Lundi 15 juillet 2024

Politique

Interview exclusive avec S.E Sghair M’Bareck Said : « Eduquer un Africain adapté au 21e siècle : Construire des systèmes éducatifs résilients …»

31/05/2024 Commentaires fermés sur Interview exclusive avec S.E Sghair M’Bareck Said : « Eduquer un Africain adapté au 21e siècle : Construire des systèmes éducatifs résilients …»
Interview exclusive avec S.E Sghair M’Bareck Said : « Eduquer un Africain adapté au 21e siècle : Construire des systèmes éducatifs résilients …»
S.E Sghair M’Bareck Said, Haut Représentant de l’UA pour la région des Grands Lacs/Chef du Bureau de Liaison du Burundi.

Le 25 mai de chaque année, les États membres de l’UA célèbrent la journée de l’Afrique. Au Burundi, cette célébration est annuellement et conjointement organisée avec le Groupe diplomatique des pays africains accrédités au Burundi. Que retenir de cette journée par rapport au thème de cette année 2024 centré sur l’Éducation ? Quelles sont les engagements du Bureau de l’UA au Burundi dans la région des Grands Lacs ?… Rencontre avec S.E Sghair M’Bareck, Haut Représentant de l’UA pour la région des Grands Lacs/Chef du Bureau de Liaison du Burundi.

Excellence Monsieur le Haut Représentant de l’UA pour la Région des Grands Lacs, quel bref aperçu historique de la formation de l’Union Africaine en 1963, et quel étaient les objectifs au départ de l’OUA ?

C’était le 25 mai 1963 à Addis-Abeba, en Éthiopie, quand les 32 États africains qui avaient accédé à l’indépendance à l’époque ont convenu de créer l’Organisation de l’unité africaine (OUA). Plus tard, 21 autres membres se sont joints progressivement, atteignant un total de 53 au moment de la création de l’UA en 2002 à Syrte en Lybie.

Objectifs de l’OUA : A la création de l’OUA, les principaux objectifs étaient de débarrasser le continent des derniers vestiges de la colonisation et de l’apartheid, plus particulièrement :
1) Promouvoir l’unité et la solidarité des États africains ;
2) Coordonner et intensifier leur coopération et leurs efforts pour parvenir à une vie meilleure pour les peuples d’Afrique ;
3) Défendre leur souveraineté, leur intégrité territoriale et leur indépendance ;
4) Éradiquer toutes les formes de colonialisme d’Afrique ; et
5) Promouvoir la coopération internationale, dans le respect de la Charte des Nations Unies et de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

S’agissant de la célébration de la journée de l’Afrique au Burundi, qu’est ce qui a motivé ou inspiré votre bureau d’en organiser à Bujumbura ?

La célébration de la Journée de l’Afrique le 25 mai 2024 au Burundi, est organisée par le Groupe des ambassadeurs africains en collaboration avec le Bureau de l’union Africaine au Burundi, dans le but de sensibiliser le public et les médias en améliorant leur connaissance de l’union africaine et du thème de l’UA de cette année consacré à « Éduquer un Africain adapté au 21e siècle : Construire des systèmes éducatifs résilients pour un accès accru à un apprentissage inclusif, tout au long de la vie, de qualité et pertinent en Afrique ». Dans le contexte du 20e anniversaire du Conseil de paix et de sécurité de l’UA de 2004 à 2024.

Il s’agit de l’occasion pour nous de sensibiliser davantage sur l’organisation continentale et de permettre au public de mieux comprendre la vision continentale, les activités et la transformation depuis l’OUA en UA ; ainsi que le rôle collectif de tout un chacun en tant que citoyen africain, qui consiste à s’approprier et diffuser la vision de l’UA telle qu’inscrite dans l’Agenda 2063.

Dans le cadre de cette célébration, il a été organisé une mini-exposition par les Ambassades africaines en plus de la CEEAC et la CIRGL, suivie d’une Conférence de haut niveau animée par le Ministre de l’Education du Burundi avec les ambassadeurs africains. Cette conférence de haut niveau fait partie de l’approche, axée sur la visibilité des activités de l’Union Africaine, tant par les États membres via leurs ambassades respectives et par la Commission à différents niveaux en collaboration avec les Communautés Economiques Régionales et les Mécanismes Régionaux.

Une partie importante a été également consacrée au partage d’expériences sur la mise en œuvre du thème de l’UA pour l’année 2024, y compris des sessions sur les meilleures pratiques dans le domaine de l’engagement en matière de paix et de sécurité dans le contexte du Conseil de paix et de sécurité.

Objectifs généraux : Cette conférence de haut niveau vise à :

* Renforcer le dialogue entre la CUA et la communauté diplomatique du pays hôte d’une part, et d’autre part avec l’opinion publique et les médias burundais en faisant connaître le fonctionnement de l’Union africaine en matière de paix et de sécurité, son architecture de paix et de sécurité, ainsi que ses composantes essentielles de la prévention et de la résolution des crises, comme le prévoit l’Agenda 2063.
* Fournir des informations fiables au public et aux journalistes travaillant sur les questions de paix et de sécurité sur le continent, et mieux les outiller pour comprendre et traiter cette question très complexe à partir de sources fiables ;
* Contribuer à une meilleure compréhension des différents organes de l’UA, de ses instruments et de la Vision Continentale
* Éclairer le public à travers l’exposition des ambassades et des communautés et mécanismes économiques régionaux, sur le travail des États membres africains dans la mise en œuvre du thème de l’année dans le contexte du 20e anniversaire du CPS de l’UA,
* Contribuer à l’enracinement d’une culture de paix dans les médias africains opérant au Burundi et diffuser la Vision continentale inscrite dans l’Agenda 2063.

Le thème de cette année était centré sur l’Éducation : Comment reflet-t-il les priorités de l’Union africaine selon l’Agenda 2063 ? Y-a-t-il des initiatives spécifiques permettant à l’UA de faire face aux défis liés à l’éducation dans les Etats Africains ?

Le contexte de ce thème pour l’année 2024 de l’UA repose sur le fait que « L’éducation reste un droit humain fondamental tel que souligné dans l’article 26 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, l’article 28 de la Convention relative aux droits de l’enfant et l’article 11 de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, qui soulignent la nécessité pour les États parties de fournir une éducation de base gratuite et obligatoire. Dans les deux premiers paragraphes, sous la section « Engagements », les dirigeants africains ont déclaré : « Nous réitérons nos engagements et notre appel à tous les États membres de l’UA :
a. Œuvrer à la réalisation de la Stratégie continentale d’éducation pour l’Afrique 2016 à 2025 et des objectifs liés à l’éducation des objectifs de développement durable, en particulier l’ODD 4.
b. Plaider pour que l’éducation soit le thème de l’année 2024 de l’UA et pour la mise en œuvre de l’appel du Secrétaire Général de l’ONU à transformer l’éducation à l’échelle mondiale.

C’est dans ce contexte que la proposition de choisir l’éducation comme thème de l’année 2024 a été soumise pour examen et adoption par le sommet des Chefs d’Etats lors de sa 36ème session ordinaire de février 2023.

Que peut-on retenir de l’anniversaire du conseil de paix et de sécurité de l’UA qui totalise 20 ans cette année ?

Les invités de marque lors des cérémonies

Le CPS de l’UA a été mis en place en 2004. Effectivement, pour marquer ces 20 ans d’existence du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, Ce 25 Mai 2024, il s’est tenu à Dar es Salam en Tanzanie à l’occasion de la Journée de l’Afrique, le 20eme anniversaire, marqué par l’organisation du Colloque Anniversaire de Haut niveau des Chefs d’Etats et de Gouvernement. Anniverssaire placé sous le Grand thème « 20 ans du CPS de l’UA en tant qu’organe décisionnel permanent : les deux prochaines décennies de la paix et de la sécurité que nous voulons en Afrique ». Il a été sanctionné par l’adoption de la “Déclaration de Dar Es Salaam”.

Dans cette « Déclaration de Dar Es Salaam », le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) a réaffirmé son engagement « au respect des principes consacrés dans l’acte constitutif, les conventions et protocoles de l’UA, à savoir le respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté des États, ainsi que la non-ingérence d’un État dans les affaires intérieures d’un autre État », la primauté du Conseil de sécurité de l’ONU qui a la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales, et le lien entre la paix, la sécurité, la stabilité et le développement.

Le CPS de l’UA a en outre souligné la nécessité de forger une coopération et un partenariat plus étroits entre les Nations Unies, d’autres organisations internationales et l’UA, dans la promotion et le maintien de la gouvernance, de la paix et de la sécurité en Afrique. Il a souligné la nécessité pour les États membres de l’UA de continuer à renforcer davantage les institutions de gouvernance, d’accélérer les programmes de développement socio-économique, de s’attaquer de manière globale aux causes profondes et structurelles des conflits, réaffirmant dans ce sens le lien entre la paix, la sécurité, la stabilité et le développement.

Depuis quand le Bureau de l’UA est au Burundi ? Quelle est le mandat actuel de votre Bureau et comment l’UA contribue-t-elle à la consolidation de la paix dans la région des Grands Lacs ?

L’union africaine est présente au Burundi depuis l’époque de l’OUA. C’est en 1994 que le Bureau a été créé après la décision du sommet tenu au Caire du 7-8 Décembre 1993 pour une « MISSION INTERNATIONALE DE PROTECTION & D’OBSERVATION POUR RETABLIR LA CONFIANCE AU BURUNDI ». C’était pour donner suite à la demande du gouvernement burundais, sous le leadership de l’ancien président S.E Sylvestre Ntibantunganya, encore en vie.

Initialement le mandat du bureau était de :
a) Contribuer au rétablissement de la confiance au Burundi ;
b) Œuvrer à la promotion du dialogue entre le Gouvernement, les composantes sociales, politiques, civiles et militaires en vue de contribuer à la restauration d’un climat de confiance et à la création de conditions de paix, de sécurité, de stabilité et d’entente dans le pays ;
c) Faciliter le processus de réconciliation nationale en général.

Ce mandat fut ensuite prolongé de juin 1994, en décembre 1994, puis en mars 1995 et en juin 1995, jusqu’aujourd’hui.

En 1996 les mandats changent de MIOB à AMIB : Mission Africaine au Burundi, puis AULO Burundi et maintenant AULO Grands Lacs & Burundi, après la signature de l’Accord-cadre pour la Paix, la Sécurité et la Coopération pour la RDC et la Région, connu comme Accord-Cadre d’Addis Abeba en février 2013.

La mission Bureau de Liaison de l’UA au Burundi s’est étendue au-delà de sa contribution au processus de paix et de reconstruction du Burundi, pour s’occuper également de la Région des Grands Lacs.

Actuellement, Sous la direction du Haut Représentant de l’UA pour la région des Grands Lacs qui est également Chef du Bureau de liaison de l’UA pour la région des Grands Lacs, le Bureau de Union Africaine coordonne avec le Bureau de l’Envoyé Spécial de l’ONU dans les Grands Lacs à Nairobi, les activités du Secrétariat régional de l’Accord-Cadre d’Addis Abeba et co-préside les organes du Mécanisme Régional de Suivi, notamment, le CAT-Comité d’Appui Technique, le Groupe de contact et de coordination (GCC) sur les mesures non militaires complémentaires aux opérations militaires visant à neutraliser les forces négatives et les groupes armés dans la région, avec le soutien d’autres institutions Garantes de cet Accord-Cadre, dont la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

C’est depuis le 23 février 2015, lors de sa 488ème réunion tenue à Addis-Abeba, que le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA a décidé d’ajuster le mandat du Bureau pour lui permettre de contribuer davantage aux processus de paix dans la région et de mise en œuvre des instruments de l’Architecture Continental pour la Paix et la sécurité en Afrique (APSA) afin de soutenir plus efficacement les efforts des pays de la région à travers :

(i) un suivi de la situation globale dans la région des Grands Lacs,
(ii) un appui au processus de mise en œuvre des différents aspects du cadre du CPS, y compris la coordination des activités pertinentes des autres Missions de bons Offices de l’UA sur le terrain dans la région, et
(iii) Une coordination permanente avec la CIRGL, la SADC, ainsi qu’avec l’ONU, l’UE et les autres partenaires multilatéraux et bilatéraux concernés ;

En résumé, le mandat de l’UA dans la région est de :

* Soutenir les activités du Secrétariat Exécutif de la CIRGL dans la mise en œuvre des dispositions du Pacte, notamment celles relatives aux questions de paix et de sécurité, ainsi qu’à l’intégration régionale, en tant que stratégie de prévention structurelle des conflits,

* Soutenir les efforts de prévention et de résolution des conflits et des crises, ainsi que de reconstruction post-conflit entrepris par la CIRGL et son Secrétariat exécutif,

* Promouvoir les positions de l’UA sur les questions d’intérêt commun avec la CIRGL et mettre en œuvre les décisions des organes compétents de l’UA, y compris le Conseil de paix et de sécurité.

* Travailler en étroite collaboration avec le Gouvernement de la République du Burundi dans la mise en œuvre de l’Accord d’Arusha sur le Burundi, les autres États membres de la Région des Grands Lacs, les Envoyés et représentants Spéciaux du Secrétaire Général des Nations Unies dans la Région des Grands Lacs; les agences Onusiennes et d’autres missions diplomatiques, la Délégation de l’Union Européenne, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) ainsi que d’autres membres de la Communauté Internationale accrédités au Burundi et dans la Région des Grands Lacs.

* Faire le suivi de la situation socio-politique, sécuritaire et économique au Burundi, maintenir un dialogue constant avec les autorités et les autres acteurs du pays pour l’amélioration de la situation, et faire régulièrement rapport au Président de la Commission.

* Apporter le soutien nécessaire aux efforts du gouvernement burundais pour consolider la paix et renforcer la reconstruction et le redressement socio-économique

* Faciliter, le cas échéant, le suivi et la mise en œuvre dans la région des instruments pertinents de l’UA relatifs à la prévention des conflits et du Génocide, à la consolidation de la paix et à la reconstruction post-conflit, au programme frontalier de l’UA, à la démocratie, aux Droits de l’Homme et à l’État de droit, du désarmement, de la lutte contre le terrorisme et d’autres questions pertinentes.

* Soutenir le travail du CPS et de la Commission de l’UA en informant et en produisant des rapports et des données au système continental d’alerte rapide (CEWS) par le biais du rapport d’alerte et des rapports de situation (SitRep) ; sur les crises, les conflits et autres développements pertinents dans la région et en faisant le suivi de la mise en œuvre des décisions du CPS aux niveaux national et régional. Le bureau de liaison fournit des données Le mandat du Bureau de liaison de l’UA pour la région des Grands Lacs basé au Burundi :

Que peut-on retenir de la Zone de Libre Echange Continental Africaine (ZLECAf) de l’UA, et comment vas t- elle booster le commerce intra-africain, la libre circulation des personnes et des biens en Afrique ?

Photo de famille après les cérémonies de la Journée de l’Afrique

La ZLECAf est l’un des projets phares de l’Agenda 2063 : pour l’Afrique que nous voulons. Il s’agit du plus grand marché commun au monde qui rassemble à lui seul 55 pays de l’Union Africaine réunies dans 8 Communauté Economiques Régionales afin d créer un seul et unique marché du continent africain.

C’est un Accord commercial très ambitieux, avec une portée globale qui inclut, entre autres, des domaines critiques de l’économie africaine, tels que le commerce numérique et la protection des investissements. En éliminant les obstacles au commerce en Afrique, l’objectif de la ZLECAf est de stimuler considérablement le commerce intra-africain, en particulier le commerce des produits à valeur ajoutée et le commerce dans tous les secteurs de l’économie africaine.

L’objectif principal est d’Accélérer le commerce intra-africain et renforcer la position commerciale de l’Afrique sur le marché mondial. A ce titre, la ZLECAF vise à accélérer de manière significative la croissance du commerce intra-africain et à l’utiliser plus efficacement en tant que moteur de la croissance et du développement durable, en doublant le commerce intra-africain, renforçant ainsi la voix commune de l’Afrique et sa marge de manœuvre dans les négociations commerciales mondiales.

Comment les africains de partout peuvent saisir les opportunités qu’offre la ZLECAf pour une Afrique prospère ?

Il faut retenir que grâce à la ZLECAF, les pays africains peuvent devenir des compétiteurs mondiaux et bénéficier de la ZLECAf en investissant dans des infrastructures essentielles, en promouvant l’innovation et la technologie.

Cependant, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) reste une lueur d’espoir pour l’Afrique, offrant des opportunités significatives pour les entreprises à travers le continent, en l’occurrence la Région des Grands Lacs.

D’ailleurs, il s’est tenu récemment au Cap, en Afrique du Sud, du 16 au 19 avril dernier, un forum commercial de la ZLECAf, qui a rassemblé plus de 1.000 décideurs politiques, chefs d’entreprise et acteurs clés pour discuter du potentiel de cette initiative ambitieuse. Ce forum s’est déroulé à un moment où la confiance dans le régime commercial multilatéral s’effrite et où l’on s’inquiète de plus en plus de la répartition inégale des avantages et des charges, de l’inefficacité du processus décisionnel, de la perte de souveraineté et de la politisation de la gouvernance mondiale.

On peut retenir que le débat en cours sur l’efficacité du multilatéralisme, en particulier face aux changements économiques et géopolitiques mondiaux, souligne l’importance de trouver des solutions nationales aux problèmes nationaux et continentaux. A ce titre, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) reste une lueur d’espoir pour les pays africains, offrant des opportunités significatives pour les entreprises à travers le continent.

Dans ce contexte, il est plus que jamais nécessaire de poursuivre le concept panafricaniste d’un marché unique africain, qui créerait un marché continental de plus 1,5 milliard de personnes avec un PIB combiné de 3. 400 milliards de dollars, ce qui en ferait la plus grande zone de libre-échange au monde depuis la création de l’Organisation mondiale du commerce.

La ZLECAf devrait stimuler le commerce intra-africain de 52,3 % d’ici 2025, augmenter les revenus de l’Afrique jusqu’à 450 milliards de dollars d’ici 2035, selon les experts, et sortir 30 millions d’Africains de l’extrême pauvreté.

Malheureusement, à ce jour, le commerce intra-africain ne représente actuellement que 15 % du commerce total du continent, contre 58 % en Asie et 67 % en Europe. La ZLECAf est en vigueur depuis 2021, et 2023 a été désignée  » Année de la ZLECAf : pour accélérer sa mise en par l’Union africaine.

Selon certaines études les élections en Afrique sont source de de tensions lorsqu’elles sont mal préparées. Est-ce que l’UA compte accompagner le Burundi dans le processus électoral en cours ? Comment ?

Les mêmes sources ont montré également que ces mêmes élections sont un facteur de stabilité des institutions démocratiques, et de stabilité de chaque pays, lorsqu’elles sont bien organisées avec la participation de tous ! C’est ce que défend l’Union africaine dans le cadre de l’AGA- L’Architecture africaine de la gouvernance (AGA) qui s’inspire de l’Acte constitutif de l’Union africaine (UA).

Ces instruments majeurs expriment la détermination de l’UA à « promouvoir et protéger les droits de l’homme et des peuples, consolider les institutions et la culture démocratiques et assurer la bonne gouvernance et l’État de droit ». L’objectif principal est la mise en œuvre des valeurs partagées de l’UA et en particulier la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (ACDEG).

* S’agissant des élections législatives au Burundi l’année passée, L’Union Africaine salue les efforts en cours visant à garantir que ces élections sont libres, transparents, démocratiques et pacifiques pour garantir la stabilité du pays depuis les dernières élections générales de 2020 qui ont permis au Burundi d’inscrire une nouvelle page dans son histoire.

* S’agissant de l’accompagnement de l’Union africaine, cette question est encadrée par la Charte Africaine Conformément au Chapitre 4, Article 18 : alinéa 1 : Les Etats parties peuvent solliciter auprès de la Commission de l’UA, par le truchement de l’Unité et du Fonds d’appui à la démocratie et d’assistance électorale, des services de consultations ou de l’assistance pour renforcer et développer leurs institutions et leurs processus électoraux. Alinéa 2. La Commission peut, à tout moment, en concertation avec l’Etat partie concerné, envoyer des missions consultatives spéciales pour fournir à cet Etat partie l’assistance en vue de renforcer ses institutions et processus électoraux. Enfin, l’Article 19 : L’Etat partie informe la Commission de l’UA des élections prévues et l’invite à lui envoyer une mission d’observation des élections.

* Toutefois, on ne doit pas se voiler la face car, le paysage électoral africain, le Burundi n’en fait pas l’exception, se caractérise par la volonté et les sentiments des électeurs. D’une part, certains ont la méfiance à l’égard des organes de gestion des élections, mais d’autre part, on voit une lutte pour le pouvoir entre les élites politiques. Il est à noter tout de même que, la tenue d’élections libres et équitables relève de la responsabilité des États africains, l’UA et les communautés économiques régionales ne peuvent accompagner les processus électoraux qu’à la demande du pays concerné. En tout, il est exigé que toutes les parties, tous les pays appliquent la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, qui reste la boussole et un cadre de référence pour tous les pays africains.

Pour plus d’information sur l’union africaine, visitez le www.au.int
Adresse du bureau au Burundi : Bureau de Liaison de l’UA, Q. INSS, AV. kayanza no 11, Rohera Tel. +25722213540/1, B.P 6864, Bujumbura-Burundi.

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