «Laisser quelqu’un piétiner les droits des autres parce qu’il est de tel ou tel parti politique engendre des conflits. Nous avons été témoins des périodes où des individus se sont donnés le pouvoir de la police et traquaient ceux qui ne sont pas dans le parti au pouvoir. Cette période est révolue à Mutaho», a précisé l’administrateur.

*Article produit en collaboration avec la Maison de la Presse

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