Politique

Du passé composé au futur simple : s’unir pour être fort

21/01/2020 Rénovat Ndabashinze Commentaires fermés sur Du passé composé au futur simple : s’unir pour être fort
Du passé composé au futur simple : s’unir pour être fort
Vue partielle des jeunes invités au débat.

Diverses sources s’accordent à dire que c’est Ntare Rushatsi, le fondateur du Burundi. Pourquoi ? Qui sont les acteurs clés ? Y’a-t-il eu des résistances ? Qu’en pense la jeunesse ? Débat.

« A l’école, nous apprenons que le Burundi vient du verbe ‘’Kurunda’’. Un nom qui apparaît avec la venue de Ntare Rushatsi Carambarantama », défend Providence Niyogusabwa, lauréate de l’Université du Burundi, Département des langues et littératures africaines.

S’exprimant, ce 9 janvier 2020, lors du débat des jeunes autour du thème : « Rôle et statut des clans dans la fondation de la monarchie au Burundi.»

Elle souligne qu’avant ce roi, il y avait de petits royaumes sans administration centralisée. Chaque royaume étant composé d’un clan dirigé par un roitelet.

« A la tête de chaque clan, il y a un chef clanique ou roitelet». Ainsi, raconte cette jeune femme, le roi Ntare Rushatsi décide de les mettre ensemble pour former un royaume fort, uni, appelé Uburundi. Il le dote d’une administration centralisée, d’une organisation militaire, etc. Mme Providence ne doute pas que c’est de là que même le Kirundi a pris la forme actuelle comme une langue.

Pour sa part, Ernest Mugwaneza, un jeune licencié en Histoire affirme qu’il est difficile de répondre avec exactitude de quand date la fondation du Burundi. « Même des historiens ne donnent pas des précisions. Ils émettent des réserves. Ils parlent d’Uburundi de Nyaburunga. Ce qui sous-entend que l’existence du Burundi est à situer avant Ntare Rushatsi. »

M.Mugwaneza ajoute que d’autres écrivains indiquent que Ntare Rushatsi aurait rassemblé les différentes principautés, différents roitelets pour former le Burundi. « Mais, ils ne montrent pas avec précision d’où est venu ce roi. Les uns disent qu’il serait venu du Buha, d’autres du Rwanda (cycle de Kanyaru), du Ciel, d’une termitière, de la Kibira, etc »

Pour lui, le grand mérite de ce roi est qu’il a pu mettre ensemble les différents clans et instaurer une administration centralisée.

De son côté, Apollinaire Ndayisenga, un autre jeune licencié en Histoire, le foyer originel du Burundi actuel serait situé dans le Bututsi. Lui aussi déplore le fait que les historiens, ne montrent pas avec précision comment ce roi est arrivé au pays : « On fait recours aux récits légendaires. »

La survie et la sécurité

Selon Mme Providence, avant Ntare Rushatsi, les relations entre certains clans n’étaient pas bonnes. « Ils ne pouvaient pas s’échanger des époux ou épouses. Parce qu’il existerait des clans porte-malheurs, des clans stériles, etc. » A un certain moment, raconte-t-elle, la pluie aurait tari. Par conséquent, il y a eu la sécheresse et la famine sur une longue période. Ces malheurs deviennent alors un danger commun. « C’est à cette époque que Ntare Rushatsi serait venu, accompagné de Kiranga, d’un faiseur de pluie et un sorcier». Miraculeusement, ce deuxième aurait fait tomber la pluie. Et les plantes repoussent. « Ntare est venu en libérateur. » Le fait de partager une même langue, culture, bien évidemment avec quelques petites nuances, a facilité la réunification, selon M.Mugwaneza : « Si au Bututsi, on parlait le français, à Buyenzi, l’allemand, etc, je ne pense pas que la réunification aurait été facile et rapide.»

De son côté, Fidèle Bavumiragiye, un autre invité dans le débat estime que la naissance du Burundi est le résultat d’un consensus entre différents clans. « Il doit y avoir eu un leader qui a rassemblé ces roitelets parce qu’ils avaient des intérêts communs, des menaces communes. » Richard abonde dans le même sens. Il évoque le rôle des rites religieux, du troc dans ce processus d’unification. En effet, explique-t-il, ces clans échangeaient des produits vivriers, artisanaux, etc. « Ils avaient des rites presque semblables. »

D’autres n’écartent pas l’hypothèse de soumission. Cas d’Eric Hakizimana, un jeune licencié en Histoire qui pense que Ntare Rushatsi aurait soumis par force ces roitelets. « Il s’est imposé. Et ces roitelets n’avaient pas le choix que de se soumettre».

Une idée d’ailleurs partagée par Dr Eric Ndayisaba, historien. Pour lui, Ntare Rushatsi est venu en force et il a résolu certains problèmes qui hantaient ces clans comme la sécheresse, la famine, etc. « Il est venu répondre aux aspirations de la population».

La cohabitation a été bonne après cette réunification, soutient Alexis Nsabiyera, un étudiant en Psychologie à l’Université du Burundi. « A la cour royale, les clans avaient des fonctions. Et d’ailleurs, on ne signale pas des résistances. » D’après lui, des conflits éclatent avec l’’instauration’’ des ethnies. Et Lambert Hakuziyaremye, un autre étudiant à l’Université du Burundi, de signaler que Ntare Rushatsi avait même mis en place un système judiciaire pour prévenir et résoudre les conflits. « Une organisation aussi militaire pour défendre le pays en cas d’agression».

Le point du vue d’un historien

Aloys Batungwanayo, historien, affirme que ce sont des clans importants tels Abajiji, Abahanza, Abashubi qui sont à la base de la fondation de la monarchie au Burundi. Ils sentaient le besoin d’être forts, protégés. Selon lui, beaucoup d’écrivains disent que Ntare Rushatsi Cambarantama serait un Muhanza. Et il aurait été intronisé par les Bajiji. Et à la cour royale, différents clans avaient des tâches propres à eux. Mais, ce chercheur signale que différents auteurs indiquent que ces roitelets n’ont pas cessé immédiatement d’exister. Ce qui signifie que Ntare Rushatsi était le roi des roitelets. M.Batungwanayo pense que la réunification n’a pas rencontré beaucoup de résistance excepté le roitelet Ruhinda. Ce dernier a été vaincu et a fui vers Buhangaza (région située aujourd’hui en Tanzanie). Beaucoup de récits sur cette période sont légendaires, d’autres se trouvent dans les écrits des colonisateurs. Insistant sur les ‘’Ganwa’’, il signale que le prince (Umuganwa) Charles Baranyanka précise bien que ce mot renvoie aux descendants du roi sur le trône. C’est-à-dire que si Roi Ntare Rushatsi ou Mwezi Gisabo est roi, ses descendants deviennent automatiquement des princes. « Car, il leur donnait des régions à gouverner. » A la tête des régions restantes, raconte M.Baranyanka, il plaçait d’autres fidèles appelés aussi Abaganwa (Princes). Et quand un Ntare cédait le trône, il était succédé par un Mwezi. Les anciens dignitaires (princes) non reconduits étaient directement appelés ‘’Abatahire’’. Pour le chercheur Batungwanayo, il est difficile de dire que les princes constituent un clan à part.

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