Jeudi 26 mai 2022

Politique

Interview exclusive avec le Pr Julien Nimubona :« Prendre le pouvoir, c’est différent de gouverner»

22/04/2022 18
Interview exclusive avec le Pr Julien Nimubona :« Prendre le pouvoir, c’est différent de gouverner»

Conséquences liées á l’actuelle pénurie du carburant, la récente mesure du ministre de l’Intérieur limitant la circulation des motos, vélos et tricycles à certains endroits, etc., le politologue décrypte les grandes questions de l’actualité politique de l’heure.

Le gouvernement a été plutôt silencieux sur les solutions proposées face aux conséquences de cette pénurie du carburant, une situation qui fait suite à la décision du ministre de l’Intérieur d’interdire motos, vélos et tricycles dans un large périmètre en mairie de Bujumbura. Votre analyse.

Il n’y a pas que cette décision en rapport avec la limitation de la zone de circulation des taxi-vélos, taxi-motos et tricycles ! Cela concerne aussi de nombreuses autres décisions qui ne sont pas prises alors qu’il existe des demandes pressantes et légitimes des gouvernés. Je constate que le Gouvernement n’accorde pas toujours suffisamment d’attention au développement et au déploiement des grandes capacités managériales de base pour la gestion de l’Etat.

Comment devait-il procéder, à votre avis ?

Le Gouvernement doit avoir les capacités d’écoute, de repérer, identifier, exploiter et bien gérer les ressources économiques, naturelles, humaines, etc.), des capacités de distribution des biens pour répondre aux besoins des gouvernés. Le Gouvernement doit faire la régulation, anticiper les demandes et satisfaire les besoins des gouvernés. C’est cela qui montre que si prendre le pouvoir est une chose, gouverner en est une autre.

Pourquoi, selon vous, il ne le fait pas ?

Je pourrais donner au moins trois grands éléments permettant de comprendre cette situation.
Premièrement, il y a les effets pervers des fondements dominants de légitimation du pouvoir au Burundi en général, du système politique actuel en particulier. Il s’agit de l’ethnisme et du populisme ethno-nationaliste. Ces deux fondements font deux conséquences terribles. D’abord, ils finissent par renforcer les élites politiques dans leur conviction que la prise du pouvoir et sa conservation ne sont pas fondées sur les bons programmes et projets de société ainsi que les bonnes réalisations pour la satisfaction des demandes des gouvernés. Ces élites renforcent leur couverture mutuelle et accordent peu d’importance aux procédures institutionnelles. Ensuite, elles investissent davantage dans les croyances et mobilisations sentimentales de nature ethnique et ethno-nationaliste, ce qui entretient les gouvernés dans un environnement psychologique appuyé par des théories du complot, des dérivatifs et des stratégies de responsabilités déplacées du gouvernement vers les « ennemis » ou « externes ».

Ensuite, les gouvernés sont plongés dans une culture communautariste, perdent ainsi leur culture citoyenne et nationaliste, ne perçoivent plus le sens des droits et subissent les décisions et l’absence de décisions au nom de la solidarité sentimentale avec les dirigeants. Ainsi, face à la décision du ministère de l’Intérieur ou à la situation de hausse du prix du carburant avec ses multiples conséquences qui toutes entraînent des souffrances extrêmes, on n’a pas vu de mouvements de protestation organisée.

Deuxièmement, ce système fondé sur la mobilisation du populisme ethnique et ethno-nationaliste et ses relents manichéens opposant « amis » contre « ennemis de la nation », a conduit quasi mécaniquement les plus hautes autorités du pays à promouvoir, dans la nomination des dirigeants de l’Etat, le militantisme ethno-partitocratique plutôt que la compétence méritocratique qui devrait aider dans les processus d’adoption de meilleurs choix face aux problèmes socio-économiques de la population. Une telle dynamique instaure et renforce le clientélisme bureaucratique, paupérise tous ceux qui ne sont pas dans le système et ainsi finit par promouvoir les allégeances verticales favorables au pouvoir tout en neutralisant les mobilisations horizontales qui caractérisent le mouvement associatif et syndical, mais aussi les partis politiques d’opposition. C’est toute une société qui se résoud à l’adoption des attitudes de résignation et de fatalisme, surtout quand se renforce l’autoritaire ou le recours à la violence.

Troisièmement, tout système gouvernemental inefficient sur le plan socio-économique cherche sa survie dans le renforcement de l’autoritarisme. Dans le cas qui nous intéresse, on peut dire qu’il y a triomphe de la nature autoritaire du pouvoir sur sa propension démocratique attendue. En effet, depuis 2020, avec le Congrès du CNDD-FDD du 20 janvier à Gitega et surtout avec la nomination des membres du Gouvernement, on a senti la montée d’une contradiction fondamentale au sein du système politique consistant à faire cohabiter au haut commandement de l’Etat pouvoirs d’élus et de non élus relevant des appareils répressifs d’Etat (FDN et PNB). Le problème se pose à partir du moment où le pouvoir des non élus prend le dessus ou domine celui des élus. Car, les deux ne sont ni de même culture politique ni ne sont soumis aux mêmes contraintes de responsabilité. Alors que les non élus n’ont aucune obligation de rendre compte aux gouvernés et n’en attendent pas non plus des voix, les élus pensent aux mandats suivants et soignent les processus de prise de décision. Le paradoxe burundais est que par solidarité partisane et ethno-partisane ou par peur, on observe une attitude de solidarité.

Pouvez-vous illustrer cette observation ?

Lors du débat à l’Assemblée nationale lorsque le ministre de l’Intérieur présentait la décision prise par le Gouvernement au sujet de la restriction de l’espace couvert par les taxi-motos, taxi-vélos et « Tuk-Tuk ». Les députés de la Nation ont subi le diktat d’une décision qualifiée de « technique » parce qu’inspirée par la police alors qu’elle était hautement politique au regard des impacts négatifs qu’elle avait sur la vie des gouvernés c’est-à-dire des électeurs, des mandants et des contribuables.

Qui plus est, ce conflit de pouvoirs atteste d’un autre problème fonctionnel : celui des déficits d’une culture managériale caractéristique d’une culture politique dans une démocratie d’opinion, c’est-à-dire respectueuse des gouvernés et des règles et principes de la bonne gouvernance. Ainsi, pour être suffisamment légitime (pas seulement juridiquement, mais aussi politiquement) et donc durable, toute décision à prendre concernant la vie quotidienne des gouvernés doit être le résultat de mécanismes participatifs impliquant toutes les parties (y compris les ministères sectoriels concernés) en particulier les représentants des personnes pour lesquelles elle est conçue.

La décision du gouvernement était motivée notamment par la question de la sécurité. C’est important, non ?

Justement, c’est le problème ! Seul le répertoire sécuritaire et conservateur de la police consistant à diminuer les accidents de roulage a été mis en avant et la décision n’a offert aucune solution aux problèmes immenses posés par la qualité du transport urbain à Bujumbura (qualité, quantité et ponctualité des bus, lignes dessertes, qualité de la voirie, aménagement possible de piste ou passages de deux roues, etc.) et aux impacts terribles sur la vie quotidienne des propriétaires et des usagers de ces moyens de transport visés. En conclusion, nous pouvons dire qu’on a affaire à des élites qui ont pris le pouvoir et qui sont maintenant confrontées à l’énorme défi lié à l’art de gouverner.

Mais concrètement, « gouverner » pour vous c’est quoi ?

En principe, gouverner c’est d’abord développer des capacités de gérer les demandes concrètes des gouvernés. Par ces capacités, les gouvernants parviennent à trouver des réponses concrètes aux problèmes concrets posés par les gouvernés. On sort des sentiments et ressentiments, des passions, des haines et des émotions. On met l’accent sur des solutions pragmatiques.

Un gouvernement doit anticiper les problèmes, dites-vous. Ce n’est pas le cas ?

Manifestement pas. J’ai l’impression que tant que le gouvernement n’a pas une vision assez large des politiques et des réformes à entreprendre dans le domaine socio-économique, il se contentera des décisions au coup par coup. Dans ce cadre, l’expertise sera considérée comme secondaire. Or, gouverner c’est avoir une grande vision et des stratégies ponctuelles d’adaptation. C’est en ce moment que les compétences deviennent indispensables.

Pour revenir sur la question du carburant, que pouvait faire le gouvernement vu que le Burundi est enclavé et ne produit pas du pétrole ?

Mais face à ce choc pétrolier, des pays comme le Ghana et la Côte d’Ivoire (peut-être ont-ils plus de ressources mais le réflexe d’agir qui m’importe) ont par exemple adopté des choix bien inspirés. Au Ghana les dirigeants ont arrêté une série de mesures contraignantes pour les plus hautes autorités dirigeantes telles que la réduction des salaires, la suspension des missions à l’étranger, etc. En Côte d’Ivoire, le Chef de l’Etat vient de décider la réduction du nombre de ministres et de manière générale du train de vie de l’Etat. Pour dire que la compétence, face à des défis pressants, suppose une vision, un dépassement des réponses de courte vue et des intérêts de groupes.

Pourquoi, chez nous, on n’arrive pas à anticiper pour limiter l’impact des crises pourtant annoncées ?

Peut-être je peux me tromper, mais j’ai l’impression que nous avons affaire à des « élites magnats » qui, à défaut d’avoir cette grande vision d’Etat et de la Nation sont alors déterminées par des intérêts personnels ou de groupes d’intérêt bien protégés par un système clientéliste à masque communautaire.

A votre avis, le gouvernement doit revoir la mesure qui restreint le périmètre de circulation permis aux motos, vélos et tricycles ?

Oui, je pense. En communication, on appelle cela “le gain“. C’est-à-dire que l’on ajuste la décision parce que le diagnostic initial n’a pas été bon. Et ailleurs dans les autres pays, si l’impact n’a pas été bien mesuré, on réévalue. Je pense que cela devrait être le cas au Burundi. Parce que j’imagine que lorsque le ministre a pris cette décision, il n’a pas vu venir cette crise russo-ukrainienne avec ses conséquences. Dès lors, je salue l’idée émise ce mardi par le Ministre de l’Intérieur à la suite de l’intervention du Premier ministre la semaine dernière devant le Parlement qu’il faudrait revoir la mesure et considérer les cas des usagers utilisant les vélos et les motos à des fins de déplacements personnels ou professionnels.

« Sur la question des « Tuk-Tuk ». Les députés de la Nation ont subi le diktat d’une décision qualifiée de « technique » parce qu’inspirée par la police alors qu’elle était hautement politique » (citation Julien N)

Vous appelez donc les dirigeants à se remettre en question ?

Au fil du temps, il y a probablement des élites qui continuent de baigner dans l’imaginaire idéologique qu’elles ont elles-mêmes créé et par conséquent de penser qu’elles ont toujours à la fois raison et le soutien populaire, quelles que soient les conditions de vie de la population (l’état des routes, le chômage des jeunes, les conditions salariales catastrophiques des travailleurs, l’inflation des prix des produits de première nécessité, etc.). Cette fausse représentation amène ces élites politiques à s’installer dans une logique de monolithisme, celle d’un monopartisme de fait. Il en découle cette tentation d’imposer la seule et unique vérité du dirigeant à laquelle tout le monde doit se soumettre. En témoigne, l’exemple de la fameuse séance à l’Assemblée nationale où le débat a été refusé aux députés suite à la décision du ministre de l’Intérieur en rapport avec l’espace de circulation des taxi-vélos, taxi-motos et « Tuk-Tuk ». Cet exemple montre en plus l’absence de la séparation des pouvoirs et la responsabilité des députés ainsi réduits à des agents d’un Parlement croupion.

Le problème majeur qui peut en découler est ce qu’on appelle une crise de représentation. Ne voyant plus que les gouvernants ne s’occupent pas de leurs difficultés, les gouvernés perdent confiance dans le leadership et décident de se prendre en charge. L’on assisterait alors à une crise de gouvernabilité.

Quant aux gouvernants, ils perdent le terrain de la réalité sociopolitique et se complaisent dans l’auto-glorification quotidienne nourrie par des clientèles qui vivent de l’esprit courtisan au lieu de bien conseiller leurs « patrons » en disant la vérité socio-économique vécue par les gouvernés. .La situation peut dériver vers une confrontation directe entre le pouvoir et le peuple, surtout quand, comme c’est le cas, il n’existe pas beaucoup d’espaces publics ouverts et autorisés pour des mécanismes pluralistes, politiques (partis d’opposition véritable) ou civils (société civile indépendante du pouvoir), de canalisation ou d’agrégation des demandes ou des frustrations. La situation peut enfin dériver vers des formes de contestation sournoise, larvée ou ouverte conduisant à une instabilité politique.

Quid du niveau d’engagement des collaborateurs derrière le président de la République ?

Évaluation faite, on s’approche vers la 2ème année de pouvoir du président Evariste Ndayishimiye. En analysant de près tous les bons discours qu’il a tenus depuis sa prise de fonction, on remarque que ce sont les engagements qui portent sur son secteur réservé, c’est-à-dire la politique de coopération internationale qui ont produit quelques résultats positifs. Mais au sujet des secteurs où il y avait beaucoup de griefs de la communauté internationale et de l’opposition, notamment la question de gouvernance, de droits de l’homme, de libertés publiques, etc., ces questions ne connaissent pas d’avancées significatives. C’est quasiment le statu quo. Toutefois, il faut savoir qu’à un moment, les gouvernés évaluent et s’interrogent : par exemple, combien de manifestations de soutien aux bons discours du président relatifs à la lutte contre la corruption ou le bon fonctionnement des secteurs de la Justice et de l’Administration publique ont été organisées par le parti au pouvoir alors que c’était très courant tout au long du régime précédent ?

Si vous aviez un conseil à donner au président ?

Je pense qu’il est urgent pour lui d’évaluer les hommes et les femmes qui doivent choisir de l’accompagner avec fermeté, sincérité et engagement visible dans la mise en œuvre des bons discours qu’il développe. C’est à ce moment qu’il rendra ses intentions crédibles devant une certaine opinion de plus en plus dense qui commence à penser qu’il est dans un simple jeu de rôle attribué. Mais la sociologie des systèmes d’action nous apprend hélas qu’un système politique ou social peut parfois étouffer ses acteurs, y compris les meilleurs.

Propos recueillis par Hervé Mugisha

Forum des lecteurs d'Iwacu

18 réactions
  1. Jereve

    Dans un article récent et très intéressant dans Jeune Afrique, Francis Akindès, Sociologue, professeur à l’Université Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire a écrit: « La racine du mal est profonde car elle réside dans l’imaginaire politique africain : un État, ça se vole et ça se mange. Ce postulat est accepté. L’État est considéré comme une caisse, un mât de cocagne, une source de richesses à privatiser. D’où l’absence de toute notion d’intérêt général ». C’est ici qu’il faut chercher l’explication du peu de performances de nos élites, l’argument ethnique est secondaire. C’est égal que les hutus, les tutsi, les twa ou la coalition des deux ou des trois prennent le pouvoir, car rien ne changera aussi longtemps que la mentalité de « c’est à notre tour maintenant de manger » persiste.

    • Stan Siyomana

      @ Jereve
      Malheureusement c’est bien ça la vraie réalité au Burundi, des Accords de paix d’Arusha de l’an 2000, en passant par le temps quand le professeur Julien Nimubona faisait partie du gouvernement.
      Malheureusement le Burundi (qui a tant d’élites formés depuis l’ouverture de l’Université Officielle de Bujumbura- UOB (en 1964?), un bon climat tropical propice à l’agriculture, un sous-sol riche en minerais et hydrocarbures, des rivières pour des barrages hydroélectriques, beaucoup de soleil pour l’énergie solaire, peut-être assez de vent sur la Crête Congo-Nil et ailleurs pour l’énergie éolienne) est devenu le pays le plus pauvre du monde (où 40% des recettes communales sont volés et où il a fallu l’aide d’un pays européen/abakoloni pour construire une passerelle pour piétons sur l’une des rivières de Bujumbura, la capitale économique).

  2. Stan Siyomana

    1. Vous écrivez:« Le militantisme ethno-partitocratique… ».
    2. Mon commentaire
    La loi sur les partis politiques au Burundi ne prévoit pas des quotas ethniques au sein des partis.
    « Article 7
    Tout burundais ayant atteint l’âge de dix huit ans révolus et jouissant de ses droits civils et politiques peut adhérer à un parti politique. Cette adhésion est libre et individuelle…
    Article 30
    Les partis politiques s’engagent par écrit à lutter contre toute idéologie politique et tout acte visant à encourager la violence, la haine ou la discrimination basée, entre autres, sur l’appartenance ethnique, la région, le genre et la religion.
    Article 31
    Afin de garantir son caractère national, le groupe de membres fondateurs d’un parti politique doit
    comprendre au minimum vingt membres ressortissants de chaque province dont dix au moins sont résidents permanents. Au sens de la présente loi, il faut entendre par ressortissant d’une province, « toute personne qui y est née, établie ou domiciliée ».
    http://droit-afrique.com/upload/doc/burundi/Burundi-Loi-2011-16-partis-politiques.pdf

    • Stan Siyomana

      1. I Burundi, niyigumirize ubwoko bwiwe (umutwa, umututsi, umuhutu, n’abandi) mugabo mu butandukane bwacu bwose, tumenye ko dukwiye gusenyera ku mugozi umwe kugira ngo dutez’imbere igihugu cacu.
      2. « I have a dream (traduit en français par « Je fais un rêve1,2 ») est le nom donné au discours prononcé le 28 août 1963 par le pasteur et militant américain Martin Luther King, devant le Lincoln Memorial, à Washington, D.C., durant la Marche sur Washington pour l’emploi et la liberté. Devant plus de 250 000 manifestants, King en appelle solennellement à la fin du racisme aux États-Unis et revendique l’égalité des droits civiques et économiques entre Blancs et Afro-Américains…. »
      https://fr.wikipedia.org/wiki/I_have_a_dream
      « Je rêve que mes quatre petits-enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais sur la valeur de leur caractère. Je fais aujourd’hui un rêve !… »
      https://ml.usembassy.gov/fr/dream-le-texte-integral-en-francais-du-discours-de-martin-luther-king/

  3. Bellum

    C’est le père du miracle chinois, Deng Xiaoping, qui a forgé le célèbre adage : « Peut importe qu’un chat soit noir ou blanc pourvu qu’il attrape les souris. ». De même, l’ethnoparticratie triomphante que dénonce l’éminent professeur Julien Nimubona ne poserait aucun problème si elle apportait le décollage économique et l’épanouissement national. Les masses ne s’y trompent pas, elles avaient préféré autre chose lors des élections de 2020 et elles n’ont que leurs larmes à ravaler après 15 ans de descente aux enfers. Il faudra ajouter 15 ans avec Neva et 15 ans avec le suivant. Les plumes habituelles qui sont montées au créneau pour défendre l’ethnoparticratie devraient se rappeler que même les Imbonerakure ne sont pas dupes, beaucoup parmi eux avaient fêté avec toute la nation lorsqu’ils ont cru, à tort, qu’un changement s’était produit.

    • Stan Siyomana

      @Bellum
      Moi je crois que la lutte contre la corruption/saboteurs économiques est l’une des raisons du miracle chinois.
      « Nwaeze Onu (Abuja-based public affairs analyst)
      You see what happened to a minister in China, who was caught in an issue concerning verification of drugs. He took drugs not properly verified into the country and the Chinese knew it would have effects on its imports and exports. The minister was dealt with…
      Deji Adeyanju (Social activist and Coordinator, Concerned Nigerians)
      Economic sabotage is a crime that cripples the economy and affects ordinary people. We had a presentation last Friday to the Chief Prosecutor of the International Criminal Court and someone argued that financial crimes and corruption should be treated as war crimes and that the ICC should be interested in such crimes, and I quite agree. Basically, economic sabotage should not attract the death penalty; maybe a life sentence, maximum… »
      https://punchng.com/should-economic-sabotage-attract-death-penalty/#:~:text=This%20penalty%20is%20what%20obtains%20in%20China%20too.,caught%20in%20an%20issue%20concerning%20verification%20of%20drugs.

  4. Gacece

    Cet « éminent » monsieur cache mal son « éminent » extrémisme! Et c’est une machine à phrases!
    Je n’ai rien d’autre à ajouter.

    • kira

      @ Gacece
       »le militantisme ethno-partitocratique plutôt que la compétence méritocratique ». Pas besoin d’un doctorat en scinces politiques pour coller une ethnique à l’un et à l’autre. Tu as raison, Gacece: phraséologie oiseuse et cryptoanalyse politique.

    • alal

      Quel gâchis! Iwacu nous offre une fenêtre pour nous exprimer librement je suppose pour faire avancer notre pays et pas reculer dans les affres du passé, malheureusement certains d’entre nous, sont habités par le virus de la haine. Analysons les faits, ils sont têtus! Discutons sur base de faits, pas de sentiments! Je propose un fait, quelqu un engloutit 58 milliards destinés à construire un barrage, il est toujours libre, un autre est soupsonné de mauvaise gestion il est privé de liberté! Discutons et analysons!

      • Yan

        @alal
        « …malheureusement certains d’entre nous, sont habités par le virus de la haine.  »

        Ce virus est coriace, probablement que même vous et moi, le portons sans le savoir. Si le pays a la chance de vivre 100 ans sans récidive, là on pourra espérer avoir maitrisé le virus éthnique.
        Quant au principe des faits et rien que les faits, c’est une utopie vers laquelle nous essayons de tendre, car chacun de nous garde un certain degré de subjectivité.

      • kira

        @ alal
        Tout à fait d’accord avec vous. Regardons les faits de plus près! Une analyse politique sérieuse ne se résume pas à enchaîner des phrases à tiroir ou des phrases à rallonge. Il aurait suffit que l’auteur de l’analyse explique clairement sa trouvaille lexico-sémantique (ethno-partitocratie), un mot valise qui ne veut absolument rien dire, pour permettre au journal Iwacu de faire l’économie de deux pages sur son site. Dans son ouvrage  »Négritude et négrologues », une critique au vitriol du concept de négritude cher à Senghor et à Césaire, Stanislas Adotevi notait au sujet de l’univers sémantique et stylistique de la négritude  »une cavalcade de clichés grotesques et ridicules, une chevauchée de néologismes creux à traits d’union. À la lecture de l’analyse de Julien Nimubona, je ne vois absolument rien qui pourrait me dispenser de reprendre Adotevi

  5. Nshimirimana

    Selon cet éminent professeur -et si j’ai bien compris son propos-, le fondement de la légitimation du pouvoir actuel au Burundi est « de l’ethnisme et du populisme ethno-nationaliste », avec pour conséquence les considérations « ethno-partitocratique plutôt que la compétence méritocratique » dans les choix des hommes et femmes en charge de gérer le pays!
    Si j’ai bien compris, ce genre d’analyse et de propos ne sont pas loin du mépris d’antan, au lendemain des élections de 1993, où le verdict des urnes n’était ni plus ni moins qu’un décomptage ethnique aux yeux de certains (voir interview de l’ancien chef d’état de l’époque et perdant malheureux). On connait la suite.

  6. Stan Siyomana

    1. Vous écrivez:« D’abord, ils finissent par renforcer les élites politiques dans leur conviction que la prise du pouvoir et sa conservation ne sont pas fondées sur les bons programmes et projets de société ainsi que les bonnes réalisations pour la satisfaction des demandes des gouvernés… »
    2. Mon commentaire
    Quand le professeur Julien Nimubona (alors Ministre de l’éducation supérieure et de la recherche scientifique) a participé à la conférence « Innovation Africa, Cape Town, South Africa, 5-7 October 2012) et a parlé sur la situation au Burundi sur le thème « Investing in research, promoting a scientific culture », il a dit:
    « Thus the development of science, technology and research will contribute to the socio-economic development of the population…
    As you see, Burundi faces many challenges, but it is committed to promote science, technology and innovation (ICT)… »
    https://www.youtube.com/watch?v=19srtS_5Ujg&t=213s

  7. Bellum

    Ce professeur est une intelligence supérieure. La seule autre personne qui impressionne autant c’est Emmanuel Macron dont l’intelligence est hors normes. Le Pr Julien Nimubona est l’un des rares burundais qui parlent un français parfait, mieux que les Français de son niveau académique.
    Le professeur prouve éloquemment ce que j’avance depuis les élections tronquées de 2020. Sans légitimité populaire, point de salut et le Burundi va poursuivre sa descente aux enfers. Face aux très graves problèmes qui affligent le pays, seul un pouvoir légitime peut les affronter. Seul un pouvoir légitime est redevable au peuple souffrant. Un pouvoir légitime aurait l’humilité de servir les masses misérables d’abord et avant tout. L’enrichissement des dirigeants ne peut pas constituer la priorité. Afficher de fabuleuses richesses dans un océan de misère serait un sacrilège.

    • Yan

      @Bellum
      « La seule autre personne qui impressionne autant c’est Emmanuel Macron dont l’intelligence est hors normes. Le Pr Julien Nimubona est l’un des rares burundais qui parlent un français parfait, mieux que les Français de son niveau académique. »

      Vous avez l’air de connaître tous les français du niveau académique de Julien Nimubona! Je vous trouve surhumain car ils sont des des dizaines milliers (autour de 90.000 en 2019: https://fr.statista.com/statistiques/500156/effectifs-enseignants-enseignement-formations-superieures-france/!

  8. Maningo Jean claude

    Merci professeur Julien. Vous êtes un des rares intellos burundais qui disent la vérité, partant qui éclairent les décideurs. Je me demande où sont allés d’autres enseignants d’université. Ont-ils goûté à la sauce de l’oiseau là?

    • Stan Siyomana

      @Maningo Jean Claude
      1. Vous écrivez: »Vous êtes un des rares intellos burundais qui disent la vérité, partant qui éclairent les décideurs… »
      2. Mon commentaire
      Au Collège Don Bosco (aujourd’hui Lycée de Ngozi) quand les élèves ne « pigeaient » pas ce qu’il appelait « mathématique colorée » (=graphiques avec des lignes de plusieurs couleurs), le regretté Paul Rukeribuga se lamentait: « Je suis la voix qui crie dans le Désert ».
      « Jean 1:23 Moi, dit-il, je suis la voix de celui qui crie dans le désert: Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit Esaïe, le prophète… »
      https://saintebible.com/john/1-23.htm#:~:text=C%27est%20la%20voix%20de%20celui%20qui%20crie%20dans,Pr%C3%A9parez%20le%20chemin%20du%20Seigneur%2C%20Aplanissez%20ses%20sentiers.
      For heureusement en novembre 2021, ces « intellos burundais » avaient la chance de participer au Forum sur le développement du Burundi et certains l’ont même fait par vidéoconférence). Et à cet effet, les vidéos de Ntare Rushatsi House tv sont sur http://www.youtube.com.

  9. Maniratunga

    « …Je pense qu’il est urgent pour lui d’évaluer les hommes et les femmes qui doivent choisir de l’accompagner avec fermeté, sincérité et engagement visible dans la mise en œuvre des bons discours qu’il développe. C’est à ce moment qu’il rendra ses intentions crédibles devant une certaine opinion de plus en plus dense qui commence à penser qu’il est dans un simple jeu de rôle attribué. Mais la sociologie des systèmes d’action nous apprend hélas qu’un système politique ou social peut parfois étouffer ses acteurs, y compris les meilleurs… » !
    Pourquoi bon sang nous n’apprenons rien du passé ?

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