Justice

MSD : le procès de Mpimba reporté

Le procès des membres du parti MSD, poursuivis pour insurrection, a de nouveau été reporté. La défense a soulevé un certain nombre d’irrégularités et a dénoncé un manque de diligence de la cour d’appel.

L’audience s’est tenue dans les enceintes de la prison centrale de Mpimba ©Iwacu

L’audience s’est tenue dans les enceintes de la prison centrale de Mpimba ©Iwacu

Certains prisonniers n’ont pas été assignés à comparaître et le procès n’a finalement pas été entendu. Pourtant, d’après la défense, le dossier a été transmis à la Cour d’appel par le greffe du Tribunal de Grande Instance en mairie de Bujumbura depuis le 14 avril 2014. Pour cette défense, c’est un signe qu’il n’y a pas d’engouement pour que ce dossier puisse avancer. La défense est aussi revenue sur la précipitation qui a caractérisé ce dossier au départ, quand il a fallu emprisonner les prévenus, mais que la cour semble traîner les pieds aujourd’hui. Pour elle, la lenteur même qui caractérise l’analyse du dossier au degré d’appel diffère de la précipitation avec laquelle ils ont été jugés au premier degré.

La défense a également souligné que la tenue d’une audience publique dans une prison ne présage rien de bon. S’exprimant au nom des avocats de la défense, maître Dieudonné Bashirahishize en a déduit que c’est un dossier politique particulièrement sensible que le pouvoir semble vouloir juger en catimini et en toute discrétion. : « Nous demandons à l’opinion tant nationale qu’internationale de continuer à suivre de près ce dossier qui tend à être traité de façon discriminatoire. »

Quelques 200 membres du MSD ont assisté à cette audience. Des diplomates, ainsi que les représentants de la société civile burundaise, en l’occurrence le président de l’Aprodh, Pierre Claver Mbonimpa, y assistaient également. Ce dernier a donné à chaque prévenu un livret de 74 pages que l’Aprodh a confectionné et relatant l’évolution de ce dossier depuis son début.

Un dossier politique qui risque de trainer…

Les membres du MSD  sont rentrés en entonnant les chansons du parti ce qui a déplu aux policiers ©Iwacu

Les membres du MSD sont rentrés en entonnant les chansons du parti ce qui a déplu aux policiers ©Iwacu

Les membres et partisans du MSD qui sont venus assister à ce procès sont rentrés en entonnant les chants de ce parti, ce qui a déplu aux policiers qui les ont suivis en les obligeant, en vain de monter dans des bus. La police les a lors escortés jusqu’au monument du soldat inconnu, toujours sous les chansons du MSD.

Pour Pierre Claver Mbonimpa, le président de l’Aprodh, il est normal que ce dossier soit entaché d’irrégularités puisqu’il est politique. Et il ajoute que dans ce genre de procès à caractère politique, les juges ne sont pas indépendants et sont téléguidés. Ce qui fait que le dossier avance à pas de tortue, alors qu’il a été jugé an flagrance au premier degré. Pour M. Mbonimpa, c’est un signe d’une mauvaise volonté pour faire souffrir les prisonniers ou les faire trainer en prison. « Si la communauté internationale ne se lève pas, ce procès pourra passer même des années et des années », prévient le Pierre Claver Mbonimpa. De la tenue de l’audience à la prison centrale de Mpimba, il n’y trouve rien d’anormal. Sauf que l’absence d’un drapeau ou d’une photo du chef de l’Etat dans la salle d’audience : « Ce qui signifie que le procès n’a pas été au nom du peuple burundais. »

  7   Vos commentaires
  1. Amédé

    En 1979, en République Centrafricaine, des écoliers ont refusé les uniformes imposées par l’empereur BOKASSA I, pour la simple raison que leurs parents étaient trop pauvres pour les acheter et qu’elles étaient trop chères. La justice impériale a condamné les adolescents à la peine capitale et 40 enfants fusillés. Heureusement que la loi burundaise ne permet plus la peine de mort. Nos jeunes ont pris le maximum qu’on pouvait leur donner, mais tout n’est pas perdu car, dit-on, tant qu’il y a la vie il y a espoir. Courage mes enfants.

  2. Amédé

    Mbega yemwe, abo badutwara barafise abana? Sinotegera ingene ingene umuntu w’umuvyeyi yoshobora gutabagaza ubuzima bw’ibi bibondo mbona. K’umuvyeyi umwana aba ari uwatwese. Tutegerezwa kumurera, tukamubungabunga. Bishitse naho agata umurongo, tukamukebura, bibaye ngombwa ko tumuhana, tugaca inkoni ngufi.
    Ndatakambiye sebarundi, agarukire ivyo bibondo vyiwe, bisubire mu mashuli, igihugu kizobakenera. Ngo uwanka agakura abaga umutavu.

    • barumwete Alain Chris

      Mbega Amedee,

      Waravye neza iyo foto ? urashobora kumwereka ikibondo kirimwo ? Aho ntaboba bagusumba imyaka ? Uvuze ikibondo jewe numva abari musi ya 18 ans. None abantu bigera abajejwe umutekano nibo wita ibibondo ? Iyaba ari dans les annees 93-2002 yari kubita aba assaillants, inyanka burundi et je n’en sais quoi. Ubu ubita ibibondo canke les jeunes comme dans le temps du maire de la Ville Pie NTIYANKUNDIYE quand il n’avait pas honte de qualifier de jeunes , qu’il fallait ecouter, ces malfaiteurs, tueurs sans foi ni froid dans les yeux les sans echecs et sans defaits qui faisaient la pluie et le beau temps.

  3. Harimenshi

    Le fait que l’audience s’est tinue dans les enceinte de la prison c’est probablement pour clarifier que la justice burundaise elle aussi est emprisonée.

  4. Birateye agahinda kubona izo nzirakarengane zivundiye mwibohero kukarenganyo.Imana izohahorera.mbe ntawokwugurura compte hanyuma uwushaka gufasha akaronka ingene abigira.Ndazi ko hari isinzi ryabantu batewe ikigongwe nurwo rwaruka ruriko ruzira ubunyamaswa bwaba DD.

  5. Procès dans les enceintes de Mpimba….
    Du jamais vu depuis que le Burundi s’appelle Burundi
    Peut-être que c’est cela le changement tant combattu avec pour conséquences beaucoup de morts, handicapés et traumatisés

    • moi

      toute choz a son debut…

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