Vendredi 26 février 2021

Santé

Journée Kira médicale : la prise en charge des urgences au centre des préoccupations

19/02/2018 Chanelle Irabaruta 1

Il n’y a pas la formation de médecins urgentistes au Burundi, a déclaré Docteur Christophe Sahabo, directeur de Kira Hospital, ce vendredi 16 février. C’était lors de la 3ème édition de la journée Kira médicale, organisée au mois de février de chaque année.

Christophe Sahabo : «L’environnement socio-culturel est l’un des obstacles à l’amélioration des soins de santé ».

Selon lui, parmi les 8 généralistes que compte son staff, seulement deux pourront poursuivre leurs spécialisations en médecine des urgences proprement dites. «Notre pays compte au total 60 spécialistes et plus de 150 prestent à l’étranger».

Et de renchérir que l’environnement socio-culturel ne rime pas avec l’amélioration des soins de santé. «Les burundais continuent de croire que les soins de santé sont gratuits. C’est faux, les vrais soins coûtent chers ». Cet état d’esprit est l’un des obstacles à l’amélioration des soins de santé. Il appelle les gens au paiement.

Aujourd’hui, soutient-il, les consultations au Burundi sont les moins chers comparativement au reste du monde. «Avec 3 $, vous avez un spécialiste mais en Suisse, par exemple c’est plutôt avec 120$».
M. Sahabo estime que toute la population devrait avoir une carte d’assurance-maladie ou une mutualité. Sinon, insiste-t-il, la gratuité des soins implique la médiocrité.

Docteur Isaac Minani, directeur général des soins de santé et de lutte contre le Sida au Ministère de la Santé Publique, affirme que le problème de prise en charge des urgences médico-chirurgicales est une réalité dans tous les hôpitaux du Burundi.

Mais, tient-il à souligner, il y’a une loi qui stipule que tout accidenté de la voie publique doit bénéficier des soins d’urgence pendant les premières 48 heures sans lui exiger de caution. «Cependant, le patient doit payer après des frais de soins puisque cet hôpital doit continuer à fonctionner».
Le Docteur Minani déplore que les gens qui bénéficient de cette mesure, des fois n’arrivent pas à payer. «Cela crée un manque à gagner pour cette structure de santé ».

Et d’assurer que son ministère envisage la constitution d’un fonds d’urgence pour la prise en charge de grandes urgences de la voie publique.
Signalons que le thème de cette année était la prise en charge des urgences médico-chirurgicales au Burundi.

Forum des lecteurs d'Iwacu

1 réaction
  1. citoyen

    “Avec 3$ vous avez un spécialiste, mais en Suisse, par exemple c’est plutot avec 120$”, dit Docteur Sahabo.
    Il est vrai que personne ne peut soutenir des soins de santé gratuits sans compensation, mais non plus le revenue d’un Burundais et d’un Suisse ne sont pas comparables.
    Le Ministère de la solidarité devrait trouver des mécanismes de veritable solidarité de telle sorte que aucun Burundais ne puisse mourir pour défaut de soins de santé par incapacité financière, et de telle sorte que aun hospital ne puisse subir une banqueroute ou faillite( selon son statut), pour avoir rendu des services aux indigents.

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