Osez Entreprendre

Steve Bergerr Nzitonda : l’amoureux de la pâtisserie

Passionné par la pâtisserie depuis son enfance, Steve Nzitonda a su en faire un métier rentable. Depuis 2010, il commercialise des gâteaux sous la marque Le Bergerr.

 

Steve Bergerr Nzitonda

Steve Bergerr Nzitonda

Que propose la pâtisserie Le Bergerr ?

Uniquement des gâteaux ! Quand on parle pâtisserie, il faut aussi y inclure des biscuits, des pâtes à choux, des galettes, etc. Pendant la semaine et surtout le weekend, je prépare moi-même ces tartes et gâteaux pour honorer les commandes. Et si les clients ne viennent pas les prendre, je les livre moi-même.

D’où tenez- vous cette passion pour la pâtisserie ?

C’est difficile à dire (rires). J’aime la pâtisserie depuis que je suis tout petit. D’ailleurs à l’école primaire, en 4ème probablement, je préparais déjà une pâte de gâteau sans décor qu’on pouvait manger à la maison. L’influence me vient peut être de ma tante, car elle faisait elle aussi des pâtisseries. Une chose est sûre, j’adore ce que je fais.

Qu’est-ce qui vous a poussé à créer votre propre business ?

Après des études dans une section hôtelière et touristique à l’ESTE (l’Enseignement Secondaire Technique). J’ai eu l’opportunité de travailler dans des grands hôtels et restaurants comme Roca Golf, Royal Palm, Palmerai et Villa AD. Dans ces différents endroits, les chefs cuisiniers ne cessaient de me répéter que j’étais meilleur pâtissier que cuisinier. Ces remarques m’ont motivé et m’ont donné plus de confiance en moi. C’est là que tout a débuté.

Et le capital ?

J’ai emprunté pour démarrer. Je demandais de l’argent pour faire les commandes, et une fois le travail fini, je remboursais tout en ayant réalisé un petit bénéfice. J’ai mis de côté cet argent, jusqu’à autofinancer les commandes. Heureusement beaucoup de personnes m’ont poussé et encouragé.

Et maintenant ça marche ?

Pour le moment oui. J’ai débuté avec une ou deux commandes par mois, aujourd’hui je peux en faire sept en une seule journée. Il est vrai que nous sommes en période de fêtes, et qu’il y a donc plus de demande. En tout cas, ça me permet de me payer ce dont j’ai besoin.

Le prix de vos gâteaux est-il abordable?

Les prix varient selon le gâteau. Le moins cher est à 18000Fbu (à consommer pour à peu près 15 personnes).Il y en a d’autres pour 20 et 25.000Fbu et plus. Le gâteau le plus cher que j’aie fait était à 250.000Fbu. C’était un gâteau de mariage de plusieurs pièces montées, tel un arbre !

Quelle est la recette pour faire un gâteau ?

Un gâteau sans décor nécessite au moins de la farine, des œufs, du sucre, du sucre vanillé et de la levure. S’il faut faire des ornements, là c’est autre chose. J’utilise parfois des crèmes pâtissières, des crèmes aux chocolats, des moquas, etc.

Et votre touche personnelle ?

Secret professionnel ! Je ne peux pas le dire (rires). Cela dit, il m’est arrivé aussi de rater une commande, comme tout autre pâtissier d’ailleurs. C’est là qu’il faut être le plus professionnel possible. On encaisse le coup et on refait vite la commande. Le client est toujours roi et doit être satisfait.

Quels sont vos défis actuels ?

D’abord les ingrédients. Je me débrouille avec ce que je trouve localement, si non je demande à des commerçants importateurs de me fournir des condiments. L’autre défi est lié au matériel, il me manque encore des ustensiles tels les poches à douille (utilisées pour le décor de gâteau) et les moules.

Quels sont vos projets d’avenir ?

J’aimerais, si les moyens me le permettent, ouvrir un jour une grande maison de pâtisserie. J’envisage aussi de postuler dans des maisons de pâtisseries en France pour suivre des formations.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune ?

La plus part de jeunes ont peur de se lancer. Or n’est-ce pas être lâche que d’avoir une passion et ne rien en faire ? Même s’il faut, bien sûr, une certaine dose de courage pour commencer quoi que ce soit.


Bio express

Steve Bio-ExpressBenjamin d’une fratrie de cinq enfants, Steve Bergerr Nzitonda est né à Kamenge le 14 août 1989. Après des études primaires à l’E.P Mutanga Sud, il fait son entrée en 2002 au Lycée de l’Amitié pour le cycle inferieur. En 2007, il opte pour trois ans d’études en hôtellerie et tourisme à CESTE (Centre d’enseignement secondaire et technique). Diplôme en poche, il enchaîne alors des emplois dans des grands hôtels de Bujumbura comme cuisinier et pâtissier. En 2011, il décide de voler de ses propres ailes en tant que pâtissier. Ses gâteaux sont commercialisés sous la marque Le Bergerr. Steve travaille dans le quartier Mutanga Nord, avenue des hippopotames numéro 43. En dehors de sa passion, Steve aime le cinéma, la lecture de recettes pâtissières et culinaires.


>>>Témoignages

«Je l’ai toujours poussé à suivre sa passion»

Tante de Steve Nzitonda, Jocelyne Ntakare l’a vu grandir et peaufiner sa passion. Elle dit être fière de son neveu.

Jocelyne Ntakare

Jocelyne Ntakare

«Je suis très satisfaite du parcours de Steve. C’est rare que les jeunes s’intéressent à la pâtisserie. Et le voir se démarquer me comble», se réjouit Mme Ntakare. Heureuse aussi dit-elle que Steve gagne de l’argent en faisant ce qu’il aime.

Steve prépare parfois des gâteaux chez sa tante. Elle est reconnaissante de la confiance qu’il lui accorde. «À chaque fois que Steve veut essayer une nouvelle recette, il me propose d’y goûter. Et je lui soumets mes propositions.»

Jocelyne Ntakare, se rappelle l’époque où Steve habitait chez elle : «Le weekend, j’aimais faire des gâteaux pour les enfants, et Steve, encore en primaire à l’époque, était toujours présent, très serviable. »

Au secondaire, se souvient-elle toutefois «J’ai vu qu’il rencontrait des difficultés avec ses devoirs. Je l’ai alors encouragé à s’investir dans les choses qu’il aimait beaucoup, en l’occurrence la pâtisserie.»

« Je recommande toujours les gâteaux de Steve à mes amis.»

Amie et fidèle cliente de Steve Bergerr Nzitonda, Lauriane Kaze témoigne du succès de la pâtisserie Le Bergerr.

Lauriane Kaze

Lauriane Kaze

Deux ans, que Lauriane Kaze commande des gâteaux chez Steve. « Chaque fois que j’ai besoin de pâtisseries pour une fête, je passe un coup de fil à Steve. Et le résultat dépasse toujours mes attentes». Lauriane souligne qu’elle n’encombre pas son ami d’exigences : « Je lui précise seulement le nombre de personnes qu’il y’aura et la suite, il s’en charge.»

Mlle Kaze apprécie le côté innovateur de son ami. « Il mélange dans ses recettes des bananes ou des oranges ou encore des fraises et c’est vraiment succulent». Lauriane assure qu’elle ne cesse de le recommander à ses amis : « Mes camarades apprécient ses pâtisseries. La preuve, ils y retournent ! Une de mes amis lui a récemment passé une commande de trois gâteaux à 100.000Fbu.»

Liés d’amitié depuis bientôt une dizaine d’années Lauriane et Steve se sont rencontrés dans un cadre qui n’a rien à voir avec la pâtisserie. «J’ai fait la connaissance de Steve en 2005 dans le groupe Scout de Saint Nicholas. On a sympathisé et il est depuis mon ami.»

Lauriane se souvient que pour des cérémonies occasionnelles au sein de leur groupe, Steve préparait déjà des gâteaux. «C’était à ses débuts. Les gâteaux étaient parfois cramés d’un côté, et d’autres fois bien faits. »


>>>Conseils d’un pro

«Ce jeune pâtissier est l’exemple type de l’entrepreneur »

Pour Pierre Claver Nduwumwami, Directeur de la BBIN, Steve a certes des défis à affronter, mais un avenir prometteur.

Pierre Claver Nduwumwami

Pierre Claver Nduwumwami

«Ce jeune homme semble être un véritable entrepreneur. Il est animé par une passion, il fait un métier qu’il adore et il a visiblement de nouveaux clients potentiels», constate le directeur de la BBIN.

De plus, souligne M. Nduwumwami, si les ventes hebdomadaires atteignent le seuil de 150,000 Fbu, ce n’est pas négligeable en temps de crise.

Le directeur de la BBIN relève toutefois une faiblesse de cette entreprise : «Le manque de capacité financière pour s’équiper convenablement».

M. Nduwumwami conseille donc à Steve Nzitonda de chercher un ou quelques investisseurs susceptibles de lui apporter des capitaux. «Pour cela il lui faut rédiger un plan d’affaire bien bétonné pour convaincre. Il doit démontrer que le marché est suffisamment preneur et que l’entreprise sera rentable»

Pour le directeur de la BBIN, une bonne organisation est l’une des conditions qui assureront à ce jeune un bon avenir. « Il est le seul à bord de son entreprise. Or, il doit se faire aider par des personnes qui ont d’autres compétences».

En tout cas, conclut-il, «la passion, la maîtrise technique, un marché en croissance sont des atouts pour ce jeune. »

  2   Vos commentaires
  1. André NSAGUYE

    Mon cher, je te propose de te faire connaître en publiant votre numéro de téléphone, votre email ou encore votre adresse à Bujumbura. Quelques cartes de visite feraient aussi une bonne affaire. Merci et courage!

  2. eric

    j’ecris a iwacu moi burundais de exterieur :il faut creer une publication internes des gens veulent vendre ou acheter les voitures,maisons ,telephones et montrer les prix mais ne montrer pas le number of contact .celui qui en a besoin doit vous pay pour contacter le vendeur ou acheter et cela va amenez bcp de revenue et bcp de gens a lire pour votre journal d’autant plus que nos a l’exterieur on lit bcp ce journal.
    example du journal:WWW.GUMTREE.COM
    Bonne chance
    God bless you In Chris Jesus.May peace and love flow in our heart

Publicité