Samedi 20 juillet 2024

Politique

Les fissures du Cnared

12/07/2016 18

Une vague de départs au sein du Cnared soulève des questions quant à la capacité de cette plateforme de poser des conditions au pouvoir ou d’avoir des exigences.

Jérémie Minani : « Il ne faut pas participer au dialogue sans avoir des garanties d’équité et de transparence dans son organisation. »
Jérémie Minani : « Il ne faut pas participer au dialogue sans avoir des garanties d’équité et de transparence dans son organisation. »

Le 14 mai 2016, Hussein Radjabu annonce son retrait du Conseil National pour le respect de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de l’Etat de droit, CNARED. Le 28 juin, c’est autour du parti SONOVI Ruremesha de claquer la porte de la plateforme. Frédéric Bamvuginyumvira, vice-président du Frodebu, a démissionné, le 30 juin, de son poste de Commissaire chargé des questions politiques et des relations avec les forces vives de la nation au sein du CNARED. Le 3 juillet dernier, le parti UPD Zigamibanga fait ses adieux à la plateforme.

« Cette démission est motivée par des raisons privées de l’intéressé mais rien à voir avec un désaccord avec les autres membres du comité exécutif. Par ailleurs, l’Hon. Bamvuginyumvira reste membre actif du Directoire du Cnared », indique Jérémie Minani, commissaire chargé de la communication. Avant de quitter cette plateforme, les autres ont avancé des motifs de mésentente. Hussein Radjabu, président du parti Cndd-Fdd Epris de paix, et ancien patron du parti présidentiel, dénonce beaucoup d’irrégularités et de défaillances dans l’organigramme du conseil, et une distribution des rôles basée sur le clientélisme et l’égocentrisme.

Une lutte d’influence…

Quant à Déogratias Ndayishmiye, président de SONOVI, il déplore « une violation régulière et flagrante des dispositions régissant le fonctionnement de la plateforme. » Il dénonce aussi un manque de transparence, et une violation du principe d’égalité des membres du directoire dans la prise de décision. Même son de cloche à l’UPD. Chevineau Mugwengezo, son président d’honneur, assure avoir quitté cette plateforme « tout simplement parce qu’il était méprisé et écarté des instances de direction, malgré le rôle de premier plan qu’il a joué dans la mobilisation contre le troisième mandat du président Pierre Nkurunziza.»

Loin d’être surpris par ce retrait, Jérémie Minani déclare que ce parti ne participait plus aux réunions depuis le départ d’Hussein Radjabu. « Il ne lui restait plus qu’à officialiser son retrait, ce qui est fait. » D’après lui, ce qui est important pour le Cnared, c’est de rester unis et cohérents. « Il ne faut pas participer au dialogue sans avoir des garanties d’équité et de transparence dans son organisation », prévient M. Minani. Et d’expliquer : « C’est par ces garanties que nous avons spécialement l’élaboration de la liste des participants en tenant compte des vrais protagonistes : pro et anti 3ème mandat. »


Analyse

Le MSD d’Alexis Sinduhije, et le PPD-Gir’ijambo des frondeurs risquent de devenir les derniers des Mohicans au sein du Cnared. En effet, certains partis seront radiés du Cnared si, comme le Cndd, ils répondent présents au prochain rendez-vous du médiateur. Ce que comptent faire l’Uprona et le Frodebu. Pour rappel, le MSD, du moins son président, est persona non grata, accusé d’entretenir une rébellion. Quant aux frondeurs, ils ont sûrement des ambitions contraires à celles du Cnared, car ils étaient aux affaires encore très récemment et veulent, plus que d’autres, y retourner. D’ailleurs, n’ayant pas été invités car leur parti n’étant pas reconnu, ils auraient demandé au médiateur d’être invités comme éléments clés de la politique ou anciens dignitaires. Sinon le Dr Jean Minani a été « évincé » de la tête de son parti, le Frodebu Nyakuri.

Aujourd’hui, il semble que l’opposition réunie au sein du Cnared mène un combat plus sentimental, personnel, que politique. Ses membres, tels des primates, se frappent la poitrine pour montrer qui a plus d’importance, au lieu de s’unir pour combattre un ennemi commun.

Forum des lecteurs d'Iwacu

18 réactions
  1. Ntakije

    Niyafu y’imijira.

  2. Micombero

    On a plus besoin d’entendre cette clique CNARED une vfabrication Belge pour venir recoloniser et mesurer les nez des Burundais

  3. Maya

    Je l’ai toujours demandé et personne ne m’a jamais répondu!! Où avez-vous déjà vu une coalition des politiciens, les membres des associations sans but lucratif (dénommées arbitrairement « société civile), les militaires et les journalistes! Comment appelle-t-on une telle organisation! S’il faudrait l’agréer, quel statut juridique aurait-elle? Que les politologues et les juristes me réponde! Yesu yavuze ati: « Ntabagendana batasezeranye »!

  4. Griotesque

    Il y a quand même des observations qui laissent penser à des paradoxes. Prenons le cas des deux Frodebu (le Sahwanya et le Nyakuri) par exemple.

    Jean Minani a claqué la parte du Sahwanya Frodebu pour créer le Frodebu Nyakuri parce qu’il s’était vu refusé d’être le « chef suprême » du premier.

    Et là, par la petite porte et à travers des manigances aussi floues que rocambolesques, il est élu président d’une nouvelle nébuleuse (le CNARED) dont fait parti le Sahwanya Frodebu. Ce qui fait de lui non plus un chef suprême, mais un « plus que suprême » du Sahwanya Frodebu.

    Alors que les seules fonctions d’état qu’il ait jamais occupées sont toutes inférieures à celles de Bernard Busokoza (1er Vice-président), Frédéric Bamvuginyumvira (Vice-président), Léonce Ngendakumana (président de l’Assemblée Nationale), …

    Comment voulez-vous qu’il y ait de la concorde quand on se retrouve dans une situation où un soldat veut commander des généraux? Même si ce soldat a la carrure et l’ego d’un général, c’est mal connaître les coulisses du pouvoir et son exercice/jeu. C’était voué à l’échec dès le départ.

    Ceux qui l’ont proposé ont tous maqué de jugement, même s’ils ont cru bien faire. Comme pour un cadeau, c’est l’intention qui compte!… Mais disons que c’est pas du tout un cadeau!

    Et calmez-vous! C’est seulement une analogie! Et bonne chance au coureur pour la suite!

    « ON A TOUJOURS LE CHEF QU’ON MÉRITE! » Toujours!

  5. dester

    Le CNDD-FDD est un parti que je ne peut cesser de respecter. D’un ils ont reussit a demolir tout les partis d’opposition avec une facilite deconcertente. De 2, le CNERAD en lui meme est l’oeuvre des intellectuelles du CNDD-FDD pour qui il est impossible que plusieurs partis politques aux visions differentes se mettent d’accord. Je croit que le CNERAD est la juste pour amuser la galerie !!! La cerise sur le gateau, le gros coup est lorsque le CNDD-FDD a reussi a convaincre le veritable opposant l’honorable Agathon rwasa d’entrer dans le gouvernement!!!

  6. kirundi

    Que le Cenared s´ecroule ou pas le combat contre le pouvoir criminel et corrompu continue et tôt ou tard le Burundi sera dopté d´ un Etat de droit ! Imikenyuro ni myinshi, wait and see!!

  7. Ayuhu Jean Pierre

    Monsieur Madirisha,

    S’agissant du CNARED, vous dites que  » ses membres, tels des primates, se frappent la poitrine pour montrer qui a plus d’importance, au lieu de s’unir pour combattre un ennemi commun. » J’aurai préféré vous entendre dire « cause commune » au lieu de « ennemi commun ». Vous êtes d’avis avec moi, que la notion d’ennemi est assez grave…Parler d’ennemi est une forme de déshumanisation de l’autre. Dès lors que l’autre est catégorisé comme tel, il est à combattre, à anéantir car il est dangereux.
    Il y aurait ainsi ceux qui combattent pour une cause juste, le CNARED, et l’ennemi à anéantir, le pouvoir en place et ceux qui s y reconnaissent!

    • Mutama

      L’ennemi commun est celui qui a confusqué la démocratie, qui se divinise et qui a fait des burundais des poules vivant dans un poulaillet(burundi), qui abbat un á un et á sa guise.
      l’ennemi commun est celui qui milicianise la jeunesse en les endocrinnant, en leur donnants des grenades, fusil pour traquer tuer.
      Vous comprenez monsieur qu’il y a pas d’erreur

  8. Ndumwiwe Jeannette

    Cet article n’est plus d’actualité car le CNARED vient de faire un virage à 180° en autorisant ses membres à participer aux pourparlers d’Arusha s’ils sont invités individuellement!!!! Sûrement pour sauver les meubles car même sans cette autorisation, les membres du CNARED invités individuellement avaient tout de même décidés de se rendre à Arusha, au grand dam de Minani et consorts………………
    De toutes les façons, le CNARED en tant qu’entité est entrain de mourir……………..
    Je ne comprends pas l’attitude du MSD qui refuse de se rendre à Arusha. Est-ce que Sinduhije a les moyens de chasser Nkurunziza par les armes? J’en doute.

  9. desy

    le diable quelque soit sa manipulation ne peut jamais etre credible. Les mechants echouent a leurs ouevres tandis les bienfaiteurs evoluent.

    Une maison construit sur le mensonge s’ecroule rapidement lorsque le mensonge est consumee
    .

    • Inspiration Ntamwana

      La maison construite sur du mensonge c’est le Cndd-Fdd. Cette plateforme qui s’impose au pouvoir malgré les dispositions constitutionnelles et son incapacité de répondre aux vraies aspirations du peuple Burundais: Emplois, bonheur sociale, sécurité, etc….

      • dester

        Dans un systeme il y’a les gagants et les perdants, les pauvres et les riches. Il n’est que normale qu’un perdant du systeme en place te dise qu’il ne voit pas les resultats!!! Nous ont voit les resultats, ca impacte notre vie de tout les jours et ont peut evoluer, les autres qui ne sont malheureusement pas dans le bateau ne peuvent que se noyer

    • Yves

      « Une maison construit sur le mensonge s’ecroule rapidement lorsque le mensonge est consumee ». Votre description convient parfaitement à l’image de ce qu’est aujourd’hui véritablement le Burundi. Echec et mat.

  10. kariyo

    Ca c’est la meilleure  »CNARED:ces membres, tels des primates, se frappent la poitrine pour montrer qui a plus d’importance, au lieu de s’unir pour combattre un ennemi commun »

    Nk’ifu y’imijira!!!!!LOOOOL

  11. eric

    c’est un parti belge .BIzarre que le ministre belge les a rancontrer une journee avant mukapa.Une chose non nessary a part etait de reunir et une shose que les membres ne veulent
    Le bresident de ce parti est belgique.Que Dieu nous protege .Vos mieux nkurunziza que belgique.

    • Inspiration Ntamwana

      @Willy Nyamitwe qui s’étonne de la présence des grands leaders politiques et de la société civile comme Pacifique Nininahazwe, Jean Minani, etc…. Je lui dirais ceci:

      – Les vrais gouvernements africains en cette date du 12/07/2016 sont à Kigali pour un sommet de l’Union Africaine
      – S’il y’a des gens qu’on peut qualifier de terroristes, c’est bel et bien la clique qui impose médicrité, assassinat et malheurs aux Burundais

    • Yves

      Eclairez-nous sur les motivations des belges svp. C’est vrai, je lis fréquemment des déclarations haineuses sur le Belgique sur ce site, mais j’aimerais comprendre. La Belgique ne peut pas être intéressée par les ressources naturelles du Burundi pour la bonne et simple raison qu’il n’y en a pas, à part les mines de nickel dont le prix s’est effondré en 2015. La Belgique était un partenaire commercial de premier choix lors des deux premiers mandats de son Altesse et a versé des sommes conséquentes dans le domaine de la coopération. Ce n’est donc pas un combat personnel contre Pieter. J’attends vos arguments avec impatience (in English if you feel more comfortable with that language)

      • dester

        La Belgique tout comme tout les occidentaux ayant organisé le coup d’État manqué sont dans une honte sans pareil et ont soif de vengeance. Seulement la différence est que les USA ne peuvent pas accepter d’être assimilé à l’échec , au camp des défauts et des perdants d’où la dénonciation du Rwanda dans le processus de déstabilisation du Burundi, les USA le font uniquement pour ne pas être en désaccord avec le gouvernement. Quant à la Belgique, c’est la haine qui gangrène ce pays mais les belge s’agite parce que c’est le Burundi, les grands dossiers internationaux, la Belgique n’est pas invité car elle n’est pas une puissance militaire conséquente au même titre que la Russie et les USA. Je voit que la Belgique se donne juste l’occasion de se faire remarquer à travers le dossier burundais.

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