Mardi 31 janvier 2023

Économie

Anagessa : Histoire d’une pourriture

06/11/2022 4
Anagessa : Histoire d’une pourriture
Les grains de maïs en train de moisir dans les stocks de l’Anagessa.

Inacceptable, irresponsable, honteux, … Les adjectifs fusent de partout après la publication sur les réseaux sociaux des photos montrant des grains de maïs qui pourrissent dans les stocks l’Agence nationale de gestion des stocks de sécurité (Anagessa). Dans la foulée, le ministre de l’Agriculture suspend le directeur général de cette agence. Pour beaucoup, la suspension n’est pas suffisante. Une enquête minutieuse pour établir toutes les responsabilités s’impose. Une enquête qui sent mauvais.

Par Fabrice Manirakiza et Rénovat Ndabashinze

Comment en est-on arrivé là ? C’est la question qui est sur toutes les lèvres. Comment des sacs de maïs peuvent pourrir alors que les gens meurent de faim ?, s’interroge un habitant de la ville de Bujumbura. Au marché de Cotebu, le prix d’un kilo de grains de maïs ne cesse de monter. Ce jeudi 3 novembre 2022, un kilo de grains de maïs s’achetait entre 2000 BIF et 2100 BIF.

Depuis la semaine dernière, des photos montrant des récoltes de maïs en train de moisir dans les stocks de l’Anagessa ont révulsé la population.

Dans la foulée, ce 27 octobre, le directeur général de l’Anagessa, Evariste Manirambona, est suspendu. Le ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage, Sanctus Niragira, fait savoir que « cette mesure résulte du manquement professionnel entraînant des pertes énormes au sein de l’agence. » Et puis des langues se délient. Selon plusieurs sources, ce n’est pas la première fois que des vivres pourrissent dans des stocks de l’Anagessa dans les différents coins du pays.

Sur la toile, on crie haro sur l’Anagessa. « Pensez-vous que ces grains de maïs ont été stockés pour le bien du citoyen lambda ? », s’interroge un internaute. « Suspendre ne suffit pas. D’autres mesures s’imposent. Où étaient tous les responsables? » Alors que le prix d’un kilo de grains de maïs reste très élevé, cette gestion est un scandale.

« A quoi bon de faire des stocks alors que les prix des denrées alimentaires ne cessent de monter et le prix d’achat des citoyens est faible. Pourquoi ne pas distribuer ce maïs à des gens qui meurent de faim ou à des écoles à régime d’internat ? ou les vendre à un prix moins élevé », s’insurge un internaute. « Suspendre ceux qui font mal leur travail est une bonne chose. Toutefois, il faut que les choses changent car l’allure avec laquelle les prix des denrées de première nécessité montent fait craindre le pire. Même un fonctionnaire peut dormir le ventre creux. Que dire d’un simple citoyen ? Il faut des mesures pour arrêter cette flambée des prix », écrit un citoyen.

Quid de l’Anagessa ?

Petit rappel. Le 1er février 2021, le ministre de l’Agriculture, celui du Commerce et celui des Finances ont animé un point de presse. Il était centré « sur le mécanisme de gestion de la production des grandes cultures dont notamment le maïs grain en cours de récolte dont la production peut atteindre un million de tonnes dans le but d’encourager et valoriser les efforts des agriculteurs. »

Sur ce, indiquaient les ministres, le seuil de fixation du prix par kg de maïs était st de 680 Fbu « en tenant compte des efforts engagés et des coûts injectés par les agriculteurs pour avoir un kilo de maïs grains contrairement aux années antérieures où le prix par kg était fixé par les commerçants selon la disponibilité de la production et celui-ci variait entre 350 et 400 BIF à la récolte. »

Lors du lancement officiel de l’ouverture de la 2ème campagne de collecte et d’achat de certains produits vivriers à savoir le maïs gains secs, pommes de terre, haricots et riz, le 21 mars 2022, le ministre de l’Agriculture de l’époque, Déo Guide Rurema, en collaboration avec l’Anagessa ont fixé des prix pour ces produits. Concernant
le maïs grains secs, le prix d’achat proposé aux producteurs était de 800F/kg, le prix d’achat proposé dans les stocks de l’Anagessa était de 1100F/kg et le prix de vente était de 1200BIF.

L’Anagessa a été créée par le décret N°100/047 du 05 mai 2018 afin d’éviter une gestion disparate des stocks publics. En 2019, le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage a organisé plusieurs ateliers dans différentes provinces afin de sensibiliser et de vulgariser les missions et le rôle de l’Anagessa. Selon les autorités ministérielles, sa création résultait de l’envie de trouver des solutions liées aux problèmes de la gestion des récoltes en vue de garantir une réserve alimentaire physique en cas de famine ou de carence alimentaire.

Ces autorités expliquaient qu’entre autres rôles de l’agence, elle était chargée de contribuer à la stabilisation des prix en cas de faible production, assurer la bonne gestion des récoltes, assister les victimes des catastrophes liées aux changements climatiques et
barrer la route aux commerçants spéculateurs qui, en cas de surproduction, raflent les récoltes à de faibles coûts pour les revendre à des prix exorbitants. Du coup, assuraient-elles, l’agence achètera les produits agricoles des groupes coopératifs à un prix abordable pour les revendre à un prix raisonnable également.

Les autres missions confiées à l’agence sont entre autres d’assurer la gestion des infrastructures et équipements de stockage existants, veiller à la construction de nouvelles infrastructures de stockage, en partenariat avec les services des ministères sectoriels et des partenaires, assurer la collecte des vivres, assurer l’approvisionnement du marché en vivres contenus dans les stocks en respectant les standards internationaux de conservation et d’assurance qualité.

Quant à son conseil d’administration, le président est un représentant du Secrétariat permanent du Conseil national de sécurité, le vice-président est un représentant du ministère de l’Agriculture, et le secrétaire et le DG de l’agence. Les membres proviennent des ministères des Affaires sociales, la Sécurité publiques, de l’Intérieur et des Finances.

Trois ministres convoqués par l’Assemblée nationale

Les 3 ministres ont annoncé que le seuil de fixation du prix par kg de maïs est de 680 BIF.

Le 20 août 2021, l’Assemblée nationale a convoqué Déo-Guide Rurema, alors ministre de l’Agriculture, au cours d’une séance de questions orales sur la gestion immédiate post-récolte du maïs. Et cela après une descente dans les provinces de Karusi et Gitega de la commission permanente de l’Assemblée nationale en charge de l’agriculture.
Les inquiétudes des députés portaient sur le retard de certains matériels comme l’humidimètre, les palettes, les sacs pic appropriés pour la conservation. De plus, les députés ont trouvé que les hangars de stockage étaient insuffisants. Le ministre Rurema a rassuré les députés en leur disant que les défis ont été presque résolus. Quant à la récolte en surplus stockée, M. Rurema a fait savoir que 50% seront vendus sur les marchés provinciaux et communaux, 20% conservés comme stock stratégique de l’Etat et 30% seront vendus aux communautés qui en ont le plus besoin.

Le 2 septembre 2021, c’était au tour de Domitien Ndihokubwayo, alors ministre des Finances. D’après lui, la Banque Centrale amis à la disposition du ministère des Finances 34 milliards BIF en ligne de crédit à un taux de 2% pour la collecte et la gestion immédiate post-récolte du maïs et que cette somme sera gérée au niveau de l’Anagessa. Les députés ont soulevé des inquiétudes notamment le retard lié à l’importation du matériel, les défis liés à l’insuffisance des centres de collecte, le budget alloué aux opérations et sa gestion ainsi que les avantages attendus. Le ministre a répondu que le projet était nouveau d’où ces défis mais qu’ils ont été surmontés.
Pour le maïs, a expliqué le ministre, les commerçants spéculateurs achetaient le kilo au prix de 300 BIF alors que les efforts consentis par les producteurs étaient évalués à plus de 520 BIF. Selon lui, la récolte était certes vite écoulée mais en désordre, ce qui favorisait les spéculateurs et occasionnait quelquefois une sous-alimentation dans certains ménages. Du coup, indique le ministre, Cela poussait le gouvernement à décaisser des fonds colossaux pour voler au secours de la population.

Et de déclarer que la production du maïs a été très abondante à telle point que le gouvernement en a acheté aux producteurs le surplus de 14.000T au prix de 680 BIF par kilo. Il a fait savoir que le gouvernement envisage de mettre sur le marché cette production au prix de 820 BIF le kilo, c’est-à-dire à 950 BIF, TVA compris et que l’acheteur final obtiendra le produit au prix de 1.080Fbu. D’après lui, c’était un prix bon marché puisqu’il tient compte de toutes les péripéties dont le coût des sacs d’emballage, du hangar de stockage, du veilleur et du transport.

Les députés ont demandé s’il y a eu une analyse sur les avantages économiques du projet. Et le ministre de répondre qu’une étude a montré que lorsque la récolte est surabondante, les agriculteurs gèrent mal le surplus.
« Le gouvernement se chargera de trouver des marchés d’écoulement de la récolte de maïs », avait promis le 7 septembre 2021, la ministre du Commerce de l’époque devant l’Assemblée nationale. D’après elle, le souci du gouvernement est de s’acquitter de son rôle de régulateur en achetant la récolte de maïs aux producteurs pour la stocker dans des endroits connus avant de la déverser sur les marchés. Elle assurait que le gouvernement ne voulait pas se substituer aux commerçants et que ce n’est plus un secret pour personne que ces derniers spéculent.


Réactions

Térence Manirambona : « Un projet mal conçu.»

Pour le parti CNL, la gestion des stocks a révélé que ce projet n’a pas été bien étudié. « On n’y a pas affecté des fonds nécessaires et des moyens techniques et humains suffisants pour sa mise en application », réagit Térence Manirambona, porte-parole de ce parti.

D’après lui, il devrait y avoir des experts chargés d’abord d’examiner la qualité du maïs acheté, et de s’occuper dans sa gestion dans des bonnes conditions. Le porte-parole du CNL ajoute que les agriculteurs dénoncent même la mauvaise qualité des sacs de conservation : « Ils les ont achetés mais par après, ils ont constaté que leur récolte a pourri. Ils disent aussi que leur production a été par après vendue aux organisations internationales alors que la population en avait aussi besoin »

Selon lui, le gouvernement a violé certaines lois comme celle qui garantit la liberté dans le commerce : « Les agriculteurs ne devraient pas être imposés où vendre leur récolte.  Le gouvernement a acheté 1 kg de maïs à 680 BIF mais il le revend à 1080BIF. Ce qui fait un intérêt de plus de 25% alors que c’est interdit. »

Il rappelle d’ailleurs qu’à l’annonce du projet, le gouvernement disait qu’il va acheter le surplus. Ce qui n’a pas été le cas. Car, explique-t-il, ces achats ont entraîné la hausse du prix d’1kg de maïs jusqu’à 2000 BIF.

Gabriel Banzawitonde : « Le projet n’était pas mauvais en soi… »

Pour Gabriel Banzawitonde, président de l’APDR, l’idée de mettre en place l’ANAGESSA n’était pas mauvaise en soi : « Le but était de collecter le surplus agricole pour une bonne conservation afin qu’en cas de besoin, l’Etat approvisionne le marché en graines de maïs. » Car, explique-t-il, souvent, les agriculteurs écoulent toute leur production au marché oubliant qu’ils en auront besoin plus tard. « Et là, des commerçants font des stocks qu’ils vont revendre aux mêmes agriculteurs à un prix exorbitant. En fait, le but était d’éviter cela.»

Malheureusement, déplore M. Banzawitonde, cet objectif n’a été suivi, respecté : « ANAGESSA s’est comporté comme ces commerçants. Comment expliquer qu’1kg de maïs acheté à 800BIF soit revendu à 1100BIF ? »

Pour lui, il n’y a pas eu de suivi, les centres de stockages n’ont pas été bien préparés.

Pour le parti APDR, il faut que soit l’ANACOP qui s’occupe de la gestion des récoltes des coopératives : « Nous remarquons que l’Etat n’est pas à la hauteur. »

Ce parti se dit aussi surpris de voir des destitutions, des suspensions des autorités mais qui ne sont suivies d’aucune poursuite judiciaire comme si c’est une simple fin de mandat. « Nous demandons que le DG suspendu et l’ex-ministre en charge de l’agriculture s’expliquent sur cette situation qui a conduit au pourrissement de cette récolte. »

Kefa Nibizi : « L’échec était prévisible.»

« Nous avons constaté avec amertume mais sans surprise qu’une partie des récoltes de la population qui avaient été collectées par ANAGESSA a pourri dans les stocks dans une période où le Burundi connaît la flambée des prix des denrées alimentaires. Bref, c’est une grande tristesse », réagit Kefa Nibizi, président du parti CODEBU Iragi rya Ndadaye.

D’après lui, l’échec était prévisible : « Nous considérons que c’était une erreur de la part de l’Etat en s’ingérant dans la vente des produits alimentaires récoltés ici au Burundi. C’était un projet qui n’allait pas réussir ».

En effet, explique-t-il, la vente des produits par l’Etat ne peut pas réussir dans une u économie libérale. « Cela se fait généralement dans les pays communistes où ils ont une économie collectiviste. C’est là que cette pratique peut réussir. »

C’était un projet voué à l’échec dès le départ, insiste-t-il, au regard de la mauvaise gouvernance qui s’observe à différentes chaînes de l’administration burundaise. »

M. Nibizi conseille au gouvernement d’abandonner purement et simplement la vente des produits dont la population a besoin. « Il faut plutôt de se concentrer à constituer des stocks stratégiques pour les produits qui ne sont pas périssables comme les engrais, le sucre, le carburant qui est un produit qui remorque d’autres. »

Pierre-Claver Nahimana : « Il faut revoir le projet.»

« Quand une décision politique est prise, il faut s’assurer de la maitrise des ressources humaines et matérielles nécessaires pour atteindre cet objectif noble », analyse Pierre Claver Nahimana, président du parti Sahwanya-Frodebu.

En effet, explique-t-il, si l’Etat est capable de gérer et commercialiser par ses structures étatiques les productions de café, de coton ou de thé, il n’en est pas forcément de même pour le stockage et la commercialisation des produits agricoles périssables comme les graines de maïs ou autres graines de céréales.
A voir les défaillances constatées, il se demande néanmoins si Anagessa a été bien conçue avec des objectifs réalistes et réalisables en utilisant seulement les ressources humaines et matérielles mises à disposition du projet. « Cela ne semble pas être le cas. Il faut donc revoir le projet et le réajuster suivant les objectifs qui sont visés à court et moyen termes. La mesure d’incriminer les responsables chargés du secteur ne peut pas à elle seule suffire pour résoudre la complexité des problèmes posés dans ce secteur ».

Pour le cas du mauvais stockage du maïs avec l’incrimination du responsable du secteur, les causes peuvent être, selon lui, de plusieurs ordres. « Elles peuvent relever de la conception même du projet ou de son exécution impliquant les ressources humaines et matérielles mises à sa disposition. »

Concernant la nécessité de mise en place d’un projet de stockage et commercialisation de productions agro-alimentaires made in Burundi, M. Nahimana trouve que c’est nécessaire.
Pour lui, ce projet pourrait aussi prendre en compte non seulement les produits locaux, mais aussi les autres produits alimentaires provenant de l’extérieur du pays sous différentes formes d’acquisition. « Le stockage des produits agro-alimentaires constitue une étape incontournable pour que ces productions puissent entrer ultérieurement dans une autre phase de commercialisation locale, régionale ou internationale qui est visé à moyen terme par le pays. »

Réagissant sur les prix, le président du Frodebu trouve que si l’Etat achète 1kg à 680BIF pour le revendre à 1000BIF, ce système ne serait pas différent de celui pratiqué par les commerçants spéculateurs saisonniers : « Les producteurs risquent d’être démotivés et découragés. »

Gabriel Rufyiri : « L’Anagessa profite à certains individus. »

D’après le président de l’Olucome, le gouvernement a décidé d’acheter toute la production du Burundi et parallèlement il a interdit d’importer le maïs. « Qui le faisait ? C’est le secteur privé. Tout cela, ce sont des entraves au développement du secteur privé. Le rôle du gouvernement n’est pas de faire le commerce. Il est là pour réguler. » Selon lui, le gouvernement veut être gendarme dans tout et danser dans tout, ce qui est impossible. « Comme il le fait sans aucune étude préalable, sans aucun avis des experts, le résultat est connu. »

Pour Gabriel Rufyiri, il faut un audit indépendant pour établir les responsabilités. « Comme ça, on pourra constater les manquements à chaque niveau. Si réellement le Directeur général et l’administrateur ont informé la hiérarchie et si le ministre a été informé et qu’il n’a pas réagi, les responsabilités sont partagées. » M. Rufyiri évoque l’article 69 de la Constitution qui stipule qu’ « un bien public est sacré et inviolable. Tout le monde est appelé à protéger la chose publique. »

D’après le président de l’Olucome, cela veut dire que si le directeur général a vu que le maïs est en train de moisir et qu’il n’a pas réagi, il mérite une sanction sévère. « Mais aussi, il y a la loi portant action récursoire. S’il y a une autorité qui a causé un énorme préjudice à l’Etat, ce dernier se retourne contre lui, et il doit payer en entièreté. » Pour lui, la suspension du directeur général ne suffit pas car il y a une chaîne de commandement.

Le président de l’Olucome estime que l’Anagessa profite à certains individus et non à la population. « Il faut se demander où ils ont tiré cet argent. On ne voit pas dans le budget général de l’Etat où il provient. En principe, la provenance de toute somme de l’Etat doit être indiquée clairement. Mais ce n’est pas le cas. » Il trouve même injuste, le profit qu’engrange le gouvernement. « Où va ce bénéfice ? »

Pour le parti au pouvoir, Nancy Ninette Mutoni, chargée de la communication a signalé que cette question ne concerne pas les partis politiques.

De son côté, Evariste Manirambona, directeur général de l’Anagessa récemment suspendu, a refusé de s’exprimer. Contacté depuis lundi pour s’exprimer sur ce dossier, il a répondu, à deux reprises qu’il est en réunion. Et ce jeudi, il a finalement donné une réponse claire : « C’est impossible. »

Joint par téléphone, Sanctus Niragira, ministre de l’Environnement, Agriculture et Elevage a promis de s’exprimer sur ce dossier vendredi dans l’avant-midi. A suivre.

Forum des lecteurs d'Iwacu

4 réactions
  1. Jereve

    Le fait que le DG n’a pas voulu s’exprimer et donner sa version des faits cache certaines vérités. On peut avancer des hypothèses: il est fort probable que les erreurs qui ont fait qu’une partie du précieux stock de maïs pourrisse aient été commises sur toute la ligne hiérarchique. Dans ce cas, il est aussi fort possible qu’ils ont fait sauter le DG comme un fusible, pour protéger les membres les plus influents du réseau. Je peux m’imaginer que le DG a donné des rapports et réclamé des moyens pour assurer la conservation du stock dans des conditions optimales. Ses responsables hiérarchiques n’ont probablement pas donné suite à ces requêtes se justifiant par le fait que le ministère ne dispose pas de moyens financiers suffisants. C’est le même argument qu’on avance pour justifier le manque d’entretien et la dégradation des infrastructures publiques (routes, ponts, écoles…). Ce ne sont que des hypothèses, j’espère que les journalistes d’investigation nous diront les dessous de cette affaire.

  2. Franck

    « Gouverner un pays c’est un sacerdoce » disait un ex-président du Burundi. Etre à la commande du pays c’est se sacrifier; d’ailleurs il n’y a pas beaucoup de sacrifices parce que les dirigeants sont bien payés par le contribuable pour leur travail. Le problème crucial au Burundi c’est que les dirigeants sont au pouvoir pour leur poche et leurs proches seulement. Ils sont dans le business. Il n’y a personne qui se soucie du bien commun.
    Il me semble, jusqu’à preuve du contraire, que le Burundi n’a jamais connus des dirigeants qui n’ont rien n’a cirer avec la recherche du bien du peuple. « Ntawuronderera umukundi ku mukinzi winda ».

    • Yan

       » « Ntawuronderera umukundi ku mukinzi winda ». »

      Beau proverbe on dirait! Pourriez-vous le traduire (faire un dessin) pour ceux qui ne comprennent pas le kirundi un peu compliqué? A part cela, je suis d’accord avec le reste de ton commentaire à 150%

      • Franck

        Désolé: « Ntawuronderera umukunzi ku mukunzi w’inda. »

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