Le Conseil des ministres du 7 janvier 2026 a recommandé que les médecins chefs des districts sanitaires ainsi que les directeurs des hôpitaux de district et des hôpitaux communaux soient nommés par l’administrateur communal. Pour certains syndicalistes, il faut que ces nominations respectent les normes de la santé pour éviter toute ingérence politique dans ce secteur.
« L’ordonnance a pour objet de créer les districts sanitaires et désigner les hôpitaux de district qui leur sont attribués au Burundi. Dans chaque province sanitaire, les districts sanitaires sont organisés conformément au nouveau découpage administratif », a indiqué Jérôme Niyonzima, secrétaire général et porte-parole du gouvernement, à l’issue du Conseil des ministres tenu le 7 janvier 2026.
Ledit Conseil a analysé et adopté le projet d’ordonnance portant création, délimitation des districts sanitaires et l’implantation des hôpitaux de district au Burundi. Un projet d’ordonnance présenté par Lyduine Baradahana, ministre de la Santé publique.
Selon lui, chaque commune est constituée d’un ou de deux districts sanitaires. Dans son compte rendu, Jérôme Niyonzima a précisé que chaque district possèdera une aire de responsabilité comprenant la population d’une agglomération d’un certain nombre de zones administratives. Le porte-parole du gouvernement a ajouté qu’une zone administrative ne peut appartenir qu’à un seul district sanitaire.
Par ailleurs, le Conseil des ministres a recommandé que les médecins chefs des districts sanitaires ainsi que les directeurs des hôpitaux de district et des hôpitaux communaux soient nommés par l’administrateur communal dans le but de rester dans l’esprit de la décentralisation. Cependant, les administrateurs ont la prérogative de recruter ces responsables sanitaires en dehors de leur commune pour pallier le manque de ressources humaines.
Rapprocher à la population les services de santé
Les syndicalistes apprécient cette politique de décentralisation du secteur de la santé. D’après eux, cette réforme vise le rapprochement des services de santé à la population. Ils y voient aussi une adaptation à l’objectif de faire de la commune un véritable pôle de développement.
« Cette décentralisation est très appréciable. Le fait de rapprocher les services de la santé à la population a des avantages énormes pour cette dernière et renforce la décentralisation », apprécie Hamza Venant Burikukiye, représentant légal de Capes+ et secrétaire général de la Plateforme intégrale de la Société civile du Burundi (Pisc).
Marie Bukuru, présidente du Syndicat national des travailleurs de la santé (SNTS) et vice-présidente de la Fédération nationale des syndicats du secteur de la santé (FNSS), salue la mise en application de la politique de décentralisation du secteur de la santé conformément au nouveau découpage administratif.
Pour elle, chaque ministère sectoriel doit s’aligner sur l’orientation générale de cette réforme. « Il faut la mise en place de certaines structures sanitaires au niveau des communes et des ressources humaines y afférentes. Dans certaines localités, la population éprouve des difficultés pour accéder à certains services » trouve-t-elle.
Risque de chevauchement entre les ministères
Bien que cette décentralisation vise le rapprochement des services de santé à la population et partant le développement des communes, les inquiétudes ne manquent pas. D’aucuns craignent les chevauchements entre les ministères sectoriels. Pour eux, il y a le risque d’ingérence politique dans le secteur de la santé qui est censé être purement technique.
Certains syndicalistes du secteur en appellent au respect des normes de la santé dans la nomination des responsables sanitaires.
« Il ne va pas y avoir des problèmes du fait que c’est l’administrateur qui va nommer les directeurs des hôpitaux et des districts sanitaires. L’administrateur a maintenant un pouvoir très étendu qui va lui permettre de bien gérer et développer la commune », tranquillise Hamza Venant Burikukiye. Pour lui, il faut que tous les aspects de la vie de la commune soient gérés par l’autorité compétente.
Il écarte aussi tout risque de chevauchements entre les ministères sectoriels ou d’ingérence politique dans le secteur de la santé. Il fait savoir qu’il va y avoir des textes qui vont réglementer le mode de fonctionnement de chaque secteur. « Ces textes vont fixer les limites de l’autorité communale, montrer et cadrer la collaboration entre ces différentes entités dans le but d’améliorer la santé de la population », estime-t-il.
La santé étant l’un des piliers du développement, fait-il observer, ce sont les textes réglementaires qui seront mis en place qui vont créer l’harmonie.
Du respect des normes du secteur de la santé
Marie Bukuru se dit par contre préoccupée quant à la nomination des responsables sanitaires. « Dans le monde entier, il n’existe pas une ressource humaine qui puisse avoir des compétences multisectorielles ». Pour elle, même s’il est conféré à l’administrateur le pouvoir de nommer les directeurs des hôpitaux, il faut des critères qui l’orientent dans leur nomination.

La vice-présidente de la FNSS fait observer que les nominations sont discrètes. Cependant, elle insiste sur la nécessité de mettre en place un texte réglementaire convenu de commun accord entre les ministères concernés.
« La nomination est un acte final. Donc, pour arriver au stade final de nommer la personne, je pense qu’il doit y avoir des orientations écrites qui guident cette autorité de nomination »
Pour Marie Bukuru, l’administrateur doit respecter les normes du secteur de la santé. Il doit aussi consulter absolument et a priori le directeur provincial de la santé avant de procéder à toute nomination. « Il doit y avoir un texte interne au ministère de l’Intérieur mis en place en collaboration avec le ministère sectoriel qui oblige l’administrateur de consulter les professionnels responsables de la santé au plus haut niveau ».
Elle justifie l’importance d’avoir des médecins directeurs qui remplissent les conditions. « C’est pour éviter des situations où l’administrateur serait obligé d’annuler une nomination ».
Elle recommande de tenir compte du niveau général de formation, de la maturité et des compétences. « La personne qu’il faut dans la place qu’il faut ».





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