Jeudi 01 décembre 2022

Économie

Hausse des prix des produits de première nécessité : La COSYBU appelle l’Etat à agir

15/11/2022 0
Hausse des prix des produits de première nécessité : La COSYBU appelle l’Etat à agir
Des sacs de riz, de haricot et de farine.

Via un communiqué daté du 2 novembre, la Confédération des syndicats du Burundi demande au Gouvernement d’indexer les salaires des cadres et agents publics de l’Etat au coût de la vie.

Mardi 8 novembre. Nous sommes au marché dit ‘’Cotebu’’. K.L. est vendeuse de divers articles alimentaires. « La situation ne cesse d’empirer »,  dit-elle d’emblée. Auprès d’elle, nous apprenons qu’un kg de riz surnommé ‘’umutanzaniya’’ est passé de 4200 BIF à 4500 BIF, 1kg de riz  appelé ‘’umurundi’’ est passé de 3000 BIF à 3600 BIF. « En fait, cette explosion des prix dure depuis mai et n’a jamais baissé depuis », explique encore K.L.

Ce n’est pas tout. L’achat en gros de farine de maïs est passé de 62.000 BIF à 72.000 BIF. 1kg de haricot type ‘’Kinure’’ est passé de 1700 BIF à 2400 BIF, 1kg de farine de manioc est, elle, passée de 1500 BIF à 1700 BIF. Quant à la farine de blé, son achat en gros est passé de 76.000 BIF à 80.000 BIF. Pour les oignons, c’est la même situation. 1kg d’oignons blancs est passé de 1200 BIF à 1700 BIF tandis qu’un kg d’oignons rouges est passé eux de 1000 à 1500 BIF. D’après K.L, les clients se montrent mécontents : « Nos clients habituels se plaignent des prix actuels. Ils s’en prennent à nous pour une situation dont nous ne sommes pas responsables.»

Le COSYBU et le CSB sonnent l’alerte

Dans un communiqué du 2 novembre, les confédérations syndicales COSYBU et CSB se sont dits préoccupées par la hausse des prix de certains des produits de première nécessité, comme le riz, les haricots, le carburant, le maïs, les produits de la Brarudi, etc.

Ces syndicats demandent au gouvernement d’éviter la détérioration du pouvoir d’achat des travailleurs et de la population. Ils demandent des  mesures de stabilisation des prix. Les deux syndicats appellent l’Etat à indexer les salaires des cadres et agents publics de l’Etat au coût réel de la vie.

 


Réactions

Faustin Ndikumana : « Les classes moyennes disparaissent.»

Le président de Parcem établit que la hausse des prix est due notamment à une production largement insuffisante. Il se montre très critique à l’égard de la gestion du domaine agricole : « Il n’y a pas de fertilisants, les agriculteurs ne sont pas encadrés, certains administratifs s’arrogent le monopole des engrais chimiques, la bonne gouvernance qui fait défaut comme le montre l’exemple de l’Anagessa… »
L’économiste de formation juge que la hausse exponentielle des prix augmente le taux de vulnérabilité de la population : « Les classes moyennes disparaissent petit à petit. A la fin, il y aura une petite portion de super-riches et de l’autre, une masse de pauvres.»

Pierre Nduwayo : « La santé de la population va en pâtir.»

Pierre Nduwayo : « Une décision intenable pour la population déjà dans la  galère.»

Le président de l’ABUCO se dit préoccupé par une hausse des prix qui ne cesse pas s’accentuer. « Le riz, le haricot, la farine de blé et de maïs, pratiquement tous les produits de première nécessité ont vu leurs prix passer du simple au double ! »
Il assure que cette hausse des prix des produits de première nécessité aura des conséquences sur la santé de la population : « Une population qui se nourrit mal est très exposée aux maladies et c’est, par conséquent, toute la chaîne de production qui s’en trouve impactée.»

Pierre Nduwayo demande à l’Etat d’encourager les opérateurs économiques à s’approvisionner au marché extérieur : « La production locale étant très insuffisante, il faudrait privilégier l’importation de ces produits de première nécessité dans les pays limitrophes.» Et de souhaiter enfin une diminution forte des taxes des produits en provenance de l’extérieur.

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