Dimanche 21 avril 2024

Culture

Au coin du Feu avec Olivier Suguru

09/09/2023 7
Au coin du Feu avec Olivier Suguru

Dans le Burundi traditionnel, le soir, au coin du feu, la famille réunie discutait librement. Tout le monde avait droit à la parole et chacun laissait parler son cœur. C’était l’heure des grandes et des petites histoires. Des vérités subtiles ou crues. L’occasion pour les anciens d’enseigner, l’air de rien, la sagesse ancestrale. Mais au coin du feu, les jeunes s’interrogeaient, contestaient, car tout le monde avait droit à la parole. Désormais, toutes les semaines, Iwacu renoue avec la tradition et transmettra, sans filtre, la parole longue ou lapidaire reçue au coin du feu. Cette semaine, au coin du feu, Olivier Suguru.  

Votre qualité principale ?

Direct, franc, tolérant et travailleur. J’ai baigné dans la culture de l’Imbo où les gens se montrent francs, tolérants et travailleurs. C’est vraiment une culture d’ouverture et de tolérance.

Votre défaut principal ?

Ma franchise peut parfois être maladroite et heurter.

La qualité que vous préférez chez les autres ?

L’écoute.

Le défaut que vous ne supportez pas chez les autres ?

Le mensonge.

Quelles sont les valeurs auxquelles vous tenez ?

Le partage, le respect et la franchise.

Qu’est-ce qui vous a amené dans l’entrepreneuriat ?

La créativité et la volonté de trouver des solutions aux besoins du quotidien.

Qu’est-ce qui fait un bon entrepreneur, selon vous ?

Avoir une idée innovante, ne pas avoir peur d’échouer et être résilient.

Qu’est-ce qui empêche l’entrepreneuriat de connaître son envol au Burundi ?

L’éducation burundaise qui forme plus des fonctionnaires que des entrepreneurs. L’insuffisance du capital humain, le manque de financement adapté et le climat des affaires qui demeure difficile.

Une partie significative de l’opinion pense que le climat des affaires au Burundi n’est pas sain actuellement. Est-ce votre avis ?

L’amélioration du climat des affaires demeure, en effet, un défi permanent. Bien que la responsabilité première incombe à l’Etat, c’est l’affaire de tous. Tout le monde doit se sentir concerné et apporter sa pierre à l’édifice. Les défis du climat des affaires relèvent des facteurs tant endogènes qu’exogènes.

Quel (s) conseil (s) pouvez-vous donner aux jeunes qui veulent se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Prendre des risques et demeurer optimiste face aux épreuves de la vie.

Vous considérez-vous comme un self-made man ?

En partie, mais je n’oublie pas que j’ai été soutenu par des amis à mes débuts.

Vous avez été élu député en 2020. Politique et business sont-ils compatibles ?

Tout dépend de l’angle de considération.
Pour moi, les deux sont au service du développement du pays.

Quid du soutien de vos proches dans l’ascension professionnelle qui fut la vôtre ?

Un soutien inestimable. Mes proches ont toujours été à mes côtés.

La (les) femme (s) qui vous inspire (nt) ?

Ma femme.

L’ (les) homme (s) qui vous inspire (nt) ?

Nelson Mandela.

Votre plus beau souvenir ?

Les visites de ma mère à l’internat.

Votre plus triste souvenir ?

La mort de mon petit frère et de ma mère.

Quel serait votre plus grand malheur de votre vivant ?

Etre séparé de ma famille.

Le métier que vous auriez aimé exercer dans une autre vie ?

Basketteur professionnel.

Votre passe-temps préféré ?

Le cinéma et le Golf.

Votre lieu préféré au Burundi ?

Gihanga, ma commune natale.

Le pays où vous aimeriez vivre ?

Le Burundi.

Le voyage que vous aimeriez faire ?

Le tour du monde.

Votre rêve de bonheur ?

Voir mes enfants grandir.

Votre plat préféré ?

La pâte de manioc.

Votre chanson préférée ?

J’aime particulièrement le Gospel.

Vous êtes connu pour être un homme d’affaires fortuné. Quel est votre rapport à l’argent ?

De par ma culture de l’Imbo, j’ai toujours été attiré par l’entrepreneuriat et garde une relation décomplexée avec l’argent. Mais ce dernier n’est pas mon maître, il me permet d’être utile à ma famille, mes amis et ma communauté.

Quelle est votre définition de la démocratie ?

Le pouvoir appartient au peuple.

Quelle est votre définition de la justice ?

L’équité.

Si vous étiez nommé ministre des Finances, du Budget et de la Planification économique, quelles seraient vos trois premières mesures ?

Primo, l’amélioration de la gouvernance par la digitalisation.

Secundo, le financement des infrastructures de soutien au secteur privé.

Tertio, l’élargissement de l’assiette fiscale pour diminuer la pression fiscale.

Avez-vous des regrets ?

J’aurais dû épouser ma femme plus tôt.

Croyez-vous en la bonté humaine ?

Absolument.

Pensez-vous à la mort ?

Tous les jours.

Si vous comparaissez devant Dieu, que lui diriez-vous ?

Je suis à toi Seigneur.

Propos recueillis par Alphonse Yikeze

Forum des lecteurs d'Iwacu

7 réactions
  1. Jean Pierre Hakizimana

    Je ne peux pas ignorer le fait que Mr Suguru, d’après le mini autobiographie donnée dans l’article, a tjrs été directement et/ou directement connecté à la politique. Je ne vois rien d’entrepreneuriat. C’est justement cela qui, a mon avis, garde le Burundi dans cette précarité économique. Tout est mélangé et ceci est la source du népotisme, clientélisme et la corruption.

    Peut être que les Burundais (au pays) y sont tellement dedans que vous rendez pas compte de cette situation. Le jour ou, tous les Burundais comprendront cela, cela donnera naissance à un nouveau Burundi.

    Mr Suguru, un homme jeune, dit que son rêve est de voir ses enfants grandir. Cela dit tout Mrs et Mmes. Donc au Burundi, voir ses enfant grandir constitue un miracle! Vous vous rendez compte? Voici une autre question: Quel Burundi rêvez vous laisser a vos enfants? Un terrain miné comme l’on fait vos parents? et leurs Parents?

  2. AKITERETSE

    des mots, juste des mots, rien à voir avec ce qui s’observe.

  3. Ndirabika

    Hihihi. Al caponne s’est tjrs considéré comme travailleurs honnête.

  4. arsène

    Lors de sa conférence de presse du 21 mars 2023, le président de l’Olucome, parlant des ’’oligarques burundais’’, a cité, entre autres, Olivier Suguru parmi ces Burundais qui s’enrichissent sur le dos du contribuable et qui contribuent à l’empirement de la misère de nos compatriotes.
    https://www.iwacu-burundi.org/olucome-une-petite-clique-senrichit-sur-le-dos-du-contribuable/
    Il ne s’agit peut-être pas de la même personne mais s’il s’agit de celui qui parle dans cet entretien, on peut bien douter de la sincérité des propos. J’aime toutefois sa définition de la démocratie. Une définition différente m’aurait surpris de la part d’un membre du parti doublement démocratique depuis si longtemps. Seulement, comme le dit souvent le président de l’OLUCOME, on peut douter si l’orateur croit ce qu’il dit.

  5. Inarunyonga

    Depuis que le pays est dirigé par le CNDD/FDD, il est devenu le pays le plus pauvre et le plus corrompu au monde.
    Votre commentaire. Votre avis en tant que Député Cndd
    2) Le barrage de Mpanda devait grandement développer votre commune.
    Auriez vous discuté de ça avec ceux qui vous ont élu?
    Excuses moi de mes questions de dilettante.
    A iwacu , merçi si vous publiez mon commentaire. J’ai toujours été une tête à gifles😇😂

    • Yan

      Je suis d’accord avec toi sur la tristesse de l’issue de la construction du barrage de Mpanda. Mais je trouve que vous êtes de mauvaise foi de ne pas reconnaître que le Burundi reste dans le peloton de tête des pays les plus pauvres du monde depuis son indépendance.

    • Stan Siyomana

      @Inarunyonga
      1. Vous ecrivez:« Le barrage de Mpanda devait grandement développer votre commune.
      Auriez vous discuté de ça avec ceux qui vous ont élu?.. »
      2. Mon commentaire
      L’ancien ministre Come Manirakiza qui serait implique dans cette affaire du barrage de Mpanda siege au parlement (en tant qu’ELU DU PEUPLE de la province de Bubanza,tout comme l’honorable Olivier Suguru lui aussi elu de Bubanza).

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Bio-express

Olivier Suguru est né en 1974 à Gihanga en province Bubanza. Auditeur de formation de l’institut Supérieur de Contrôle et de Gestion (Diplômé en 2001), il a démarré sa carrière professionnelle au sein de l’entreprise SAVONOR comme chef de service marketing. Actif dans le secteur privé, Olivier Suguru fut membre du conseil d’administration de l’Office Burundais d’Huile de Palme (2004-2009). Il fut reconduit à ce même poste de 2019 à 2023. De 2013 à 2022, il était président du conseil d’administration de l’OBR. Il est aussi membre du Conseil d’Administration du Bureau Burundais de Normalisation (BBN) représentant le secteur privé. Depuis 2012, il est secrétaire général de SAVONOR. De 2016 à 2022, il a été élu président de la Chambre des Industriels représentant l’Association des Industriels du Burundi au sein de la Chambre Fédérale du Commerce et d’industrie du Burundi (CFCIB). En 2022, il a été élu président de la CFCIB. Membre du Cndd-Fdd depuis 2005, il préside le conseil communal de Gihanga de 2015 à 2020. Il est actuellement député du Cndd-Fdd élu dans la circonscription de Bubanza.

Forum des lecteurs d'Iwacu

7 réactions
  1. Jean Pierre Hakizimana

    Je ne peux pas ignorer le fait que Mr Suguru, d’après le mini autobiographie donnée dans l’article, a tjrs été directement et/ou directement connecté à la politique. Je ne vois rien d’entrepreneuriat. C’est justement cela qui, a mon avis, garde le Burundi dans cette précarité économique. Tout est mélangé et ceci est la source du népotisme, clientélisme et la corruption.

    Peut être que les Burundais (au pays) y sont tellement dedans que vous rendez pas compte de cette situation. Le jour ou, tous les Burundais comprendront cela, cela donnera naissance à un nouveau Burundi.

    Mr Suguru, un homme jeune, dit que son rêve est de voir ses enfants grandir. Cela dit tout Mrs et Mmes. Donc au Burundi, voir ses enfant grandir constitue un miracle! Vous vous rendez compte? Voici une autre question: Quel Burundi rêvez vous laisser a vos enfants? Un terrain miné comme l’on fait vos parents? et leurs Parents?

  2. AKITERETSE

    des mots, juste des mots, rien à voir avec ce qui s’observe.

  3. Ndirabika

    Hihihi. Al caponne s’est tjrs considéré comme travailleurs honnête.

  4. arsène

    Lors de sa conférence de presse du 21 mars 2023, le président de l’Olucome, parlant des ’’oligarques burundais’’, a cité, entre autres, Olivier Suguru parmi ces Burundais qui s’enrichissent sur le dos du contribuable et qui contribuent à l’empirement de la misère de nos compatriotes.
    https://www.iwacu-burundi.org/olucome-une-petite-clique-senrichit-sur-le-dos-du-contribuable/
    Il ne s’agit peut-être pas de la même personne mais s’il s’agit de celui qui parle dans cet entretien, on peut bien douter de la sincérité des propos. J’aime toutefois sa définition de la démocratie. Une définition différente m’aurait surpris de la part d’un membre du parti doublement démocratique depuis si longtemps. Seulement, comme le dit souvent le président de l’OLUCOME, on peut douter si l’orateur croit ce qu’il dit.

  5. Inarunyonga

    Depuis que le pays est dirigé par le CNDD/FDD, il est devenu le pays le plus pauvre et le plus corrompu au monde.
    Votre commentaire. Votre avis en tant que Député Cndd
    2) Le barrage de Mpanda devait grandement développer votre commune.
    Auriez vous discuté de ça avec ceux qui vous ont élu?
    Excuses moi de mes questions de dilettante.
    A iwacu , merçi si vous publiez mon commentaire. J’ai toujours été une tête à gifles😇😂

    • Yan

      Je suis d’accord avec toi sur la tristesse de l’issue de la construction du barrage de Mpanda. Mais je trouve que vous êtes de mauvaise foi de ne pas reconnaître que le Burundi reste dans le peloton de tête des pays les plus pauvres du monde depuis son indépendance.

    • Stan Siyomana

      @Inarunyonga
      1. Vous ecrivez:« Le barrage de Mpanda devait grandement développer votre commune.
      Auriez vous discuté de ça avec ceux qui vous ont élu?.. »
      2. Mon commentaire
      L’ancien ministre Come Manirakiza qui serait implique dans cette affaire du barrage de Mpanda siege au parlement (en tant qu’ELU DU PEUPLE de la province de Bubanza,tout comme l’honorable Olivier Suguru lui aussi elu de Bubanza).

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