Mercredi 28 février 2024

Politique

Le Conseil de Sécurité vote pour la présence d’une police onusienne au Burundi

Dans sa résolution 2279 adoptée à l’unanimité ce vendredi 1er avril, le Conseil de sécurité prie le Secrétaire général de l’ONU à lui présenter des options pour le déploiement d’une police onusienne au Burundi.

«Renforcer les capacités des Nations Unies de surveiller les conditions de sécurité, de promouvoir le respect des droits de l’Homme et de faire progresser l’état de droit». Telle sera la mission de cette police onusienne. Le Conseil de sécurité demande à Ban Ki-moon de présenter en consultation avec le gouvernement burundais et en coordination avec l’Union africaine, dès que possible et au plus tard dans les 15 jours, des options en vue de son déploiement.

Autre objectif : la reprise du dialogue inter-burundais. Le Conseil de sécurité veut que Ban Ki-moon affermisse l’engagement de l’ONU au Burundi en renforçant l’équipe de Jamal Benomar, son Conseiller spécial pour la prévention des conflits afin d’œuvrer avec le gouvernement burundais et d’autres parties prenantes concernées en faveur du dialogue inter-burundais « véritable » et « inclusif ». Les quinze prient Ban Ki-moon, grâce aux bons offices de M. Benomar, de soutenir ce dialogue, et d’œuvrer avec la médiation et la facilitation menée par l’EAC.

Sur ce, le Conseil exhorte le gouvernement burundais et toutes les parties prenantes « attachées à une solution pacifique » à coopérer pleinement avec la médiation et la facilitation afin de convenir de toute urgence d’un calendrier et d’une liste de participants en vue de ce dialogue.

Fortes préoccupations

Avant de demander le déploiement de la police onusienne, le Conseil de sécurité a d’abord réitéré sa profonde préoccupation face à la violence au Burundi, à la persistance de l’impasse politique dans le pays et les conséquences humanitaires qui en découlent.

Certes, le Conseil a pris note des informations signalant une diminution du nombre de meurtres. Mais il a exprimé son inquiétude face aux rapports faisant mention de la multiplication des disparitions et des actes de torture.

Il a alors encouragé le gouvernement burundais et toutes les parties à rejeter toute forme de violence et condamne toute déclaration publique incitant à la violence ou à la haine. Et d’exprimer son intention d’envisager des mesures contre tous les acteurs, au Burundi et à l’étranger, dont les actions et les déclarations attisent la perpétuation de la violence et entravent la recherche d’une solution pacifique.

Particulièrement, au gouvernement burundais, le Conseil demande le respect, la protection et la garanti du respect des droit de l’homme et les libertés fondamentales pour tous et à adhérer à l’Etat de droit. Il l’exhorte entre autre à la réouverture les médias encore fermés et à la libération d’autres détenus politiques.

Aux états de la région, les quinze demandent le concours à la recherche d’une solution à la crise au Burundi et les prient de s’abstenir de soutenir les activités des mouvements armés de quelque façon que ce soit.


Quelques réactions

Albert Shingiro, ambassadeur du Burundi à New York

Il salue l’adoption par le Conseil de Sécurité de la résolution 2279 sur la situation du Burundi ; «une résolution bien équilibrée». Il est convaincu que le paragraphe 5 de la résolution parle du dialogue avec seulement les partenaires «non violents et non avec les putschistes».

Pacifique Nininahazwe, un des activistes de la société civile en exil

Il parle d’une résolution votée sur initiative de la France. Pour lui, il y a du flou et la police onusienne risque de ne rien faire au Burundi.

Willy Nyamitwe, conseiller principal en communication du président Nkurunziza.

Il encense «une résolution qui met en valeur la souveraineté du Burundi». Et du même coup, dans une pointe d’ironie, il parle d’un Pacifique Nininahazwe qui «pleurniche après la résolution du Conseil de Sécurité ». 

Une nuance cependant, dans un tweet, M. Nyamitwe souligne que «le gouvernement du Burundi a accepté le déploiement de 200 observateurs des droits de l’Homme et militaires sans armes. Au-delà de ça, NON».

Forum des lecteurs d'Iwacu

6 réactions
  1. Cette France fait la pluie et le beau temps chez les « Bantous », ce peuple de l’Afrique Centrale instrumentalisé par la même France. Ce Conseil de Sécurité des Nations Unies est plus ridicule que jamais. Peut-on encore accuser la Chine et la Russie? Cette France veut couvrir les crimes commis au Rwanda en 1994 et peu importe comment. Comment des pays comme les Etats-Unis et le Royaume Uni peuvent s’aligner sur une piètre décision d’une France coupable d’avoir couvert et soutenu le génocide au Rwanda en 1994? J’invite ceux qui le peuvent à consulter les interventions de Monsieur Tariq Ramadan sur Youtube à propos de l’attitude de la France envers l’Afrique.

  2. Fofo

    Une résolution bien équilibre d’un organe crédible qui ne se laisse pas manipuler par les sentiments et les larme de crocodile!

    • Harerimana pacifique

      Quoi qu’up en soit, nous demandons a tout burundais prise De bonne fois, De s’informer si psrmis des policiers des nations unies figure des Francis. Et so C’est le cas, I’m faut qu’ils soient surveilles De pret, car pour eux old viennent avec autre mission qui leur est assignee.at so jamais I’m y a une perssone tuee slots qu’ils don’t la, I’m faut trier dessus pour les faire Pattie me plus toy possible avant que le mal n’arrive pas a Notre population. Ce que nous voulons, C’est le depart De mujeri at C’est tout.in non entendeur, Sault.

  3. Dibango

    « Il parle d’une résolution votée sur initiative de la France » que veut il dire par ca? Y-t-il un problème si l’initiative vient de la France? Je ne soutients ni le pouvoir en place à Bujumbura ni l’opposition mais je ne sais pas ce que l’opposition attend de ces militaires ou policiers qu’elle reclame vu les actes ignobles dont ces casques bleu sont responsables dans d’autres pays. Le cas de la République Centre Africaine est l’un des exemples. L’opposition dira-t-elle que ces casques bleu sont nécessaire même si ils oblgeraient nos filles et nos soeurs à coucher avec des chiens???? Moi je suis vraimen pour une présence limitée….

  4. kubanankera

    Surtout pas ça, pas ça, dans un Burundi indépendant et souverain. Le Burundi a sa propre police bien expérimentée, pourquoi apporter des intrus qui ne connaissent rien de la situation sur le terrain ? Rappelez vous du Général Roméo Dallair (Canadien) qui est allé à Kigali pour livrer le Rwanda et ne commettez pas la même erreur. Un homme averti en vaut deux. Chers, Burundais, votre détermination commence à porter fruit. L’économie belge est aux abois, les camioneur auxquels la Belgique veux imposer une taxe pour remplacer les fonds qu’elle ne retire plus du Burundi sont décendus dans les rues de Bruxelles. Ne lâchez pas, au contraire, gardez votre bonne position. Vous êtes capables en tout. Le Burundi devrait commencer à imposer une taxe à la juste valeur sur les produits et les matières premières qui transitent sur sont territoire vers la Belgique.

    • Bakari

      @kubanankera
       » L’économie belge est aux abois… »
      Un petit exemple nous aurait convaincu un peu plus sur ce que vous avancez…
      L’économie belge est plus aux abois que quelle autre?

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