Vendredi 21 juin 2024

Société

Région centre/Gitega : Un ramadhan difficile avec la montée des prix

18/03/2024 Commentaires fermés sur Région centre/Gitega : Un ramadhan difficile avec la montée des prix
Région centre/Gitega : Un ramadhan difficile avec la montée des prix
Les musulmans risquent de ne pas parvenir à se payer les repos fastes pendant le mois du ramadhan 2024.

Cette année 2024, le mois du jeûne musulman coïncide avec une période où les prix des denrées alimentaires sont très élevés. Beaucoup de musulmans de Gitega estiment que la situation pourra s’aggraver davantage avec la pénurie répétitive des carburants. Ils appellent les commerçants à ne pas beaucoup profiter de ce mois saint pour monter les prix.

Dans les marchés et boutiques du centre-ville de Gitega, les prix du riz, du haricot, de l’huile, des farines, du manioc, des fruits et bien d’autres denrées alimentaires ne cessent de monter. A l’instar de la pomme de terre et du manioc, les bananes s’achètent aujourd’hui par kilo.

Les moins nantis ne se contentent que d’une main de banane. Ce qui était inenvisageable il y’a une année. La population estime que la situation ne va pas vite s’améliorer puisque toutes les denrées alimentaires connaissent une envolée de prix.

« C’est la première fois que j’achète des bananes à la pièce. Manger les babanes est devenu un luxe et cette pratique va nous coûter cher », souligne une prénommée Amissa, une maman voilée faisant ses courses au marché de Magarama.

Face à la cherté de la vie, la population en général, et les musulmans en particulier, serrent la ceinture pour le ramadan, un mois de jeûne mais aussi de repas festifs nocturnes en famille chez les musulmans. Certains musulmans informent qu’ils se préparent conséquemment pour le mois sacré du ramadhan en s’approvisionnant en grande quantité d’aliments de base.

Mais ils trouvent que cette année, la flambée des prix des denrées alimentaires affecte lourdement le pouvoir d’achat de nombreuses familles.

« Je suis très pauvre et je n’arrive plus à garantir le repos à ma famille deux fois par jour. L’argent que je gagne n’arrive plus à couvrir mes dépenses », ajoute Amissa qui pense actuellement à supprimer certaines denrées qui lui sont devenues inaccessibles.

Elle fait savoir que sa famille se prive de temps en temps des fruits, de la viande et des poissons. A la place des huiles de coton, elle utilise l’huile de palme alors que dans ses habitudes, l’huile de palme n’était pas sa préférée.

« Nous devrions prendre du thé ou de la bouillie avant l’iftar mais aujourd’hui, le sucre est introuvable », déplore-t-elle. La situation est aussi devenue intenable et étouffante chez certains.

Le prénommé Abdallah, époux avec deux femmes au quartier Nyamugari quant à lui envisage mettre ces deux femmes sous le même toit pour pouvoir minimiser les dépenses. Il indique qu’avant, il achetait les mêmes produits et les mêmes quantités pour ses deux épouses pour respecter la loi islamique mais il constate qu’il lui serait actuellement difficile de respecter cela.

« C’est maintenant que je commence à réaliser que je me suis en peu trompé en les entretenant séparément. Je pensais éviter les querelles mais je dois revoir mes plans aujourd’hui », a-t-il avancé.

Même son de cloche chez le prénommé Issa. Il estime que les temps passés, épouser plus d’une femme n’était pas un très lourd fardeau. Il estime que de nos jours, cela est synonyme de se mettre une corde au cou. Il conseille plutôt ceux qui envisagent de se marier à la monogamie car, les temps ont changé.

« Si nous ne voulons pas mettre au monde des enfants qui vont plus tard se retrouver en situation de rue, il est préférable de se contenter d’une seule femme. Je plains les hommes qui ont plusieurs femmes et beaucoup d’enfants. Je me pose souvent la question de savoir comment ils parviennent aujourd’hui à les entretenir », réfléchit-il.

Pas de bousculades dans les marchés

Habituellement, ce mois sacré pour les musulmans était synonyme de beaucoup d’achats et de dépenses dans des repas copieux. Comme nous le constatons, aujourd’hui au marché central de Gitega, il n’y avait pas beaucoup de monde. Certains vendeurs somnolent devant leurs stands par manque de clients tandis que d’autres tentent de vendre à la criée leurs produits. Ils appellent en effet toute personne qui passe tout près d’eux afin qu’elle puisse acheter au moins un kilo de riz.

« Les gens craignent qu’avec la pénurie répétitive des carburants, les prix vont davantage monter. Certains croient que les musulmans ont une part de responsabilité dans la montée des prix des denrées alimentaires pendant cette période. Mais, nous sommes de simples spectateurs comme tout le monde », insiste-t-il. D’après ses estimations, tant que la monnaie burundaise continuera à chuter devant le dollar et le shilling de la région, les denrées alimentaires importées deviendront de plus en plus chères.

« Même les cultures vivrières devront connaître la montée des prix. Un paysan qui amène au marché un panier de patates douces a besoin d’acheter le riz, le poisson ou l’huile. En fixant le prix, il fera en effet ses calculs. Il pensera lui aussi comment il va parvenir à se procurer des produits qu’il ne cultive pas chez lui », justifie-t-il.

Dans les estimations, pour cette année 2024, le mois du ramadhan court à partir de la soirée du dimanche 2024 jusqu’à la soirée du mardi 9 avril 2024.

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