Mercredi 29 mai 2024

Editorial

Pour plus de transparence dans nos exportations

10/05/2024 4
Pour plus de transparence dans nos exportations

Le manque à gagner est énorme : « Plus de quarante millions dollars sont détournés chaque année dans la vente du café ». Ce constat glaçant d’un montant colossal malignement subtilisé est celui du Chef de l’Etat, Evariste Ndayishimiye, lors de la récente rencontre avec les intervenants dans ce secteur à Ngozi. Il a déploré également la présence de multiples intermédiaires ou commissionnaires : « Il est incompréhensible que le café du Burundi soit vendu à 3,6 dollars le kg alors que celui des autres pays de la région se vend entre 7 et 8 dollars le kg ». Aux grands maux, les grands remèdes : il a promis de saisir la justice pour châtier les inciviques. Aussi a-t-il instruit à l’inspection générale de l’Etat de mener une enquête sur les irrégularités qui s’observent à l’Office du développement de la filière café au Burundi (ODECA) en vue de transmettre le dossier devant les instances habilitées pour le suivi. Une commission ad hoc de la présidence sera chargée de contrôle et suivi-évaluation et lui fournira un rapport chaque mois. Des comités chargés du suivi de la filière café, depuis la colline jusqu’à la province vont être mis sur pied et produiront des rapports mensuels. Par ailleurs, les mêmes malversations et détournements se font dans le secteur du thé et du coton, au grand dam du producteur. « Les détournements sont inqualifiables. Le coton est acheté à 550 BIF chez le producteur. Il est vendu à 6 700 BIF à l’usine AFRITEXILE. C’est ridicule et inadmissible. »

Le café et le thé burundais jouissent, pour leur qualité, d’une réputation qui dépasse les frontières du pays. Pourquoi le Burundi ne parvient-il pas à assurer un prix concurrentiel de ces cultures de rente, principales sources de devises, par rapport à celui offert par les pays de la région ? Pourquoi les cultivateurs qui peinent à produire ne sont pas encouragés ? « C’est à causes de certaines pratiques opaques », analyse le professeur Patrice Ndimanya. Cela conduit au désintéressement de ces cultures, à la fraude. Par ricochet, c’est un manque à gagner au trésor public. Dans une enquête menée par Iwacu sur la vente frauduleuse du café au Rwanda par la Kanyaru, il a été constaté que ce sont de riches commerçants qui font la fraude. « Après expédition de la marchandise, ils rejoignent légalement le Rwanda par la douane et vont attendre la marchandise de l’autre côté de la Kanyaru. » La production de ces cultures semble évoluer en dents de scie. Selon les statistiques, la production moyenne annuelle de café marchand dans les années 1990 tournait autour de 30 mille à 35 mille tonnes. Aujourd’hui, c’est à peine que l’on parvienne à avoir 14 mille tonnes.

Le gouvernement burundais a la volonté de redynamiser les cultures de rente, en l’occurrence le café et surtout essayer de mettre la transparence dans leur exportation. C’est une très bonne chose. L’appel semble être entendu. Au moment où nous mettons sous presse, une lettre d’invitation à la « Table ronde des exportations » tombe dans mon bureau. « Sous le Haut Patronage de la plus haute autorité… cette journée nationale sera l’occasion de réfléchir et d’échanger concrètement sur la situation actuelle, les obstacles et les opportunités liés à l’exportation à partir du Burundi ».

J’ose espérer que la promotion de la bonne gouvernance et la transparence, la traçabilité et la certification des exportations seront au centre des échanges.

Forum des lecteurs d'Iwacu

4 réactions
  1. Hih

    cela commence à bien faire
    Le président est au pouvoir depuis 4 ans
    En 4 ans que de promesses non tenues,
    que de colloques , plutôt des grands messes qui toutes tournent à rien
    la population n y croit plus
    Votre gouvernement est un… ( Censuré car insulte)
    ils nous mène uniquement à la faillite à exemple de la Brarudi
    jamais 2940)2060

  2. Samandari

    Je suis désésperé de voir que nous sommes partout derniers.
    On récolte ce qu’on sème

  3. Kibinakanwa

    Ivyo vyabaye abatware Bari hehe?
    iyo filière nta mushikirangaji ayitwara?

  4. Maningo Jean claude

    Si le chef de l’Etat connaît ceux qui trichent au niveau des exportations, pourquoi ne pas les arrêter et les traduire en justice. Il fait la loi et les rois, nomme et dégomme. Pourquoi ne pas utiliser les pouvoirs que lui confère la Constitution. Je n’arrive pas à comprendre. Le cas du barrage de Mpanda me fait toujours tourner la tête.

Charte des utilisateurs des forums d'Iwacu

Merci de prendre connaissances de nos règles d'usage avant de publier un commentaire.

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, diffamatoires ou injurieux, appelant à des divisions ethniques ou régionalistes, divulguant des informations relatives à la vie privée d’une personne, utilisant des œuvres protégées par les droits d’auteur (textes, photos, vidéos…) sans mentionner la source.

Iwacu se réserve le droit de supprimer tout commentaire susceptible de contrevenir à la présente charte, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois, promotionnel ou grossier. Par ailleurs, tout commentaire écrit en lettres capitales sera supprimé d’office.

Ajouter un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.