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Loin de l’Arabie Saoudite, comment les musulmanes de Bujumbura s’habillent …

05/05/2013 Commentaires fermés sur Loin de l’Arabie Saoudite, comment les musulmanes de Bujumbura s’habillent …

{Niqab} (voile couvrant le visage à l’exception des yeux), {burqa} (voile intégrale) ou simple {hijab} (voile ne couvrant pas le visage) se côtoient dans les rues de Bujumbura. C’est plus par choix personnel et dans une moindre mesure par obligation religieuse que les femmes et les filles adeptes de l’Islam portent ces vêtements.

<doc7541|left>A Bujumbura, il n’est pas rare de croiser ces femmes, tout de noir vêtues et complètement couvertes. Les regards curieux qu’elles suscitent en disent long. « Elle n’a pas chaud là dedans ? Est-ce qu’elle n’étouffe pas avec la chaleur de Bujumbura ? Est-ce qu’elle ne risque pas de se faire écraser par des voitures puisque l’angle de vision est réduit ? » Telles sont les questions que ces posent les gens quand ils rencontrent ces femmes citées en modèle par les cheikhs dans les mosquées.

Ces derniers les défendent et répondent par d’autres questions : « Est-ce que ces messieurs qui portent des vestes et cravates toute la journée n’ont pas chaud ? Est-ce que ces religieuses pieuses qui prennent pour modèle Myriam bint Imran (la Vierge Marie), se couvrent la tête et portent de longues robes, ne sont pas à imiter ? Et que dire de ces femmes de l’intérieur du pays qui portent des voiles et des pagnes ? Est-ce que leur pudeur et leur décence ne sont pas à copier ? »

« La décision de mettre son hijab ou son niqab n’est pas facile à prendre à cause de l’environnement dans lequel nous vivons. Les parents peuvent l’exiger mais certains établissements n’acceptent pas le voile et les jupes très longues », déplore Aïcha Niyonkuru, étudiante. « Il arrive également que certains époux demandent à leurs femmes de respecter les prescriptions religieuses, il y en a qui obéissent à leur mari même si d’autres le font à contrecœur», fait-elle remarquer. « Mais il y a aussi des femmes qui le font par foi », fait remarquer Salma Itangisha, une autre étudiante.

Même si certaines femmes sont encouragées par les cheikhs à porter des ’’vêtements islamiquement corrects’’, la plupart des imams grincent les dents ou détournent leurs regards quand ils croisent les jeunes musulmanes qui « ne se distinguent des autres filles que par un hijab léger posé sur la tête avec des habits qui laissent deviner les formes ou transparaître les rondeurs ».

Pour l’imam Ali de la mosquée de Kibenga, les débats sur la question de la burqa, du niqab ou encore du hijab ne sont pas clos : « Les avis des oulémas (théologiens islamiques) sont partagés mais tous s’accordent pour dire qu’il faut une décence comme la religion le recommande. Les musulmanes devraient réclamer ce droit, qui n’est pas une entrave à leur liberté comme les détracteurs de l’Islam semble vouloir le dire ».

Héritage et polygamie ?

C’est tout un autre débat dans notre pays.  « Mais pour la question de l’héritage, l’Islam l’a déjà réglée, il y a une part qui est réservée à la fille du défunt même quand elle est mariée», signale l’imam Ali de la mosquée de Kibenga. « Quand nous entendons de ces débats sur le droit des femmes à l’héritage, cela fait mal, la solution est là », s’étonne-t-il.

« C’est comme la question de la polygamie, ce n’est pas un devoir encore moins une obligation, mais une autorisation soumise à plusieurs conditionnalités », explique cet ancien représentant adjoint de la COMIBU. Les avis des femmes interrogées sur ce sujet sont partagés : « Si mon mari le fait, O.K. mais qu’il respecte scrupuleusement la religion. Pourvu qu’il ne me délaisse pas », lance N.K. après un long soupir. « Moi, je n’accepterai pas parce que la plupart ne vont pas se conformer au prescrit du Coran, et cela est source des problèmes au sein de la famille », souligne une jeune fille en hijab.

« Au lieu de s’adonner au vagabondage sexuel en cherchant officieusement un deuxième, voire un troisième bureau avec les conséquences que nous connaissons, vaut mieux que les lois du pays l’autorisent et on le demande », fait savoir Harouna Nkunduwiga, qui se dit représentant légal de la COMIBU. Il affirme que la plupart des musulmans le font. « Mais c’est beaucoup mieux de garder une épouse au lieu de croire que l’herbe est toujours verte ailleurs », conclut-il.

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