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Culture

Rutegama : la forge à l’épreuve de la modernité

10-04-2016

L’importation d’objets usuels et le manque de ferraille, aujourd’hui exportée dans la sous-région, portent un coup dur aux forgerons de Rutegama en province de Gitega. Ils indiquent que leur métier hérité de leurs grands-pères connaît un recul.

Gratien Bukuru derrière son soufflet.

Gratien Bukuru derrière son soufflet.

Accroupi derrière son soufflet, visage en sueur, Gratien Bukuru ranime le feu pour chauffer un bout de métal qui servira à fabriquer un couteau. Son compagnon quant à lui martèle sur l’enclume un autre morceau retiré du feu.

Selon ces forgerons, leur métier connaît beaucoup de difficultés face à la concurrence des produits importés. Taxés de rudimentaires, les produits de la forge traditionnelle trouvent de moins en moins de la place dans les différentes activités de la vie quotidienne des ménages.
Comme ces artisans l’indiquent, ce n’est pas parce que leurs outils ne sont pas plus résistants mais c’est à cause de l’engouement de la plupart des ménages pour des produits venus de l’étranger. Et là, il y a un manque à gagner pour ces artisans traditionnels.

«Nos outils sont méprisés mais durent beaucoup plus longtemps que ceux qui viennent de l’Ouganda ou de la Chine. Nous fabriquons des marteaux, des serpettes, des machettes, des haches, des pelles, des couteaux, etc», expliquent-t-ils.

En plus de cette concurrence, ces forgerons soulignent qu’ils peinent à trouver de la ferraille à faire fondre. «Avant nous les ramassions ici et là mais aujourd’hui, les commerçants les collectent de partout pour les vendre en Ouganda.Sans matière première, nous travaillons au ralenti», déplore Melchior Ruzoviyo.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres

Dans toute la ville de Gitega, il existe plusieurs points de collecte de ferraille. Les acheteurs se placent au bord de la route ou dans les carrefours. Tout déchet métallique partant de la capsule d’une bouteille de la bière jusqu’à la carcasse de véhicule est à vendre. Tout est écoulé vers les pays limitrophes, rien n’est laissé aux forgerons.

La collecte de ferraille occupe les enfants de la rue et les chômeurs, le kilo se vend à 300 Fbu. Son sac en bandoulière, Gérard rencontré dans une décharge au quartier Nyamugari en train de fouiller raconte que cette activité lui permet de manger deux fois par jour.

Aussi, les enfants de la rue se livrent à cśur joie à la vente de ces marchandises plutôt encombrantes pour les citadins. «Je n’ai pas besoin de mendier ou de voler, je peux gagner facilement 2.000fbu par jour», s’en félicite Kadogo, un autre enfant de la rue.

Dans les quartiers populaires comme Magarama, Yoba et Nyamugari, les rues ont été débarrassées de ferrailles. Les citadins interrogés encouragent ce ’’nettoyage’’qui présente aussi des avantages, côté environnement.

  2   Vos commentaires
  1. MIZA

    @mazoya : surtout si rien n’est fait pour encourager cet artisanat ! Il est vrai il n’enrichirait pas les grands ! Cela n’intéresse Zuma : http://fr.igihe.com/politique/afrique-du-sud-la-puissante-et-controversee.html

  2. mazoya célestin

    Avec la mondialisation, la concurrence est inévitable. L’industrie moderne produit en série des articles de qualité et sait vendre à moins cher. La forge de Rutegama va disparaitre. Il faut essayer autre chose comme l’agriculture; le commerce…Sans matière première et surtout sans marché; la forge doit disparaitre.

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