Vendredi 03 décembre 2021

Économie

Le transfert d’argent via mobile en plein essor

D’après une enquête de la BRB, la population burundaise préfère les services financiers numériques des compagnies de téléphonie mobile. Ces compagnies accaparent 11,37 milliards de Fbu des transactions locales, soit plus de 98% de transactions numériques totales.

L’enquête de la Banque de la République du Burundi (BRB) fait savoir que les transactions locales par les services financiers numériques de téléphonie mobile ont fortement augmenté au cours du mois d’avril dernier. Avec 656.026 transactions dans ce seul mois, la valeur cumulée de ces dernières est passé respectivement de 7,97 pour le mois de mars à 11,37 milliards de Fbu, soit une hausse de 43%.



Bangirinama Pontien, vendeur du lait au quartier Bwiza en commune Mukaza, salue les services financiers numériques offerts par les téléphonies mobiles. « Avec mon téléphone, j’envoie facilement et rapidement l’argent à ma famille basée à Kayanza». Il explique qu’il était obligé, avant ce moyen de transfert, de se déplacer vers sa province. «Cela me coûtait cher et je perdais du temps».

Il se réjouit qu’il puisse désormais envoyer 10. 000 Fbu à sa fille, après dix minutes, elle lui a dit qu’elle a déjà retiré l’argent. Il affirme que l’envoi de fonds par téléphone mobile remplace alors les méthodes informelles traditionnelles consistant, par exemple, à confier de l’argent à quelqu’un ou de l’envoyer par les bus.

Selon Constaque Hakizima, directeur technique de l’Agence de régulation et de contrôle des télécommunications(ARCT), trois plateformes des opérateurs de la téléphonie mobile offrent actuellement des services financiers mobiles. Il évoque Ecocash d’Econet Leo depuis le 17 mai 2010, Smart Pesa de Lacell depuis le 1er septembre 2016 et Lumicash de Vietell depuis le 20 septembre 2016.

Il rappelle que l’une des missions de l’ARTC est de protéger le consommateur des services de téléphonies mobiles. Et d’indiquer que les consommateurs des services numériques ont le droit de recevoir des opérateurs des services de qualité correspondant au prix. Avant de préciser qu’il n’y a pas de loi régissant ces services. « L’ARCT ne peut pas réguler des services financiers numériques. Il n’y a pas de cadre réglementaire».

«90 % des transferts, c’est de Bujumbura vers l’intérieur»

Japhet Kinyua Aritho : « Aujourd’hui, nous ne pouvons pas changer de tarifs sans consulter la BRB et l’ARCT.»
Japhet Kinyua Aritho : « Aujourd’hui, nous ne pouvons pas changer de tarifs sans consulter la BRB et l’ARCT.»

Les tarifs des téléphonies mobiles montrent que le montant transférable est compris entre 500 Fbu et 1 million par jour. Japhet Kinyua Aritho, directeur des opérations Ecocash à l’Econet Leo Burundi, affirme que les services financiers numériques les plus demandés sont les transferts et les retraits.

Selon lui, 90 % des transferts s’effectuent de la capitale vers les zones rurales. C’est du fait que les personnes ayant émigré vers la ville envoient de l’argent pour subvenir aux besoins de leur famille élargie, ajoute-t-il.

Concernant les frais de transfert et de retraits, ce directeur des opérations Ecocash souligne que 70% des frais via la téléphonie mobile rémunèrent des agents commerciaux. «Par exemple, si le client paie 10.000 Fbu de frais de transfert, une somme de 7.000 Fbu revient aux agents commerciaux ».

Japhet Kinyua Aritho fait savoir que la BRB et l’ARCT ne sont pas intervenus dans l’établissement des tarifs. «Aujourd’hui, nous ne pouvons pas changer de tarifs sans consulter la BRB et l’ARCT.»

Il fait savoir que les dépôts sont limités : «Ils varient entre 5oo à 5 millions de Fbu par jour.» Et d’indiquer que les limites des dépôts et des transferts permettraient d’éviter le financement du «terrorisme » et le blanchiment des capitaux. Selon lui, plus 90% des dépôts se font dans la ville de Bujumbura.

Les clients non enregistrés sont défavorisés

Selon un responsable à Lumicash qui a voulu garder son anonymat, les limites de dépôts et de transferts servent à la sécurité des fonds des clients. « S’il y a une faille quelconque, il ne faut pas que le client perde un montant énorme ».

Les tarifs de ces téléphonies mobiles montrent que les frais minimaux de transfert varient entre 70 et 100 alors que les frais de transfert maximaux varient entre 4500 et 6400Fbu si le client est enregistré.
Lorsque le client n’est pas enregistré, les frais de transfert varient entre 13.500 et 19. 000Fbu. L’écart des frais se remarque aussi au niveau des retraits, les clients enregistrés paient entre 7.000 et 10.000 Fbu pour un retrait de plus de 400.000 mille Fbu.

D’après l’observatoire du marché des services financiers mobiles offerts par les operateurs de téléphonie mobile fait par l’ARTC au dernier trimestre de l’année 2016, plus le montant transféré est faible, plus les frais totaux (transfert + retrait) sont élevés, en proportion de la somme transférée. Selon cet observatoire, il est toujours plus coûteux d’envoyer de l’argent à un utilisateur non enregistré qu’à un utilisateur enregistré.

La BRB reconnaît une faille du cadre réglementaire

Prosper Ngendanganya : «Il y a une faille au niveau réglementaire. »
Prosper Ngendanganya : «Il y a une faille au niveau réglementaire. »

Selon Prosper Ngendanganya, directeur de la supervision, de la stabilité financière et de l’inclusion à la Banque centrale, les services financiers numériques facilitent les transactions entre la population urbaine et celle du monde rural, et cela permettrait l’inclusion financière de la population exclue du système financier classique. Il reconnaît une faille du cadre réglementant les services financiers numériques offerts par les téléphonies mobiles.

Prosper Ngendanganya se veut rassurant sur la sécurité de fonds des utilisateurs des services financiers des téléphonies mobiles. D’après lui, les téléphonies mobiles disposent de comptes bloqués dans les banques commerciales.

Par ailleurs, nuance-t-il, si une compagnie de téléphonie mobile tombait en faillite, les clients, marchands et les agents commerciaux pourraient récupérer leur argent. Et de préciser que les téléphonies mobiles informent quotidiennement la Banque centrale sur la situation de ces comptes.

Il précise que le projet de loi sur les activités bancaires est en cours de promulgation, il comprendra une séparation des opérations des téléphonies mobiles et des opérations des transferts d’argent.

Forum des lecteurs d'Iwacu

4 réactions
  1. Ado

    Salut!!! Jesus Ado depuis l’Afrique du sud juste une question du savoir si cette entreprise de transfert d’argent peut operer en afrique du sud vers le Burundi?

  2. Heureux nouveau mois,
    Bonjour, même vous tous chers téléspectateurs apprécié la plupart d’entre vous peut croire qu’il est impossible d’obtenir un prêt en ligne de la société de prêt, mais permettez-moi d’utiliser rapidement cette occasion de vous dire que tous vos doigts ne sont pas tous les mêmes ne peut pas Ne jamais être le même juste parce qu’ils sont tombés dans les mains des escrocs ne vous fera pas perdre votre chance cette fois je suis allé à fièrement présenter à une société de prêt bien enregistré et reconnaissable aux États-Unis.

    Cette société de financement d’entreprise a une adresse e-mail bien enregistrée et approuvée que vous pouvez contacter pour l’aide: [email protected]

  3. Mkubwa

    Ce moyen de transfert d’argent par telephone est d’un grand soutien aux utilisateurs. Auparavant, pour ceux ceux qui viennent de l’interieur du pays, on pouvait donner de l’argent a quelqu’un pour pour votre famille et cet argent etait parfois bousié sans toutefois avrriver à destination! Vive les nouvelles technologies.

  4. MANISHA

    Excellent ! Nous entrons dans l’air du temps de l’économie moderne.

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