Mardi 18 juin 2024

Editorial

La vie chère de plus en plus chère

17/05/2024 5

Les incompréhensions sont profondes. La hausse constante des prix dans le panier de la ménagère devient un sujet de préoccupation majeure pour de nombreuses familles. Les consommateurs voient et décrient l’augmentation exponentielle des prix. La plainte retentit de toutes parts.

Par Léandre Sikuyavuga
Directeur du groupe de presse Iwacu

L’inflation atteint des proportions élevées. Le cas du sel, un produit qui varie très rarement, est sur toutes les lèvres. Selon les commerçants, un kilo est vendu à 2 000 BIF alors qu’il était à 1 200 BIF il y a un mois, une situation qui étonne les commerçants et les consommateurs. Entre l’augmentation des prix des denrées alimentaires, des produits de première nécessité et des services essentiels, le pouvoir d’achat des ménages est mis à rude épreuve. Cette inflation généralisée menace l’équilibre financier des foyers et soulève des interrogations sur les causes profondes de cette flambée des prix. « La cherté de la vie relève de la carence des devises… La pénurie du carburant qui persiste aggrave la cherté de la vie‚ car les commerçants dépensent beaucoup d’argent pour le transport des biens. » Ces explications des organisations qui défendent les droits des consommateurs semblent être simplistes et ne parviennent pas à convaincre ces derniers.

Entre-temps, la spéculation s’invite. Face à la carence des boissons Brarudi, chacun fixe le prix comme beau lui semble. Les tenanciers des bars dénoncent d’énormes manques à gagner, les consommateurs déplorent des spéculations faites sur ces produits. « La grande Amstel peut être vendue à 10 mille francs, l’Amstel royale à 5 mille francs dans des bars des quartiers populaires ». A cause de la pénurie du carburant, le transport des biens et des personnes est plus ou moins paralysé, la spéculation empire la situation. « Un bidon d’essence de 20 litres sur le marché noir peut se vendre à 300 mille francs. La loi en matière de transport n’est pas respectée. Les camions transportent des dizaines de personnes sans assurance, les taxis-voitures n’hésitent pas à transporter un nombre de personnes qui excède leurs capacités. La situation semble dépasser l’administration et la police. »

Les citoyens attendent une initiative gouvernementale de nature à ramener les prix à leur pouvoir d’achat. Un remède à une maladie exige un diagnostic. Il y a nécessité de faire face à cette cherté de la vie, analyser sans faux fuyant, avec lucidité, les vraies causes et formuler des mesures concrètes pour endiguer la spirale inflationniste. Certains analystes suggèrent par exemple la mise en place par le gouvernement d’un groupe de travail chargé de proposer, à court terme, des solutions visant à atténuer l’inflation et à soutenir le pouvoir d’achat des populations. Le président de l’Association burundaise des consommateurs (Abuco) demande au gouvernement de renoncer aux taxes sur certains produits, notamment les produits alimentaires pour soulager les populations à faible revenu et appelle l’administration à être vigilante quant aux éventuelles spéculations.

A l’occasion de la fête des travailleurs, le 1er mai 2012, le Chef de l’Etat d’alors a annoncé la veille un train de mesures destinées à lutter contre la vie chère et qui devraient entraîner de fortes baisses des prix. Les taxes allaient être suspendues sur 13 produits de base. Les principaux syndicats du pays qui avaient appelé à saisir l’occasion pour manifester contre la cherté de la vie ainsi que la société civile ont apprécié les annonces du pouvoir.

Aujourd’hui, de telles mesures permettraient de soulager la population et diminueraient les tensions sociales.

Forum des lecteurs d'Iwacu

5 réactions
  1. Samandari

    Le probleme de super inflation est le résultat de la gestion cataclysysmique, abyssale du Burundi depuis 2005. Je donne 3 exemplesparmi d autres. Un ministre donne le 1er Juillet un etage au pays. Il est officiellement honoré le 1er Juillet. Nul ne pose la question , pourquoi est il si magnanime? A t il hérité la maison de ses parents? Un barrage entier est mangé par une poignée de gens. Aucun n est emprisonné.
    La culture de l’avocatier est confiée pendant 5 ans a la presidence. sous d autres cieux, cela releve du ministere de l Agriculture.
    On recolte ce qu on seme

  2. Kabizi Pawulo

    Le Burundi est en pleine crise économique depuis plus de trois ans: la cherté de la vie accompagnée par la rareté des produits essentiels dont les Burundais ont besoin, notamment les devises. La pénurie de ces dernières engendre des conséquences collatérales dont la énormes. Dans tous les secteurs. Le mot qui est sur toutes les lèvres: « Turarushe », On est fatigué. Cela traduit un grand malaise social.

  3. Jean Pierre Hakizimana

    L’inflation/hyper inflation est un phénomène du politique monétaire. Trop de quantité d’unités et d’argent chassant une quantité bien définie de biens & services. le prix d’unité d’argent d’un pays, en tant que tell ne dit pas grand chose. Il faut tjrs le comparer aux celles d’autres pays. Surtout ceux avec qui, un pays a des relations économiques (Exportations & importations). La preuve, essayez de convertir le prix d’une bière en US$ en utilisant le taux du marché (noir) et vous aller remarquer que les prix sont plus ou moins stable.

    Si le Burundi exportait de biens & services, au moins ceci rendrait ces derniers compétitifs sur les marchés internationaux. Hélas, remarquez que même le cultivateur caféier Burundais, à cause de politique de confiscation de son effort via un system profondément corrompu, a arrêter de nourrir le mammouth.

    Comme dit @Clayton, je ne vois pas le president inquiet car il vit dans un autre monde. D’ailleurs, il mange bien à sa fin et même au delà. J’ai l’impression qu’il croit que faire fonctionner la planche a billet, raconter toujours les mêmes histoires, finiront par fonctionner. Mais, vous remarquerez que cela fait presque 20 ans qu’ils sont au pouvoir. Si cette politique fiscale (empreinter via l’imprimerie du FIB) n’a pas fonctionner les derniers 19 ans, on peut en déduire/spéculer que il en sera de même l’année prochaine. Si pas pire. Surtout quand on a les mêmes gens au commande du pays.

    N’oubliez, jamais que la monnaie dite « FIAT » tire sa valeur sur la confiance. Si vous voulez savoir comment cela fini, aller voir le projet Zimbabwe. A un certain moment, un simple café coutait des millions de $ Zimbabween.

    La question que je pose tjrs est celle ci: Est ce que Mr le président a des conseillers économiques? Que disent ils? C’est quoi leur plans? J’aurai aimé que Iwacu-Burundi.org essaye de parler a ces gens et nous informer ce qu’ils pensent.

    Au fond, j’ai remarqué que le Burundais Lamda n’est pas du tout bien informé. Il/elle prend la vie comme elle vient, du jour au jour, comme une forme de fatalité. Il/elle croit énormément à Dieu et le gouvernement.

  4. Claypton

    A lire la presse Burundaise et à écouter les Burundais Lambda , on se demande SI on parle du même pays dont Le Président Ndayishimiye parle …. Lui nous décrit un pays paradisiaque , jalousait par certains voisins qui vivraient sous la dictature et aimeraient venir manger Le mukeke au bord DU lac Tanganyika. UNE armée qui serait entrain de mettre la raclée au M23 alors que Les infos du terrain disent Le contraire etc…. J oses croire que mes frères Burundais ne sont pas dupes.

  5. hakizimana jean capistran

    La cherte de la vie devient une situation qui perdure de telle sorte qu’il faut s’en accomoder et accepter de vivre avec. Mlheureusement, quand tous les biens de premiere necessite deviennent trop chers, la consequence facheuse et que les citoyens depensent tout le peu qu’ils ont et ne peuvent plus faire des economies ni des projets de developpement. Au finish, c’est toute l’economie du pays qui en souffre. D’aileurs, toutes ces activites economiques qui tournent au ralenti ne presagent rien de bon pour les recettes fiscales de l’Etat et je pense que les services qui disposent des statistiques devraient tenir A en informer les decideurs du pays pour qu’ils cherchent les voies et moyens de solutionner cette situation.

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