Mercredi 22 septembre 2021

Société

Internet : le taux de pénétration reste assez faible

29/04/2021 2

Le manque de la culture d’internet, un pouvoir d’achat relativement bas et le déficit en électricité : au Burundi, l’accès à l’internet reste confronté à de nombreux défis, malgré les avancées technologiques.

De la 2G, qui se limitait à l’échange des messages, à la 4G, qui permet le partage des données avec des débits très élevés, en passant par la 3G, qui ajoutait la transmission des données à l’échange des messages et appels, le développement des technologies du web est fulgurant. Dans le même temps, il y a aussi eu un boom des utilisateurs d’internet, passant de 786 utilisateurs en 2005 à 1.119.914 en 2019. Pourtant, le taux de pénétration d’internet au Burundi ne représente que 10% de la population.

La population burundaise a la possibilité d’accéder à l’internet via la 3G et la 4G. Mais c’est surtout dans les centres urbains et les chefs-lieux des provinces que l’internet est le plus utilisé.

Le pouvoir d’achat des Burundais demeure faible et le coût de ce service n’est pas à la portée de toutes les bourses, son usage se limitant aux centres urbains.

« Ce n’est pas facile de se procurer un smartphone ou un ordinateur pour pouvoir se connecter. Le portable le moins cher coûte entre 100 mille et 150 mille BIF. Ensuite, je dois acheter un bouquet internet d’au moins 1.000 francs par jour pour pouvoir me connecter et cela devient trop cher », déplore Kévin.

 

Le nombre d’utilisateurs d’internet reste bas

 

Le taux de pénétration d’internet, c’est-à-dire le nombre d’abonnements internet ramené à la population estimée au cours de la période considérée, a augmenté ces dernières années, mais reste faible. De 0,01 en 2005, il est passé à 1,87% en 2012, et il a atteint 10% en 2020.

La courbe devient ascendante de façon significative à partir de 2012, avec l’implantation de la 3e génération (3G) et la prolifération des FAI (fournisseurs d’accès internet).

L’arrivée de la 3G et la multiplication des FAI ont poussé les citoyens à acheter massivement des smartphones. La baisse observée en 2017 est due à la fermeture de deux sociétés de fournisseurs d’accès internet : à savoir, Africell et Osa-net, ce qui a entraîné une diminution des abonnements. Toutefois, le taux de pénétration reste assez restreint, avec seulement 10% en 2020.

 

Plusieurs obstacles à l’accès à l’Internet

 

Le nombre d’abonnés à la téléphonie mobile a considérablement augmenté – jusqu’à 57,62% de la population burundaise en 2019 -, mais plusieurs raisons ont empêché le taux de pénétration de l’internet au Burundi de suivre la même cadence.

Ir Apollinaire Bigirimana, chef de Service Etudes et Développement au sein de l’ARCT (Autorité de régulation et de contrôle des télécommunications), constate que les clients qui utilisent l’internet ont remarquablement augmenté pour un taux de pénétration qui reste bas.

Selon lui, ce faible taux de pénétration s’explique par plusieurs facteurs comme l’inaccessibilité au terminal dû au faible pouvoir d’achat de la population, le manque de la culture de l’internet et le faible taux d’électrification (autour de 13%).

L’internet a été introduit au Burundi en 1996. La société CBINET créée en 1999, est le premier fournisseur d’accès à l’internet introduit au Burundi. Actuellement, le Burundi compte huit fournisseurs d’accès à l’internet fixe dont CBINET, SPIDERNET, USAN, LAMIWIRELESS, NT GLOBAL, BBS, ONATEL, VIETTEL ; et quatre fournisseurs d’accès à l’internet mobile : ECONET Wireless, LACELL SU, VIETTEL, ONATEL et LAMIWIRELESS. Les opérateurs VIETTEL Burundi et BBS disposent de la fibre optique, laquelle est installée sur le territoire national.


Retrouvez le jeu de données traité dans cet article sur notre portail open data

Forum des lecteurs d'Iwacu

2 réactions
  1. N. Gaspard

    Selon lui (Ir Appolinaire Bigirimana), ce faible taux de pénétration s’explique par plusieurs facteurs comme l’inaccessibilité au terminal dû au faible pouvoir d’achat de la population, le manque de la culture de l’internet et le faible taux d’électrification (autour de 13%).
    Je ne suis pas totalement de cet avis. Je pense que le grand rempart à la pénétration internet au Burundi est le fort taux d’analphabétisme. Je pense que vous êtes tous témoin de l’usage de Whats App, une des application d’Android: vous avez remarqué que la plus part des usagers recourent à l’audio. Pourquoi? Parce qu’écrire devient difficile.

    • Claude-Olivier Batungwanayo

      ou pour gagner du temps aussi…

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