Culture

Au coin du feu avec Charles Nditije

03/08/2019 Egide Nikiza Commentaires fermés sur Au coin du feu avec Charles Nditije
Au coin du feu avec Charles Nditije

Dans le Burundi traditionnel, le soir, au coin du feu, la famille réunie discutait librement. Tout le monde avait droit à la parole et chacun laissait parler son cœur. C’était l’heure des grandes et des petites histoires. Des vérités subtiles ou crues. L’occasion pour les anciens d’enseigner, l’air de rien, la sagesse ancestrale. Mais au coin du feu, les jeunes s’interrogeaient, contestaient, car tout le monde avait droit à la parole. Désormais, toutes les semaines, Iwacu renoue avec la tradition et transmettra, sans filtre, la parole longue ou lapidaire reçue au coin du feu. Cette semaine, au coin du feu, Charles Nditije.

Votre qualité principale ?

La justesse et  l’honnêteté  dans mon comportement quotidien. Je suis très sensible à toute injustice et j’essaie d’être juste dans tout ce que je fais : avec mes étudiants, avec le personnel qui travaille avec moi, mes collègues, mes amis et même en  politique, ce qui ne paie pas toujours en ce dernier domaine, mais je persiste et j’y crois toujours. Le mal ne triomphe totalement  et définitivement du bien.

Votre défaut principal ?

La nervosité : je suis parfois nerveux, face à des situations non maîtrisables et surtout face à des gens qui mentent ou qui racontent des contre-vérités par ignorance ou par cupidité. J’ai tendance à réagir au coup par coup et à ne pas cacher ma désapprobation. Comme nous sommes dans une société de dissimulation, (umurundi aguhisha ko akwanka, ukamuhisha ko ubizi) (Traduction libre : le Burundais te cache qu’il te haït, et tu lui caches à ton tour que tu en es au courant), cela me dessert parfois.

La qualité que vous préférez chez les autres ? :

L’honnêteté. J’aime les gens dont je sais que ce qu’ils disent, ils le croient sincèrement et qui respectent les engagements pris.

Le défaut que vous ne supportez pas chez les autres ?

Le mensonge et le vol. J’ai horreur des gens qui mentent ou qui volent et dans ma carrière professionnelle, j’étais sans pitié envers ce genre d’hommes. Malheureusement,  ces deux vices sont aujourd’hui devenus monnaie courante depuis le sommet de l’Etat.

La femme que vous admirez le plus ?

Ma mère qui s’est éteinte le 7 février 2017, à l’âge de  plus de 90 ans. D’abord, elle m’a allaité pendant près de 5 ans ; ce qui constitue pour moi, un bagage immunitaire énorme au niveau de la santé. J’admire sa grande lucidité et son intelligence qui sont restées vivaces, malgré son âge avancé. Elle me parlait même des questions politiques et me posait des questions sur le président burundais qu’elle n’aimait pas du tout. J’admire en elle aussi son sens élevé de la famille, sa sociabilité et sa serviabilité. Elle était très appréciée dans le voisinage pour les nombreux services et conseils qu’elle donnait (gutanga akunyu, akanike, etc.) (Traduction libre : octroi du sel, de la bière de sorgho). Elle aimait profondément ses petits-enfants et ma femme, qui par ailleurs l’aimait aussi comme sa propre maman. Elle avait une grande capacité de résilience qui me frappait beaucoup : elle a perdu tous ses enfants, sauf moi, et parfois dans des circonstances dramatiques, mais elle a toujours pu  se relever, pardonner même et rester digne et équilibrée.

L’homme que vous admirez le plus ?

Le Prince Louis Rwagasore, pour sa forte personnalité qui s’est d’ailleurs forgée très tôt, à travers les épreuves qu’il a connues dès son jeune âge, pour  son courage et son amour incommensurable pour le peuple «murundi », pour reprendre son expression. C’était un rassembleur hors pair : Il a su galvaniser  les Hutu, les Tutsi, les Ganwa, les Swahili et même des Belges et des Allemands pour que le Burundi puisse accéder à l’indépendance immédiate, au moment où ces concurrents la voulaient dans les 50 ans. Je l’admire aussi comme un grand visionnaire qui  avait vite compris que la libération politique doit aller de pair avec la libération économique. Dans cette même vision, il préconisait déjà l’intégration régionale. En mars 1961, à l’occasion de la réunion annuelle de la commission de Tutelle, le prince Rwagasore fut le premier à proposer la Constitution d’une union économique et politique entre le Burundi, le Tanganyika, et le Rwanda, union qui était susceptible d’être étendue sur l’Ouganda et le Kenya.

 

Votre plus beau souvenir ?

La signature de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi, à Arusha en Tanzanie, le 28 août 2000. Après plus de deux ans de négociations parfois houleuses, la signature de cet Accord historique qui est intervenue très tard dans la soirée, alors qu’elle était prévue dans la matinée, laisse pour moi un souvenir inoubliable. Il était permis de rêver que le Burundi allait enfin enterrer définitivement la hache de guerre, avec cet Accord signé par la quasi-totalité de la classe politique burundaise (19 signataires en tout) et la Communauté internationale qui s’en portait garant. Malgré la volonté du pouvoir actuel de vouloir l’enterrer, malgré que la paix n’a pas été totalement recouvrée, cet Accord a permis de stabiliser le pays pendant plus d’une décennie. Nous devons continuer à  nous battre pour le réhabiliter et mieux l’appliquer, surtout au niveau des mécanismes de la justice transitionnelle, afin de mettre fin à l’impunité des crimes au Burundi.

Votre plus triste souvenir ?

Le jour où j’ai appris la mort de ma mère, c’était le 7 février 2017, dans la soirée,  étant en exil et seul, sachant que je ne pourrai pas me rendre au Burundi pour l’enterrer dignement, alors que j’étais le seul enfant qui lui restait. Elle était d’ailleurs traumatisée à l’idée que je puisse mourir avant elle, surtout avec la crise d’avril 2015. Elle vivait chez moi à Bujumbura et récitait son chapelet plusieurs fois par jour. Parmi ses demandes quotidiennes, elle implorait la Sainte Vierge Marie d’intercéder auprès de son fils Jésus pour qu’elle soit appelée avant moi, ce qui a été exaucé. Merci  Seigneur, merci chère Maman, que ton âme repose en paix. Merci aussi à tous mes apparentés, amis et connaissances qui l’ont dignement enterrée, en mon absence.

Quel serait votre plus grand malheur ?

Trahir : je serai malheureux et inconsolable de trahir ma famille, mes amis et la cause que je défends sur le plan politique, celui d’un Burundi paisible et réconcilié et qui tourne définitivement le dos aux conflits cycliques et récurrents qui ont tant endeuillé le Burundi et les Burundais de toutes les ethnies.

Le plus haut fait de l’histoire burundaise ?

L’accession du Burundi à l’indépendance nationale. Malgré les problèmes divers que le Burundi a connus après l’indépendance(crimes de génocide, crimes contre l’humanité, violations massives des droits de l’homme, mauvaise gouvernance politique et économique), le Burundais,  même moyen est conscient de vivre dans son propre pays, d’assumer son identité et son avenir qui est désormais dans les mains de ses compatriotes et non des étrangers. «Kabe gato kabe akiwawe karamara agahinda», dit-on. (Traduction libre : petite chose soit-elle, quand elle t’appartient, elle t’épargne du chagrin).

La plus belle date de l’histoire burundaise ?

Le 1er juillet 1962, jour de l’indépendance nationale. C’est une vérité quasi universelle : c’est une page qui a été définitivement tournée pour le Burundi et rien ne sera plus comme avant, qu’on le veuille ou non. Se sentir chez soi et délivré du joug colonial, que ce soit psychologiquement ou réellement vécu par les citoyens. Les responsables politiques et administratifs qui se comportent parfois pire que le colon, qu’ils dénoncent pourtant à longueur de journée, doivent savoir que tôt ou tard, ils répondront de leurs forfaits devant le peuple souverain. C’est un grand acquis de l’indépendance ; ce qui n’est pas le cas sous la colonisation.

La plus terrible ?

Le 1 3 octobre 1961, le jour où le héros de l’indépendance nationale a été assassiné. Je suis pertinemment convaincu que si Rwagasore n’avait pas disparu aussi brutalement et prématurément, l’évolution socio-politique du Burundi aurait connu une autre trajectoire plus positive, sans les drames qu’il a vécus depuis la disparition tragique de cet illustre et inégalable digne fils  du Burundi. Comme on dit : «ahavuye umugabo ntihaboneke igisoko, aba atawahari ». (Traduction libre : Quand un homme qui n’est plus, ne laisse pas un vide, ce qu’il ne valait rien)

Le métier que vous auriez aimé faire ?

Celui que j’ai toujours exercé : être un enseignant. C’était mon rêve depuis que j’étais petit enfant. En effet, les deux personnalités qui étaient les plus respectées à la maison, c’étaient le Chef (umutware) et l’enseignant du primaire. Quand l’un d’eux venait à la maison, mon père nous demandait d’aller chercher une chaise, car il ne fallait pas les faire asseoir sur une natte, comme les autres visiteurs ou invités. Par ailleurs, si j’ai fréquenté l’école, c’est à cause d’un enseignant qui s’appelait Vital Vyandaraye. Il est venu à la maison et a demandé à mon père de nous envoyer, mon grand frère et moi à l’école. Mon père lui a rétorqué qu’il ne pouvait envoyer qu’un de nous deux, l’autre devant rester à la maison pour garder le grand troupeau de vaches que nous avions. Après un petit entretien qu’il a eu avec nous deux, son choix s’est porté sur moi. C’est ainsi que je suis allé à l’école et mon grand frère, jamais.

Le professeur Charles Nditije avec le professeur Evariste Ngayimpenda (à gauche), son rival à la tête de l’opposition.

Pour moi, c’est le plus beau métier, car aucun pays ne peut se développer, sans un bon système éducatif, qui est notamment l’œuvre des enseignants compétents et motivés. L’on est fier de rencontrer des gens que l’on a formés et qui vous en remercient. On est d’autant plus heureux, quand il y en a parmi eux qui ont réussi et qui rendent de loyaux services à la nation. « La meilleure joie du maître, c’est de se faire dépasser par son disciple », disait un grand pédagogue, dénommé GUSDORF, dans son livre « Pourquoi des professeurs ? »

Votre passe-temps préféré ?

Depuis que je suis en exil, je lis, j’écris et j’écoute aussi des émissions télévisées ou radiophoniques sur des sujets politiques.

Votre lieu préféré au Burundi ?

Le sanctuaire des « martyrs de la fraternité de Buta » au petit séminaire du même nom en province Bururi. C’est un lieu extraordinaire de recueillement, qui nous donne une leçon sublime de courage et du sacrifice suprême de ces 40 jeunes qui ont refusé de suivre les démons de la division et de la désunion ; qui aurait fait plus de dégâts. A quand leur béatification ?

Le pays où vous aimeriez vivre ?

Au Burundi, s’il devenait un pays paisible, expurgé de dirigeants médiocres et criminels, exempt de violences et drames cycliques, un Burundi où les citoyens ont les mêmes droits et les mêmes devoirs, où la vie est sacrée, un pays dirigé par des gens qui aiment tous les Burundais, sans distinction et qui s’attèlent prioritairement à son développement harmonieux.

Le voyage que vous aimeriez faire ?

Le voyage de retour dans mon pays, après l’exil pour retrouver la famille, les amis, les collègues, bref les Burundais dans leur diversité politico-ethnique, dans un pays qui a retrouvé la paix  et la sécurité pour tous. Cela passera, bien entendu par le départ du pouvoir actuel.

Votre rêve de bonheur ?

Voir tous mes enfants réussir sur le plan humain, moral et socioprofessionnel et nous retrouver tous rassemblés à nouveau en famille.

Votre plat préféré ?

Je mange tout ce qu’on sert  gentiment, sans préférence particulière. Comme plat traditionnel, j’aime le petit pois sec assaisonné au beurre de vache mélangé aux bananes vertes ou aux pommes de terre.

Votre chanson préférée ?

L’hymne national, à cause de sa signification politique, de belles paroles qu’il contient et de sa belle mélodie. Dommage que les jeunes générations soient en train de l’oublier puisque l’one chante plus cet hymne à l’école.

Quelle radio écoutez-vous ?

J’écoute HUMURA, INZAMBA pour suivre tant soit peu, ce qui se passe au pays. J’ajoute aussi de temps en temps RFI et VOA, surtout à l’époque où elles émettaient encore au Burundi.

Avez-vous une devise ?

Etre juste et éviter autant que faire se peut de faire du mal à des gens.

Votre souvenir du 1er juin 1993 ?

Une grande défaite pour le parti Uprona auquel j’appartenais et appartiens toujours, mais qui ne m’a pas personnellement surpris, eu égard à ce que j’avais constaté pendant mes études doctorales en Belgique et pendant la campagne électorale. Il y avait une mobilisation et une prise de conscience des Hutu, sans précédent qui voulaient un changement dans la conduite des affaires de l’Etat. Mais cette date me rappelle surtout les événements tragiques intervenus le 21 octobre 1993, soit moins de 5 mois après ces élections présidentielles qui ont porté au pouvoir M. Ndadaye Melchior, du Frodebu, premier président Hutu à diriger le pays. L’assassinat ignoble de ce dernier suivi de massacres atroces de milliers de gens, essentiellement des Tutsi et des Hutu de l’Uprona. Pour moi, rien ne peut justifier ni l’un ni l’autre de ces crimes crapuleux, n’en déplaisent à ceux qui tentent de justifier l’injustifiable.

Votre définition de l’indépendance ?

Un pays dirigé par de grands patriotes soucieux du bien-être et de l’intérêt général de la population. Un pays dont les citoyens ont accès aux services de base de qualité : éducation, soins de santé, logement décent, eau potable. Un pays qui décide de la gestion et de l’exploitation de ses ressources sur base des dividendes que la population en tire et non les grandes puissances mafieuses en connexion avec des dirigeants nationaux corrompus. Un pays qui entretient de bonnes relations politiques, économiques et diplomatiques mutuellement avantageuses avec  les voisins et d’autres pays, dans l’intérêt général de la population.

Votre définition de la démocratie ?

 

Pour moi, la meilleure définition ou plutôt la bonne conception de la démocratie est celle donnée par le héros de l’indépendance, le prince Louis Rwagasore. Je vais donner quelques extraits qui me paraissent fort pertinents :

« La démocratie, voilà au moins la meilleure chose que les Belges ont pu nous suggérer. Le peuple burundais a droit à la dignité et à la liberté, nous devons donc le diriger par la démocratie. Si demain le peuple ne veut plus de mon père (Mwambutsa IV), je serai le premier à lui conseiller d’abdiquer. »

-Les dirigeants sont là de par la volonté du peuple et doivent se soucier de son bien-être.

Rwagasore prône une démocratie adaptée aux réalités de chaque pays : «Je suis pour la démocratie progressive qui doit se bâtir sur des bases réelles et solides, car une démocratie véritable ne s’instaure pas à coups d’arrêtés ou de décrets, ni à coups de crosse ou de baïonnettes »

La démocratie rime toujours avec la justice sociale : «C’est aussi le triomphe de la démocratie telle que le peuple murundi la comprend et la veut, c’est-à-dire la véritable justice sociale plutôt que des formes extérieures d’une démocratie de surface ».

Il faut un jeu libre et honnête entre les partis et selon les règles convenues de commun accord : «Il faut qu’un jeu libre et honnête entre partis soit permis et encouragé…et ma foi, gagnera celui qui gagnera !!! ».

La démocratie, c’est aussi un pays où les élus doivent régulièrement rendre compte au peuple, lui sont redevables et sont sanctionnés ou reconduits lors des élections suivantes sur base de leur rendement et promesses tenues. La séparation réelle des pouvoirs (Exécutif, Judiciaire, Législatif) est également un grand indicateur d’une vraie démocratie, tout comme le respect des droits de la personne humaine.

Votre définition de la justice ?

C’est l’égalité des gens devant la loi, personne ne peut prétendre être au-dessus de la loi, pour quelque raison ou fonction que ce soit. C’est aussi le respect du droit inaliénable à la vie. C’est aussi l’équité dans l’accès des citoyens aux services de l’Etat : éducation, santé, logement, emploi, etc. C’est aussi le respect de la loi et la lutte contre l’impunité. J’ajoute aussi la neutralité et l’indépendance de la magistrature.

Si vous étiez président de la République, quelles seraient vos deux premières mesures ?

  • Libérer tous les prisonniers politiques et d’opinion.
  • Commanditer un audit général de l’Etat pour faire l’état des lieux dans tous les secteurs, afin de pouvoir élaborer un plan Marshall pour sortir le pays de son effondrement généralisé, mais aussi pour connaître avec exactitude les vrais auteurs de nombreux crimes commis et les traduire devant les juridictions compétentes, dans le strict respect de leurs droits à la défense et à un procès équitable.

Si vous étiez ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, quelles seraient vos deux premières mesures ?

  • Commanditer une étude internationale de l’Assurance-qualité de l’enseignement supérieur, tant public que privé pour évaluer sans complaisance la qualité de notre enseignement supérieur qui a lamentablement baissé.
  • Evaluer l’état de mise en application de la réforme LMD ou système de Bologne, (dont je suis  par ailleurs un des grands artisans) pour procéder aux ajustements nécessaires, car j’ai l’impression que c’est plutôt un échec, alors que la réforme s’imposait.

Ces deux mesures permettraient de prendre des décisions appropriées pour rendre notre enseignement supérieur compétitif et performant sur les plans académique et  professionnel, comme ça l’était par le passé.

Croyez-vous à la bonté humaine ?

J.J. Rousseau disait que « l’homme naît bon et que c’est la nature qui le corrompt » ; tandis que le psychanalyste S. Freud disait que « l’enfant est un pervers polymorphe ». Les psychologues ajoutent que l’homme est l’animal le plus indiscipliné pour 3 raisons essentiellement : 1. c’est le seul animal qui tue gratuitement ;      2. c’est le seul animal qui boit sans avoir soif ; 3. c’est le seul animal qui « copule » tout le temps.

Pour moi, l’homme n’est ni bon ni mauvais par nature. Je pense plutôt que l’homme est le fruit de son éducation et de la culture dans lesquelles il évolue et qui modulent sa personnalité de base. Il peut devenir bon ou mauvais en fonction de son éducation, de sa trajectoire sociale, de l’environnement dans lequel il évolue  et des expériences vécues tout au long de sa vie.

Pensez-vous à la mort ?

Oui, j’y pense et je me dis qu’elle peut frapper à ma porte à tout moment. Mais comme je sais que quand l’heure sonnera, je n’y changerai rien, il vaut mieux ne pas y penser trop et s’y préparer tous les jours en essayant de ne pas faire du mal aux gens, à défaut de faire du bien. Et ainsi laisser une bonne image de soi, à cause de ce que l’on a accompli de bon pour les humains.

Si vous comparaissiez devant Dieu, que lui diriez-vous ?

Je lui dirais : Merci mon Dieu pour m’avoir comblé de tant de privilèges : une famille avec des enfants, tous en vie et en  bonne santé. Merci pour ma carrière bien meublée. Merci de m’avoir aidé à remplir assez correctement mes obligations diverses, en essayant d’être  juste  avec tout le monde. Soyez indulgents pour mes manquements et de ne pas t’avoir toujours accordé la place qui était la vôtre dans ma vie.

                            

                                                                                                                                Propos recueillis par Egide Nikiza

Bio-express

Charles Nditije, actuellement en exil en Belgique, est à la fois homme politique et universitaire. Après son doctorat en octobre 1992 en psychopédagogie à l’Université catholique de Louvain-la-Neuve, il devient depuis lors professeur à temps plein à l’Université du Burundi. De 2010 jusqu’en 2015, Charles Nditije siégeait à l’Assemblée nationale dont il a d’ailleurs été vice-président de la Commission des Affaires politiques, administratives, des relations extérieures et de la Communauté Est-Africaine. Et de 2010 jusqu’en 2012, il était président du groupe parlementaire du parti Uprona dont il a hérité la présidence en 2012 à la suite du congrès de Gitega. Charles Nditije est né le 22 mars 1954 à Mutsinda en province Bururi. Après sa licence en 1979 à l’Université du Burundi, il en deviendra assistant à partir de 1982. Plus tard, il sera notamment coordonnateur de la recherche à l’Université du Burundi et directeur administratif et financier de la même Université. Charles Nditije a été entre octobre 1999 et 2005, directeur de l’Ecole normale supérieure, celui de l’Ecole nationale d’Administration de 2007 jusqu’en 2008 et le directeur du Centre de Perfectionnement et de Formation en cours d’Emploi (CPF) de janvier 2007 à Août 2007. Charles Nditije a été ministre à la présidence chargé de la lutte contre le sida de janvier 2005 jusqu’en août de la même année.

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

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