Politique

La «nyakurisation», son œuvre?

28/11/2016 Fabrice Manirakiza 1

«Cela signifie qu’il n’y aura pas de dialogue, car c’est un homme qui s’est illustré par des pratiques visant à diviser et à casser les partis d’opposition et la société civile», avait déclaré Chauvineau Mugwengezo quand Edouard Nduwimana est reconduit en 2010 comme ministre de l’Intérieur.

M. Nduwimana(à gauche) se rend à la RPA pour fermer ce médium
M. Nduwimana(à gauche) se rend à la RPA pour fermer ce médium

Durant tout son mandat en tant que ministre de l’Intérieur, il a été toujours accusé d’être l’artisan de la «Nyakurisation» des partis politiques comme le Fnl d’Agathon Rwasa, l’Uprona, le Frodebu et l’Upd-Zigamibanga, en donnant leurs directions à des militants proches du parti au pouvoir. Le ministre Nduwimana va aussi reconnaître sinon nommer Emmanuel Miburo, « successeur » d’Agathon Rwasa à la tête des FNL, comme chef de l’opposition extraparlementaire. Ce que l’opposition qualifiera de coup de poignard. Elle qui estimait que c’est à elle de se choisir un chef.

Sous le règne d’Edouard Nduwimana, la société civile n’a pas eu la vie facile. Au début de l’année 2013, Edouard Nduwimana informe les organisations de la société civile que, à partir du mois de mars 2013, son ministère va mener une vérification administrative et financière concernant leurs fonctionnements. « Nous ne serons là que pour vérifier le respect de la bonne gouvernance que vous prônez à longueur de journée », a lancé M. Nduwimana.

Les organisations de la société civile montent aux créneaux. Elles indiquent que cette inspection financière n’a ni base légale, ni juridique. De la «nyakurisation» des partis politiques, on l’accusera de «nyakuriser» la société civile par la création d’une société civile pro-Cndd-Fdd.

Les journalistes n’ont pas été épargnés. Il se déclare contre les manifestations hebdomadaires des journalistes en soutien à Hassan Ruvakuki. Il les qualifie d’illégales, mais sa dispersion dans la violence, en février 2013, était, pour lui, légale.

Novembre 2014, s’adressant aux représentants des confessions religieuses, il a mis en garde certains médias accusés d’exagérer les faits avec pour conséquence de semer la panique au sein de la population en insistant sur les informations liées à la sécurité. Le 27 avril 2015, il était aux premières loges pour fermer la Radio publique africaine (RPA).

De bourdes en bourdes

Devant les adeptes de Zebiya, il tient des propos qui ont choqué plus d’un
Devant les adeptes de Zebiya, il tient des propos qui ont choqué plus d’un

La liste des bourdes de M. Nduwimana est longue. Citons quelques-unes des plus emblématiques. En 2013, alors que le Marché central de Bujumbura est parti en fumée et que les commerçants pleurent leurs biens, la déclaration de Nduwimana sur cette tragédie suscite indignations et interrogations.

Devant l’Assemblée Nationale, lors d’une séance de questions orales, Edouard Nduwimana porte l’estocade au grand dam des Burundais: « Pour ceux qui croient en Dieu, la chance peut naître des entraves qui vous ligotent. Peut-être que Dieu veut que l’on ait un marché de qualité dans le pays. » En déclarant que l’incendie du marché était d’origine divine, il tourne le couteau dans la plaie de plusieurs Burundais, avec un cynisme abject.

Deux mois après, il récidive. Les propos qu’il tient à Businde, le 12 mars 2013, dans sa province natale de Kayanza, indignent plus d’un: « Vous avez voulu des martyrs, les voici !», Et cela devant les dépouilles fraîches de sept adeptes d’Euzébie Ngendakumana, alias Zebiya, tués par la police. Plusieurs hommes politiques et membres de la société civile ont condamné ces propos. Il finira par s’excuser.

Forum des lecteurs d'Iwacu

1 réaction
  1. KABAMBA Caritas

    La République a aujourd’hui 50 ans ( un demi siècle). Le cinquantenaire nous trouve avec des institutions de farce comme celle de l’Ombudsman avec le fossoyeur des partis politiques à la tête.

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